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fait tourner, & à ses pieds il y a deux canards quiboivent.
Un côté de la même grotte est occupé par l’appar-tement des bams. II y a une étuve & une chambreornées de ílucs, avec de grandes fenetres, accompa-gnées de miroirs, qui semblent inviter les curieux des’approcher ; mais ínôt qu'ils sc sont approchés , leplancher leur manquant fous les pieds, ils se trouventbaignés depuis les pieds jusqu’a la tête. II y a encoreun bassin de marbre rouge, avec une petue montagneartificielle au deiíus, d’où il tombe une pluie qui estreçue dans ce bassin, orné de branches de corail, delimaçons, de nacres de perles, & de plusieurs ani-maux rates On a pratiqué trois chambres vis à-visunbassin. Dans !a premieie on a peint le ciel, que l'onvoit au travers dune treille dorée. Une groíse épongede marbre blanc occupe le milieu de la chambre: eileest couverte d une quantité de petits animaux, de ni-ches & de tanières, de coques de limaçons, & debranches de corail, qui jettent de seau. Le pavé estde petits careaux, comme ceux de l’étuve. A côté decette charnbie on a placé un grand vase antique fousune niche d’éponge 6c de rocailles, au-deflus de ja-que Ile on'voie un pasteur , avec son troupeau, A uneEurope ravie par Jupiter, qui jette beaucoup d’eaupar la bouche. Neptune par deux dauphins, jettantaussi seau par la bouche, est tour auprès ; Sc au-dessusil y a un satyre qui presse un outre, d’où il fait sor-tir de seau. II est accompagné de deux petits satyres,qui jettent aussi de l'caú. On voit ensuite une table àhuit pans, avec autant de cavités pour mettre rafraî-chir les liqueurs, Sc un plat au milieu. Un hommede pierre est à côté de Ja table. II tient un bassin,& donne à laver aux conviés Un peu plus loin ontrouve des moulins, que seau fait tourner. El.efaitenmême rems marcher de petites figures , chanter desoiseaux , mouvoir une figure de femme , haute de plusde quatre pieds, qui, apiès avoir ouvert une portegrillée , vient, avec !a cruche, puiser de seau à unefontaine éloignée de plusieurs pas. Elle y trouve un pa-steur qui joue de la musette, tourne la tête, & donneles tons à son instrument par ce mouvement. La fem-me , que le peuple appelle la Samaritaine, s’en re-tourne après avoir regarde quelque tems, & refermela porte par laquelle elle éioit encrée On voir encoredans le même lieu une fortereiíe attaquée & défenduepar des soldats, qui battent le tambour, tirent le ca-non , & font differens mouvemens, le tour par lemoven de seau. II y a des soldats qui font une sor-tie > & qui mouillent d'importance les curieux.
Sous la. grande grotte. & sous les escaliers du pa-lais il y a deux niches avec des statues. La premieieest une belette, portée par un serpent, avec cette in-scription : Amat V'.ttutia curam , qui étoit la devise dugrand duc François. On voit dans l’autre niche cespêcheurs , qui lé remuent & se donnent de grain smouvemens pour tuer des grenouilles, qui fe cachentdans seau à chaque coup qu’on leur porte , & quijettent de seau chaque fois qu’eiles reviennent dessus.
A la sortie de cette grotte on trouve un gtand bou-lingrin , qui environne tout le palais, avec de petitsmurs propres à servir de sièges: & de grands escaliers,par lesquels on moine an paie , qui est orné de plu-sieurs belles fontaines. On a placé entre ces escaliersla statue d’un vieillard , qui représente le fleuve JVlu-gnone > qui fournit seau à toutes ces fontaines. 11 estdans une grotte, au fond de laquelle il y a une re-nommée > avec ses ailes & une trompette d'or, undragon qui boit, & un paysan qui tient une tasse.L’eau fait mouvoir la renommée , qui remue ses aîles,sonne de la trompette, & remplit la tasse du paysan ;mais quand il la leve pour porter à fa bouche, ledragon hausse la tête, la met dans la tasse, 6c boitseau. II y a une autre grotte vis-à-vis celle de la re-nommée. On y voit le dieu Pan , qui joue du sifflet àsept tuyaux , qu’on appelle compogne , ou siffler dechâtrent. II se leve, se tient debout, joue, remue latête, regarde, & puis sc couche. On y voir encoreune seringue, qui sc change en roseau. On trouveenfin au bout du degré de cette grande grotte, qui
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est partagée en tant d autres, une grande allée, doncla tempe est tort douce, qui a de part 6c d’autre depetites cuves , en façon de sièges, fur lesquels , dedistance en distance il y a des tasses ou petits bassins.avec de petits jets d’eau de différentes sortes, quis’élevcnt fort haut, sc croisent, & forment une es-pèce de berceau, fous lequel on peuc f e promener àson aise sans crainte d’être mouillé. 11 y a au bout decette allée une grande pièce d’eau , avec une blan-chisseuse qui presse un linge, & en fait sortir seau:elle a à son côté un petit enfant qui pisse.
