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demeuré dans le même état, malgré les révolutions detant de siécles Sc les tremblemens de terre assez fréquensdans la Beotie 8 c í’Eubée qu’il bat également de sesflots ; & si je parle de l’Euripe autrement que les an-ciens , il ne faut pas en conclure que je me fuis trompé.Les anciens historiens Sc géographes n’ont laissé parécrit qu'une partie de ce qui en est, soit qu’ils en ayentparlé seulement d’après des rapports qu'o n leur en avoirfait; foít qu’ils ne l’ayent jamais considéré attentive-ment & en divers tems. Antipylus, natif de Byzance,dit dans une épigramme Gréque, que l’Euripe a six foisson montant & son descendant. Strabon , Pline, Suidas,& plusieurs autres soutiennent que ce flux Sc reflux sefait 7. fois. Pomponius Mêla est plus conforme à lavérité, assurant qu’il se fait 14. fois, quoique par sesparoles il semble qu’il veuille dire qu’en touttems l’Eu-ripe va Sc vient 14. heures. Voici comme il parle: lamer y court rapidement tantôt d’un côté, tantôt del’autre, sept fois le jour, Sc sept fois la nuit; les flotsretournant d’où ils venoient auparavant, avec tant deprécipitation, que le vent n’arrête point leur course, 8 cqu’ils empêchent même de remonter les vaisseaux quiviennent à pleines voiles. Seneque semble être de mê-me opinion dans une de ses tragédies; oi\ il parle ainsi :Euripus un das fleiïit inflabilis vagas,Septemque cursus fleiïit , & totìdem refert,
Dum lajfa. Titan rnergat Oceano juga.
II est aisé de voir par-là qu’il ne compte ces sept fluxSc reflux que jusqu’au coucher du soleil. Et il ne sefait pas ici comme sous le Pôle Arctique » & dans la merIndienne, où il y a flux règlement deux fois le jour,fans qu’il se fasse jamais la nuit, ni comme dans lamer Persique, où il ne se fait que la nuit. Mais lesagitations périodiques de l’Euripe se font auffi-bien lanuit que le jour. II semble même que Pline veuille direqu’il a le flux 8 c reflux sept fois le jour & autant la nuit,quoíqu’íl ne s’explique pas assez en ces termes : il y ades courans qui sont d’une nature toute particulière,comme celui des Tauromeníens, qui vient Sc revientplusieurs fois, Sc celui de l’Eubée qui le fait par septfois le jour Sc la nuit. Tite-Live croit avoir mieuxtrouvé la vérité que tous les autres : L’Euripe, dit-il,n’a pas sept flux Sc reflux réglés dans un jour, commeîa renommée le publie ; mais il court tantôt d’un côté »tantôt de l’autre, à la maniéré du vent, comme untorrent qui tombe avec précipitation par la pente d’unemontagne. Cela convient assez bien aux jours déréglés smais il se trompe quand il ajoute qu’il n’y a point deport plus mauvais que celui de Chalcis, à cause ducourant; car ce flux Sc reflux ne fait nullement remuerles vaisseaux qui ont assez d’espace pour se mettre àcouvert du courant, soit dans le grand port que lesmurailles de la citadelle couvrent, soit dans celui quiest de l’autre côté du pont, comme j’ai fouverit remar-qué l’an 166p. que l’armée navale des Turcs hivernoita Negrepont. Toutes ces*opinions ne sont pas si oppo-sées qu’on ne les puisse accorder, puisque tous ces au-teurs ont dit la vérité ; mais ils n’en ont dit qu’unepartie. Les uns l’ont considéré quand la violence duvent retardoit le courant de l’e'au, d’où vient qu’ils nel’ont vù que dans le^ jours déréglés. Pour ce qui est desauteurs modernes, qui disent que les anciens se sont mo-ques de nous, Sc qufils nous ont conté des sables touchantl’Euripe, vû qu’il ne s’y passe rien de plus extraordi-naire que dans l’Océan.ou à Venise, je les trouve aussitéméraires que seroit une personne, qui ayant vû unver à soie quand il est formé en papillon, sc moqueroitfle ceux qui lui donnent le nom de ver. De mêmequ’il y a diverses choses dans la nature qui deman-dent d’être considérées en divers tems, à cause descnangemens auxqueis elles sont íujettes.
