■Severe cOïnmença, 8c qui ne fut achevé que paf Constan-tin ; il servoit pour les courses des chevaux , 8c pouries principaux spectacles : 8c les Turcs n’ont presque faitque traduire le nom de cette place en leur langue, car1 1 chez eux, signifie un cheval , 8c meìdan une place,comme qui diroit , la place aux chevaux : elle a plus dequatre cens pas de longueur fur cent pas de largeur.
L’obélisque de granit - ou pierre Thebaique, est en-core élevé dans l’Atmeidan : c’est une pyramide à quatreCoins , d’une feule piéce , haute d’environ cinquantepieds , terminée en pointe , chargée de ces caractères 8cfigures, que l’on appelle hiéroglyphes ,< 8c que l’on neconnoîtplus ; cependant l’on juge bien par-là, qu’elleest fort ancienne, & qu’elle a été travaillée en Egypte.Les inscriptions grecque Sc latine , qui font à fa base ,marquent que l’empereur Théódofe la fit relever, aprèsqu’elle eut resté long-tems à terre : les machines mêmesque l’on y employa pour la mettre fur pied , font repré-sentées dans un bas-relief; 8c l’on volt dans une autrela place de l’hippodrome , telle qu’elle étoit, lorsqu’ony faifoit les courses chez les anciens. Nicetas, dans lavie de S. Ignace , patriarche de Constantinople , remar-que que cet obélisque étoit surmonté par une pomme depin de bronze , qui fut abattue par un tremblement deterre."
A quelques pas de-là fe voient les restes d’un autre obé-lisque à quatre faces » bâti de différentes pièces de mar-bre : la pointe en est tombée , 8c le reste menace ruine.Get obélisque étoit couvert de plaques de bronze , com-me il paroît par les trous faits pour recevoir les pointesqui les attachoient au marbre. Sans doute que ces pla-ques étoíent relevées de bas-reliefs 8e d’autres ornemens ;car l’inscription qui fe lit dans la base, en parle commed’un ouvrage tout-à-fait merveilleux. Bondelmont > dansíà description de Constantinople , donne vingt - quatrecoudées de haut à l’obélisque de granit, 8c cinquante-huít coudées à celui-ci : peut-être même qu’il foutenoítla colomne de bronze aux Trois ferpens. Voici la traduc-tion de l’inscription qui fait mention de cet admirableobélisque. U empereur Constantin, à présent régnant, perede Romanus, la gloire de F empire, a rend.u bien plusmerveilleuse qtF elle n 1 étoit, cette admirable pyramidecarree, que le tems avoil détruite , & qui est chargée dechojès sublimes i car V incomparable colosse étoit à Rhodes,& ce bronze surprenant, Je trouve ici. On ne fait , ce quec’étoient que ces choses sublimes, ni. quel rapport avoitcet ouvrage avec le colosse de Rhodes , si ce n’est peut-être, que c’étoient deux merveilles chacune dans leurgenre. Voilà une grande énigme.
La colomne aux Trois ferpens n’est guéres mieuxconnue : elle est d’environ quinze pieds de haut, forméepar trois ferpens tournés en spirale, comme un rouleaude tabac : leurs contours diminuent insensiblement, de-puis la base jusques vers les cols des ferpens, 8c leurs têtesécartées fur les côtés, en maniéré de trépié, compofoîentune espèce de chapiteau. On dit que sultan Mouratavoit cassé la tête à un des ferpens : la colomne fut ren-versée , 8c les têtes des deux autres furent cassées » en1700 âpres la paix de Carlowits. On ne fait ce qu’ellesfont devenues; mais le reste a été relevé, 8c fe trouveentre les obélisques, à pareille distance de l’un & dei’autre : cette colomne de bronze est une des pièces desplus anciennes , supposé qu’elle ait été apportée de Del-phes, où elle servoit à soutenir ce fameux trépié d’or,que les Grecs, âpres la bataille de Platée, firent faired une partie des trésors qu’ils trouvèrent dans le campde Mardonius , a qui Xerxès, en s’enfuyant de Grece ,avoit laissé des richesses immenses.
Avant de sortir de l’hippodrome, on doit jetter unCoup d œil fur la mosquée neuve, qui est à gauche, 8c furle ferrail d Ibrahim hacha qui est fur la droite, & quidans son tems a été un des plus beaux bâtímens deConstantinople.
Dans la rue d Andrínople 8c dans le quartier de laSolymanie , on peut voir la colomne brûlée • on a raisonde lui donner ce nom, car elle est devenue si noire 8c sienfumée par les incendies , qu’o n a de la peine à distin-guer de quelle matière elle est. Cependant à l’examínerde près on s’apperçoit que les pierres qui la composentfont de porphyre , & que les jointures en font cachéespar des cercles de cuivre. On croit qu’elle foutenoít la
figure de Constantin, 8c l’inscripríon qui est au haut mar-que que cet ouvrage admirable fut restauré par le l JJ s ~pieux empereur Manuel Comnene. Annal. part. 4- Cly-cas rapporte, que fur la fin de l’empire de N ícéphore Bo-toniate qui fut rasé 8c mis dans un cloître , le tonnerreabattit la colomne de Constantin qui foutenoít la figured’Apollon, à laquelle on avoit donné le nom de cetempereur.
