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qu’il avoit déja ; ainsi il se vit une puissance íbrmidableLux Maures ; mais en mourant il la partagea entre ses-trois sils.
Sanche eut le royaume de Castille.
Alphonse eut le royaume de Léon 8 c des Asturies.
Garcie eut la Galice 8 c le Portugal.
Sanche II, mécontent de ce partage, chassa bientôt l’un• 8 c fit l*autre .prisonnier, de sorte qu’il réunit la monarchiequ’avoiteu son pere. Alphonse, frere de ce Sanche 8 c filsfie Ferdinand le Grand , reprit Tolède fur les Maures ,Sc en fit la capitale de ses états. C’est de ce tems-là que lepays où est Tolède étant conquis par les Castillans, 8 cannexé à la Castille, prit le nom de Cafiille neuve. Al-phonseVI, le même qui fit cette conquête, avoit une fillequi fut mariée en premíeres noces à Raimond de Bour-gogne , 8 c en secondes à Alphonse roi d’Arragon, onla nommoit Uraca. Son second mari succéda à son beau*pere pour les royaumes de Castille 8 c fie Léon en 1109,mais ce ne fut qu’en qualité de tuteur d’Alphonse VIIÏJfils d’Uraca 8 c de son premier mari Raimond de Bour-gogne. Ce Prince ne fut, à proprement parler, que ré-gent de Castille & roi d’Arragon ; on ne laisse pas de lecompter entre les rois de Castille , 8 c de l’appeller Al-phonse VII. Son pupille après avoir régné douze ans entutelle , en régna treize seul, Sc enleva Sarragosse, capi-tale de l’Arragon, à Ramire II, successeur d’Alphonse ;íl partagea ses états à ses deux fils.
Sanche eut la Castille.
Ferdinand eut le royaume de Léon.
Ces deux royaumes demeureront divisés entre ces deuxbranches , jusqu’au régne de Ferdinand III, fils d’Al-phonie IX, roi de Léon, à qui la Castille revint âpresla mort de Henri son beau-pere. Ce roi Ferdinand en-leva Cordoue & Séville aux Maures.; ces royaumesn’ont plus été séparés depuis ce tems. Le Portugal avoitété détaché de la Galice 8 c du royaume de Léon » dès letems d’Alphoníe VI, & avoit été érigé en comté, puisen royaume, comme je le dis en son lieu.
Depuis Ferdinand III, on ne parla plus du royaumede Léon que comme d’une annexe de la Castille ; &quoique les rois ses successeurs eussent foin d’assemblerdans leurs titres ceux des royaumes qu’ils possédoient»l’histoire ne les nomma plus que rois de Castille.
La monarchie Castillane comprenoit les deux Castil-les , l’Estremadure , l’Andalousie, les royaumes de Mur-cie 8c de Léon, les deux Asturies , la Galice 8 c les paysfi’Alava 8c de Rioxa , lorsqu’Iíabelle fut déclarée reinefie tous ces états, à la place de Henri IV, son frere. Sonmariage avec Ferdinand , roi d’Arragon, acheva lesfon-fiemens de la grandeur Castillane. Ce prince, surnomméle Catholique , chassa les Maures, à qui ses prédécesseursn’avoient plus laissé que le royaume de. Grenade. Aprèsavoir régné ensemble trente 8 c un ans, Isabelle mourut.Ferdinand céda la Castille à Jeanne leur fille 8c héritière,8 c régna dans l’Arragon jusqu’à fa mort arrivée en 15 id.II avoit ajouté à ce royaume ceux de Naples 8 c de Sicile,qu’il conquit, a fiais communs, avec Louis XII , roi deFrance , avec qui il l e partagea, 8c auquel il enleva, en-suite la part. Il se prévalut aussi de l’excommunicationque le Pape avoit fulminée contre Jean d’Albret roi deNavarre, le chassa de ce royaume; 8c se l’aproppria. Ainsisa mort réunit en la personne de son héritier toute l’Es-pagne dans son étendue, hormis le Portugal.
Jeanne fille de Pytdinand 8c d’Isabelle , comme j’aídit, avoit épousé Philippe le Bel, archiduc d’Autriche,fils unique de l’Empereur Maximilien premier. La mortfie ce prince précéda celle de son pere 8 c de son beau-pere ; mais il laissa deux fils. L’aîné fut Charles I, enEspagne,8c V, en Allemagne, q u j ,du chef desamere,fut roi de Castille, d’Arrágon , de Navarre , de NaplesSc de Sicile ; du chéf de son pere, il eut l’archíduchéd’Autriche . avec ses annexes 8c les états des ducs deBourgogne , dans les Bays - Bas. Un puissance si formi-dable, à la liberté de l’Europe, fut entore augmentée parla dignité impériale, q ue les électeurs lui conférèrent l’an1519, 8c qu’íl résigna^ ensuite à son frere, âpres en avoirjoui 3 6 ans. Ce frere etoit Ferdinand : Charles lui avoitremis l’Autriche, 8 c les états situés dans l’empire, dès l’an1521. Son mariage avec Anne, sœur & héritière de
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Louis, dernier roi de Hongrie 8 c de Bohême , lui avoitapporté la succession de ces deux couronnes, dont il héritaen 15 2 7 ' Charles l’avoit fait élire roi des Romains en153 1 » âc lui remit enfin la dignité impériale en 155 6 ,c’est la postérité de Ferdinand que l’on appella la brancheallemande, 8c qui s’est toujours maintenue dans la di-gnité impériale jusqu’à Charles VI.
