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Tome second. C - F.
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2000 toises de circonférence. 11 a été fait pour recevoirles eaux de la montagne Noire, qui y font retenues parune levée de terre , soutenues par trois murailles très-forte ; & il a 90 pieds de profondeur à l’endroit le pluscreux. Le bassin de Naurouíe, que l’on a choiíì pour êtrele point du partage des- eaux Sc où celles de S. Ferreoldescendent , a 200 toises de longueur Sc 150 de largeur,& est tout revêtu de pierres de taille. Il a été creusé à l’en-droit le plus élevé du canal, d’où les eaux y étant ramas-sées , se divisent & coulent des deux côtés opposés. Lepont du torrent de Repudre, bâti de pierres de taille,long de 70 toises, n’est pas moins admirable par la nou-veauté de son usage ; car en même rems que des vaisleaux.assez grands navigent fur ce pont, où il y a sept piedsd’eau par-tout, on volt palser au-dessus les eaux du tor-rent. Ce qu’il y a de plus hardi Sc de plus surprenant danstout le canal, c’est la voûte & la structure de l’endroicnommé le Malpas. C’est aussi qu’on appelle une mon-tagne de roche dure que l’on a percée pour Faire palîàgeaux eaux. La voûte a 80 toiles de long , quatre toises delarge & quatre & demie de haut. Aux deux côtés du ca-nal on a pratiqué deux banquettes pour le tirage des bar-ques. On volt encore dans ce merveilleux ouvrage des en-droits de quinze à vingt mille toises de canal creusé dansla roche , des rigoles longues de quatre lieues de Frânce,d’autres d’onze, quantité de chaussées de pierres de taille,qui coupent & qui arrêtent les rivières comme entr’autrescelle de Cesse, qui donne une reculade d’eau de plus dehuit lieues d’étendue dans le canal, fans aucune écluse Scdans un parfait niveau ; les ouvrages du port de Cete &cent quatre écluses d’une solidité extraordinaire > P ar semoyen desquelles on peut palser en onze jours d’une merà l’autre avec autant de sûreté que de facilité.

Le sieur Riquet, en prenant ses niveaux, avoir reconnuque Nauroufe, près de Castelnaudari, étoit Fendrait leplus élevé qui fut entre ses deux mers, il en fit le pcuntde partage & y pratiqua un bassin , il y a en tout rems septpieds d’eau que l’on distribue par le moyen de deux éclu-ses , lune du côté de l’Océan Sc l’autre du côté de se Mé-diterranée. Pour fournir partie de ces eaux, on a construit1 e réservoir de S. Ferreol à un quart de lieue au-dellous deRevel. Il a 1200 toises de longueur fur 500 de large,& 20 de profondeur. Il contient en superficie 1 14573toises ; fa figure est triangulaire ôc formée par deux mon-tagnes , Sc par une grande Sc forte digue qui lui f ert debase : cette digue est traversée par un aqueduc qui porteles eaux à Nauroufe.

L'inégalité du terrein, les montagnes , les rivières &les torrens qui se rencontrent fur la route , sembloientrendre ce projet inutile ; mais le sieur Riquet remédia atous ces inconvéniens ; à l’inégalité du terrein, p ar semoyen des écluses qui loutiennent l’eau dans ses descen-tes ; aux montagnes, en ses entr’ouvrant ou les perçanttelle que se Malpas ; à incommodité des rivières & destorrens, par se moyen des ponts & des aqueducs, furlesquels on fait palser le canal, Sc les rivières ou tor-rens par délions. * Mémoires du tems.

Z- CANAL ROYAL, à 1 a Chine, autrement leGrand Canal : il est ainsi nommé parce qu’il traversetout 1 Empire, depuis Canton qui est au midi jusqu’à la_ ville de Pékin, située dans la partie la plu6 septentrio-nale. On est seulement obligé de faire une petire jour-née par terre pour traverser 1 a montagne de Moilin quiborne se province de Kiansi. De cette montagne coulentdeux rivières, donc lune va au sud jusqu’à la mer, &l’autre au nord jusques daris 1e fleuve de Nankin , d’oùpar divers canaux & par se moyen du fleuve Jaune oncontinue le voyage jusqu’auprès des montagnes de Tar-tarie. E Mais parce que dans cette étendue de plus de400 lieues, les terres ne font pas égales , ou n ont pointune pente proportionnée à l'écoulement des eaux, ila ete nécessaire de P rat *quer un grand nombre d’écluses.On les appelle ainsi dans les relations , quoiqu’ellessoient bien différentes des nôtres. Ce font des chûtesd eau & comme des torrens qui se précipitent d un canaldans u» aucre plus ou moins rapides, selon la diffé-rence de leur niveau. Pour y remonter l es barques, onsc sert d’un grand nombre d’hommes qui Font entrete-nus pour cela auprès de l’éclusc. Après avoir passé desamarres à droite & à gauche pour íaisir la barque, demaniéré quelle ne puiíse échaper, ils ont plusieurs

