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taille pour la commodité des voyageurs, & on y voirune infinité de ponts qui font la communication desterres 8c des villages. On fait aussi passer seau danspresque routes les villes des provinces méridionales,afin de rendre leurs fossés plus furs, 8c leurs rues plusagréables. Dans les terres basses & aquatiques on élevedes digues d’une longueur prodigieuse , afin que Jes che-mins de terre soienr praticables, & quand les monta-gnes ferment les passages, il n’y a point de dépensequ'on ne fasse pour y creuser des routes aisées.
Celle qui conduit de Signanfou à Hamtchoum estune des choses les plus merveilleuses. On dit que lesChinois ont non-seulement coupé la montagne en ban-quette par un des côtés, qui n avoit aucune pente ; maisqu’en se servant de plusieurs longues poutres engagéespar un bout dans le rocher, ils ont fait en 1 air unchemin tout le long des.montagnes en forme de gale-rie suspendue ; ce qui donne de 1 inquiétude à ceux quin’y sont pas accoutumés, 8c qui craignent toujours quel-que accident ; mais les gens du pays font extrêmementhardis; ils ont des mulets formés pour ces routes, 8cpassent avec autant de fermeté fur ces précipices affreux,que s’ils voyageoient dans les plus beaux chemins duinonde.
Pour ce qui regarde les chemins ordinaires , on nesautoir assez admirer les foins qn on a pris de les ren-dre commodes. Us font de quatre-vingt pieds de largeou environ; la terre en est légere, & se sèche facile-ment dès que la pluie a cessé. En certaines provinces onvoit à droite Sc gauche, comme fur nos ponts, des ban-quettes pour les gens de pied, qui font terminées desdeux côtés par une fuite continuelle de grands arbres enforme d’allées , 6c souvent renfermées entre deux mu-railles de terre de huit ou dix pieds de haut pour em-pêcher les voyageurs d’entrer dans la campagne; cesmurailles ont leurs ouvertures qui répondent aux che-mins de traverse Sc qui aboutissent de toutes parts àde gros villages.
De demi-Iíeue en demi lieue, (il appelle demi-Iieucle pu qui est de zyoo pas,) le chemin est traversé parune espèce d’arc de triomphe fait de bois, 8c élevé à la•hauteur de trente pieds, qui est percé par trois gran-des portes, au-dessus desquelles on a écrit fur une largefrise en caraótères qu’on peut lire de cent pas, la di-stance de la ville prochaine d’où l’on est parti, 6c cellede la ville où la route méne. Ainsi les guides ne fontpas nécessaires, & l’on fait à cous momens où l’on va,d’où l’on vient, combien on est avancé > 8c ce qu ilreste encore de chemin à faire.
Comme il est d’une extrême importance que lescou-riers arrivent à tems, les mandarins on r foin de tenirtous les chemins en état, 6c l’empereur pour les y obli-ger plus efficacement, fait quelquefois courir le bruitqu’il doit lui-même visiter certaines provinces. Alors lesgouverneurs n’épargnent rien pour en réparer les che-mins; parce qu’il va ordinairement de leur fortune, Scquelquefois de leur vie, s’ils se négligeoient sur cepoint. Mais quelque soin que les Chinois se donnentpour diminuer la peine des voyageurs, on y souffrenéanmoins presque toujours une incommodité très-con-sidérable.
Mesures itinéraires du Japon.
Nous n avons rien de fort exact fur cette matière.Kempscr, dans son histoire du Japon, /. y. c. 2 . t. r.p. 1 1 }. en parle assez pour en dégrossir l'jdée, mais troppeu pour en donner une connoissance parfaite. Voicice qu’il en dit : Les lieues ,ou les milles du Japon , nefont pas d’une egale longueur. Les lieues de terre dansTisse de Kiusju & dans la province d’isje sont de cin-quante tsjo chacune; Sc les autres lieues communesne sonr que de trente-six. Le tsjo est la mesure de lalongueur d’une rue. Dans les bonnes routes, j’aì trouvéque les premieres de ces lieues sont d’une heure dechemin à cheval, & les antes seulement de trois quarts-d’heure. Le tsjo contient soixante kins ou toises cha-cun. Arrêtons nous ici un moment pour arranger cesidées.
Le Kin est une toise; mais de quels pieds cette toisecst-elle formée ; L’auteur étoit au service dcsHollandois,
MES
8 c peut-être se sera-t-il servi du pied de Leyden. Hque la manière de compter de ce pays, ( du Jap 01 ''est par Kins ou Nattes qui sont autant de toilesl’Europe.
