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Tome second. C - F.
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M DAM

&au midi da golfe de Cambaye; par les 20 d. de latitudeseptentrionale , 8c 89 d. 12m.de longitude, entre Surate& Baçaim,.à 20 lieues de Iapremiere de ces villes, 8cà 80 de Goa. Cette ville est partagée en deux par uneriviere de même nom. Ce qui est a la droite de cetteriviere est le Vieux Daman , & ce qui est à la gauche estle Nouveau Daman • * Gemelli Careri , t. 3 , p. 3.

LE NOUVEAU DAMAN est une fort belle ville,bâtie par les Portugais, à l’Italienne, & partagée dansfa longueur par trois grandes rues parallèles, traverséesde quatre autres, toutes tirées au cordeau. On ne lespave point afin de marcher plus commodément pendantles pluies. Les maisons font presque toutes isolées, 8cont un jardin fruitier. Elles font couvertes de tuiles, 8cla plupart n’ont que le rez de chaussée fans autre étage;pour vitrage, on se sert d’écailles d'huîtres , travailléesfort délicatement 8c transparentes. L’air de Daman esttrès-bon , & le matin, en été , il est assez frais. L "hiverdure, depuis le mois de Mai jusqu’au mois de septem-bre , avec les pluies & des tempêtes continuelles-. Cetteville, qui n’est pas fort peuplée , a quatre bons bastionsà la moderne. La figure est un peu irréguliere - 8c ellen’est pas trop bien fournie d’artillerie. Son circuit peutêtre de deux milles. Elle n’a point de fossés du côté dulevant 8c du midi ; mais seulement un retranchement,haut d’environ quatre pieds. Des deux autres côtés , unoras de la riviere entre dans le fossé, il y a deux portes,dont une a un pont levis. Toutes les murailles ont leurterreplein.

Elle est défendue par une bonne garnison. Un capitai-ne en est le gouverneur , 8c un facteur Portugais , a lefoin des revenus du roi. La garnison est toujours de 400hommes , obligés d’y coucher toutes les nuits. Ils n’ypeuvent manquer que par la permission du capitaine ougouverneur , qui l’accorde rarement. S’ils s’absententsens permission , ils perdent leur paie du jour, pour lapremíere fois ; 8c font cassés fans retour pour la seconde.Les Portugais estiment plus cette place, que toutes lesautres qu’il y a dans les Indes ; 8c ils n’admettent quedes blancs dans la garnison. Le capitaine ou gou-verneur du nouveau Daman ne dépend point du gou-verneur de la ville , ou vieux Daman. Les églises fonttrès-parées, sur-tout la Paroisse & la chapelle de la mi-séricorde. II y a outre cela quatre couvents , des Jésui-tes, des Jacobins, des Augustins 8c des Récolets. Elleest habitée par des Portugais Métis 8c par des Gentils8c des Mores ; mais i’exercíce public de la religion deces derniers est défendu. * Gemelli Careri , t. 3 , pag. 3.

LE VIEUX DAMAN est fort en désordre. Les mai-sons ressemblent à des chaumières, étant toutes de terre,couvertes de branches de Palmier. 11 n’est presqu’ha-bité que par des Gentils 8c des Mores, qui travaillent àdivers métiers : ils y ont leurs boutiques. * Gemelli Ca-reri , k. 3 , p. 3.

La riviere forme un port, entre ces deux villes, à uneportée de canon. II n'y peut entrer aucune barque nigrande, ni petite, que quand la marée monte. Le cou-rant est fi rapide au reflus, qu'on ne peut en aucune fortepasser avec des rames , 8c qu’on est obligé de mouiller;si le vent n’est pas très-fort 8c très-favorable , il fautattendre que lâ marée monte , encore n’est-ce que pourles barques. Les gros vaisseaux ne peuvent entrer ni sor-tir que deux fois le mois , dans les grandes marées. Aufeste, le port est sur , quand une fois les vaisseaux y fontentrés , & s’íl en périt, ce n’est que dans des déborde-mens rapides , qui les entraînent à la mer, lorsqu’ils nefont pas bien attachés. L’entrée du port est défendue, ducôté dli vieux Daman, parle fort S. Jérôme » de figurelongue, avec trois bastions, munis de bonne artillerie.Vers le nord on volt un petit bourg , où il n’y a que descabanes couvertes de palmiers, dans lesquelles demeu-rent des Chrétiens noirs , 8c un peu plus loin on trouveun village de Gentils avec un Bazar.

Martin Alphonse de Sonia, en 1535 > prit 8c détruisitDaman en trois jours. D. Constantin, fils stu duc deBragance , cinquième viceroi des Indes , le reprit en1659, 8c le mit en bon état de défense. Le Mogol a tentéplusieurs fois de s’en rendre maître. Vers le milieu dusiécle passé, Aureng-Zeb, Alanguir, 8c 14 rajas l’asisiegerent avec une armée considérable. Au bout de sixmois , il§ voulurent faire un dernier effort, & mirent à

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leur avantgarde deux cens éiéphans aguerris, armés dëlongues épées bien tranchantes. Ces animaux, effrayespar le feu des Portugais , prirent la fuite en désordre >8 c taillèrent en pièces la moitié del’armée mahométane;ce qui fit lever le siège.