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cabestans par le moyen desquels ils f'élèvent peu à peuà force de bras, jusqu’à ce qu’elle soit dans le canal su-périeur en état de continuer fa route. Cette manœuvre estlongue, rude Si dangereuse. Ils serment bien surpris s’ilsvoyoient avec quelle facilité un seul homme qui ouvreôc ferme les portes de nos écluses, fait monter ou descen-dre avec fureté les bateaux les plus longs & ses pluspesans. Dans quelques endroits les eaux des deux ca-naux ne communiquent point ; on ne lailse pas de fairepalser les bateaux de l’un à 1 autre , quoique le niveausoit différent de plus de 1 ; pieds. Voici comment : A1a tête du canal supérieur, ils ont bâti un double glacisde pierre , qui s’unissant par 1a pointe , s’étend des deuxcôtés jusqu’à 1 a surface de l’eau. Quatid 1 a barque estdans le canal inférieur, on la guinde par 1e moyen deplusieurs cabestans fur 1e plan du premier glacis, jusqu ace qu’étant élevée fur la pointe , elle. retombe par sonpropre poids 1e long du second glacis, dans seau ducanal supérieur, où elle va durant quelque tems commeun trait. On les fait descendre à proportion de 1 a mêmemaniéré. Il n’y a cependant point de semblables éclusesdans le canal Royal, parce que ses barques de l’empe-reur, qui font grandes comme nos vailseaux, n’y tau-roient être élevées à force de I^ras, Sc lé briseraientdans la chute. Toute la difficulté consiste à remonterces grands torrens, dont il vient d’êcre parlé , Sc c’estce qu’ils font avec succès, mais non pas lans peine ÔCfans dépense. * Mémoires fur L'état présent de la. Chine ,t. 1 , p. 184.

Ce chemin d’eau , comme ils Rappellent , étoit né-cessaire pour 1e transport des grains & des étoffes qu’otifait venir des provinces méridionales a Pékin. 11 y a,si l’on en croit les Chinois , 1000 barques de 80 à 100tonneaux, qui font le voyage une fois Fan, toutes char-gées pour Fempereur , lans compter celles des particu-liers , dont se nombre est infini. Quand ces prodigieusesflottes paísenc, on dirait quelles porteur 1e tribut de tousles royaumes de l’Orient, Sc qu’un seul de ces voyagesdoit fournir pour plusieurs années à la subsistance de laTartarie -, cependant Pékin seul en profite , & ce feroitencore peu si la province ne contribuoit à Fentretiendes habitans de cette grande ville.

CANAL DE SABIONCELLO , petit bras dugolfe de Venise , entre Fille de Meleda Ôc la pointe deSabioncello , sur la côte de la Dalmatie. O11 Rappelleaussi quelquefois le Canal de Stagno , du nom d’uneville voisine.

CANAL DE SAINT ANTOINE [ le ], en latinSalepina.■ Palus , lac d’Italie , au royaume de Naples,dans la Capitanate , près de Fembouchure de FOfautevers la côte du golfe de Venise , le long de laquelle ils’étend l’espace de dix milles, mais il n'est gueres large.

CANAL DE SAINT GEORGE [le]- Les Angioisnomment ainsi cette partie de la mer qui borne le paysde Galles au midi jusqu’à Fembouchure de la Saverne.

CANAL' DE SAINTE BARBE [ le ] , bras de la merPacifique, dans l’Amérique septentrionale , le long dela côte occidentale de la Californie, entre ce continent& quelques petites iíles qui font au nord du Port de laConversion.

CANAL DE SAINTE MARIE [ le ], en latinFojfa ’ Eugeniana . Les Flamands le nomment de NieuweGrifft. Canal que l’archiducheíse Isabelle-Claire-Eu-génie , fille de Philippe II, roi d’Espagne, entreprit de' faire creuser pour joindre le Rhin à la Meuse dans lesPays-bas dont elle étoit gouvernante ; ce travail, quicommençoic à Rhinberck, traversent ses pays de Guel-dres & de Cologne, & aboutiffoit à Wenlo. Le desseinétoit de le pousser jusqu’à la Demer, Sc delà jusqu’àF Escaut, afin que le fer , 1 e cuivre , 1 e bois Sc ses autresmarchandises que produit FAllemagne, arrivassent dansle Brabant au préjudice des Provinces-Unies, qui par iaen auroient été privées. Outre ce , le canal revêtu defortifications devoir servit de barrière , Sc empêcher lacavalerie Hollandoise de harceler les frontières de laFlandre , Sc en même-tems aurait mis à la discrétiondes Espagnols, ses terres d’Aliemagne situées en-deçàdu Rhin.

Les travaux en furent commencés le 21 Septembre1628. On ouvrit le fossé de quatorze pieds de largeurSc de profondeur, de douze heures de chemin en Ion-