La nouvelle ville est encore plus grande que la vieille,ïl eíì vrai qu’il y a de grands jardins en certains endroits,& même des vignes Sc des terres labourables. Mais cetteville n’en est pas moins belle. Toutes les rues sont larges. Sc droites, la plupart bâties de palais & de grandes mai-sons à la moderne. La rue du marché est la plus consi-dérable, étant dans toute fa longueur comme une gran-de place où le marché fe tient tous les jours. La maisonde ville, qui est près d’une grande place, attire les regardsdes curieux, aussi-bien que l’église de Sainte CatherineSc le collège des Jésuites. L'église de Sainte Catherineest dans la rue qui s’étend le long de la riviere où est lequartier de la ville neuve le plus habité. Elle est grandeSc estimée, principalement à cause de scs chapelles quifont belles Si très-bien ornées. La maison des Jésuitesest à l’un des bouts de la ville, & la place qui y fait faceest d’une grandeur proportionnée aux maisons qui f en-vironnent. Cette ville neuve est distinguée de la vieillepar scs anciennes murailles, dont on a abattu une partie,Sc remplit les sosies pour y bâtir des maisons. II y a unegrande rue qui borde ces vieilles murailles, dont on voltencore plusieurs portes, dans les endroits où sont lesmagasins faits en façon de grandes halles couvertes.C’est-là que beaucoup de marchands sc tiennent. Les Juifs yont aussi leur quartier. Ils sont en bien plus grand nom-bre à Prague qu’en aucune ville d’Allemagne. Ces maga-sins sont fous des portiques, autour d’une grande place,& il y en a d’autres fous un grand toit, long au moinsde cinq cens pas. Les Carmes ont leur maison près deces magasins. Les cloîtres en sont fort beaux, Sc ils ontune chapelle de la Vierge, très-bien parée. La grandeplace est ce qu’il y a de plus remarquable à Prague. C’est-là où est la maison de ville , bâtiment superbe pour re-tendue de scs chambres & de sesappartemens. On y voitde belles peintures > qui représentent les empereurs Si lesrois de Bohême. On y voit aiilîì une tour d’horloge dedi vers mou vcmens, comme celle de Saint Jean de Lyon.Scs bas- reliefs ne contribuent pas peu à son ornement,& à la faire paroître le chef-d’œuvre de cette grandeplace, qui est d’ailleurs ornée d’une grande colonne depierre, avec une statue de la Vierge de bronze doré, Scde quatre anges tenant quatre Démons enferrés aux qua-tre coins. Assez proche de cette colonne on voit un grandbassin de fontaine. 11 est à douze faces, d’une pierre rou-ge , qui de loin paroît porphyre , mais qui de près n’estpas seulement un marbre passable. Les douze signes sontgravés autour ; il y a une figure au milieu fur un pié-destal. Entre les grands édifices, donc cette place estornée, l’églisc de Notre-Dame est un des plus considé-rables. Elle a deux clochers fort élevés, & son maître-autel est d’une menuiserie toute dorée, enrichie de plu-sieurs figures. L’églife de Saint Jacques, desservie par lesCordeliers, est tout près, Sc remarquable par la gran-deur de son bâtiment, par la hauteur de fa tour, par labeauté de son maître-aurel, Sc par fa chapelle de Notre-Dame , ornée de deux belles colonne de crystal de roche,d’un cadre qui est aussi de crystal dc roche, taillé enpointe de diamant, le tout élevé au-dessus de Laurel, aumilieu duquel on volt la figure de la Vierge. II y a di-verses autres églises, maisons religieuses, Sc couvens. LesJésuites seuls en ont trois. * Mem. div.
Saint Adalberg étoit évêque de Prague dans le dixièmesiécle, mais ne pouvant exterminer l’idolâtrie qui ré-gnois dans la Bohême , fa patrie, il sc démit de son évê-ché ; Sc après avoir parcouru en apôtre plusieurs pays,il alla prêcher la foi en Prusse où il fut martyrisé l’an997 -
II y a un fort beau pont fur la Mulde, qui sépare laville. A chaque bout il y a des portes comme pour en-trer dans des villes séparées. Sur le pont on trouve deuxchapelles, l’une dans l’endroit d’où l’on précipita le bien-heureux Népomucene. L’aurrc chapelle, vis-à-vis, estdédiée à saint Vinceilas, duc ou roi de Bohême. Onremarque encore fur ce pont un très-beau Sc très-grandcrucifix en bronze. * Remarques Hifloriqiies & Critìq.k>. -ZO.
