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On Fa percée pour y faire passer le canal de Languedoc.
i. MALPAS, bourg d’Angleterre dans le Theshire. On-y tient marché public. Etatprés. de la Gr. Bret. t. i.
MALPH 1 TANUM. Oppidum. Voyez. Amalphi.
MALSANE , McLXráv », ville del’Arabie Heureuse , se-lon Etienne le géographe.
M ALT A. Voyez. Malthe.
MALTACIA. Ortelius soupçonne que Fisse de Malthea été ainsi nommée par Antonio. En effet, dans l’itiné-raire maritime, éditions des Juntes & d’Aide , on lit In-sula MaltacijE fest , ôc Phalacron. Cet endroit aété fort corrompu par les copistes. II faut lire Melita ,Icesia et Phai.acron j alors il est question de trois iffes,ôc tous ces noms font connus.
MALT AN A ou Maltanum , port de mer de la Tos-cane. Le même intinéraire le met entre Graviscœ ôcOuintiana.
MALTECORAì., peuple de l’Inde, selon Pline , 1. 6.
C . 20.
MALTHACE , isie voisine de celle de Corfou , se-lon Pline, l. a.c. ia. Ptolomée , /. 3 .c. 14. la nommeaussi m aÀÔuiin.
1. MALTHE , en latin Melita , isie de la mer Médi-terranée , entre les cotes d Afrique ôc 1 isie de Sicile , quin’en est éloignée que de quinze lieues au septentrion. Ellea à l’orient la mer Méditerranée qui regarde I’isle de Can-die , au midi la ville dc Tripoli en Barbarie ; ôc à l’occi-dent les isies de Pantalarée, de Linose ôc de Lampadouse.* Vertot , Hist. de Malthe, t. 3. 1 . 9.
Du côté du midi , on ne trouve que de grands écueilsSc des rochers fans cales ni ports ; mais vers le levant,0 n rencontre d’abord !a cale de Marza Scala ; & en re-tournant à droite vers le sud-oucsl celle de Marza Sirac-co , qui peut contenir plusieurs vaisseaux. En continuantfa route vers le Leljesche , & entre le midi & le couchant,on trouve deux grands golfes, l’un appellé Antiféga , &l’autre Musiarro ; & à l’extrémité de Fisse de ce côté,vers le ponant , est l’anse Meleca , fort propre pour semettre à la rade : elle n’est séparée de l’isle de Goze quepar un canal d’environ quatre milles de trajet. Au milieudc ce canal font situées les petites isies de Comino 8 ç deCominote. Si on continue de ranger la côte & en appro-chant de Pendroit de Fislc qui est opposé à la Sicile , ontrouve la cale dc S. Paul , ainsi nommée parce que levaisseau qui portoit à Rome S. Paul prisonnier , y futjetté par la tempête. La cale de S. George, tournée ducôté du nord , 11’est pas éloignée de celle de S. Paul ; en-sin , en avançant vers l endroit de Fisse qui regarde dire-ctement le cap de Passaro , on rencontre deux grandsports ; dont l’un, qui ,est à main gauche, s’appelle MarzaMuzet, au milieu duquel on voir une petite isie , prochede laquelle les vaisseaux qui viennent du levant, ou d’en-droits suspects, font la quarantaine ; l’autre est apellé sim-plement Marza ou le grand Port , qui est au levant. Ilsfont tous deux séparés par une langue de terre, fur la-. q ue ]l e ^ comme je le dirai plus bas , on a construit lefort de S. Elmc , qui défend Feutrée des deux ports. II ya dans le grand Port deux langues de terre parallèles ,qui s’avancent dans la mer en forme de deux doigts, &qui ont plus de longueur que de largeur. Le château S.Ange , est fur celle de ces pointes qui approche le plusprès de Fembouchure dil port. L’autre pointe de terreest appellée Fisse de la Sangle, quoique ce ne soit qu’unepresqu’isie. On y a aussi construit un fort avec un bourg.Enfin, derrière ce fort de la Sangle , on rencontre unautre port destiné autrefois à recevoir les vaisseaux étran-gers , que leur commerce ou la crainte des Corsairesobligeoit de relâcher dans l’islc. * Vertot, Hist. de Mal-the , liv. I2<
Suivant la tradition du pays , cette isie avoir été an-ciennement fous la domination d’un prince Africain , ap-pellé Battus. Les Carthaginois s’en emparèrent depuis ;ôc lorsque les chevaliers de S. Jean de Jérusalem en fu-rent mis en possession , on y trouvoit encore sur des mor-ceaux de marbre des colonnes brisées > des inscriptionsen langne punique. Les Romains, pendant les guerres deSicile . en chassèrent les Carthaginois. Lorsqu’ils s’en fu-rent rendus maîtres . ils y mirent un gouverneur avectitre de préfet ou prince, lïpuToç , comme il est nommé
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dans les actes des Apôtres, c. 28. 7. aussi bien que dansune ancienne inscription où on lit nPílTOS mBaitaiíìnE lie dépendoit cependant du prêteur de Sicile. * Cella-ruts , Geogr. ant. 1 . 2. p. 12.
