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du Gange, alloit reconnoîcre Malaca, & Sumatra ,ensuite s’abandonnant aux vents d’esl , elle dépalsoicMadagascar Sc le cap de Bonne-Espérance, venoit re-connoîcre le Brésil, & arrivoit à Saine Domingue, ensuivant les côtes. Je laisse à part la difficulté'de revenir,ii y en a une autre que je dirai dans un moment.
Goropius , Postel Sc quelques autres mettent l’Ophirde Salomon au Pérou. Si on les encroit, Salomon faifoità peu près ce que font à présent les Espagnols. II faifoittransporter l’or du Pérou fur des vaisseaux par la merdu Sud jusqu’à l’isthme de Panama. D’autres vaisseauxle chargeoient de l’autre côté de l’isthme, assoient pren-dre des rafraichissemens aux isies de Cuba & de SaintDomingue, venoient chercher le cap de Bonne-Espé-rance , rassoient les côtes orientales d’Afrique, Sc ren-troient dans la mer Rouge.
Arias Montanus va plus bien loin. II menela flotte droiten Orient , la fait passer par les Moluques, traversertoutes les mers qui séparent ces iíles d’avec le Mexique ,de-là voguer vers le Pérou , y charger de l’or, côtoyerensuite le Chili, passer le détroit de Magellan, doublerle cap de Bonne-Espérance, Sc rentrer dans la merRouge. Voilà fans doute bien du chemin. Ne diroit-onpas que les découvertes des Portugais & des Espagnols,encore nouvelles , quand ces auteurs écrivoient, avoientété faites fur des mémoires laissés par Salomon ì
J’aurois demandé à ces critiques s’ils croyoient quede pareilles navigations ayent pu fe faire fans boussole ?Ils auroient répondu apparemment que Salomon pos-sédoit cet admirable guide de la navigation moderne.Cela ne suffit pas. II faut encore nous dire par quelprodige un secret de cette nature , étant connu de deuxgrandes nations, les Juifs Sc les Phœniciens, un secretsi nécessaire , si aisé à pratiquer , a pu se perdre sansune interruption totale de la navigation. Car il est cer-tain au contraire que les Grecs, les Romains Sc lesCarthaginois, descendus des Phœniciens, l’ont entiere-ment ignoré; on fait que faute de le posséder, ilsalloient terre à terre ; & que dans les rivages qu’ils neconnoissoient guère, ils jettoient l’ancre tous les soirs ;íì par malheur iis avoient perdu la terre de vue ôcne favoient de quel côté la retrouver, ils avoientdes pigeons qu’ils lâchoient. Si la terre étoit encorevisible pour ces pigeons, ils voioient de ce côté, &on fuivoit la route qu’ils avoient tracée ; sinon, ilsrevendeur Sc on les reprenoit pour lés lâcher encoreensuite , jusqu’à ce que l’on trouvât quelque terre. Or,c’est fe moquer que de prétendre que des navigationspareilles à celles que ces auteurs attribuent à la flotted’Hiram Sc de Salomon, ayent pu fe fàire fans lesecours de la boussole. Venons aux auteurs qui for-ment la seconde classe.
Auteurs qui ont cherché Ophir en Asie.
Josephe, dans le passage qui a été rapporté ci-dessus,dit que Sophir ( ou Ophir ) étoit aux Indes, & quede son tems on l’appclloit la Terre d'Or. II y a deuxchoses à remarquer fur ce sujet. i°. Nous avons faitvoir au mot Indes , qu’il s’esl dit non seulement desIndes proprement dites. mais encore des pays qui enfont rrès-éloignés, & particulièrement de l’Ethiopie ;ainsi ce mot Indes,employé fans aucune détermination,ne fixe rien. z°. Le même auteur dit qu’on l’appelloitla Terre d’Or ; mais fans expliquer si c’étoit simple-ment fa nation qui l’appelloit ainsi, instruite commeelle étoit des richesses que Salomon en avoir tirées ,on si ce nom étoit adopté par les Romains, pour quiil écrivoit, ou par les Grecs dont il employoit la lan-gue. Ce nom a bien quelque rapport avec la Cher-fonnèfe d’Or des géographes, mais il a un égal rapportavec tous les lieux où il y avoir, ou des mines d’or,ou des rivières dont le fable en etoit mêlé ; cependanton a vu des auteurs insister fur le mot Indes , commes’il fe fût agi de ce pays, qui s’appelle proprementainsi ; & fur le nom de Terre d’Or , comme n erantqu’une même chose avec la Cherfonnèfe d’Or. Venonsau détail,
François Ribera , Torniel , Adrichôme, Maphée ,Varrerius, Grotius, Bochart , Reland, dom Calmer,Sc quantité d’autres mettent Ophir en Asie, mais ils
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ne s’accordent pas fur le lieu. Quelques-uns veulentque ce soit Ormus , ou quelque isle peu éloignée dela mer Rouge. Maphée veut que ce soit le Pegu, ouil y a encore aujourd’ui, dit-il, beaucoup de mines dorëc d'argent. II apporte en preuve des lettres d’un Cor-delier François qui écrit que ceux de Pégu prétendentvenir des Juifs exilés Sc condamnés par Salomontravailler aux mines d’or du pays. II est inutile de f air fvoir qu’Ormus n’est pas un lieu à fournir la quantitéd’or que les vaisseaux de Salomon rapportoient. Quancà la tradition des Péguans, elle n’est pas assez certainepour faire preuve. Pererius dit que c’est Malaca, danla presqu’iíle de même nom. Jean Tzetzès aime mieuxmettre Ophir dans l’iíle de Sumatra , où il y a encoredes mines d’or.
