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Tome quatrième. M - P.
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grossière du tems que l’on emploie à aller de í’une àPautre.

La Parasangue est originairement de trente stades ,idont chacun est de six cens pieds grecs. Mais cette mesureN ensuite varié, comme nous dirons en parlant des me-,sures itinéraires des Perses.

II en est de même du Schœne, qui devoir être de deux pa-ïasatigues ou de soixante stades. Hérodote dit que leSchœ-ïie est une mesure égyptienne , ce qui détruit la conjecturede saint Jérôme, qui sans doute n’a fait que copier en,cela quelque Grec postérieur de plusieurs siécles à Héro-dote. Ce dernier écrivoit long te ms avant que la languegrecque eût été portée en Egypte fous les Pcolomées ; 8cpuisque le mot de schœne étoit en usage parmi les Egy-ptiens avant qu’Herodote écrivît, il ne peut donc pas avoirune origine grecque. C’est par un pur hazard qu il ressem-ble au mot grec <ryoìvK , qui veut dire du jonc, & com-me le jonc servoit à faire des cordes, les Grecs appel-loient <ryjAvlov, une corde faste de jonc. Saint Jérôme dansion commentaire fur la prophétie de Joël, dit : Sur leNil & fur ses bords on a coutume de tirer les barques avecdes cordes, & il y a de certaines distances qu’on nommeFuniculi , où ceux qui tirent ces cordes sont relevés pard’autres hommes. On volt bien que le mot .buniculi estune traduction du mot schœne pris dans le sens de corde ,& que saint Jérôme a cru que le nom de cette mesure ve-noit effectivement du grec, ce qui ne peut être, par laraison que j’en ai dite. ,

11 y a plus de difficulté fur la véritable valeur de cettemesure. Selon Hérodote, c Ile est le double de la para-sangue , & égale à soixante stades ; mais Strabon, lib. r i,pag. 50. dit que Téophane avoir mesuré 1‘Arménie,& luidonnoit cent schœnes de longueur & de largeur -, il ajouteque chaque schœne vaut quarante stades. S’il n’y avoirque ce passage, il ferait aisé d’y trouver une solution , endisant que comme la parasangue étoit commune aux Egy-ptiens & auxPersans.le schœne pouvoit aussi être communaux deux nations , qui lui donnoient chacune une étenduedifférente. Cela est très-conforme à ce que nous voyonsrous les jours à l’égard des lieues & des milles. Ainsi ilferoit très-poffible que les schœnes d’Egvpte eussent étéplus grands d'un tiers que ceuxd’Atmenie & de Perse;mais Strabon lui-même nous apprend que les schœnes,même en Egypte , n’étoient pas d’une égale longueur ; &qu’en remontant le Nil, il avoir remarqué qu’on com-ptoir un pareil nombre de schœnes pour des distances ,dont la navigation étoit plus courte ou plus longue. IIfournit, /. 17. p. 804. de quoi plus embrouiller encorecette matière. Àrcemidore, dìr-il , veut qu’en remon-tant le Nil depuis Alexandrie jusqu’à la pointe du Delta ,il y ait ving-huìc schœnes,qui valent 8^0 stades , car il taitle schœne de trente stades. Pour nous, continue Strabon ,en remontant ce fleuve , nous avons trouvé q i'en nousmarquant les distances , on se servoit de différentes me-sures ; desorte qu’en quelques endroits ils saisissent leschœne de quarante stades, & de plus en d’atttres. Atre-midore prouve aussi qu il y a des schœnes de différentemesure en Egypte. Selon lui, en remontrant de Memphisvers laThébaide,chaque schœne est de cent vingt stades;de la Thébaïde à Siéne, chacun est de soixante. De Ec-luse a la pointe du Delta, il compte de navigation vingt-cinq schœnes, evalues a sept cens cinquante stades, cequi fait trente stades par schœnes ; on pourroit dire de cesderniers, qu'rls n etoienr que des demi-schœnes, & queceux entre Memphis 8c la Thebai'de croient de doublesschœnes ; que la vraie & ancienne mesure des sehœnesétoit de soixante stades , comme du tems d’Herodore ;qu’avec Je teins on avoir confondu le schœne 8c la para-sangue , sur-tout dans les lieux les plus fréquentés par l’é-tranger : car du coté de Siene,ou les étrangers voyageoientplus “rarement, 011 voir par le passage rapporté que leschœne étoit resté limite a soixante stades, comme Héro-dote le fixe.

Mesures itinéraires des Perses.