Le Tsjo est de soixante kins ou nattes , ou ,ce qui re 'vient au même, de soixante toises.
La grande lieue est de cinquante tsjo, ou trois
mil'
le kins ou nattes , évalués par fauteur à trois miltoises.
La petite lieue, est de trente-six tsjo, ou de deuxmille cent soixante kins ou nattes, évalués à îl6toises.
Les lieues de mer Japonnoiscs sont fort indétermi-nées. L’auteur met pourtant de la différence entre le*lieues de mer au-dedans , c’esl-à-dire, entre les iíles : 1dit des premieres , que deux & demie font un mille d Al-lemagne , apparemment le mille d’AU^magne commun»ou le mille géographique de quatre mille pas chacun. **l’égard des aunes, on 11e peut en dire la proportion.
Le même auteur, dans un autre endroit, egale y y mili £íjaponnois à environ 22 milles d’Allemagne. 11 ajoute:Dans la province de bison, j’ai observé que les rvssik*étoient d’une heure de chemin à cheval au petit p aS _’ou à pied au grand pas, mais dans les autres, de troi*quarts-d’heure seulement : cinq Jieucs d’eau font [l ' 0límilles de terre fur les côtes du Japon ; mais dans le*mers plus éloignées > on compte que deux lieues 8 c de-mie font une lieue hollandoise. II ajoute : Un mille 01 'dinaire contient la longueur de 36 rues , (ou tsjo) ^cepté dans la province d’isje, où il en contient cinqu 311 'tela longueur d’une rue, est de soixante kins outes , 6 c à Nagasaki de y 6, Un peu plus d’uniformité d 3llScet historien, soulageroit un peu le lecteur. Moniau llS *ou Du Mont, dans son ambassade du Japon, comP tff2y milles japonnois pout un degré. De risse évalue l eSlieues du Japon à raison de 1 yy, égales à 200 e°^ou lieues de rindoustan, qui valent cent lieues marinede France ou d’une heure.
Mesures itinéraires des Siamois.
Les mesures siamoises ont été examinées avec soin p 3 ^de la Loubere, auteur exact 8 c méthodique,dont j’empi' 1111terai ici les paroles.
Les mesures se forment ou sc composent de cetf®sorte. Peet met Caou Pleïtac, c’esl-à-dire, huit grain*de riz entier, dont la premiere envelope n’a pas et®brisée au moulin, valent un doigt, en siamois N ioo* .
12 Doigts valent un Keub , c’est-à-dire une faulmf *otl l'on vertu re du pouce 8 c du doigt moyen.
2 Keub valent un sok, c’est-à-dire, depuis le coujusqu’au bout des doigts. , ^
2 Sok valent un ken , c’est-à-dire, une cotideepuis le bout des doigts jusqu’au milieu de la poitrine-2 Ken valent une brasse , qu’ils appellent V°° ,
& qui vaut à peu près un pouce moins que notre [sc, lì bien qu’il s’en saur très-peu de chose, q ue * eU ,fhuit grains de riz , qui font leur doigt, ne vaille n<^de nos lignes, que nous estimons égales à neufd’orge.
20 Voua font une corde, qu’ils appellent Set**
100 Sen , c’est-à-dire, cent cordes, font une Ac > (
lieues , qui revient à deux mille brasses. Ils appelle» 1 &lieue roe-neng, c’est-à-dire un cent: roe veutcent, & neng veut dire un. ol j
Enfin, quatre de leurs lieues , ou 8000 ^Zé-brasses , font un Jon , 8 c ce sont-là toutes lct»‘ ssures des longueurs. jjuíf
Réduisons ceci à notre manière de compter,grains de riz valent neuf lignes. ,
Le Niou , ouïe doigt est de neuf lignes, c’est' a ' ^ }trois quarts de pouce ; donc douze doigts > ou I e ,égaux à neuf pouces ; donc le sok , égal à 1 S P°qui font un pied 8 c demi. .. u j ess
Le Ken, est donc de trois pieds, & le Vbádq ^uitle double, est notre toise ; mais on a dit, q uC egrains faisoient un peu moins de neuf lignes; c£l1 co iv'rence, accumulée dans les pouces dont la toise e p 0 nCposée, fait un pouce de diminution fur notre î0 | ' v 0 j i a ,la lieue siamoise, ou Roe neng de deux rrin c