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noms, gouvernoíent les diverses contrées & les princi-pales villes des deux vicariats de Rome & d'italie.En leur place, il établit dans chaque ville des ducs,pour y commander en chef les troupes, Sc présider àl’administration de la justice Sc des finances.
L’autorité de Longin , qu’il fut accroître, fut très-étendue. Ses successeurs , qui, comme lui, furent tousPatrices , marchèrent fur ses traces; Sc c’est avec rai-son, qu’o n ks a regardés comme souverains de la par-tie de l’Italie qu’ils tenoient au nom des empereurs.Leur condition fut celle des Strapes, fous les anciensrois de Perse : ils gouvernoíent souverainement; maisils étoíent tributaires, Sc pouvoient être révoqués. Sil’on ne considère pas les Exarques de Ravenne furce pied, l’on risque de ne rien entendre à l’histoired’italie de leur teins- Les Lombards , fous la condui-te d’Alboin, leur onzième roi connu, quittèrent laNoríque Sc la Pannonie ; passerent en Italie à la fin duprintems de 568, Sc s’emparerent d’une partie de laVénétie 8c.de la Ligurse. Alboin choisit Pavíe pourcapitale de son nouveau royaume. II fut le premier roiLombard en Italie ; y régna près de cinq ans , Sc jettades fondemens d’une monarchie, qui fe soutint durant20 6 ans contre les efforts des empereurs pu des Exar-ques d’une part, Sc des François de l’autre. Dès 568,il créa duc de Frioul son neveu Grasult I. En 570,il établit le duché de Spolete, en faveur de Faroald I.En 57 1 ' il établit Zotton premier duc de Bénevent .Ces trois duchés furent possédés souverainement parleurs ducs , fous les rois successeurs d’Alboin. Plusieursd’entre eux étendirent leur royaume aux dépens desprovinces soumises aux Exarques ; 8c les ducs deSpolete Sc de Bénevent ne cesserent pas de leur enleverdes villes, des bourgs Sc des châteaux.
A la fin les Exarques virent hors de leur domaineparticulier, composé, comme je l’aí dit de B Exarchatou Décapole Sc de la Pentapole , leur autorité ne s’éten-dre que fur Rome 8c son duché, Sc fur une partie dece qui fait aujourd’hui le royaume de Naple, c’est-à-dire fur Naple Sc son territoire qui comprènoít une par-tie de la Campanie,fur Gaiéte, Ottrante, Amalfi, Ta-rante, Reggio, Sorrente, Sc quelques autres placesmoins considérables de la Calabre, de la Fouille Sc dupays dés Brutiens. Mais par tout-là l’autorité desExarques étoit peu de chose; Naple Sc les autres vil-les de la portion de l’Italíe, appellée la grande Gréce,jouissoient dès le teins de la répuplíque Romaine dudroit de fe gouverner paf elles-mêines , 8c les Empereursne les en avoient pas dépouillées. Rome peut-être dès lepontificat de Saint-Grégoire le grand, mort en 604.s’étoit fait pour elle 8c pour son duché , fous l’autoritédes empereurs & des Exarques , une espèce de gouver-nement républicain, dont le pape étoit comme le chef,parce qu il étoit le premier Sc le plus riche desCitoyens. L'Exarque confervoit à Rome, à Naple8c part-tout le droit de nommer les ducs Sc les autresofficiers impériaux ; mais aussi la cour de Constantino-ple les nommoít-elle quelquefois elle-même. Venisequi s’étoit formée , à l’arrivée des Lombards, par laretraite d’un grand nombre des babitans de la VénétieSc de la Lígune, dans les Lagunes de l’embouchuredu Pô, fe gouvernoit par elle-même; Sc ne voulant pointdépendre des EXARQUES, ne recevoít des ordres quede l’empereur lui-mêrne.
Le peu d’attentíon des empereurs à veiller à la con-servation de l’Italie, Sc les troubles de réligion occa-sionnés par l’entêtement de Léon l’Issauríen 8 c de Cons-tantin Gopronime , pour le fanatisme des Iconoclastesacheverent d’abattre la puissance Sc cauferent la ruinedes Exarques. Les tentatives de ces empereurs pourfaire enlever ou même assassiner le Saint-Pape Gré-goire II. qui siégea depuis le 19 de mai 715. jusqu’au11 de février 731, porterent les Romains à résoudrede ne plus reconnoître Léon 8 c Constantin pour empe-reurs, Sc de créer un empereur d’occident, ce qui feferoit fait si le pape ne s’y fût pas opposé. Le manqued’intelligence entre les souverains Sc les sujets fut pourLiutprand > alors roi des Lombards, une occasion d’éten-dre ses états aux dépens des Exarques Sc des Romains.
