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Tome premier. A - B.
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Le gouvernement de Bretagne a toujours palïè pourttn des plus considérables du royaume, & cela avecbeaucoup de raison ; car outre l’étendue & la richesle decette province, l’amirauté de Bretagpe est jointe augouvernement & c’est à cause de cette union que legouverneur a le dixième de routes les prises qu’on amenedans les ports de cette province. Mais dans la derniereguerre , le roi abolit cette dixme , en faveur des arma-teurs.

Le gouvernement général de Bretagne, renfermedeux lieutenances générales & plusieurs gouvernemcnsparticuliers. L’une de ces lieutenances s’étend fur huitévêchés de la province, Sc l’autre est renfermée dansle comté & évêché de Nantes. Les gouverncmens parti-culiers, qui font compris dans la premiere font ceux deRennes, de Vitré, de Fougères, de la ville & châteaude saint Malo , de Carhaix, de Lannion, du fort & is-les des Ebeyens, de Plo*rmel, de la ville & château deDinan , d'Hennebond, de Vannes, de Redon, du porcLouis, de la presqu'isle de Rhuis Sc château deSucinio,de la Citadelle de Belle-Isis, de Quimper,de Concar-neau, de Quimperlé, de la ville Sc château de Brest,de Morlaix, du fort & château de Torro, de saintBrieu, de Guingamp, &c.

Dans cette lieutenance générale, il y a deux lieutenansde roi, dont l’un a dans son département les diocèses deRennes, de Dol, de saint Malo 8c de V annes. L’autrelieutenant de roi a dans fa lieutenance les diocèses desaint Brieuc, de Treguier, de saint Paul de Léon & deQuimper.

La lieutenance générale du pays & comté Nantois »ne s’étend pas au delà du diocèse de Nantes, Sc il n’y aque deux gouverncmens particuliers ; celui de la ville &château de Nantes, qui est jointe à la lieutenance géné-rale, Sc celui de Guerandc Sc du Croisic. Dans cettelieutenance générale, il n’y a qu’un lieutenant de roi,Sc fa charge est héréditaire par ledit de création, quiest de l’an 1691.

Comme la Bretagne est une presqu’isie, entourée dela mer, presque de tous côtés, il y a plusieurs châteauxoù le roi entretient des garnisons ordinaires. La plusforte de ces garnisons, est celle de la citadelle de Bcile-Isle, où il y a eu jusqu’à vingt-cinq compagnies d’infan-terie en garnison. Le roi y entretient un état major.Il y a aussi une affèz forte garnison & un état-major aachâteau de Brest, de même que dans la citadelle dePort-Louis. Dans le château de Saint Malo, il y a gar-nison , un gouverneur, un lieutenant de roi, mais pointde major. Dans le château de Nantes, il y a garnison,un gouverneur, un lieutenant de roi & un major. Auchâteau de Torro, qui défend l’entrée de la riviere deMorlaix, il y a une garnison, composée de deux com-pagnies, dont l’uneest entretenue aux dépens du gou-vetneur, au moyen des droits d’impôts & billots de laville de Morlaix, dont il jouit. La garnison de Con-carneau, n'est que d’une compagnie. * Pigan&l de laForce , descr. de la France, t. 4, />. 287,189, 309, 333& 39 7 -

Outre tous ces gouvernemens particuliers dont il vientd’être parlé, il y en a encore un grand nombre d’autresqui ont été créés & vendus pendant la guerre qui a pré-cédé la paix d’Utrecht. Qn s’est trouvé obligé pendantcette guerre de bâtir des tours & des fortins en quel-ques istes de la côte , P 0l *r empêcher les corsaires des’y tenir â l’abri, pour prendre l e temps de la 1 ortiedes bâtimens. Ces forts font gardés par des dérache-ttiens des garnisons voisines, ou par des milices. Telleest la tour de l’isle du Pilier, à l’emBouchure de lariviere de Loire. Telles font celles désistés Doua& deHoëdic, siu la côte de Vannes. Tel est aussi l e f orcl’i(le de Bats, qui défend la rade de Ro scof, fur la côtede Léon. Tels font enfin les fores qui défendent le tla.yre de S. Malo, la Conchie, l’Hiíletc, le petit Bay, l’istè

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Herbon & Rorenëuf, avec la tour de Zebiens & le châ-teau de lá Latte. Ces derniers font gardés par des mi-lices.

