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Ces especes de pilastres rangés des deux côtés des mai-sons , 8c presque dans une égale distance, font une co-lonnade qui â quelque chose de singulier. Cela estcommun à presque toutes les villes de la Chine. Ce-pendant le peu de proportion des rues avec les mai-sons qui font écrasées & mal construites; la boue 8cla poussière qu’on y trouve, diminuent la beauté deces rues. La Chine, si policée en toute autre matiè-re , ne se reconnoît pas en celle-ci. L’hiver 8c l’étéfont également incommodes pour ceux qui sortent, &c’est en partie pour cela qu’on est obligé d’aller à che-val ou en chaise. La boue gâte les bottes de foie donton se sert, & la poussière s’attache aux étoffes, sur-tout aux satins qu’on prépare à l’huile pour leur don-ner plus de lustre. Cette poussière enveloppe conti-nuellement la ville d’un gros nuage qui pénétré dansles maisons, & qui s’insinue dans les cabinets les mieuxfermés ; & malgré toute la précaution qu’on peut pren-dre pour s’en défendre, les tables & les meubles enfont toujours couverts. On tâche de diminuer cetteincommodité par l’eau qu’on jette continuellement dansles rues ; mais on ne laisse pas d’en souffrir beaucouppour la propreté & pour la santé. Les petites ruescourent toutes de l’est à l’ouest, 8c divisent en desisles égales & proportionnées tout l’espace qui est en-tre les grandes rues. Les unes & les autres ont leursrìoms particuliers. La plus belle est appellée Ckam-gan-Kiat , c'est-à-dire la rue du repos perpétuel. Elle va del est à l’ouest : elle est bordée du côté du nord par lesmurs du palais de l’empereur, & du côté du sud pardivers tribunaux 8c palais de grands Seigneurs. Cetterue, qui a plus de trente toises de largeur, est si fa-meuse , que les savans l’emploient dans leurs écritspour désigner toute la ville.
De tous les bâtimens qui composent cette capitale,le seul qui mérite proprement d’être considéré, est lepalais impérial. 11 est situé au milieu de la ville desTartares, & regarde le midi, suivant la coutume decet empire, où l’on volt rarement une ville , un palais,ou la maison d’une personne considérable , qui ne soittournée du même côté. II est entouré d’une double en-ceinte de murailles, l’une dans l’autre > en forme decarré long. L’enceinte extérieure est une muraille d’u-ne hauteur 8c d’une épaisseur extraordinaires ; enduitededans & dehors d’un ciment ou chaux rouge, & cou-verte d’un comble ou petit toit de briques vernisséesd’une couleur jaune dorée. Sa longueur , depuis la por-te du sud jusqu’à celle du nord, est de deux millesd’Italie ; fa largeur d’un, & son circuit de six. Cetteenceinte a quatre portes; savoir une au milieu de cha-que côté, & chacune est composée de trois portes,dont celle du milieu ne s’ouvre, que pour l’empereurseul : les autres servent à ceux qui entrent au palais,ou qui en sortent, 8c sont ouvertes depuis la pointedu jour, jusqu’à ce qu’on sonne la retraite ; il sautpourtant en excepter les portes méridionales qui nefont qu’entr’ouvertes, à moins que l’empereur ne forteou ne rentre. Du tems des rois Chinois, la garde dechaque portail étoit de trente soldats avec leur capi-taine & dix eunuques ; mais à présent il n’y a quevingt Tartares avec leur officier. La garde est en toutde trois mille hommes qui font distribués par com-pagnies 65 par escouades; car outre les portes quiviennent d’etre marquées, il y en a plusieurs autres,aussi-bien que divers tours qui environnent la mu-raille intérieure. Les élephans ne font point aux por-tes, comme l’ontditles peres Alvare Semedo 8c Mar-tini : ils font dans leurs écuries ou plùtot dans leurspalais. On les loge datis une cour spacieuse , au mi-lieu de laquelle il y a une belle & grande sale, oùils font leur demeure pendant l’été. L’hiver on les metdans des sales séparées, mais plus petites, 8c dont le pavéest échauffé avec des fourneaux ; fans quoi ils ne pour-roient supporter la rigueur du froid de ce climat. Onne les tire de leur logement que quand l’empereur forepour quelque fonction publique. L’entrée de ces por-tes est défendue aux bonzes des pagodes, aux aveu-gles , aux boiteux , aux estropiés, aux gueux, à ceuxqui ont des balafres, des goitres, ou qui ont le nez«u les oreilles coupées, 8c enfin à tous ceux qui ont
