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exprès la mon de Colbert & la démifion deéM. de Villacerf en 1689, Hardouin FManfart,premier architecte du %oi, devint furintendant desbâtiments. ‘Bien que fort maltraité par Saint-Simondans fes mémoires, éManfart, Varchitecte du dômedes Invalides Ù de la Chapelle de Ver failles, feratoujours regardé comme un homme d’un très-grandmérite. Il eut déplus le taCt de fuivre les errementsde Lebrun, le véritable créateur du fyle Louis xiv .
Bpbert de Cotte, fon beau-frère, lui fuccédaen 1708/ foit par goût, foit par condefcendance,aux idées de la nouvelle génération, il fut donnerà fon architecture un fentiment definejfe & d’ori-ginalité qui avait manqué aux compoftions deéManfart (1); ce changement fervit de tranfuionau flyle Louis x v.
La révolution, déjà en germe dans les idées &les mœurs de la fociété du commencement du xvuvfiècle fut accéléréa^pàr T influence étrangère.Depuis la mort du Bernin, le Boromini & fesélèves inondaient l’Italie de productions plusbigarres qu originales, & ou le vrai difparaifla.itfous la fantaifie. Quelques-uns de nos artifes,LMeijfonnier, Oppenort, furent en France lespromoteurs du nouveau ftyle.
Le bon fens français fut heureufement fe teniréloigné de toute exagération, ù, tout en adoptantdes formes plus libres, une ornementation pluscapricieufe,nos artifes confervèrent toujours, fur-tout dans leur architecture extérieure, un refpeCldes lignes & des proportions bien éloignés des
formes bigarres adoptées alors en Italie C enAllemagne .
fai pu confater dans la notice fur CMeijfon-nier, la réfiflance apportée en France aux nouvellesidées. zMais ce qu’il faut louer fans réferve che\les architeCles de cette époque, c’ef lartj qu’ilsdéployèrent dans la difribution des intérieurs : lesportes élargies ù haujfées, les cheminées baifees& furmontées de glaces, les corniches à gorges, leslambris en menuiferies facilitent la décorationintérieure, tandis qu’une difribution raifonnée,des dégagements intelligents rendent l’habitationcommode & facile.
TJobert de Cotte put voir avant fa mort ( 175 f)fe développer entre les mains de zMeijfonnier,Boffrand , Oppenort (17^4), le mouvement dontil avait eu l’initiative.
Les réaClions fuivent généralement les excès;Servandoni (1766), Ù après lui Souflot, furentles interprètes des idées d’une nouvelle générationqui, lajfe des formes tourmentées du Louis xv ,cherchait des lignes plus épurées & une orne-mentation plus fine. Ce changement coïncidaitavec la littérature ,■ il était de mode d’être natu-rel, d’aimer la campagne & de s’arracher dansles ventes ces mêmes tableaux flamands queLouis xiv traitait de magots quelques années avant.La célèbre cMadame de Tompadour ne fut pasétrangère à ce mouvement artijleelle-même (2),elle voulut que fon frère, LMonfieur de cMarigny,eut la gloire de diriger cette Bgnaijfance, ù,pour
Jingulière analogie avec les œuvres gravéesde l'architede français . Le hasard, en memettant entre les mains le catalogue d'unevente de livres & dejjins ayant appartenu aupeur T). cMarot, intendant des jardins deHampton- Court , oAmfterdam, 17^4, nia
permis de me rendre compte de l'époqueapproximative de fa mort ou de celle defon pis, qui aurait fuccédé en partie auxfondions occupées par fon père.
(1) L'Hôtel de Touloufe, 1709, peut-êtreconpdéré comme type pour cette époque.
(2) Hoir le charmant ouvrage publié fousle titre : Suite d’eftampes, -gravées parM me la marquife de Pompadour, d’après lespierres gravées de Guay, graveur du Roy,JOpl., plus le portrait & lafcène de fodo-gune, 14 pages de texte, format petit in-f°.