II conquit en différentes fois un partie du domaine despremiers , Sc plusieurs places fur les seconds : mais , çpm-
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me il n’avoît pas moins de piété que d’atnbition, jlfe laissa gagner dans les entrevues qu’il eut avec Gré-goire II. Sc Zacharie, le second successeur de ce pape,Sc ne garda point ses conquêtes ; mais au lieu de lesrendre, soit à l’Exarque, soit à l’empereur, il en fit endeux fois une donation à l’églife de Rome. Lorsqu’en741. ce prince faifoit la guerre aux ducs de Spolète 8cde Bénevent qui s’étoient révoltés , Sc que les Ro-mains avoient eu i’imprudence de secourir de leurs trou-pes ; ces derniers craignirent qu’il ne les attaquât avectoutes ses forces ; Sc n’espérant aucun secours de Cons-tantinople, ils se mirent sous la protection de CharlesMartel, qui gouvernoit alors la France ; Sc par undécret du sénat Sc du peuple, ils déclarèrent qu’ils seretiroient de l’obéissance de l’empereur , 8c qu’ils choi-sissoient Charles pour leur Patrice, c’est-à-dire, pour leursouverain. Charles se contenta de les aider à faire lapaix avec Liutprand. Aïstulf, le troisième successeurde ce roi, forma le projet de chasser entièrement d’Ita-líe les empereurs , Sc fit en 752 la conquête de l’Exar-chat Sc de la Pentapole , fur l’Eunuque Sc Patrice Eu-tichíus, qui fut le dernier Exarque. L’année suivanteil voulut faire celle de Rome Sc de son duché : le pa-pe Etiene II. par ordre de l’empereur, se rendit àPavie pour traiter avec Aeïstulf, Sc l’engager à resti-tuer ce qu’il avoir usurpé sur l’empire ; Sc n’ayantpû réussir il alla, comme fes ordres le portoíent, deman-der en France du secours au roi Pépin le bref ; Sc luiremit le décret par lequel le sénat Sc le peuple Romaindéclaroient Patrices ce prince Sc ses fils Carloman 8cCharles. En 754. Pépin pafiè les Alpes avec le pape,Sc fait le siège de Pavie. Aïstulf, pressé vivement,s’engage de rendre Ravenne Sc toutes les places qu’ilavoir conquises. Le pape retourne à Rome Sc Pépinrentre en France. Loin de tenir parole, Aïstulf au prín-tems de 755. va ravager les environs de Rome. Pépin,à la prière du pape, revoie en Italie. Aïstulf, assiégédans Pavie Sc pressé plus vivement que l’année précé-dente , est forcé de rendre tout ce qu’il avoir pris, Scde payer les frais de la guerre. Tout fut remis entre lesmains de Fulrade , abbé de Saint-Denis , que Pépinlaissa commissaire en Italie pour l’exécution du traité.Fulrade mit le pape en possession de tout; Sc déposefur le tombeau de S. Pierre un Diplôme par lequelPépin donnoit au S. Apôtre VExarchat Sc la Pentapolepeur être possédés à titre de souveraineté par les pa-pes.
Avant le second siège de Pavie, Constantin Gopro-nime , alors seul empereur, avoit envoyé des ambassa-deurs à Pépin pour lui faire offre de rembourser lesfrais de la guerre, Sc le prier de lui rendre tout cequ’Aïstulf avoit usurpé. Pépin leur avoit répondu »
» qu’il avoit fait à Saint-Pietre une donation de PExar-o, chat Sc de la Pentapole , Sc que pour tout l’or dumon-» de, il ne la révoqueroit pas II est clair par cetteréponse qiie lorsqu’Etíenne II. avoit remis en France àPépin le décret par lequel ce prince Sc fes fils étoientcrées patrices, il avoit eu plus de foin des intérêts del’église de Rome, que de ceux de l’empereur, dontil étoit le ministre ; 8c qu’il avoit réclamé P ExarchatSc la Pentapole, comme appartenant au siège Aposto-lique, en vertu des donations de Liutprand. Ravenne,Césarée » Classe Sc d’autres villes n’avoient cependai^pas été comprises dans ces donations,Liutprand ne les pos-sédant pas alors. Pépin, en donnant le tout à Saint-P je Jlre, ne laissa pas de fe servir, dit-on, du terme de Ç etitution. Ceux qui prétendent que par cette dona» onle pape devint seigneur de Rome, Sc qu’en conséq u ® nceil exerça dans cette ville le même pouvoir q lie .çP Exarchat Sc de la Pentapole, n’ont aucune c0 ” n< V-sance de l’histoire de ce tems-là. L’empereur re ,.v C j agneur suprême de Rome Sc de son duché, j US< ï u afin de 800. que Charlemagne fut couronné empereud’Occídent. Pépin Sc Charles , à titre des PatricesRomains, furent des souverains subordonnes à em E^_reur : mais en même tems, ils furent les seigneurszerains de P Exarchat Sc de la Pentapole. .
Didier, successeur d’Aïstluf, rendit des servicesportans au pape Etiene III. qui, ne fe piquant pa'tre reconnoissant, eut avec lui des quercl es co j esles, Sc voulut le rendre responsable oe tout c st