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Tome second. C - F.
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n’est autre chose qu’un écueil ou rocher peuplé de la-pins. Son nom est un mot de raillerie entre les che-valiers de Malthe , qui par plaisanterie s’appellênt ré-ciproquement Princes de Forfola. * Corn. Dict. De laCroix.

FORGES , bourg de France , dans la haute Nor-mandie. II est situé dans le petit pays de Bray , à neuflieues de Rouen, à quatre de Gournay Sc d’Aumale,à trois de Buchy Sc de Neufchatel, Sc à une lieue dela Ferté en Bray , de Rouvrai & de l’abbaye régu-lière des Bernardins de Baubec. La paroisse de ce bourgest fous ^invocation de saint Nicolas. Le terroir deForges est partagé en terres de labour , Sc en bois dehaute futaye. La rivière d’Andelle prend fa source surcette paroisse , Sc n’est encore qu'u n petit ruisseau ,lorsqu’elle coule assez proche des Fontaines. * Cor-neille fur des Mémoires particuliers.

Piganiol de la Force , dans íâ Description de laFrance , t. Z , p. 6 , dit que les trois sources des eauxminérales , qui ont rendu ce lieu célébré , font au cou-chant du bourg » dans un vallon , où l’on descend parune belle avenue d’arbres , que les Capucins ont plan-tée depuis quelque tems. Ces trois sources mêloíentleurs eaux , 8c n’avoient qu’un même baffin , lorsqueLouis XIII résolut d’y aller avec la reine. On envoyades fontainiers pour en nettoyer les sources , & dès-lors elles furent distinguées , & leurs eaux commen-cèrent à sortir par trois endroits différens, dans un en-foncement qui fut fait exprès, 8c où l’on descend parcinq ou six marches. C’est un espace long de deux toi-ses fur une demie de large, revêtu d’un mur de bri-que à hauteur d’appui. On leur donna pour lors lesnoms de Reinette , Royale 8c de Cardinale , qu’elles por-tent encore aujourd’hui. La Reinette est plus abondanteque les deux autres , Sc a cela de particulier que vers lessix ou sept heures du matin , & pour l’ordinaire furles six ou sept heures du soir , elle se brouille ; desorte que l’eau en devient toute- rougeâtre. Le reste dujour elle est claire. La Royale est plus abondante , Sc ason eau plus froide à boire que la Cardinale , mais elleen fournit moins que la Reinette. La Cardinale a prisson nom du cardinal de Richelieu , qui en but pour sagravelle. Les eaux de ces trois sources font chargéesdes principes élémentaires dont le fer est composé, ouplutôt » elles ne font qu’une teinture de mars plus oumoins forte ; ou enfin c’est une dissolution dans beau-coup d’eau des particules vitrioliques , sulphurées 8cterrestres , qui font toute la substance du fer , maisdans une proportion si juste , que tout l’art de la chy-mie ne sauroit approcher de la perfection de cette opé-ration , qui se fait naturellement dans le sein de laterre. Voici ce qu’en a remarqué M. Morin , avec M.Dodart. Hifl. de l } Académie des Sciences en 1708,pag. 70.

Quand on jette de la noix de galle en poudre dansoes eaux, elles prennent auffi-tôt une foible couleur deviolet, qui pendant une demi-heure se fortifie toujours,& tire enfin fur le noir, ce qui marque que ce n’est pasdu vitriol qu’elles contiennent, mais une limaille de fertrès-fine & très-íùbtile, ou un esprit vitriolique qui tientde la nature du fer.

Cet esprit vitriolique, dont ces eaux font impré-gnées , s’en dégage en quatre ou cinq jours , puisqu’aubout de ce tems , elles ne prennent plus de teinture dela noix de galle; toute leur vertu s’évapore avec cet es-prit , Sc par-là on peut régler la distance à laquelle ilest permis de les transporter.

Les trois sources châtient, & jettent tous les jourscertains floccons de couleur de rouille , si légers Sc sidéliés , qu’étant pris entre les doigts, ils íònt entière-ment impalpables , & cependant ils ne íè laissent pasrompre ni détruire par 1 eau , 8c conservent assez cons-tamment leur figure. Ils ressemblent parfaitement à cesafran de mars, qui est une rouill ure d e f er f a ; te z j arosée ou à la pluie. Apparemment la superficie des mi-nes de fer par où ces eaux passent, se rouille pár leurhumidité , Sc il s’en détache de légeres pellicules defeuillure.

Les effets médicinaux des eaux de Forges font con-nus par l’activité 8c la volatilisé de leur esprit vitrioli-que. Elles pénétrent rapidement, ouvrent » entraînent

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par la force astringente , Sc par l’austérité de ce mê-me esprit, elles raffermissent les parties solides , leurdonnent le ressort nécessaire , Sc même resserrent les fi-bres du sang , Sc chassent tout ce qui pourroit altérerleur tissure. De-là il est aisé de conclure qu’elles serontles maladies auxquelles les eaux de Forges convien-dront.