Les Parasangues étoient une mesure fort en usagechez les Perses. Nous venons de l’evaluer a trente stades,c’est-a dire, à la moitié du schœne. Hesyche lui donnele même nombre de stades. Les Arabes l’évaUient à crois

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de leurs miles, dont nous parlerons dans la fuite. Eline,1.6. c. 16. se plaint de ce que les auteurs ne s’accordoientpas fur P étendue que doit avoir la parasangue. lnconftan-tiam menjuïA divtr/itas audorumfacit cùm Ferfa quoqítsJcbœnos & parajangas alii alia menfitra déterminentAinsi nous île sommes guéres en état de déterminer quelleécoic la juste mesure de la parasangue & du schœne cheZles anciens Perses. Quanc aux Persans du moyen âg e »nous parlerons de leurs mesures avec celles des Arabes.Le livre d Isidore de Charax , où il marque les distancesdes principaux lieux du pays soumis aux Parthes, est ex-primé par schœnes.

Le sçavanc Dodwel dans fa dissertation fur Isidore deCharax inférée au second volume de la collection des P e 'tits géographes grecs > §. 13 .p. 76. dit qu’avec le rems ontransporta le nom de schœnes aux parasangues. On eIÎ\ienc de voir la preuve, puisqu’il y avoir des schœnes detrente stades qui font la mesure de la parasangue dans f 011oiigiue ;& qu en échange il y avoir des parasangues desoixante stades qui sont la mesure originelle du Ichœne-On voir par un tragment de Julien l’architecte, que Ca'saubon avoir vu eu manuscrit, & qu’il cite dans Ion coM’menraire fur Strabon, que la mesure la plus ordinairedes parasangues de son tems éteit de quarante stades. Ûest certain que ce n’est pas l’ancienne , & il paroît qu’onne lavoir inventée qu'après q, e les Romains se fuient in-troduits dans le Levant ; on ne la préféra sens doute q !lCpour la facilité d’évaluer leurs milles en parasangues, SCpour éviter les fractions ; car une parasangue de quarantestades [ en supposant que par le stade on entend 125 P aSgéométriques ] répond précisément 3 cinq mille pas ro-mains ; des parasangues de ay , de ;o , de 60 stadessi>n£nécessairement des fractions toujours incommodes danSles calculs. Pour connoîrre les schœnes des Parhes si n’ya qu’à prendre une distance qu il s expriment par scbœres,& la comparer avec la même distance exprimée par insist*romains dans qne!q e autre auteur. On aura pour loisl*véritable valeur du Ichœne dont ils se sont servi, 8c il fer*aisé de réduire le mille en stades, qui en est la htii.iemcpartie.

Dodwel remarque que les parasangues de trente stadespourraient bien avoir donné l eu aux milles de sept sta-des & demi , dont quelque Grecs ont parlé. Le retran-chement d’un demi-stade par mille est commode poutfaire un compte rond , car alors quatre mille de cetteespèce sont de trente stades, & valent une parasangue,ce qui ne seroit pas si chaque mille étoit de huit stades,en ce cas les quatre milles excéderaient la parasangue dedeux stades; & le calcul cesseraitd’êtreaussi aisé, puis-qu 1 y auroit nécessairement des fractions toujours incom-modes. Nous donnerons encore une autre raison qui 9pu donner lieu aux milles de sept stades & demi.

Mesures itinéraires des anciE^*Grecs.

Ces six vers latins expriment les différentes mesures de*Grecs.

Quatuor ex digitis conftabat Gr&ca Paleste :llla ter in Spitame : justo quater in Pede : SenosFert Orgya pede s : Pelerro centefimits eft pe s :

Arvus dimidìum eft : Sradiumque coercet Acbivum*Sexcentos : Stadia AJfyriis ignota PbaroqueTriginta antiquu Parasanga & Schcenus babebant •

La Paleste, naAss-ií, étoit une mesure répondante à 1 *largeur de quatre doits. C’est le Palmus des Latin*Quelques uns confondent Palmus 8c Palma , mais P a "mut n’est que de quatre doigts ; Palma est le doub’ c 'Ceux qui regardent ces mots comme synonymes, diR n ^du Palmus qu’il est de deux sortes, le petit qui est D ^leste , & le grand qui en vaut deux. Ce dernier a étéfondu avec le Spsiame par Pline, si nous en croyonsP. strier, ce que je ne trouve point dans cet auteur.

J’y vois feulement que Pline dit, en parlant desniées : Supra bos extrema m parte montium Trispi tIîA , „Pygmai qui narrantur , ternas Spitamas longitudine , ^ek ternos dodrantes non excedentes ; c’est à-dire, d^ePygmées n’avoient de hauteur que trois spitames, - ^même tems il évalue le Spitame au Dodrans > c fdire , à neuf pouces, dont douze faisoient le pied r