88q PEK
septentrionale de ce terrein, il y a un grand portailde cinq portes, tout semblable aux autres. On l’ap-pelle le portail de dix mille ans, Sc il fait le dix-sep-tième appartement. Plus avant, on trouve un vaste ter-rein ou parc, entouré de hautes murailles, où le roitient des sangliers, des ours, des tigres, chacun dansune loge. Au milieu de ce terrein s’élevent cinq col-lines d’une hauteur médiocre. Celle du milieu dsl plusélevée : les quatre autres, qui font plus petites, deuxà l’est Sc deux à l’ouest , s’abbaissent avec une égale pro-portion. Elles ont été faites à la main, de la terrequ’on a tirée du fossé Sc du lac, & elles font jusqu’ansommet couvertes d’arbres, rangés.avec symmétrie, cha-cun avec son piédestal, rond ou carré » dans lesquelson a pratiqué des trous qui servent de retraites auxlièvres Sc aux lapins , dont les montagnes lbnt plei-nes. 11 y a aussi fur ces montagnes > Sc dans cet en-clos , quantité de cerfs, de dains & de chevreuils, &fur les arbres , diverses espèces d’oifeaux domestiques.L’empereur va de tems en tems se divertir 'dans ce lieuà entendre chanter cti oiseaux, Sc à voir sauter &courir toutes ces bêtes. Au nord , Sc à deux grandesportées de mousquet de ces montagnes, il y a un bois,au bout duquel, joignant la muraille de ce parc, onvolt trois maisons de plaisance, d’une grande sym-métrie , avec de beaux escaliers, & des terrasses qui ser-vent de communication. Cet ouvrage, véritablementroyal, compose le dix-huitiéme appartement, & Rap-pelle les palais Royaux de la longue vie. Un peu plusloin , on trouve un portail semblable aux autres, qu’onnomme le portail fort élevé du nord , il .fait le dix-neuviéme appartement. On entre ensuite dans une lon-gue Sc large rue, ornée de chaque côté de palais Scde tribunaux. Au-delà de cette rue s’éleve un portailà trois portes, construit dans l’enceinte extérieure ,Sc appelle portail du repos du nord. C’est le vingtiè-me .& dernier des appartemens qui ferment le palaisdu roi par une ligne droite au midi.
Outre ce palais, destiné pour la personne de l’em-pereur , il y en a à côté vingt autres particuliers, dontla beauté, la grandeur & la richesse font remarqua-bles. Ils font dans l’enceinte intérieure du palais royal >dont ils font séparés par deux murailles ; Sc ils fontdivisés entr’eux par d’autres murailles de même fa-brique. Entre les deux enceintes , il y a encore diverspalais, Sc quantité de temples d’idoles, dont quatrefont plus fameux que les autres. On les nomme aussisalais , à cause de leur grandeur, de la multitude deleurs appartemens, & de la beauté de l’archirecture.Le premier, dédié aux étoiles, que nous appelions Car-tes du nord, & que les Chinois nomment le Feu , s’ap-pelle le palais de la grande Lumière. Ils disent quecette constellation est un dieu qui a le pouvoir dedonner une longue vie. II n’y a aucune image dans sontemple , mais seulement une toile , entourée d’un ri-che cadre, Sc sur laquelle est écrit : A l'Esprit & auDieu Peteu. temple est au-dedans de la murailleinterieure : les trois autres font situés entre les deux•enceintes. L’un s’appelle le palais du très-haut & fou-v ver ain empereur. C’est le temple du fameux Sc fidèlecapitaine déifié, que l’on appelloit Quan-ti. Les Chi-nois lui demandent la santé, une longue vie, des en-fans, des richesses, des honneurs, Sc d’autres biens pas-sagers. Les deux autres temples ou palais s’appellent,l’un temple de la tete de Bœuf , parce que l’idole estune tête dc bœuf, avec ses cornes ; l’autre se nommele temple des Lama. Ce dernier est situé à l’orient dulac, sur une montagne en pain de sucre, faite à lamain, avec des roches qu’on y a fait conduire àgrands frais du bord de la mer, quoiqu’il y ait plu-sieurs journées de distance. Ces roches sont la plupartcreusées & percées par le choc des vagues : les Chi-nois se plaisent à voir ces ouvrages rustiques de la na-ture. Elles sont disposées de telle forte > qu’elles repré-sentent de hautes pointes de rocher, des fonds escar-pés Sc des précipices, ce qui fait que d’une distancemédiocre, il semble que ce soit une montagne sauva-ge faite par la nature. On voir au plus haut une tourronde à douze étages, bien proportionnée, Sc d’unehauteur extraordinaire. Autour d u plus haut étage, il