EUR 030 REUS OCEAN US. C’est ainsi que Jor-n andes nomme la mer que Pline appelle Scytique, Scdans laquelle les anciens ont cru que ía mer Caspiennedéchargeoit. Ce mot composé à’Eurus, le ventd Est, & de Bore as t le vent de Nord, signifie la merdu Nord-Est; c’est celle que Títe Live nomme Mare**ìgrum, la mer qui n’a presque point de mouvement.Les anciens n’avoíent qu’une connaissance très-confusedu nor‘d de l’Europe', faute de voyageurs Sc de réla-fcons fidèles ; Sc nous-mêmes, après toutes les tentati-
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Ves faites il y a environ un siécle , pour chercher unpassage au Japon par la mer septentrionale, nous som-mes encore dans une ignorance à ne devoir pas insulterles anciens fur ce que nos connoissances s’étendent unpeu plus loin que celles des Grecs 8c des Romains. *,Or tel. Thés
1. EUROEA, ville située sur la rive du Danube,comme il paroît par un passage de Procope» JEdif. I.4. auprès d’un étang avec une íste au milieu » dans la-quelle il y avoir une petite colline où l’empereur Justi-nien transféra la ville Sc les habitans.
2. EUROEA. On trouve dans Nïcephore Caliste»l. 12. c. 45. une ville épiscopale d’Epire nom mí&Eu*roea. Ortelíus juge très-bien que c’est une faute pourEvoria. Voyez, ce mot.
EUROMA, ville de Phénicie. II en est fait men-tion dans les actes du concile de Chalcedoine. Ortéliusdoute si ce ne seroit pas une faute pour Europe. Voyez.ce mot.
EUROME , ville' de la Carie, selon Pline , l. 5. c:2p. Strabon, l. 14. p. 6z8. l a nomme Euromus.
EVRON Ebronium , petite ville de France, dans.le' Maine, vers les sources de la rivière d’Erve, dansl’électíon de Mayenne. La paroisse est composée decinq cens soixante-quatre feux , Sc l a juridiction s’étendfur neuf paroisses. Elle est plus connue par son abbayeque par toute autre chose. L abbaye est à des religieuxBénédictins de la congrégation de Saint Maur. Elle futfondée, non pas dans le sixième siécle, comme le ditPíganiol de la Force, mais vers le milieu du septième,puisque son fondateur fut successeur de S. Bertrandévêque du Mans , qui vivoít encore en 615. selon l’híf-torien de Perdre de Saint Benoît, t. j. / Ci 22 . p.474. Le nom du fondateur est écrit TJardouìn ou Au-douin par Piganíol de la Force, Chadouin par Baillet,Topog. des Saints , p. 59 ° - fl u * ^ 15 . tìaduind, cequi s’accorde avec l’ortographe soivie par Baudrand »éd. 1705. qui préféré Hadoinde. Cette abbaye, qui està dix lieues du Mans, fut ruinée par les Normandsdans le neuvième siécle, Sc rétablie cent ans après parle comte de Blois-.*" Piganiol de la Force, Doser, dele France, t. $. p. 128. Sc 144*
EUROPE (P), quoique la plus petite des quatreparties du monde, peut être considérée comme la princi-pale , tant par le nombre de ses habitans & la grandeurde ses richesses, que parce qu’elle est la plus fertile engrands hommes, 8c le centre de la vraie religion. Ellen’a pas toujours eu ni le même nom, ni l es m êmesdivisions, par rapport au principaux peuples qui l’onthabitée ; car pour les soudivisions elles dépendent d’un
détail impossible, tant à cause des interruptions que P his-toire a seuffertes, que des fréquentes migrations despeuples, Sc des révolutions rapides qui ont souvent par-tagé une grande nation en plusieurs, réuni plusieurs enune, détruit des peuples entiers. Faute d’historiensqui puissent donner un fil capable de nous tirer de celabyrinthe, on perd souvent de vue des peuples déjacélébrés tout à coup assujettis par une nation inconnuejusques-là, mais guerrière , Sc qui semble sortir de des-sous la terre.
Pour éviter la confusion , je donnerai deux articlesdifférens. Dans l’un je considéré l’Europe telle que Pontconnue les anciens dont les écrits sont parvenus jus-qu’à nous. Dans Pautre je l’examíne furies connoiffan-ces que nous en avons présentement.
DE UANC 1 E N NE EUROPE.
Moyse, après avoir nommé les fils & les petíts-fiísde Noé » ou plutôt les peuples qui en sortirent, dit quese divisant par colonies, ils allèrent s’établír dans lesIsles des Nations, dans des terres qu’ils s’appro-priérent,selon leurs langues Sc leurs familles, Sc formè-rent autant de nations, Genef. c. 20. v. 5. On ne doutepoint que par les Isles des Nations, Moyse n’ait vouludire P Europe. Ce style des Asiatiques étoit conforme àla faîne géographie, puisque pour passer de l’Asie mi-neure en Europe , la premíere chose qui se présente, c’estune multitude innombrable d’iíles semées fur P Archipel.Peut-être même, comme dit le Clerc, croyoient-ilsque PEurope entiere étoit une grande ííle. PomponiusMêla, /. x c. n’en donne pas une autre idée, lors-aiie l’Europe est bornée à P orient par le Ta-
qu’il dit que l’Europe