Lipenius , dans un traité composé exprès fur Opn>Gprétend , sor l’autorité de S. Jérôme, qu’un petit-nd’Héber, fils de Noé , nommé Ophir, donna son noMà la partie de l’Inde qui est au-delà du Gange ; ainil nomme terre d’Ophir, non seulement la Cherson-nèse d’Or, qu’il croit être la Terre d’Or de Joseph'
mais encore les isles de Java Sc de Sumatra >
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royaumes de Siam , de Pégu Sc de Bengale. II so f° nsor ce que l’on trouve, dit-il, à présent dans ce payGtout ce que les navires de Salomon rapportoientJérusalem : on entrevoir par-là qu’il confond les flottede Tharsis & d’Ophir. 11 ajoute que le voyage potiv 01aisément durer trois ans, fuite du préjugé qui iu?pose que le voyage d’Ophir duroit trois ans, cen’est point vrai. Aussi l’écriture ne dit-elle rien 1pareil. Voici comment il réglé le détail dc cette r° uSi on l’en croit, les navires, en sortant de la 111 .Rouge , rangeoient les côtes d’Arabie , de Perse Scl’indoustan. 11s faisoient le tour de la presqu’ifle en-dfÇdu Gange, côtoyoient Golconde où ils prenaient dediamans, Bengale qui leur fournissoit des étoffes , &Pégu où ils trouvaient de l’or Sc des rubis, Sc ils ab°doient à Sumatra, où ils trouvaient encore de 1°’Ensuite ils remontaient le long de la presqu’ifleCherfonnèfe d’Or jusqu’à Siam , où ils ne so 311quoient pas de dents d eléphans. Ils n’y dévoient P 3 ’non plus manquer d’or : puisqu’on a, dit-il, sujet decroire qu’il y a eu autrefois des mines d’or dans c _royaume , fans quoi on n’y verroit pas toutes les *tues d’or qui sont dans les pagodes, Sc tout l’° rbarre qu’on prétend être dans le trésor du roi : ,particuliers de Siam n’étant pas riches, Sc n’y ayant plentement aucune marchandise assez précieuseattirer d’ailleurs une si grande quantité d’or. II ytout ce raisonnement un défaut assez général .j cesqu’en premier lieu on juge par l’état présent depays. qu’il étoit le même du tems de Salomon. G ^navigation, en supposant le commerce actuel de .peuples, conviendroit assez à une flotte de ,
mais convient-elle de même à une flotte de Salo 1 ? rle seul avantage qu’ait cette opinion sor celle d lU j 3Ophir en Amérique, c’est de fe pouvoir passerboussole. L’abbé de Choisi, dans fa vie de Saso^ 50 ^trouve ce sentiment sur Ophir le plus raisonnas » rfCla possibilité de faire cette navigation fans perdre ,^ í£í ,de vue est un des motifs qui le portent à le P re . ^Grotius raccourcit beaucoup cette navigation-f $jecture que la flotte de Salomon n’alloit petit-etjusqu’aux Indes, mais seulement jusqu’au P° rC pjjneville d’Arabie , nommée par Arrien Aphar , P a p t j eI ineSaphar, par Prolomée Sapphera, Sc p aï Jj\rab‘ eSaphxrina. Cette ville étoit située fur la c ^ te , d nS ap-que l’Océan baigne. 11 conjecture que les * nC T tte deporroient-là leurs marchandises, & que l a ^ [ût ju*
Salomon les y alloit charger. On voit d ue _s’est laissé guider par une ressemblance de no ie ,Bochart, dans son Phaleg, prend une a ^ e .: c d aI)SSc distingue deux pays d’Ophir. 11 place un Op j n( j e s.l’Arabie au pays des Sabéens, & l’autre dans eII suppose que l’Ophir d’Arabie est le P a y S lehabitans sont nommés Cassanites par P^o 2 - ieS Scrapport qu’il trouve entre ce nom de ( ^ poU sle mot hébreu qui signifie un Trésor * hu . , dit-prouver cet Ophir de l’Arabie : C est ® Job»il , qu’il faut entendre ces passages du hvfv