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Tome quatrième. M - P.
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Les vents font réglés fur cette côte, & ils soufflententre le nord Sc Test depuis le mois d’Óctobre jusqu’enAvril > & entre l’ouest Sc le sud depuis Avril jusqu’enOctobre, c’esl ce qu’on appelle la Mousson. Si on savoiren quelle saison partoient les vaisseaux de Salomon ,on pourroit prononcer fur la route qu’ils prenoient ausortir du détroit de la mer Rouge, & cette preuveseroit excellente i mais on ne le fait pas. Cornélius àLapide croit qu’Ophir étoit à Angola fur la côte occi-dentale de l’Ethiopie. Ainsi il lui fait doubler ce capformidable, connu long-tems fous le nom de cap desTempêtes, aujourd’hui cap de Bonne-Espérance.

Huer ne met pas Ophir si loin à beaucoup près. IIcommence par établir qu’il faut appeiler Ophir toutela partie orientale d’Afrique, depuis le cap des Aro-mates , aujourd’hui le cap de Gardafui, jusqu’à l’extremi-te méridionale qui est appellée par les Arabes Zangue-bar, où commence la Caffrerie. ( J’ai fait voir ailleursque la côte que nous appelions Zangmbar , est le paysde Zcng , Zenghi font les habitans de ce pays. Barveut dire Mer ; ainsi Zenhibar est la mer de Zen%. D’Her -belot entend par le Zanguebar, la côte de la Caffre-rie. Voyez, ce mot. ) Si on s’arrêtoit à ces paroles deHuet, on auroit une idée fort confuse de son Ophirmais il s’explique. II veut que l’on donne principale-ment le nom d’Ophir à la contrée de Sophala , qui est,selon lui, au aï degré de latitude méridionale, &où il se faisoit un commerce plus considérable que dansles autres pays. Voici les raisons qui Rattachent à cesentiment. C’est lui-mcme qui va parler, ou plutôt sontraducteur. Je retrancherai quelques digressions plussavantes que nécessaires au sujet.

I. Quelques anciens ont dérivé le nom d’Afriquede celui d’Ophir : & la Libye , au rapport d’Etienne ,a été autrefois nommée Ophirisa ; car c’est ainsi queles commentateurs assurent qu’il faut lire Sc non O-phiusa , comme on lit communément. De plus, entrele promontoire de Mosylon & celui des Aromates >on trouve une montagne, un promontoire & un’fleuveappcllés Elephas , nom dérivé, selon les apparencesde celui d’Ophir , auquel on a ajouté au commence-ment l'article des Arabes.Le Khapt , fleuve fort

considérable de cette contrée, a été appellé par leshabitans du pays Obii , nom dans lequel il est facilede trouver un rapport au mot Ophir , & la racine decelui de Sophala ; car les Septante & Théodotion inter-prètent le mot hébreu Ophir , par ceux de Sophir ,2 axpìp , Xovtpìp , Zou$iip , 'î.Ktptpà , au lieu de quoi onlit dans le manuscrit Alexandrin , Xapapà ,qui est lamême chose que Sophala. Jofephe écrit aussi 2wi papa ,Eusebe 'Zavpíìp Sc 2ot içiipx. Saint Jérôme Sophera ; He-siche 'Zcvçùp , que Suidas par erreur écrit Ssupsiç ; car jene puis convenir, comme quelques auteurs le font ,que ce soit par une erreur de copiste > d’autant queplusieurs auteurs Grecs & même des nations entieresaffectent d’ajouter cette lettre S à certains mots, commedans lndi } Sindi ; Mer dis , Smerdis ; Ofihanes , Soflhanes ,■Ardi&i, Sardiai ; Athenœ , Setines\ Lheba, Stiver, Tibare-ni> Stibarenì; Mmpoç, 'S/j.mtpòç, MipJw, 2yuspJw.Ce qui soveitencore dans Néhemie, chap. z v. ay. où le même lieu quelesSeptante ont nommé ’sl<pcì,ils Récrivent peu après sotpxòi,ainsi dans Pline Aploar , ville d’Arabie , est appellée Sa-pha r , Sc dans Ptolomée Sapphára ; de même encore,les Alpes sont appellés parLycophron 2 aj-^rla ’Opa , &dans Eupoleme, Hiram, ami du roi Salomon, estappellé Tovpov.

i. En second lieu , on trouve dans toute la partiede R Astique une grande quantité d’or, ce qui a fait direaux Castres que c’est leur pays qui a fourni Rorque l'on porta à Salomon. C’est de cette abondance d’orque l’on peut dire que lui a été donné le nom à’Ophir ,qui comme le mot Ephraïm , tire son origine de l’hé-breu m 3 , qui signifie abondance , richesse , Pharah ,ma , croître , fortifier ; mais s'il se trouve dans cettepartie de l’Afrique de for en abondance , Sophala ,suivant les relations des historiens & des voyageurs,est Rendroit qui en fournit le plus : ensorte que l’onpeut assurer qu’il n’y a point d’endroit dans le monded où i es anc i ens en ayent tiré une plus grande quan-tité ; car c’est-là que les Indiens, les Perses, les Arabes