La colomne qu’on appelle historique, n’est pas .d’unematière si précieuse , puisque ce n’est que du marbreblanc ; mais elle est remarquable par fa hauteur quiest de 147 pieds , 8c par ses bas-reliefs qui font d’uf*assez bon goût pour ce tems-là ; c’est dommage qwe I efeu les ait maltraités : ils représentent les victoires del’empereur Arcadius : les villes conquises y paroissesfous la forme de femmes, dont les têtes font couronnéesde tours : les chevaux en font assez beaux ; mais l’efl>'pereur est dans une espèce de fauteuil, avec une robe 8cune fourrure qui approchent fort de celles d’un professeuren droit. Le labarum est au-dessus de fa tête, soutenupar deux anges avec la devise des empereurs chrétiens.J: Christ est vainqueur. I. X. NIKA. Pour la colomnede Marcian, quoíqu’elle soit de granit, ce n’est pas ustouvrage fort recherché : elle a fait plus d’honneur uSpon 8c Wheler qui l’ont découverte les premiers»qu’à Tatianus qui l’avoit dressée pour soutenir la statue»& peut-être l’urne où il avoit mis le cœur de l’empereurMarcian.
Le vieux 8c le nouveau bazar ne sont pas éloignesl’un de l’autre. Ce font de grands bâtímens carrés »couverts de dômes revêtus de plomb, soutenus par desarcades 8c des pilastres. II y a peu de marchandises finesdans le vieux bazar, bâti par ordre de Mahomet II eI11461 ; mais on y vend des armes 8c sur-tout d,es sabres8c des harnois de chevaux ; on y en trouve d’enriclusd’or , d’argent 8c de pierreries. Le bazar neuf est destin®pour toutes sortes de marchandises : quoiqu’il n’y aí£que des boutiques d’ofévres , on y vend aussi des fourrU -res, des vestes, des tapis, des étoffes d’or, d’argent»de foie , de poil de chevre ; les*pierres précieuses 8c 1®porcelaine n’y manquent pas.
Le marché aux esclaves de l’un 8c de l’autre sexe n’estpas loin de-là: ces malheureux y font astis dans une postur®assez triste. Avant de les marchander , on les consider®de tous côtés , on les examine, on leur fait faire l’exer'cice de tout ce qu’ils ont appris ; 8c bien souvent tout cel ase fait plusieurs fois dans la journée lans qu’on conclu®le marché. Les hommes 8c les femmes auxquelles I 3nature a refusé des charmes , font destinés pour I e ?services les plus vils ; mais les filles qui ont de labeaUt8c de la jeunesse ne font malheureuses qu’en ce qu’ 011les oblige ordinairement à suivre la religion du p a Y S ;On va les choisir chez leurs^maîtres ; ces maîtres > q 11 *font des Juifs, prennent grand foin de leur éducatifafin de les mieux vendre. Les filles que le fort destin?sultan font enfermées , après fa mort, pour le resteleurs jours dans le vieux íèrrail, où elles sèchent del a °gueur, supposé qu’elles ne soient pas recherchées P aquelque hacha. Elles passent leur vie à pleurer la t? 0du prince, ou celle de leUrs enfans, que le nouveau st" £fait quelquefois étrangler.
Le château des Sept-tours, situé au bout de la vlH?' .côté de la terre ferme 8c de la mer de Marmara, a P rl _son nom de pareil nombre de tours que l’on y yoít con £Ívertes de plomb : c’est une espèce de bastille où l’°n ?p een prison les personnes de distinction ; mais on enl’enírée aux étrangers depuis que le chevalier de t j r _jeu, qui y étoit prisonnier , trouva le secret d’en 0 , eII avoit fait des prises si considérables fur les Turcs ’ "le grand seigneur , pour se venger de son évasif ’couper la tête au gouverneur du château. La porte o ^qui étoit la plus considérable fous les empereuts^^Constantinople, fe trouve dans l’enceinte de cette p rlProcope' assure que Justinien en fit paver le chemin P ,jle passage des armées. Du tems des empereurs Grecs »y avoit à cette porte une espécé de château qu on Ppelloítle Chateau rond. Cantacuzene, /. 4» c - 4°qui fut empereur pendant quelque tems » nous appi^^qu’il le rendit comme imprenable par les fortifies 1 ^qu’il y fit faire : elles furent démolies par ^n A® slJean Paléologue, qui l’obligea de fe retirer a ^. ere j