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Tome second. C - F.
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Sinus, partie dugolfe de Venise, entre i’ííîe de Brazzafie la côte de Dalmatie.

CANAL DE BRIARE, canal établi en France pourla communication des rivières-de Seine & de Loire. IIprend ce nom Aune petite ville située à l’endroit où ilcommunique à la Loire. H fut commencé sous le régnede Henri le Grand, & c’est le premier ouvrage de con-séquence de cette nature qui ait été entrepris dans leroyaume. II s’y agiffoit de lier la Seine à la Loire , Scd’établir une communication avec Paris , pour attirerdans cette capitale le commerce de la mer par Nantes,Sc celui de toutes ces belles provinces qui íont situéesfur la Loire , Sc même de faire une communication detoutes les autres provinces du royaume , arrosées par desrivières qui se rendent dans ce fleuve, Cette grande en-treprise sut commencée par le duc de Sulli ; mais aprèsla retraite de ce ministre elle fut interrompue. Louis XIIIétant à S. Germain en Layeaumoisde Sept. 163 8,donnades lettres patentes aux nommés Jacques Guy o n & ‘Guillaume Bouteroue, entrepreneurs du canal, par les-quelles il paroît qu'ils s’étoient engagés de reprendrel’ouvrage, & qu’ils avolent promis de l’echever à leursfrais Sc dépens. Sa Majesté , pour les récompenser deleur entreprise, leur céda les fonds & très - fonds ducanal, leur fit présent de tous les matériaux qu’ils ytrouveroient, & des ouvrages qui étoient déja faits > Scrégla enfin les droits qu'il s pourroient lever fur les mar-chandises qui y feroient embarquées. Ces lettres paten-tes ayant été vérifiées au parlement le 15 Avril 1639 -il ne fut plus question que d'exécuter Sc d’acheverl’ouvrage. Ce canal entre dans la Loire à Briare» re-monte vers le nord par Ouzouer, cotovant le ruiss £aude Trezée. II continue par Rcgni , Cnâtillon , Mon-targis, & finit dans le Loing à Cepoï. II est traversé pardiv'ers ponts de bois, pour la communication des vill a fl esou il passe, Sc ces ponts font entretenus aux dépens oespropriétaires du canal. Le produit des droits qui se levesur ce canal étoit autrefois très-considérable , ficmontoita de très-grosses sommes par an. Mais depuis que l’ orla creuié le canal d’Orléans , ce produit est très-consiùé-rablement diminué. Cependant il n’a pas laissé de mon-ter a cent mille livres. On le partage en trente portionsegales , suivant le nombre des intéressés. * Piganiol dela Force, Descr. de la France, t. 5, p. 155.

CANAL DE BRISTOL. Dans le dictionnaire fran-çois de Baudrand , on lit Brift.ou , partie de la mer d’Ir-lande, à l’ouest de l’Angleterre Sc à l’embouchure de la

Saverne.

CANAL DE CAMISINKA. Voyez. KaMUS-chinska.

, CANAL DE CERIGO. Détroit entre la Morée &l’iíîe de Cérigo. II a dix milles de largeur.

CANALDE CONSTANTINOPLE, ou commeles anciens le nommoient , le Bosphore de ThraCE.Détroit qui joint la Propontide ou mer de Marmara avecla mer Noire. Il sépare la Romanie de l’Asie -mineure ;Tournefort qui le nomme Canal de la Mer Noire,le décrit ainsi : Il commence à la'pointe du serrai! deConstantinople , Sc finit vers la colomne de Pompee.Hérodote, Polybe, Strabon & Menippe cités par Etiennede Bysance, lui donnent cent vingt stades de longuéur,lesquelles reviennent à quinze milles ; mais ils fixent lecommencement de ce canal entre Bysance & Chalcé-doine , & le font terminer au temple de Jupiter, où estprésentement le nouveau château d’Asie. Quoique cettedifférence soit arbitraire, on-se détermine après Pinspec-tiort des lieux pour les mesures qui viennent d’être pro-posées. II s'en faut beaucoup que ce canal ne soit enligne droite ; son embouchure qui est du côté de la merNoire, a la forme d’un entonnoir, regarde le nord-est,Sc doit se prendre à la colomne de Pompée , d’où l’oncompte près de trois milles jusqu’aux nouveaux châ-teaux. Celui d’Asie , est bâti sur un cap où l’on croitqu’étoitle temple de Jupiter, distributeur des bonsvents ;d’où cet endroit s’appelle encore Joro , du mot corrompuìeron qui signifie un temple. Le château d’ Europe estfur un cap oppose, auprès duquel on voyoit autrefois letemple de Sérapís dont parle Polybe, /. 4. De ces châ-teaux le canal fait un grand coude, où font les golfes deSaraïa 8c àeTarabié , & de ce coude il tire au fud-êstvers .le ferrai! appeiié Sultan Solyman Kiofc, à la dis-

tance de cinq milles des châteaux. Après cela ce canalpar un autre coude s’approche peu-à-peu dusudjusqu’àla pointe du ferrai!, où íl finit. De.ce dernier coude auxvieux châteaux, on compte deux milles Sc demi ; Sc de-làau ferrail o U à la pointe de Bysance six milles. Ainsi sui-vant ces mesures , tout le canal a seize milles de long,ce qui n’est pas éloigné de la supputation des anciens »lesquels gagnoient du côté de Chalcédoine , où com-mençoit le canal selon eux. * Voyage du Levant »lettre ij.