En reprenant le chemin du palais, à côté de lablanchisseuse, par une allée d’arbres, qui font beau-coup d’ombrage, on voit trois pièces d’eau en ma-niéré d’étangs, à côté desquels il y a un bois de lau-riers , òc au milieu le mont Parnasse avec les neufmuscs, le cheval Pégase, & une orgue hydrauliqueque Jean fait jouer. En continuant on arrive à ungrand chêne, au pied duquel on trouve deux esca-liers , qui conduisent fur un terre-plein , où il y aune très belle fontaine; 8c un peu plus bas, en re-tournant au palais, une petite estrade carrée, avec unebalustrade de marbre d’un dessein & d’un goût par-ticulier. C’est un ouvrage de l’architecte Amanti s 6cil y a un bassin au milieu , avec cinq figures qui jettentde l’eau. Celle du milieu représente un paysan quitaille la vigne , donc les seps jettent quantité d’eau'Le théâtre est orné de quatre troncs de lierre, quisemblent des arbres rompus. 11s ont environ dix brassesde hauteur, & fur chacun on voie un oiseau dc disse -renre espèce. A côté il y a une cage ou volière lon-gue de cent b ra Iles , & large de cinquante, compo-sée de barres de set pour soutenir lé treillis. Danscette voliere sont des lauriers de lierres, & autresarbres toujours verds, avec une fontaine au bout,8c une infinité d’oi seaux de toutes les espèces. Au-desliis de cette voliere, & à côté du palais, il y aun jardin de fletusles plus belles Sc les plus rares.
On a place une Salamandre au côté droit de lablanchisseuse. Elle jette de seau dans une espèce démarais d’une grande étendue. II y a tout auprès unehorloge , qui marque & sonne les heures par le moyende seau. Au-dessus de {'horloge est un globe, qui faitune harmonie comme celle de plusieurs petites clo-ches, avec une girouette que seau fait mouvoir. Toucauprès on trouve un vivier, plein des poissons, & en-suite une petite grotte , avec un canal d’eau très fraî-che , qui sort d’un tonneau de marbre , Sc d’une bou-teille , qu un petit satyre de bronze tient à la main.Cette eau est excellente, mais ceux qui en veulentboire font baignés par quantité de jets d’eau, qui neparoissent point, & qui semblent n’attendre que cesignal pour sc montrer.
On tiouve un peu plus loin une petite grotte ron-' ûe , appellee la grotte de Cupidon, parce qu’il y ena une petite statue de bronze au milieu, Elle est routepleine d artifices pour baigner ceux qui y entrent; lep ive , la voûte, les murailles, font tous pleins de jetsd eau. Un peu au-delaon voit un théâtre rond, au mi-lieu duquel il y a un bassin de marbre, soutenu sordes piédestaux. On a placé sor ses bords’ du bassin descoqs, qui jettent seau sur ceux qui s’approchenc. Ceuxqui veulent sc promener dans de petites routes fortombragées trouvent une table environnée de lauriers,& chancres arbres toujours verds, avec des sièges depierre pour sc reposer. Ce lieu est orné de trois sta-tues de marbre. dont celle du milieu représente uixpaysan , qui vuide un baril dans une grande urne .sor laquelle il y a des bas reliefs, qui représentent lachute de Phaéton.
En voilà aíîèz pour le dessein que nous avons de nçdonner qu’ mi abrégé des merveilles de fart que l'onvoit dans ce lieu de délices.
PRATO-MAGNO, campagne d’Italie , dans le Flo-rentin. Elle passe pou t une des plus belles contrées d’1-talìe : aussi est-elk très peuplée. Corneille, Dkl, qui citeMaty , dir que cette campagne , que les anciens nom-rnoient Etrusci-Campi, est a 1 orient de Florence:celaest vrai. Mais ils ajoutent qu’elie est environnée presquede tous côtés par la riviere d’Arno : cela est faux <ìiïm.lV. Yyyyyyìj *