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& les Portugais l’alloient chercher pour le transportechacun dans leur pays. ,

z. Troisièmement, on trouve à Sophala ( c’est-dans les terres assez avant vers les mines ) d’anciens edices bâtis de ces grandes pierres de taille , telles sij 1Êcelles dont Salomon s’est servi pour les édifices q u 1fait élever ; il ne s’en voir point de cette espèce dansvoisinage de ce pays , & il y a fur ces pierres d’anciencaractères gravés, inconnus véritablement aux ong 1naires du pays, aux Arabes, aux gens de mer & aUvoyageurs ; mais qui pou croient fort servir à siueiqhabile homme qui iroit sur les lieux pour en deÇ 0 ^vrir sauteur & l’ancienneté. La circonstance, si utrouve dans le pays des Abyssins des édifices bâtis avde semblables pierres où l’on dit qu’a demeuré lat' el1deSaba, me paroît encore d’un très-grand poids j casoquoique ce soit une erreur de croire que c’étoit' 13demeure , puisqu’il est certain qu’elle demeuroit enArabie, ce nous est pourtant un indice très-so rt st 11prouve que les vaisseaux ont été en ce pays. >>,.

4. Quatrièmement, les gens du pays assurent siU>,ont en leurs archives des manuscrits très-anciensfont foi que c’est dans cette contrée que Salom° n envoya chercher son or, après en avoir eu connoiu 31 ’par la relation que lui en fit la reine de Saba. L eJean [Dos Santos ( en latin Santius , dont nous cx El3 'tons ensuite la relation ) dit que la montagne, en lasi lieces monumens de l’antiquité font gardés,s’appelle AfC R 'nom qui approche beaucoup de celui d Ophir ; 111ces traditions ne font pas fort sures , car elles sont cCnavigation en Ophir postérieure à l’arrivée de la relde Saba en Judée, quoique Récriture sainte Sc le S intprêtes la mettent auparavant. j

y. Cinquièmement, la religion des Sophaliens sin’adorent qu’un seul Dieu , & qui ont en hotte 111dolatrie & la magie, à quoi leurs voisins font f olt .tachés, ne me paroît pas moins une preuve dument que j’ai établi, qu’un monument précieuxvraie religion. , .

6. Sixièmement > comme Ptolomée avoir marquegisimba pour bornes à l’Afrique du côté du midi- ea été prise avec quelque fondement par Marintd P°Sophala. C’est aussi ce qui a été cause que P so . nSont cru qu’Ophir avoir été le terme des navig at fo ntde la flotte de Salomon vers le midi; & l’on n' 3 Re-connu dans ces quartiers d’endroit plus célèbre si u ^phir, Agisimba & Sophala, que l’abondance de l £lir

a rendu si recommandables. v0 j C

7. Septièmement , le peu d’intelligence que l’° n 2 ' 3de la marine en ce tems, obligeoit les vaiss^ ^côtoyer les terres ; ainsi il faut nécessairement si u U ‘ t 8 Csoit placé dans un lieu où l’on ait pu aller aiso stl favec peu de risque. Telle est aussi la situation d cphala. On pouvoir commodément y arriver du Pd’Asiongaber, fans perdre presque les terres de vl ‘ te

8. Huitièmement, les fréquens voyages deI 3 , e

de Salomon en Ophir, font encore voir claire 01 ^.ce lieu n’étoit pas fort éloigné du golphe A 1 ’ 3 ^ 1 j a p-car fauteur du texte sacré dit que tous les ans ° n ^ £íìS ,portoit à Salomon d’Ophir, six cens soixante-si x r ^ s e nau lieu qu’on ne faisoit qu’un seul voyage à Tn 3trois ans. . ’obj#'

9. Neuvièmement, je fais que quelqu’un 111 > olìtera l’autorité de Jonathan , interprète Chaîdeenctj .dira avoir rendu flotte d’Ophir par flotte fflí ^ns& celle d’Origene à qui on attribuera d’avoir 1 . slter ,son explication du livre de Job, que quelqu^. yfr-prêtes ont aussi rendu le mot d’Ophir P 3r c % eïa eí\Vfrique ; mais si on examine la chose un peu exa j, ctUre uCon verra que c’est Tharsis & non OphirChaldéen a rendu par le mot d’Afrique, 6c sine p £ ses.

gnage d’Origene paroit tiré de quelque chaîne <• f p £ uOr, j’ai fait voir ailleurs combien on*doit ajo v - i£níl ede soi à ces chaînes ; mais de quelque ilsl 311-

ce témoignage, il est certainement produit P a . r quel’ 0 'cien écrivain, & il suffira du moins à faste v fi Q f c qúÇpinion qui veut que l’Ophir soit la rneme ^ mai sl’Afrique , n’est pas une invention de nos J° ’que les anciens avoient eu la même peu ee.■ qu’oh

Huct s’applique ensuite à résoudre les obje