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Tome quatrième. M - P.
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842. PAR

vages. La viande de boucherie y est bonne, & lescochons n y manquent pas ; on y mange, de mcme quedans les autres iíles, ci'excellens petits moutons nour-ris dans les maisons avec du pain & des fruits. Lesmelons y font délicieux. II pleut peu dans cette isle ;ôc le coton, la vigne & les figuiers périroient fansles rosées qui font très-abondantes. * Tournefort, Voy.du Levant, let. y.

Les habitans de Paros ont toujours passé pour gensde bon sens, & les Gtecs des isles voisines les pren-nent souvent pour arbitres de leurs difïérens.. Celarappelle le souvenir du choix que les Milélìens firentautrefois de quelques sages Pariens pour mettre uneforme de gouvernement dans leur ville ruinée par-les séditions. Ces Pariens visitèrent la campagne deMilet, & nommèrent administrateurs de la ville lesHabitans dont les terres leur parurent mieux culti-vées ; persuadés avec raison que ceux qui prenoientgrand soin de leurs biens » ne négligeroient pas lesaffaires publiques.

Sainte-Marie est le meilleur port de Tisse : la plusgrande flotte y peut mouiller en fureté & plus com-modément que dans celui d’Agousa qui en est toutprès. Le port de Parechia n’elt que pour de petitsbârimens. On estime fort le port de Drio ou Iléon,où mouille ordinairement la flotte des Turcs. La radede Drio , qui est à la partie occidentale de Tisse , laisseNaxie à son levant, & Nio à son midi. Le plus orientaldes écueils , qui font au milieu de cette rade, 11’aqtTenviron 500 pas de long; lautre en a près de800, & le fud-ouest en est le traverser. Vis-à-vis dece dernier écueil, dans la plaine au pied d’une colli-ne, coule une belle fontaine à quatre sources éloi-gnées seulement de huit ou dix pas les unes des au-tres. Ces sources forment d’abord un petit ruisseaupartagé en trois rigoles, où les Turcs ont pratiquédepuis quelques années des réservoirs pour s’y baigner& pour y faire leurs ablutions. Ces rigoles vont serendre dans la mer; & quand on fait aiguade, Te.aupasse dans les barils par le moyen des gouttières decuir bouilli qtsson appelle des Maniques.

La ville de Paros ou Parechia est un des principauxendroits de cette isse. Voyez Tarticle suivant. Les autres-endroits les plus considérables, font NausaouAgou-sa , qui est un fort ruiné , bâti dans la mer, & furles masures d u quel se voient les armes de Venise;Costou, Lephchis , Marmara, Chepido & Dra-coula font des villages. Les trois derniers sont à Ke-phalo, quartier de lisse fort connu par le fort SaintAntoine , dont Barberousse ne vint à bout, que par-ce que les soldats y mouroient de soif. Venier, sei-gneur de Tisse, qui Tavoit défendue si vigoureusement,se sauva à Venise , où il avoir fait passer sa femme & íesenfans. Le fort est démoli, & il n’y reste plus que le mo-nastère de S. Antoine. On se sert aujourd’hui du mar-bre des carrières de ce quartier, & sur-tout celles deMarmara, d’où on Tapporte par bateau à Parechia ; aulieu que celui des anciennes carrières n’y peut venir quepar charroi, voiture fort rare dans les isses de T Archi-pel.

z. PAROS, Paris , ou Parechia , ville de T Archi-pel , la principale de Tisse de Paros, fur la côte occi-dentale , vis-à vis de Tisse d’Antiparos. O11 lui donne qua-tre lieues de long ou environ, fur trois de large, ce quirevient presque au même. Elle est bâtie ( a ) fur les rui-nes de cette ancienne & fameuse Paros , la plus gran-de , selon Etienne le géographe, & la plus puissante desCyclades. Lorsque les Perses, sous les ordres de Da-rius, passerent en Europe pour faire la guerre aux Athé-niens , Paros embrassa le parti des Asiatiques ( b) & leurfournit des troupes pour la bataille de Marathon. Mil-tiade, couvert de gloire après cette grande journée,obtint des Athéniens une puissante flotte , 8c les assura,fans vouloir déclarer à quoi il la destinoit, qu’il mene-roit cette armée dans un pays, d’où elle rapporteroitde grandes richesses fans beaucoup de peine. Paros futassiégée par mer & par terre( c) : les habitans, voyantleurs murailles ruinées,demanderenc à capituler ; mais,ayant apperçu un grand feu du côté de Mycone > ils s’i-magifierent que c’étoít le signal dequelques secours que