La largeur du canal aux nouveaux châteaux où étoientces temples, est d’un mille & demi ou deux en quelquesendroits. Le lieu le plus étroit est aux vieux châteaux;celui d’Europe fe trouve fur la hauteur où les anciens ,au rapport de Polybe , avolent bâti un temple à Mer-cure, d’où il s’appeiloit le cap Herrnée , qui ,'e troiivoita moitié chemin de ce canal, suivant les anciens , parceque d’un côté, ils le faifoient terminer entre Chalcé-doine Sc Byíance , 8 c de Pautre au temple de Jupiter.Cet endroit n’a pas plus de 100 pas de large, Sc le canalest presque auffi resserré un peu plus bas à Coitricklsmé ,village bâti au pied du cap que les anciens ont nomméEsties , d’où íl s’élargit jusqu’au íerraíl d’environ de ialongueur d’un mille ou d’un mille Sc demi. Ainsi leseaux de la mer Noire entrent avec assiz de vitesse dansL canal des nouveaux châteaux, & s’étendent en libertédans les golfes de Scrr-ya Sc de Tharabiè- De-lâ fansPigmenter de vitesse, ces eaux tirent vers le Kiofc, duSultan Solyman, d’où elles íont obligées de fe réfléchirvers le midi, fans que leur mouvement paroisse augmen-té, si ce n’est entre íes vieux châteaux où le lit est leplus étroit.

Dans cet endroit, comme le remarque Polybe , /. 4 ,outre que le rétrécissement du canal augmente la vitessesies eaux, elles fe réfléchissent obliquement du cap deMercure, fur lequel est le vieux château d’Europe contrele cap de Candil Bachejt en Asie, & reviennent en Eu-ro pe, vers Courichismé au cap des tiflies, d’où elles en-silent la pointe du ferrail. Voilà ce que Polybe en a ob-servé de sontems, c’est-à-dire, du tems de Scipion Scsie Lœlius avec lesquels íl étoit lié d’amitié. Tourne-fort avoue , qu’il n’a pu remarquer ce mouvement enzig-zag ,en-deçà des châteaux, quoiqu’il ait-passé quatreou cinq fois ce canal; mais il est certain qu’avec un ventsie nord, la rapidité est si grande entre les deux châteauxqu'il n’y a point de bâtiment qui s’y puisse arrêter, && qu’il faut un vent opposé au courant pour les faireremonter ; cependant la vitesse des eaux diminue si íen-siblement, que l’on monte & que l’on descend fanspeine , lorsque les vents ne font pas violens.

Indépendamment des vents , il y a des courans dansle canal de la mer Noire ; le plus sensible est celui quien parcourt la longeur, depuis l’embouchure jusqu’à lamer de Marmara > qui est la Propontide des anciens.Avant que ce courant y entre, il heurte en partie contrela pointe du ferrail, comme Polybe, Xiphili-n., & aprèseux Gilles , Pont remarqué; car une partie de ces eaux,quoique la moins considérable , passe darts le port deConstantinople, Sc vient fe rendre vers le fond, qu’onappelle les Eaux-douces. Polybe même Sc Xiphilin ontcru que ces eaux réfléchies formoíent ce fameux portque les anciens ont admiré íbus le nom de la Corne d’or »à cause des richesses qu’il apportoit à cette ville. Ce quipasse donc des eaux du canal dans le port de Constanti-nople, fait un courant qui fuit le tour des murailles dela ville ; tout le reste se dégorge dans la mer de Marmaraentre le ferrail Sc Chalcedoine,

Il y a beaucoup de courans dans le port de Constan-tinople. Procope de Césarée qui vivoit dans le sixièmesiécle, assure que les pêcheurs remarquaient que leurs fi-lets , au lieu de tomber â plomb dans le fond du canal,étoient entraînés du nord vers le sud, depuis la surfacede l’eáu jusqu’à une certaine profondeur, tandis quep autre partie, de ces mêmes filets, qui descendoit depuiscette profondeur jusqu’au fond du canal, fe courboit dansun sens opposé. Procope assure que, suivant Pobserva-tíon des pêcheurs, les deux courans opposés, l’un supé-rieur, l’autre inférieur, sont très-sensibles dans cet en-droit du Bosphore qu’on appelle P Abyme-. Peut-être y a-t-il dans ce lieu un gouffre profond , formé par un ro-cher creux comme un cuilieron, dont la partie cave te-