Ilpassoit autrefois pour constant, que, lorsqu’on pre-noit des eaux de Forges , il étoit mortel de dormiraprès dîner. Le célébré médecin M. Dodart, de í’acadé-mie des sciences , dormit tous les jours après dîner, enprenant de ses eaux , Sc s’en trouva bien. •

Pendant l’été on voit ordinairement à Forges ungrand concours de François Sc d’étrangers qui viennenty boire les eaux.

FORIANENSIS. Foyez> Foratianensis.

FORLI, ville d’Italie , dans la Romagne , au mi-lieu de laquelle elle est située. Les Romains l’ont nom-mée Forum Livii , Sc elle est fur la route qu’ils nom-moient Voie Flaminienne. Ceux qui la mettent fur laVoie Emìlìenne se trompent. L’opinion commune estqu’elle a été bâtie 208 ans avant l’ere vulgaire parMarcus Livius Salinator, dans le tems qu’il séjournoit,Sc commandolt dans cette province, après avoir vaincuAsdrubal fur le Metauro. Elle fut encore agrandie parLivie, femme d’Augùste , en mémoire du fondateurqu’elle comptoit entre ses ancêtres. De-là vient quecette ville est souvent nommée simplement Livia dansles auteurs. Elle fut soumise aux Romains , tant quedura leur empire ; mais , après fa décadence , elle fegouverna en république ; Sc ayant payé à l’empereurFrédéric II six mille écus d’or , elle jouit d’une entièreliberté. Elle eut ensuite dans fa dépendance cinq villesSc plus de quarante bourgs , & remporta des victoires furplusieurs villes de la même province , Sc fur des troupesétrangères. Elle a été de tems en tems la capitale de laRomandiole , Sc la résidence des gouverneurs de cetteprovince. Elle a eu divers maîtres , selon les diveríèsrévolutions de l’Italie , étant gouvernée tantôt par lespapes , tantôt par les Ordelasti, tantôt par ses proprescitoyens , tantôt par les Ríarii, ou même par CésarBorgia , duc de Valentinois. Son état s’est fixé depuisqu’elle se donna au saint siège sous le pontificat de Ju-les II.

Elle est située fur une hauteur au milieu d’une plai-ne. L’air y est sain , les eaux excellentes , Sc le terroirtrès-fertile. Le tour de ses murs intérieurement est detrois milles 8c un tiers. Sa longueur d’occident en orientest de cinq quarts de mille ; Sc fa longueur du nord ausud est d’un mille entier. Elle avoit autrefois six por-tes , mais il n’y en a plus que quatre. Elle a au levantForlimpopoli Sc Cefenne, au couchant Brisighella , aumidi Meldola Sc l’Etrurie , Sc au nord Ravenne. Elleconfine a tous ces territoires ; mais non pas à égaledistance. Ptolomée lui donne 43 degrés 40 minutes delatitude, Sc 33 degrés 30 minutes de longitude; mais lepore Riccíoli donne pour la latitude 44 degrés 17 minu-tes , 8c pour la longitude 35 degrés 10 minutes. En1591, on y comptoit plus de 20000 habitans ; mais àprésent il n’y enaguéres plus de 1400. II y a deux cita-delles ; l’une au midi , joignant la porte nommée Ra-valdíní, Sc que l’on dît avoir été bâtie en 1372 ; l’autrevers le couchant, bâtie en.1408 , â la porte de Sclavo-nïa. Ces citadelles ont été négligées durant la longuepaix qui les a rendues moins nécessaires. * Mémoiresdrefés fur les lieux en 1723.

Áu milieu de la ville est la place , l’une des plusgrandes de l’Italie , ayant 260 coudées de long fur r 80de large. On voit par-tout à Forli de larges rues » degrands palais , des tours Sc de belles églises. La cathé-drale se distingue à cause de sa grandeur , Sc d’une ima-ge de la Sainte Vierge , qui sut conservée au milieu desflammes , dont la chapelle où est cette image , est d’unemagnifique structure, 8c ornée dans ces derniers tems»d’un autel de pierres de prix , que le cardinal Paoluccia fait élever ; Sc dans la voûte , d’une Assomption de laVierge , peinte par le cavalier Carlo Cignáno , l’un despremiers peintres du siécle. Le clocher de íaint Mercu-rial est vanté à cause de sa hauteur, 8c de la hardiessede l’exécution. Le bâtiment du Mont-de-piété , que aville a sait bâtir à ses dépens , est un des plus beaux