S. Paul ayant fait naufrage sur les côtes de Malthe(«), y sot très-bien reçu avec ses compagnons. On leurdonna le couvert ôc on leur alluma du feu pour les sé-cher. Mais S. Paul, ayant pris un fagot de sarment pourle jetter au feu ( b) , une vipère quis’y étoit cachée ayantsenti la chaleur, se jetta à la main de Paul, qui sans s’ef-frayer la jetta dans le feu. Les assislans se disoient l’un àl’autre : Il faut que cet homme soit un homicide » puis-qu’après avoir échapé du naufrage, la vengeance divinele poursuit encore. Ils s’attendoient à tout moment dcle voir tomber mort ; mais considérant qu’il ne lui en étoitrien arrivé , ils commencerent à le regarder comme* unedivinité, {a) D. Calmet , Dict. (b) Act. 28. 1 ôc 1.
Publius , gouverneur de Fisse , les reçut & les traitafort bien pendant trois jours. Comme son pere étoit ma-lade de fièvre & de dyssenterie , S. Paul L’alla voir , luiimposa les mains & le guérit. Alors tous ceux de l’isle quiavoient des malades les lui amenerent , ôc il leur renditla santé : ôc lorsque S. Paul & fa compagnie lé rembar-quèrent , ils les pourvurent abondamment de tout cequi étoit nécessaire pour le voyage. On assure ( a ) quedepuis l’arrivée de S. Paul à Malthe, il n’y a plus ni vi-pères , ni aucun autre animal venimeux ; ôc que ceuxmême qu’on y porte d’ailleurs n’y peuvent vivre , sur-tout dans Pendroit où S. Paul fut mordu , qui est unecaverne , d’où l’on emporte tous les jours de la terre ôcdes pierres pour chasser les animaux venimeux , ôc pourservir de préservatif & de remede contre les morsures desscorpions & des scrpens. Un voyageur assure qu’on yvoit des petits enfans manier les scorpions fans danger.Plusieurs Maltois se convertirent à la prédication de S.Paul (b) , ôc la maison de Publius, qui en fur le premierévêque , fut changée en église. S. Paul y demeura troismois entiers, (a) Quintìnu's JEditus , Baron. an. y8. Fro-mond. aliï. ( b ) Chrysost. Homat. 54. in Aila, 471.
Les Arabes s’en emparèrent vers le neuvième siécle,Roger le Normand, comte de Sicile , vers Fan 1190,fit la conquête de cette isie fur les Barbares ; & depuis cerems elle demeura annexée au royaume de Sicile > dontelle suivit toujours la fortune. * Vertot , Hist. de Malthe ,liv. 12.
Depuis la prise de Rhodes, le grand maître Villiers del’isle-Adam se trouvoit errant avec ses religieux , fans de-meure fixe ôc fans ports pour retirer fa flotte , ôc pourcontinuer ses armemens contre les infidèles , il jetta lesyeux fur Fisse de Malthe, qui, par les différais ports quis’y trouvoient , étoit propre à faire la résidence de son Or-dre. Il envoya des ambassadeurs à Madrid où étoit alorsl’empeteur , ôc fit demander à ce prince qu’il lui plût, parune inféodation libre & franche dc tout assujettissement,remettre à la Religion les isies de Malthe ôc de Goze.L’envie dc devenir le restaurateur d’un Ordre, qui, de-puis plusieurs siécles , s’éroit consacré à la défense desChrétiens, ôc l’avantage de mettre à couvert des incur-sions des infidéies les isies de Sicile ôc de Sardaigne, leroyaume de Naples & les côtes d’Italie , déterminèrentCharles V. à donner à perpétuité, tant en son nom quepour ses héritiers & successeurs , au très-révérend grandmaître de l’ordre de Malthe, ôc à la Religion de S. Jean ,comme fief noble, libre ôc franc , les châteaux , places 8iisles de Tripoli, Malthe & Goze, avec tous leurs terri-toires ôc juridictions, haute & moyenne justice, Ôc droitde vie & de mort, avec toutes autres maisons, apparte-nances, exemptions, privilèges, rentes & autres droitsôc immunités , à la charge qu’à l’avenir le grand maîtreôc les chevaliers tiendroient ces places de lui & de sessucccesseurs au royaume de Sicile , comme fiefs nobles,francs ôc libres, & fans être obligés à autre chose , qu àdonner tous les ans au jour de la Toussaint un faucon ;ôc que dans la vacance de l’évêché de Malthe , le grandmaître ôc le couvent seroient obligés de lui présenter à lui&à ses-successeurs trois personnes pieuses & savantes,dont il en choisiroit une pour remplir cette dignité, ôcque le préféré seroit honoré de la croix de l’ordre, avecle privilège en cette qualité d’enrrer au conseil.