Les duchés-pairies de ce gouvernement, font Pcnthié-vre, Rohan, Coisiin Sc Quintin.

Voyez, les articles particuliers de chaque évêché.

2. BRETAGNE, ( la Grande) grande isie de l’O-céan, laquelle comprend les royaumes d’Ecolíe Scd’Angletetre. On la surnomme la grande, pour la dis-tinguer de la Bretagne, province de France. Les an-ciens l’ont ausli connue íous le nom d’ALBtoN. Voyez,ce mot, fous lequel j’ai mis les divisions qu’ils en ontfaites. Ce n’est pas qu’ils n’ayent aussi usé du nomBritannia. Mais le nom d’istes Britanniques étant com-mun à plusieurs isies, on diítinguoit les deux plus gran-des par les nom particuliers à’Albion , la grande Breta-gne, Sc à’Hibernie qui est l’hlande. Agathemer, /. 1,c. 4, dit : les tsles les plus remarquables dans la mer ex-térieure, font les deux Britanniques, l’Hibernie & Al-bion. Pline, L 4, c. 1 6, dit, que vis-à vis des embou-chures de Rhin est l iste de Bretagne, fameuse par lesécrits des Grecs Sc des Latins, entre le septentrion &l’occident (par rapport à la Gaule.) Elle est, dit-il, àl’opposite des plus grandes parties de l’Europe, la Ger-manie, la Gaule & l’Espagne. On la nommoic Albion ,lorsque toutes les istes s’appellotent les Bretagnes. Pto-lomée voulant décrite la plus grande de ces istes, inti-tule ainsi le troisième chapitre du second livre, Situationd’Albion , ijle Britannique. De-là vient que dans la fuitele nom général de cés istes fur donné à la plus grande,& celui d.’Albion qui lui étoit affecté, ceslà peu-à peud’être en usage. Cet usage étoit déja aboli du temps dePline. Albion ipfi nomen fuit. César la nomme simple-ment Britannia , Sc l’oppofe à l’irlande, qu il nommeHibernie. Les Grecs ont écrit ce nom de Britannia, parun £ dans la premiere syllabe : Bretannia Sc Bret-tannia. On peut voir la preuve dansStrabon, /.4,dans Diodore de Sicile, /. 5, c. 21 , dans Dion Cassius,Sc dans quelques médailles grecques. Dans le moyenâge, au lieu de Britannus , dn commença de dire BrxtoSc Britto. Auíone dit :

Silvius hic bonus efl. Quis Silvius ? ifte Britanmsì

Aut Britto hic non est Silvius , aut malus est .

Juvénal avoir déja dit :

Qua nec terrìbiles Cimbri , nec Brìttones unquamì

Et cela dans un temps où les Bretons n’étoient point en-core entrés dans l’Armoríque.

On peut voir au mot Albion ,«quels étoient les peu-ples qui occupoienc anciennement cette isie. Elle estprésentement divisée en deux royaumes réunis fous unmême roi Sc fous un même parlement. C’est , pour ainsidire, le tronc d une monarchie très-puìstànte, qui a au-trefois étendue affez loin ses branches en Europe, sur-tout dans la France, 011 elle poffedoit de belles provincesquelle a perdues avec le temps, comme la Normandie,Guienne, &c. comme on le peut voir aux articles de cesprovinces. En échange elle a acquis le royaume d Ecos-se, qui lui est uni après avoir subsisté séparément jus-qu’au régné de JacquesStuard VI du nom, enEcollë,& premier Roi de la Grande Bretagne, unie fous unmême souverain. Il faut distinguer lesJsLES Britanni-ques , & la monarchie de la Grande-Btetagne dont ellesne font qu’une partie, quoiqu’elles en soient le centre Scle corps.

Voici une table géographique de ces istes, composéepar les Sanson. Je la donne telle qu’ils l’ont publiéeeux-mêtnes, & m’abstiens d’y faire aucun changementpar les raisons que j’explique ailleurs.

Tables