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quelque difformité considérable. La muraillere , qui entoure immédiatement le palais, est extremment haute 8c épaisse, bâtie de grandes briques touégales & embellies de créneaux bien ordonnes. L edu nord au sud un mille 8c demi d’Italie, P resdemi en l’autre sens, 8c cinq milles moins un quartcirconférence. Elle a quatre portes avec de gtan ^voûtes 8c arcades. Celles du sud & du nord sont tr^pies, comme les portes de la premiere enceinte,celles des côtés font simples. Sur ces portes,les quatre angles de la muraille s’élevent huit rour ^ou plutôt huit sales d’une grandeur extraordinarr e -d’une très-belle architecture ; elles font vernisss ^dedans d’un beau rouge, semé de fleurs d’or,couverture est de tuiles vernissées de jaune. Sousrois Chinois vingt eunuques faisoient la garde a c .eune de ces portes ; à présent les Tartares y ° nt f 11vingt soldats 8c deux officiers. L’entrée est permstetous les mandarins des tribunaux qui font au dedai^du palais, 8c à tous les officiers de la maison dumais elle est défendue à tous les autres, s’ils ne Mon-trent une petite table de bois ou d y voire > dansquelle leur nom & le Heu où ils doivent servir íoiw*marqués avec le cachet du mandarin de qui st s ,pendent. Cette seconde muraille est environnée du**profond & large fossé, revêtu de pierres de taill eplein d’excellens poissons. Chaque porte a un P° ia 5levis pour traverser le fossé, a la réserve de cellesud qui l’a plus au dedans. Dans le grand espace P alequel les deux murailles sont séparées, il y a plusieu ^palais, les uns ronds, les autres carrés. Ils ont tous dnoms conformes aux usages & aux divertissemens at[ x ,quels ils sont destinés. Dans le même espace, du c° tede l’orient, & joignant la premiere muraille, coule u« erivière qu’on traverse sur plusieurs ponts, tous faitseU'tierement de marbre, à la réserve de l’arcade du « î1 '*lieu, qui est un pont-levis de bois. Tous les autre*ponts qui se trouvent en nombre dans ce palais, l’ ofltbâtis de la même sorte. Du côté de l’occident où l^ 5 'pace est beaucoup plus large, il y a un lac fort p® 1 ?sonneux, long d’un mille 8c un quart d’Italie, 8cen forme de viole. On le traverse à l’endroit le pl‘ lSétroit qui répond aux'portes des deux murailles. HXa un beau pont dont les extrémités sont ornées d’ar cSde triomphe à trois arcades chacun > élevés, majestueux& d’une belle architecture. Marc Taule», /. i. c ; ^fait mention de ce lac qui est environné de palaisde maisons de plaisance , bâties partie dans Teaupartie en terre ferme. Le milieu est garni de barq l1ttrès-propres, dont l’empereur se sert, quand st^prendre le plaisir de la promenade, ou de la P cC *Le reste des deux espaces de Test & de l’ouest, ^le lac , ni les palais détachés n’occupent point, estvisé en rues larges & bien proportionnées, qu* 13tent les officiers & les artisans qui servent dans I elais. Du tems des empereurs précédens il y avoitmille eunuques : la maison qui régné présentes ^a mis à la place de ces eunuques des Tartares c gChinois de la province de Leaohem, qui P ar s<grâce particulière sont considérés comme* Corn. Dict. Jlmbajj'ade des Hollandais à L*
Le pere Maguillans, nouvelle relation de la Ch 1 ’c. 17. & fuiv. . ont
Le palais de Tempereur a vingt appartemens st 111en ligne droite du midi au septentrion ; & entre _ceinte extérieure de ce palais & la muraille mernale où est la porte de la principale ville, sttrès-grand espace dépendant du palais, 8c st' s P°j s0 u-si : Quand on entre par la porte de la ville, on J eve dans une fort grande rue, qui s’étend le 10 fée,la muraille de la ville, 8c après qit’on Ta t f3 ^ a j u _on entre dans un terrein carré, environné “, ol rue ot-strade de marbre. Au delà il y a une seconde^ Onnée de part 8c d’autre de deux arcs de tri o&P ^ c jjg_ne peut aller dans cette rue ni en chaise, . orn phe,val : il saut descendre au premier arc de trl ce qu’on& marcher à pied jusqu’au-delà du second ; P ar ^manqueroir au respect dû au premier appâter» ^palais, qui est de Tautre côté de la rue, dafìS ie{ae titstance égale de ces deux ares. Ce premier ajpp