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Tome quatrième. M - P.
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de la maison de ville il y a une très-belle tour carrée ,posée sur quatre gros piliers qui font un des ornemens dugrand vestibule. De cette tour s’éiéve une flèche octogoneoù il y aune belle horloge avecun des meilleurs carillonsdupays. On commença à bâtir cette maison en 1659. Scelle fut achevée en 1 66 3.

L’anciennc maison de ville est au bout de la rue saintGeorge , elle ne sert a présent qu'a resserrer les criminels,& le concierge en occupe les principaux apparcemens; lesdrapiers y ont aussi leur halle. II y a une tour au haut de la-quelle on entretient toujours un guet pour observer ce quise passe aux environs de la ville, & pour avertir la nuiten cas de feu.

Depuis que les Etats Généraux sont maîtres de Ma-strìcht, on y a établi une école latine pour les Réformés ;elle est gouvernée par un recteur, un convecteur Sc un troi-sième régent. Tous trois sont nommés parles quatre cura-teurs de ce collège, dont trois sont de la part des magi-strats Brabançons Sc le quatrième est le plus ancien mini-stre de la ville. Le recteur a sept cens florins par an, argentde Mastricht ; le conrecteur cinq cens,& le troisième ragentquatre cens. Outre ce collège,où l'on enseigne les humani-tés , il y a une école illustre où un professeur enseigne lathéologie, un autre la philosophie, & un troisième 1 élo-quence & les belles lettres ; ils ont trois à quatre cens flo-rins chacun d appointemens fixes par an ; il y a un rece-veur des revenus de cette école &c de ceux du college.

La maison des Orphelins Réformés est assez grande ;ses revenus consistent dans quelques obligations fur la gé-néralité Sc fur des fonds dans le pays, dans une collectegénérale qui se fait tous les ans par toute la ville au moisd’Octobre , Sc dans les collectes particulières qui se fonttous les trois mois dans les églises Réformées les jours decommunion. Cette maison est gouvernée par quatre dire-cteurs qui font choisis entre les principaux bourgeois Ré-formés. Leur exercice dure quatre ans. On choisit de mê-me quatre directrices ou meres des Orphelins; leur fon-ction est d’avoir l’infpectíon fur le ménage, les habille-mens & autres détails ; le gouvernement du dedans est con-fié à un homme & à une femme qui doivent être mariés *8 c qu’on nomme le pere & la mere du dedans.

II n‘y a point d’hôpital pour les bourgeois RéformesMais il y en a un pour les gens de guerre. II a écé fondédu tems que le prince Waldcck étoit gouverneur de certeville , & dont les revenus consistent dans des contribu-tions de la garnison , & dans quelques gratifications duconseil d’état. Cet hôpital est sous la direction d’un mé-decin , d\m chirurgien major Sc d 1 u n receveur : il y a aussilin entrepreneur qui doit fournir aux malades tout ce quileur est nécessaire, excepté les médicamens, moyennanttant par tête, ce qui monte environ à six fols & un liardde Hollande par jour. Cet hôpital est fur le bord du Jair,dans le couvent des anciens Récolets, qui furent chassesde la ville pour cause de trahison.

Le Lombard est situé sur le marché au poisson prochedsi pont. C’est un assez bel édifice carré & construit dePierres bleues. Le maître du Lombard doit avoir son octroides Etats-Généraux.

II n’y a point de maison de fous à Mastricht. On metceux qui ont l’efpric troublé dans le couvent des Aléxiensqu’on apppctle Celle-broeders en flamand, & qui en pren-nent soin moyennant une pension qu’on leur paye.

Il y avoir autrefois des maladeries situées hors la ville;ctles ont été abolies, & les revenus sont entrés dans unecaisse des fondations pieuses ; c’est ce qu'on appelle la Ta-Lle du saint Esprit. Elle a deux receveurs, l’un Liégeois ,1 autre Brabançon, établis par les magistrats.

Les Réformés occupent trois églises , deux flamandes^ la troisième pour les François. L’églife de saint Jean, laPrincipale des trois, est située au haut du Vrythof près de^■ctle dç saint Servais. C’est un assez grand bâtiment dont, es voûtes font soutenues par deux rangées de gros piliers ;J* to ur est une des pins hautes de la ville. L’égliso de saintMatthias, occupée aussi par les Hollandois, est situes dansa Me de Bois-le-Duc : ces deux églises sont desservies par^q ministres Hollandois. L'église des François est situéePtes dç la fausse porte de saint Pierre vis-à-vis l’arsenal:

autLe ^°' s une chapelle dédiée à saint Hilaire ; l’as-^cmblée est devenue si nombreuse depuis la révocation dee it de Nantes en 1685. qu’il y a aujourd’hui trois mi-

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nistrés.au lieu qu’il n’y en avoir qué deux auparavant.Tous les pasteurs, tant Hollandois que François; sont en-tretenus par le conseil d’état, & ont treize cens florins degages par an monnoie d’Hollande , excepté le dernier mi-nistre François qui n’en a que huit cens. .