La troisième ville, nommée la petite > n’est habitéeque par les Juifs. Ils y sont en grand nombre, Sc parconséqu ent ] a plùpart très misérables. Les occasions degain sont rares, à cause du peu de commerce qui sc fait.
$c eu général les habitans de Prague font pauvres. Lesplaces Sc les rues y sont très-fales.
Les femmes de Prague portent des bonnets foulés àla grecque , Sc des manteaux fur les épaules. Ces man-teaux sont longs comme ceux des hommes, Sc à grandscollets. Les uns sont de latin doublé de tafetas. Les jupesfout de même. Ou trousse le manteau Sc la jupe fort hautde peur des crottes. Les femmes du peuple ont la têtebandée d’une toile assez large. Les Juives en ont qui leurentourent le cou. Elles portent aussi des justes- au-corpsnoirs, dont la manche est ouverte, comme le pour-point des hommes. * Montconis, Voyage d’Allemagne,p. 117.
La ville de Prague n’est point fortifiée; mais elle adeux bons châteaux : l’un s’appelle Wijsenrad , Sc l’autreRatsbìn. 11 y a aussi une célèbre université, que l’ernpe-reuï Charles IV y fonda en 1347. * Hubner, Géogra-phie , p. 602,
II fe débite a Psague des crystaux, qu’on appelle cry-siaux de Bohême. On en forme des pendeloques, despierres qu’on enchâsse dans des bagues, des boutons dechemise Sc divers autres bijoux. L’éclat de ces crystauxest assez vif. Les Juifs s’occupent à les travailler. Le plusgrand usage de ces crystaux est en lustres & en verres àboire, fur lesquels on grave toutes sortes de figures. Onles débite maintenant par toute l’Europe.
Ce fut à un demi-mille de Prague, fur la montagneblanche, que sc donna cette célèbre bataille, qui décidaen 1620, le différent de la couronne de Bohême, en fa-veur de ['empereur Ferdinand II, contre Frédéric V,électeur Palatin, qui avoir été élu roi de Bohême par lesétats du pays. On doit que la ville de Prague est an-cienne -, car Aventin Boior, /. 2 p. 41. qui avoir étudiéavec foin cette partie de l’Allemagne, prétend que c estLancienne Marobuduni, à qui Marobodus, souverain desMarcomans, donna son nom , étant appellée auparavantBubíemum. Voyez. Bubiemum , & Marcomanni.
PRAMNIUM, montagne ou rocher, dans Lisse Ica-caria , selon Ortelius qui cite Athenée, /. 1 .11 y croissoitune sorte de vin, qu’on appelloit Vin de Pramnium.
PRANDNITZ, ville d’Allemagne, dans la Bohême,fur les frontières de la Silesie, fameuse par la batailleque le roi de Prusse y gagna le 30 Décembre 17434
PRANG 1 N, village de Suisse, au canton de Berne,dans le bailliage de Nyon, à demi-lieue de la capitale dece bailliage. Prangin est une ancienne terre seigneuriale,décorée du titre de baronnie. Ce titre avec les masuresqu’on voit autour de ce village, font juger qu’il a étéautrefois plus considérable qu’il n’esl aujourd’hui; outrequ’il y a quelques villages qui dépendent de ce lieu,entre autres Gland, qui est bâti comme un bourg. Le châ-teau de Prangin est bâti à l’antique, dans un endroit fortélevé, de sorte qu’on le voit de fort loin, sur-tout de des-sus le lac. O11 y a trouvé cette inscription romaine :
C. Jul. C. F. Volt.
Semato
II. VlRUM ITERUMFlamini Aug.
L. Jul, Capito amicoOptimo.
Prangin est célèbre aujourd’hui par ses bonnes eauxminérales, qui sont fort fréquentées tous les étés. * EtatG‘ Délices de la Suiffi , t. 2. p. 283.
PRANTES , montagne de la Thessalie, selon XénO-phon, Hist. Grœcœ , /. 4. la traduction latine porte Pa-
PRAts’TES.
PRAS, ville de la Perrhébie : Xénophon Sc Etiennele géographe parlent de cette ville.
PRA-SAN-DISIER , bourgade du Piémont, dansleVal d’Aoste , près de l’endroit où les différentes sources
elaDoria-Baltea s’assemblent pour couler dans un memeít. Quelques-uns la prennent pour l’ancien jirebrigitm ,|ue l’on met plus communément au bourg appellé laH, situé dans le voisinage, fur la grande route des Ro-iiains. * Atlas , Robert dc Vaugondy.
1. PRASLE, bourg de LAttique, dans la Tribu Pau-ionide. C’étoit un lieu maritime, du côte de 1 Lubee,e où il y avoir un temple d’Apollon. On y envoyoit les
prémices
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