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leur faisoit donner Datis, un des généraux des er, •Ils ne voulurent plus alors entendre parler de capirulation, & c’est ce qui donna lieu au proveibp ' unl ,j a parole à la maniéré des Pariens. Cependant Mi tiaqui appréhendoit la flotte des ennemis, brûla toutesmachines & se retira promptement à Athènes. Lsoidote qui a décrit ce siège avec soin , rapporte que i» >tiade, désespérant d’emporter la place, consulta D m -prêtresse du pays, laquelle lui conseilla de faire que<quecérémonie secrette dans le temple de Cerès proche uville. Le général suivit son avis ; mais ayant vouluchir Tenceintc du temple, il se cassa une jambe: a ^rémonie apparemment ne réussit pas ; il fut contraint .lever le siège; le sénat le coadamnad’en payer !es ^ deon le mic dans les prisons d’Athènes pour Toblig er _satisfaire à cette dette publique, & il y mourut d £ ^blessures. Ce siège ne laissa pas d erre fort glorieux auxPariens, quoiqu’on les traitât de gens fans parole ; c3 ^Milciade quin’avoit pu les soumettre , étoit le plus gtacapitaine de son rems. Après la bataille de Salairun^,Thémistocle, quoique occupé au liège d’Androsexigea des contributions de Paros, 8c la rendit tri ftaire d’Athènes ; parce que cette ville étoit une de cessesquiavoientle plus favorisé les Asiatiques. Voilà ce q 111y a de plus certain dans l'histoire grecque, touchantl’isle de Paros. Si l’on veut remonter au delà de la P 111 *

sauce des Athéniens, on trouvera encore quelque cho

de considérable qui regarde certe isse. ( a ) Tourne} 0 'Voyage du Levant, let. 5. ( b) Herod. 1 . 6. (c) í° rlUNepos, in Miltiad. ( d ) Hérodote , 1 . 8. .

Peut-être que Sésostris, ce grand roi d’Egypte,se faisoit appeller le roi des rois, & le seigneur dseigneurs , reçut la soumission de Paros, de même Q 11de la plupart des Cyclades, c’est-à-dire de quelqnfautres de TArchipel, rangées presque en maniérécercle autour de la fameuse Delos. Les Phéniciens p 0 ^fédèrent ces isles, puisqu’ils furent les premierstres de la mer de Grèce; mais il est mal-aisé de c ° n ,cilier Thucydide 8c Diodore de Sicile, sur le tenisssles Cariens rétablirent dans ces isles. Thucydide P re 'tend que Minos en chassa ces peuples, &avance qu’ils n’y croient venus qu’après la guerreTroye, & qu’ils avoient obligé les Cretois de s’en rCtirer. Etienne le géographe assure que les Arcad:^se mêlèrent avec les Cretois, & qu’ils donnèrentnom d’un de leurs généraux, appelle Paros, à 11 .dont nous parlons ; car auparavant elle porroit cC ,de Minos, suivant la remarque de Pline, /. 4. c -Selon Apollodore, l. 3. c. 14, ce fut dans cette ^que Minos apprit la mort de son fils Androgée»dans l’Attique > où il s’étoit distingué dans les Jeu* Vblics. Ce malheureux pere sacrifiant aux Grâces 3ros, fut si pénétré de douleur, qu’il jetta fa courne par terre, & ne voulut pas jouer de la flûte- srymédon, Chrysès, Nephalion & Philolaus> ^ e r-enfans de Minos, s’étoient retirés à Paros, lorsssi 1 v-cule y passa, pour aller chercher , par ordre u ’slhée, la ceinture d’Hippolvte, Reine des A 111 ^ 2* Diodor, Sic. 1 . 1. Thucyd. 1. y. Diodor. Si c • ' ^. 0 .

II est certain aussi que Paros ne refusa pas ^ cS } cCpositions de Xerxès , fils de Darius, lorsque ce jz.fit demander aux isses de Grece. la terre 8cque de tous les insulaires il n’y eut que lesde Melos, de Siphnos & de Seriphos qui n e vrent pas lui accorder fa demande. Les habi ranS £Cor i-autres isles abandonnèrent les Athéniens, Sc nenurent leur domination qu’après que forage »pé. Diodore de Sicile, l. jy. remarque q uC . s - e pourravagées, malgré la flotte des Athéniens, clelhn 3I1les mettre à couvert des insultes d’Alexan^’ ro îc,de Pherée, qui surprit & battit cette armée, semeurpar ce fameux monument d’Adule^ décrit si c l.i.SCpar Côme d’Egypte, Topog. Christ, de Mu >1 0 , que

si bien illustré par dom Bernard de Monts 311 ,^ ^ uS Jales Cyclades, 8c Paros par conséquent, on [ e c£ n1(rdomination des Ptolomées, rois d'Egypte; ca *numenr dressé fous Prolomée Evergéte 1 U » ‘ Ê }i c s

tion de ces isles. De la domination des EgyP c ^ )Tia î-romberent fous celle d’Atbénes. Mithrídate u ^ e[£Iì ttre des Cyclades. Après fa défaite les Romains