Dix-neuf ministres Hollandois forment la classe de Má-stricht, qui est la neuvième du synode de Gueldre. Elles’assemble trois fois par an , le premier Mardi du mois deMai, le deuxième Mardi après la réception de la lettrede convocation du synode, Sc le premier Mardi du moisd’Octobre. Les ministres qui composent cette classe, fontles cinq de Mastricht, deux de Namur, ceux de Climmen ;de Vaels, de Fauquemont, de Beeck, de Meerfen ScSchimmert, de Wilre, de Heerle, d’Eupen , de B01-chet, d’Eisden, de Geul, de Guipe & de Vylen. Les pa-steurs François de Mastricht dépendent du synode Wallon;

Les Luthériens ont aussi une église qui fut bârie dansle tems que le prince de Waldeck étoit gouverneur de Ma-stricht , du provenu des contributions de la garnison, dedes dons de plusieurs personnes de cette religion; C’estun carré long qui n’a ni tours rii cloches; Elle est situéedans le Hond-straat, & desservie par un ministre de làconfession d’Augsbourg. II n’est pas permis aux Luthé-riens d’enterrer leurs morts dans cette église.

Mastricht a été autrefois une ville épiscopale, & elle áeu jusqu’à vingt & un évêques. S. Servais qu’on fait dixiè-me évêque de Tongres , & qui vivoit au quatrième sié-cle , porta, dit-on, à Mastricht le siège épiscopal de cetteville , pour le mettre plus à couvert des insultes des Bar-bares. Tous les évêques de Mastricht, dont le dernier estsaint Hubert, qui transporta le siège dans la ville de Liè-ge au huitième, siécle j font honorés du titre de saints, cequi est unique; Ce ne font pas feulement tous les évê-ques qui ont eu leur siège à Mastricht, mais encore tousleurs prédécesseurs qui íont eu à Tongres, depuis saintMaterne, fondateur de cette église ; jusqu’à saint Servais';qui sont honorés comme saints. Quelques uns. veulentqu’il y ait eu deux Servais évêques de Tongres, & queç’ait été le second qui ait transféré le siégé à Mastrichtvers la fin du cinquième siécle; * BàïUet , Topogr. desSaints, p. Z99.

Comme les Etats-Généraux 8 c les évêques de Liègefont conseigneurs de la ville de Mastricht, là religionCatholique 8 c la Protestante y font publiquement exer-cées, en exécution du traité de Nimégue, Les Catholi-ques possèdent deux églises collégiales, dont l’une est dé-diée à saint Servais, & l’autre à Notre-Dame. Celle desaint Servais située au haut du Vrythof est fort belle 8 ctoute couverte de plomb. On prétend que saint Monul-phe 8 c saint Gondulphe ont sait bâtir cette église à l’hon-ncur de saint Servais; C’étoit anciennement une abbayequi fut donnée en 889. par Arnoud, roi de Lorraine &de Germanie , à Ratbod, archevêque de Trêves. Les suc-cesseurs de ce prélat 11e conservèrent pas long-tems certeabbaye ; elle fut changée en prévôté , qui fut long-temscomme un appanage des chanceliers de l’empire,&si illu-stre, que les duos de Brabant y ont toujoursprété le fermentde protection spéciale, & en 1529. l’empereur Charles V;prêta le même serment en habit de chanoine. Aujour-d’hui ce chapitre est composé de trente sept chanoines *qui ont pour dignités un prévôt * un doyen, un écolâ-tre, un chantre, &c. On compte pour le moins autantde chapelains. Quoiqu’il n’y ait que trente sept chanoines*il y a quarante prébendes. Les Jésuites en possèdent deux*à condition d’enfeigner les humanités, & le doyen en *deux, une comme chanoine & l’autre comme doyen ; lestrente-six autres chanoines en ont chacun une. Ces eano-nicats rapportent environ cent pistoles par án, & murconférés alternativement par leurs Hautes-Euissànees otparle prévôt, selon le mois de la vacance. Le premiermois de l’année est à la difpotion de l’étar, le cconct àcelle du prévôt , ainsi de fuite. Les chanoines ont obli-gés de demeurer dans les maisons qui forment e cloîtreautour de Téglife, & qu’ils achetent des hentiers de leursconfrères décédés. Ce chapitre possede onze bans ou villa-ges avec leurs dépendances ; Sc ces ans ont administrespar des députés du corps, auxquels on donne le titre deReyproost. L’églife dé saint Servais est la plus grande déla ville. La partie postérieure a ete bâtie par l’empereurCharlemagne. Ily> »n beau chœur, mais il n’est pas

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