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Tome quatrième. M - P.
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teil est assemblé, on entend toutes sortes d'instrumensâe musique javanaise , comme tambour , bassins de cui-Vre -« mais ce tintamare cesse lorsque f empereur paroît.H v a s'asseoir dans un lieu élevé, où il est entouré d’uneê l ‘offe garde. Les seigneurs , de quelque rang qu’ilsjoient > font assis à terre , les jambes en croix fous eux,; e corps penché, fans oser parler, que quand ils fontinterrogés. On amene devant lui les criminels liés &Sirotés : il prend Lavis de chaque conseiller, & décidea volonté, sans qu’on ose le contredire.

L’empire consiste en douze provinces, dont il y esta ssipt maritimes «S c cinq plus avant dans les terres. OutreCc s douze provinces qui font régies par des gouverneursou vicerois, nommés pangorans ou tommagons, il y a«es commandans ou sous-gouverneurs dans chaquev iUe, bourg 0 u village; on les appelle orancaïes ousoigneurs, Sc avec j e commandement des villes ouomgs, ils ont presque tous encore fous eux une cer-taine etendue de pays à régir. Ces sous-gouverneursiont obligés de rendre compte au pangoran, de ce quie Passe dans l’étendue de leur juridiction ; & les pango-l 'ans en informent le rommagon de la capitale du royau-- ou l’empereur même , selon l’importance de l’affaire.Outre ces officiers, il y a dans chaque place ou district uniabandar, qui est le receveur des douanes, tributs Scdl 'oits du prince : ceux- ct rendent leurs comptes à descommissaires du conseil. II y a encore plusieurs autresofficiers , tant politiques que militaires , qui ont l’in-fpcétion fur les armes, fur le canon, fur les mousquets,ffiï les piques, fur les boulets , fur les balles, fur laPoudre. Ceux qui commandent les soldats font des gensc hoisi s & vigilans , que leurs bonnes qualités rendent't'commandablcs ; car la faveur n’a point de part à leurlancement.

ïso tems en terns les tommagons & les pangorans font, 'cren revue les troupcs,&: cnpeu d’heures on peut mettre» n c *mpagne quelques centaines de milliers d’hommes.

« s Marris ont mille hommes fous leur commandement ;jj les loeras, ou louras, en commandent environ cent.

cst bon pour la compagnie hollandoile que les peu-P es du Mataram ne fçachent pas faire la guerre comme° n 1 J fait en Europe ; car si avec leur naturel malin,,7 e leur intrépidité Sc le mépris qu’ils font de la mort,avoient la mëme habileté que les Européens, il n’yp l ‘oit pas de fureté dans leur voisinage ; mais on aProuvé plusieurs fois que plus leurs armées font grosses,oin s elles font de progrès : le désordre s’y met plusueinent & les fait plutôt dissiper. Sous ces officiers il^ «n a de subalternes , qui font presque continuellemente& ' courses pour épier ce qui fe passe & pour saisir ceuxjlffi font surpris en délit. Enfin il y a des émissaires particu-les qui ne font autre métier que d’obferver la conduiteCs grands & des petits, dont ils rendent compte aux0 «ii«agons de la capitale * ou à l’empereur même,foi S tOLUno ’ s f e tiennent tous les Lundis, ou quelque-j| ls les Samedis, dans la place qui est devant le palais,Plu^ trouve ordinairement cinq à six cens cavaliers , des0 s grands seigneurs de l’état, avec leurs plus beauxé» ^ lVlens , à la mode du pays, & la magnificence éclater- a c Me n t fur les harnois des chevaux. Ces ornemens«ne piéce d’étoffe de foie à fleurs, ou d‘une fine

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hau S m 01 P s âe la ceinture en bas ; car de la ceinture enbj £ C «s font nuds. 11s ont un petit bonnet blanc, oud e s un morceau d’une toile de coton, ou d’une étoffeç n f 1C tourné plusieurs fois autour de la tête & rouléc ha ° 11Tle de turban. Autour de la place il y a pourLît' C teignent qui est du tournois, un poteau, ou unjjjjí couvert » où un valet attache le cheval de sonCjui'^ & le garde. Chacun a encore d’autres valets,ffius a ' 1S ce tnême endroit jouent des instrumens. LesP<trt' CleriS l’ em pereur sont autour de la place, & jouentCo a 1Cl, licrenient lorsque le prince paroît à cheval, ajustétes autres , & entouré de quelques centaines dejettes t0US à Pied. Dès qu’il fe montre , tout le mondeCs yeux sor lui pour voir si c’est un bonnet à latUfb^'te - «u un turban qu’il a fur la tête. Si c’est untin . n > c °ut le monde auffi-tôt en prend un ; & si c’est