Charles en abdiquant l’empire se réserva la monarchieCastillane,unie avec celle d’Arragon 8c toutes leurs anne-xes. Il y ajouta encore les Pays-Bas, qu’il avoit considé-rablement augmentés. II avoit acheté de George, duc deSaxe , ses droits fur la Frise 8c sur Groningue ,8c se lesétoit soumises. Hehri, comte Palatin 8c évêque d’Utrecht,lui avoit cédé les deux provinces d’Utrecht 8c d’Over-Yssel; Sc Charles, duc de Gueldres, étant mort, son duchéA le comté de Zutphen avoiênt été incorporés au restedes Pays-Bas. II avoit encore joint à tant de pays, le duchéde Milan que François I, roi de France, avoit perdu àla malheureuse journée de Pavie. Telle fut en Europela monarchie Castillane sous ce grand roi.
Quoique ses entreprises fur l’Afrique n’eussent pastoujours été heureuses, il possédoit plusieurs places furles côtes de Barbarie.
Mais toutes ses importantes acquisitions, si l’on con-sidère l’étendue de pays » ne font nullement comparablesa. celles que les Castillans firent au nouveau monde. DèsH régné de Jean II, pere d’Isabelle de Castille, les Ca-naries avoient été découvertes par les Espagnols , qu!y avoient commencé des établissemens. Ces sortes d’en-treprises furent interrompues pendant le régne de son filsHenri IV, mais celui de fa sœur Isabelle, qui lui succéda,fut plus favorable ; elle ne méprisa point les offres deChristophe Colomb, qui avoit été rebuté en d’autrescours. Ce fut fous cette princesse que la grande Canarie »les ifles de S. Domingue , de Porto-Rico , de Cuba 8 cquelques autres de celles qui font à l’orient de l’Améri-que septentrionale ; la terre ferme dans l’Amérique méri-dionale , & la Jamaïque, dont les Angloís s’emparérenten 1654, furent découvertes 8 c acquises à la couronnede Castille ; mais les conquêtes les plus importantesétoient réservées à la fortune de Charles V. Ce fut fousses auspices que la Castille découvrit, ou conquit l’an*cien Méxique , les ifles Mariannes , les Moluques quifurent ensuite engagées aux Portugais, des mains de quielles ont passé aux Hollandois, qui les possèdent; le Pérou,le Chili , & les Philippines , que Magellan découvrit ;niais ce ne fut que fous Philippe II, que l’on y formades établissemens solides. La Floride fut trouvée en1528 ; mais ce ne fut que dix ans après que l’on en pritpossession ,par des colonies. Telle étoit la situation de laCastille, lorsque Charles V, remit cette vaste monarchieà son fils Philippe II.
Philippe II perdit une partie considérable des Pays-Bas, où se forma la république desProvinces-Unies; maisce prince attacha à la monarchie trois acquisitions très-ímportantes. Les ifles Manilles, découvertes fous lerégne de son pere, avoient été négligées; Philippe yenvoya des colonies , 8 c ces ifles , furent appellées lesPhilippines. La mort du roi de Portugal, décédé fansenfans , mit ce royaume à fa bienséance; & ce droit jointà celui du. plus fort, le mit en possession du Portugal 8 cde ses annexes, que ses successeurs ont possédé jusqu’aUmilieu du siécle passé. Ce fut encore fous Philippe quele nouveau Méxique fut soumis à H domination Castil-lane. Depuis ce régne on cessa de dire les rois de Castille ;8 c, quoique ce nom se retrouve entre les'titres des couron-nes que rassemble la monarchie , les rois se qualifièrentrois des Espagnes 8 c des Indes.
Les ifles Mariannes, découvertes fous Charles V»furent peuplées fous le régne de Philippe IV, 8 c furentainsi appellées, du nom de la reine qu’il avoit épouséeen secondes noces. On doit au régne de Philippe V, Hdécouverte des ifles de'Palaos, ou des nouvelle Philip'pines. Voyez, l’article Espagne.
Je n’aí pas mis de citations aux marges de cetarticle , parce que n’étant qu’un très-petit abrégé , il ía telle ligne où íl en auroit fallu beaucoup ; outrej’ai employé divers lyémoires manuscrits ausquelsj®ne pouvois pas renvoyer le lecteur, 8cfur lesquels j aIsouvent ou amplifié, ou éclairci, ou même rectifié * eSlivres imprimés que j’avois devant les yeux.