PEK
y a cinquante cloches, que le vent fait sonnervoir le jour Sc la nuit. Le temple qui est grand ^gnifique.est situé au milieu de la pente, à cotemidi, les cloîtres & les cellules des Lama s e í en , _
à l’orient Sc à l’occident. L’idole est sor laute ,le temple, en forme d’un homme tout nud, qui nadoré qué par les Lama Sc les Tartares occidenta »les Orientaux Sc les Chinois ayant en horreur c ^nudité. L’empereur, outre ces temples , íontson palais, en a sept autres, où il va sacrifier un ® ^tous les ans. Le premier de ees sept temple*, ^PPle temple du Ciel, est situé à un demi mille de a p ^te principale de la ville, un peu à l’orient, oc ^entouré d’une muraille ronde, de près d’un n>i ^
circuit. Une partie de cet espace est occupée p ^
très-beaux édifices, Sc le reste par des bois fiai ^épais, dont les arbres sont d’une grande hauteura cinq portes du côté du midi ; trois an milieu» ^n’ouvre que quand le roi vient sacrifier ; & decôté, qui sont toujours ouvertes. Du sud au nor »a sept appartemens séparés, dont six sont des >a edes portails, aussi grands Sc aussi magnifiques si uC h C utedu palais du roi. Le septième est une vaste &sale ronde, toute peinte par dedans d’azur ■ Sc ’Sc couverte de tuiles vernissées'd’azur , elle est 1° Lnue fur quatre - vingt deux colonnes, Sc représenteCiel. Le roi , accompagné de tous les S r . ? j all sgneurs Sc mandarins de fa cour, sacrifie au ciece temple au jour & au moment qu’arrive I ece d’hiver, Sc il offre en sacrifice des bœufs, des P°des chèvres, Sc des moutons. 11 fait cette céremavec un-grand appareil, Sc beaucoup d’humili te ’portant ni or, ni pierreries, ni même la couleurne. Le fécond, appelle le temple de la Terre , £ ‘tué vers l’ouest, dans une distance qui répond à Çedu premier temple. Quand on couronne le roi, 11 ^dans le temple de la terre, où il sacrifie au die 11 Ala terre. 11 prend ensuite un habit de laboureur,^avec deux bœufs à cornes dorées, Sc une charruenissée de vermeil, à filets d or, il laboure st tre pL-peu d’un champ enfermé dans l’enclos du temple* j £Sdant qu’il est occupé à ce travail, la reine, av£ c j e>principales dames, lui préparent un dîner sortqu'elle lui apporte, Sc ils mangent ensemble. sSciens Chinois établirent cette cérémonie, afinq L,e l [Srois se souvinssent que leurs revenus venoient des m ^du peuple, & qu’ainsi ils ne dévoient pointdépenses superflues. Au septentrion de ces deux t ^pies, il y en a trois autres qui leur font sembse ,Celui qui est du côté du nord, s’appelle le teiri ^ e A{\\-tentrional du Ciel. Le roi y sacrifie au tems du c6 „ce d’été. A l’équinoxe du printems, il sacrifie dului qui est du côté de l’est, appelle le temple ân ^ oC-ce qu’il fait à l’équinoxe d’automne dans le temPcidental, qu’on appelle le Temple dc la Lune. 1^^ leme temple , situé dans l’ancienne ville, s’apP^^ ^Temple de tous les Empereurs pajfés. C’est un ë [a s ,magnifique palais, avec grand nombre d’appâ^ dede portails, de cours Sc de sales. On y voie ^ £ j ariches trônes, les statues de tous les enipete 11 m jlleChine, bons & mauvais, durant plus de c ì ai [ t , e nC à £Scinq cens ans. Ce temple est situé au mih eU , > s flesplus belles rues de la ville, qui, des deux ^, ot tr j 0 in-portes du temple, est traversée par deux arcs sl je,phe à trois portes. Tous ceux qui passent pat c *- ^ ter rede quelque qualité qu’ils soient, mettent P‘ e .| gV és Scpar respect,quand ils arrivent à ees ares, qui f° lir e a /fé semajestueux, marchent à pied jusqu’à ce qu’ils ^'íjppelléfrontispice du temple. Enfin le septième temple e desle Temple de l'Esprit qui garde les muraille s .H £ pas
murailles, en dedans, du côté de l’ouest. ^^ comp*le roi qui y sacrifie ; mais cette fonctsen j e pon-tée parmi les sacrifices royaux, ranc P as ceuX
ce en faic la dépense , qu’à cause qu’il n y ^j eS dequi doivent sacrifier en sa place. Toutes ^ . leS
l’empire ont un pareil temple, dédié à l c5 Pgarde.
La ville de Péking a dans fa dépendance v ^villes, qui font : pékin£ '