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occidentale de la Calabre ultérieure. Ce port est voisinde Palma. Cest 1 ’Oreftii-Portus de Pline. Voyez. Ores-
TtS-PoRTUS.
PORTO-REAL , bourg d’Espagne, dans l’Andalou-sie, au nord-est de la baie de Cadix. Cest dans ce bourgque font les magasins des vivres, des agrêts & des mu-nitions du port de Cadix. Michelot appelle Porto-Real,une petite ville. II dit .-Environ à une bonne lieue dufort de Matagorde,est la petite ville de Porto-Real,située fur le bord de la mer , ôc devant laquelle on nefauroit aller qu’avec des bateaux. Pour y passer il fautentrer dans le ruisseau de Trocadero ; autrement il fautfaire le tour des isles où est la batterie. Ce font des ter-reins marécageux & de fable, ou de basse-mer ; il y afort peu d’eau. Entre le port de Sainte Marie ôc le Porto-Real , ce font toutes basses terres, avec quelques salines6 c marécages. Il y a aussi une petite rivière qu’on nommela riviere de San-Pedro. Entre la tour de Sainte Cathe-rine & le fort de Matagorde, du côté de Test, il y a ungrand enfoncement -, mais il n’y a pas de profondeurd’eau , & aucun bâtiment n’y mouille. * Labat , Voyaged’Espagne , r. i. p. 232.
PORTO-REAL, ou Port-Royal. Voyez, l’articlePorto-Escondedo.
i.PORTO-RICO, Puerto-Ricco,ou Portoric ,isle de l’Amérique septentrionale, Pune des Antilles ,à l’orient de Piste de Saint Domingue, ôc au couchantdes isles fous le vent. Elle s’appelloit premierement Bo-riquen. Christophe Colomb Payant découverte en 1493,Pappella Piste de S. Jean-Baptijie. On ajouta depuis celuid e Puerto-Ricco , & les François ne la connoisseut guèreque fous celui de Portoric. Ce ne fut qu’en 1509, quel’on y commença des établissemens solides. Cette isle,qui est située par les 17 & 18 deg. de latitude nord, n'apas vingt lieues dans fa plus grande largeur, qui fe prenddu nord au sud ; mais la longueur de lest à l’ouest , estde quarante lieues. Elle a peu de plaines , beaucoup decollines , des montagnes ttès-hautes , des vallées ex-trêmement fertiles, & d’assez belles rivières. II paroi tque ses habirans, ainsi que ceux de Piste Espagnole,avoient une même origine : on remarquoit dans les unsôc dans les autres la même douceur ; mais comme ceuxde Portoric étoient fans cesse atix prises avec les Caraï-bes des petites Antilles, ils étoient encore moins poli-cés , & un peu plus aguerris.
L’or , qui fe trouvoit dans cette isle, donna envie auxEspagnols d’en faire la conquête. Jean Ponce dc Léon,gouverneur de la ville de Salvaleon , y passa fur unecaravelle avec quelques Castillans & des insulaires dupays, qui lui fervoient de guides. II aborda fur les terresd’un cacique, nommé Agneynaba, qui le reçut bien,& poussa la générosité jusqu’à offrir de lui abandonnerles mines de son pays, pourvu que le commandantvoulût lui accorder ses bonnes grâces. Jeun Ponce deLéon acceptaPoffre , combla de préfens le cacique,quidepuis ne voulut plus être appelle que Jean Ponce deLéon. Cependant le gouverneur de Salvaleon ayant prisdes montres de toutes les mines qu’il avoir visitées, ferendit à San-Domingo, pour instruire le grand com-mendeur Ovando du succès de son voyage. On mit aucreuset Por de Portoric , q U j surestimé moins pur quecelui de l’Iste Espagnole ; mais c’étoit de l’or, & 1 ^ con-quête de Piste fut résolue. Ponce de Léon en fut chargé.