Le beuf 8 c le porc font mauvais à Daman. On y tuerarement des moutons 8 c des chèvres ; les poules y sontchères; le poisson est rare 8 c mauvais , 8c l’on n’a quéde l’huile de coco pour l’accommoder : mais le pain ,même celui de riz , est très-bon. Les étrangers sont obli-gés de se mettre en pension , parce qu’ils ne trouventrien au marché. Les gens aisés ont leurs provisions chezeux; 8c le peuple se contente de riz 8c de four a, espècede vin de palme. On n’y volt que des fruits des Indes,comme des cocos , mangas , figos , papayes , carambo-las , mansanas, jambos, undis, ananas, atas , ar.onas,

■ 8e-autres. Pour les plantes, il y en a beaucoup, tant decelles de l’Europe que de celles du pays. Une des m eh"leures de celles-ci, c’est la racine de celle qu’on appelscajsaras , qui ressemble à une truffe blanche. Elle est d ela grosseur 8 c du goût d’une châtaigne. Le pays est bonpour la chasse. II y a des sangliers, des loups , des re-nards , 8c des lièvres comme en Europe. Les montagne®font pleines de baccareos , qui ressemblent â des daim®8 c qui ont le goût du porc; de zambares , qui ressemblentaux bœufs , par le corps 8c aux cerfs, par les cornes 8 cles pieds ; de gazelles, qui font comme des chevreuils!de dives , qui différent petvdes renards; de roses , q ulont le corps d’une vache, Sc font appellées ainsi à causod’une rose que ces animaux ont à la poitrine. Le mâle estnommé meron , a les cornes longues d’une demi- palme »le corps 8c la queue de cheval. II y a des loups cerviers tdes espèce de chats sauvages noirs , ayant des aîles dechauve-souris , qui leur fervent à sauter d’un arbre à »Uautre quoique assez éloignés ; des vaches 8 c des chevau*sauvages. Les tigres y font de trois espèces, savoir bibo>chito 8c la roïale , toutes différentes entr’elles par la gro®"seur du corps 8c la variété des taches. Comme ils voisttoujours fur les traces des sangliers , ceux-ci, instruit®par la nature, se roulent dans la fange, 8c vont se sécbeíau soleil , jusqu’à ce qu’il se soit fait une croûte bM 1dure. De cette sorte, au lieu de demeurer la proie deleurs ennemis , il arrive souvent , qu’ils les déchires*avec leurs défenses aiguës , ayant tout le tems de l eStuer, pendant que les tigres enfoncent leurs grises daf scette fange pour l’arracher. Les Portugais chassenttigres de deux maniérés : ou bien ils íe mettent à l’asodans un fossé proche des endroits 011 l’on fait quils vie 11 'nent boire; ou bien ils vont dans une charette tirée len te 'îften£ par deux bœufs, autant que le terrein 8c la hautesdes arbres le permettent. Là ils tirent íùr ces animai 'ils tâchent sur-tout de les atteindre au milieu du fro Jlt .|parce que, si le tigre n’est pas tué du premier coup»^entre dans une telle fureur , se sentant blessé, qu’il Slance fur le chasseur 8c le met en pièces. II y a auff d®les forêts quantité de paons, de perdrix , de deux so rde canards, de pigeons, de tourterelles, d’hirondeh e 'de corneilles, 8 c d’áutres oiseaux de l’Europe. H f e ^ oSqu’on garde en cage par divertissement , ils soukcomme des grives ; on les appelle martignos de '

8 c de campagne , les premiers font noirs 8 c blancs,seconds ont l’estomac rouge 8 c le reste cendré.

2. DAMAN, riviere de l’Indoustan. Elle a^^-dëbouchure au-dessous du golfe de Cambaye, à ,

la ville de Daman. De l’Iste, dans fa carte de . j er e.8c dans celles des Indes, ne marque point cet te rJCependant tous les voyageurs conviennent de 10tence. p A-

DAMANORE. Corneille écrit Damaho r ® 0manore. C’est une ville d’Egypte , fur une^près dëches du Nil, laquelle porte le même nom, ahf 2 *la Mansoure, où Saint Louis fut fait prisonu 1 ^' ^D AMAR, ville de l’Arabie heureuse, dan® so, r 1 , g ded’Yemen. Elle est considérable, 8c située r o« te

longitude 8c à 16 degrés de latitude. Este . ur ^ gud’Idanie à Mouab , au nord-est de la ptew>e ft í-nord-ouest de la seconde. De l’Iíle , dans jf beu-

culiere qu’il a dressée pour le voyage d e * r , pâmât »reuse, compte dix lieues françoises a - c sce

8c environ quatorze de Damar à Iranie- Vo ystso -bulfeda Geogr, Vet, Oxon. t. 3, p. 5 °' dit de c