coton trés-blanche, qui est tournée autour de

jeunet, chacun met aussi tôt le sienes que Temnerenr est arrivé .le« nvpn

que l’empereur est arrivé, les avenues de la place,

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qui est entourée d’une efpéce de palissade , fe fermait,personne n’en peut plus sortir ; & autour de la paliíiadeíont places dix ou douze mille hommes sous les armes ,ou même plus,qui fervent de gardes. Le prince va d’abord,avec beaucoup de gravité,fitire une volte autour du pilier;■& les cavaliers vont en faire autant après lui ; Sc s’ilveut faire une course , il choisit quelqu’un des premiersseigneurs , qui ont à la main chacun une lance , au basde laquelle il y a un bouton. L’empereur court le pre-mier Sc ses gardes courent de toute leur force après lui& à ses côtés. Celui qu il a choisi pour courir contrelui, tâche de le joindre jusqu'a l a portée de fa lance,qu il avance a côté du prince, pour marquer qu’il pour-roit l’atteindre, Sc le prince te sert de la sienne pourparer le coup Sc détourner celle qui s e présente à l'oncôté. Lorsqu’ils ont ainsi couru en combattant jusqu’aúbout de là place, ils font volte face, avec beaucoupd’adresse , & continuent leur course & leur combat ; desorte pourtant que celui qui étoit poursuivant dans lapremiere course devient le poursuivi dans celle-ci. Lescavaliers font leur course à leur tour . allant d’un boutà sature de la carrière & revenant sans cesse, jusqu’àce que l’un des deux combattans ait remporté quel-que avantage fur l’áutre ; souvent même ils changentde chevaux & en prennent de frais. S’il arrive quecelui qui court contre l’empereur ait fur lui quelquesupériorité, il se donne bien de garde d’en paraîtrefier ; & s’il fait sentir son avantage, e’est toujours d’un .air très-respectueux.

Le tournois dure ordinairement depuis quatre heuresaprès midi jusqu’à ce que le soleil sc couche. En généraltous les champions foiit paraître beaucoup d’agilité dansleurs courses Sc beaucoup d’adresse à se servir de leurslances. Chacun tâche d’enlever son adversaire de dessusla selle, & quand la chose arrive, celui qui a eu cedésavantage est exposé à de grandes railleries ; mais celan arrive que rarement, car ils sont fort bien à cheval.Les selles des chevaux sont petites & leurs étriers courts.Ils gouvernent le cheval pár le moyen d’une bride , avecun petit crochet, où il y a une corde attachée qu’ilsnouent autour d’eux comme une ceinture : ainsi c’estde leur corps seul qu’ils régissent, ce qui est causequ’ils ont les mains libres pour manier leurs lances.

La garde fe fait au-dedans du palais , la nuit aussi bienque le jour, par un grand nombre de femmes armées.

II n’est permis à aucun homme d’y passer la nuit. Oncroit que le nombre de ces femmes monte à dix mille.Elles sont commandées par des femmes ; & il y a toutessortes de grades parmi elles comme dans les régimens,loures leurs vues & tous leurs soins n’ont Jaune objetque la conservation de la personne du Mataram , Sc sonservice aussi bien que celui de ses femmes & de sesconcubines.

Les empereurs ont ordinairement quatre femmes, quifont des plus grandes maisons de l’empire. On dit qu’outrecela ils ont un nombre considérable de belles filles àleur service particulier, & que le nombre en va jusqu’àquatre cens, On les va choisir par tout : on lui amenecelles qu’on trouve les plus belles ; & on leur fait appren-dre l’exercice des armes, à jouer des instrumens, à chanter*à danser & plusieurs autres choses par le moyen des-quelles elles tâchent de lui plaire. En quelque lieu deson palais qu’il soit, il en est accompagné, entouré,servi & gardé. Elles ont toujours avec elles des lancespointues, & de légeres armes à feu.

Quoiqu’outre ses femmes l’empereur ait un grandnombre de concubines, il arrive pourtant quelquefoisque parmi ces jolies gardes, il y en a quelqu’une qui hnplaît plus que les autres Sc qui lui touche le cœur : alors ill’éleve à la dignité de concubine;& c’est le plus haut degrede gloire où elles puissent aspirer. Cependant on esti-me bien plus heureuses celles qu’il donne en maria-ge aux seigneurs de fa cour. C’est par cette raison queles filles nobles le servent avec encore plus d empressementque les autres, qui ne peuvent esperer une pareillefortune.

MATARI. Voyez. Mactarum.

MATARITANENSIS , Mataritànus ou Matta*ritanus , siège épiscopal d Afrique dans la Byzacéne,La notice épiscopale d’Afriquc met dans cette province