II n’y trouva pas toure la facilité qu’il s’étoit figurée. IIcommença par bâtir une bourgade:il voulut ensuitefaire des départemens d’Indiens , comme il fe pratiquoicdans l’isle de Saint Domingue. Les Insulaires, qui, fur-ie bruit de ce qui s’étoit passé dans le voisinage, re-gardoient les Espagnols comme autant de dieux, subi-rent d’abord le joug fans la moindre résistance ; mais ilsn’en eurent pas si-tôt ressenti la pesanteur, qu’ils pen-sèrent au moyen de le secouer. 11s s’assemblcrent &convinrent qu’on commenceroir pars’assurer si les Es-pagnols étoient immortels, & ils chargèrent de cetteépreuve un cacique , nommé Brayau. Ce cacique ayantUn jour reçu chez lui un jeune Espagnol, nommé Sal-Ze do, le traira de son mieux ; &lui donna des guidesp°ut \ e conduire. Salzedo , après avoir marché quelquetenrs , arriva fur le bord d’une riviere , & un des gui-des , auquei Brayau avoir donné ses ordres chargea
l’Espagnol fur ses épaules pour le passer ; mais lorsqu’ilfut au milieu , il le laissa tomber ôc le tint dans l’eau jus-qu’à ce qu’il ne remuât plus : alors on le tira à terre , &craignant qu’il ne fût pas mort, on fit semblant de luifaire des excuses de ne l’avoir pas secouru plus vite :on le laissa ainsi , jusqu’à ce que la corruption prouvâtfa mort. On donna avis de ce qui s’étoit passé à Brayauqui vint lui-même voir & sentir le cadavre. Sur sonrapport les Insulaires résolurent de tuer autant d’Es-pagnols qu’ils en pourroienr trouver. Ils en massacrèrentune centaine, avant qu’on fe doutât de leur dessein ;mais Ponce de Léon, voyant que son monde díminuoitconsidérablement, sentit d’où venoit le mal. II assemblason monde. II n’avoit avec lui que des braves ; mais au-cun d’eux ne contribua plus à lui soumettre les habitansde Portoric qu’un grand chien qu’on appelloit Berezillo.Cet animal avoir plutôt étranglé un homme , qu’il nel avoir regardé , ôc dans les rencontres qu’il y eut en-tre les deux nations , il faisoit plus de besogne qu’au-cun soldat. Aussi avoit-il l a paye d’arbaîêtrier , quiétoit la plus grosse de routes. II sot, tant qu’il vécut, laterreur des ennemis, & il finit fa carrière au lit d’hon-neur. Plusieurs années après la conquête de Portoric,des Caraïbes ayant fait à leur ordinaire une irruptiondans cette isle , ils y trouvèrent les Castillans & leurchien, qui, après avoir étendu sor la place un très grandnombre de ces barbares, obligèrent le reste à Rembar-quer au plus vite. Le brave Berezillo, emporté par l’ar-deur du combat, fe jetta à la nage, & les poursuivitassez loin ; mais s’étant approché trop près d’un canot,on lui tira une flèche dont il fut tué tout roide. II futextrêmement regretté , & fa mémoire s’est long-temsconservée dans les Indes, où le bruit de ses exploits avoirpénétré par-tout.
II y a pourtant apparence que les habitans de Por-toric ne se seroient pas tenus si aisément pour subju-gués, si en voyant les Espagnols se multiplier de jouren jour dans leur isle , ils ne s’étoient persuadés, que lesnouveaux venus étoient ceux-là même qu’ils avoient faitmourir , 6 c qui étoient ressuscités. Dans cette pensée ,ils crurent que ce scroit folie à eux de continuer à fairela guerre, & qu’il valoir mieux plier de bonne grâcesous l’autorité de gens qui renaissoient de leurs cendres,que de les irriter de nouveau. Ils s’abandonnerent doncà la discrétion de leurs vainqueurs, qui les envoyerentaux mines, où en peu de rems ils périrent presquetous.
Cette conquête étant achevée , on abandonna la co-lonie , qui avoit été d’abord placée à une lieue de lamer, & à égale distance du principal port qu’on nom-me Puerto-Rico. Cette premiere colonie étoit nomméeCappara ; l’incommodité de fa situation , ôc Ja peinequ’il y avoit à en approcher furent cause qu’on l’aban-donna. Les habitans furent transportés à Ganica, prèsdu lieu où l’on volt aujourd’hui la ville de Saint Ger-main. On quitta quelque rems après ee lieu pour s allerétablir à Soto-Major , au voisinage d’Aguada. Dans lafuite on changea encore de place , pour aller s’établirà Saint Germain, qui devint une colonie fixe 3 & en-fin dans Tannée 1614, après que par ordre du roid’Espagne , on eut joint la petite isle qui est àl’embou-chure du principal port avec la grande, par le moyend’une chaussée, qui sot faite au travers du havre , 011donna le commencement à la principale ville, qu’onappelle aujourd’hui Porto -Rico, qui a donné sonnom à toute liste, &i qui tire le sien du port sor le-quel elle est située. Voyez l’article suivant, * De Laët ,Desc. des Indes occ. 1 . 2. c. 2.
2. PORTO-RICO, Portoric, ou Puerto-Rico»ville de l’Amérique septentrionale, ôc capitale de l’i^ ede Saint Jean de Porto Rico. Elle est au nord de l’^ e ’’à 18 deg. 3 c quelques minutes de latitude. Elle « epoint fortifiée ; n’a ni murs ni remparts. Ses mes fontlarges, ôc ses maisons bien bâties à la maniéré d Es-pagne. Elles ont peu de fenêtres ; mais de larges por-tes par lesquelles entre le vent, qui souffle depuis huitheures du matin jusqu’à quatre du soir, ôc teniperela grande chaleur. L’églife cathédrale est d’une A e estructure. Elle a double rangée colonnes, & les fenetresqui font petites, ne sont garnies que d’un hn cane-