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Tome quatrième. M - P.
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eaux mêlées avec-l’esprit de sel commun,n’ont reçu aucunchangement, ni dans leur couleur, ni dans leur chaleur ,non plus qu’avec le sublimé corrosif & le sel armoniac.Par révaporation, on en tire une résidence rousse , quipique les fibres de la langue, comme íe salpêtre.

A larrone, à deux lieues de Digne , on voit une fon-taine dont les eaux font salées, 6c les habitans ont la per-mission de s’en servir pour leurs usages. On n'a qu’à met-tre de cette eau dans un chauderon qui soit sur du. feu, &on en tire du sel qui est assez bon, mais pourtant infé-rieur à celui de Moriez,

Dans le territoire de Moriez , à deux lieues de Senez ,il y a une autre fontaine salée , de l’eau de laquelle onfait du sel, non-seulement par le moyen du feu , maisencore en en versant sur du drap , ou sur une table. Surle champ elle se congele & se convertit en sel beaucoupplus salé que celui de la mer. Gassendi a remarqué qu’ilfalloit une plus grande quantité d’eau commune pourdissoudre le sel de Moriez , que pour dissoudre une pa*reilìe quantité de celui de la mer. Cette fontaine fut dé-couverte en 1636 , à l’occàsion d’une augmentation duprix d u sel.

A un petit quart de lieue de Castelane, il y a auísi unefontaine salée , qui est si abondante , qu’à sa source ellesait moudre un moulin , & puis ses eaux íe perdent dansleVerdon. ,

La fontaine de Levant est près de la ville de Colmars.Elle a cela de particulier, que ses eaux imitent !e flux &Je reflux de la mer.

Dans la paroisse de Peyresc , au diocèse de Glandeve ,il y a une caverne merveilleuse. Voyez. Peyresc. Onappelle Mer de Provence la partie de la mer Méditerra-née , qu “'est au midi de cette province. Elle comprendles mers de Marseille , de Martigues, Sc le golfe deGrimauld.

PROVIDENCE, iíle de l’Amérique , & une des Lu-cayes , fur le canal de Bahama. Elle est aux Anglois, quiy ont un petit etabJissement. * Le Pere de Cbarlevoix ,Mém. manusc.

PRÛUILLAN , prieuré de France, au diocèse deCondom , & près de cette ville. C’est un prieuré de fillesde l’ordre de Saine Dominique. Le roi nomme laprieure.

Le prieuré de Prouillan s’appelle PRouille , Prul-liacnm. II est au diocèse de Saint Papoul, dans le Lan-guedoc & non pas de Condom- II est fur les frontières dudiocèse de Mirepoix , près de Fanjaux. Saint Domini-que est le fondateur de ce monastère de filles.

PROVINCIA . mot latin, dont les François 6c lesAnglois ont fait leur mot Province. On entend par cemot une étendue considérable de pays, qui fait partied’un grand état, & dans laquelle on comprend plusieursvilles, bourgs, villages, & autres lieux, fous un mêmegouvernement. C’est ce que les Grecs, & particulière-ment l’tolomée, appellent E: les Allemandsont Ie mot Landschafft : les Italiens 6í les Espagnols ontconservé sans aucune altération lancien nom Provincia.Originairement les Romains donnèrent le nom de Pro-vince aux contrées qu’ils a voient acquises hors de l’Italie:ce qui a fait dire à Hégésipe que les Romains , cum injttssuum vincendo rédigèrent procul postas regiones , ap-pelìavijfe Provincia s- Il dit procul postas ; car d’abordaucune contrée d’iraìie n’em le nom de province. AussiDion-Cassius, /. 53 ,p~ ï°3. en donnant la division del’empire romain fous Auguste, ne met point l’Italiepar-mi les provinces de I’empirc. Cependant fous Adrien,l’Italie paroît avoir été divisée en deux parties princi-pales , dont l’une comprenoit les pays d’au-deçà &d’au-delà du Pô, qui, avec les contrées voisines, furent fousConstantin le Grand appellées province d’Italie, doncMilan écoit la métropole. Les autres pays d’Italie demeu-roient pendant ce tems fous le vicaire de la ville. * Schel-Jhate , Antiq. Ecclesitc , p. 495 .

Lorsque les Romains avoienr érigé quelque contrée enprovince, ils y envoyoient tous les ans un homme, qui,s’il avoir été consul, faisoit prendre à cette province lenom d e Consulaire, & s’i 1 avoir été préteur, lui faisoitprendre celui de Prétorienne. La charge de ce consulaire

ou préteur étoit de gouverner la province selon les loixromaines. II établiiïoit son tribunal dans la principaleVille, où il rendoit la justice aux peuples, ce qui avoirquelque rapport à ce qu’on appelle présentement enFrance Gouvernement. Le pere Lubin auroit souhaitéque quelqu’un se fût donné la peine de faire des car-tes de tout l’empire romain , bien divisé par ces pro-vinces : ce que nous avons, dit-il, dans la notice del’un 6c. l’autre empire y pourroit servir. Mais il fautencore lire avec une grande attention i’histoire ro-maine , & les écrivains ecclésiastiques & profanes , ychercher les matériaux qui font dispersés de côté & d’au-tre , ce qui demande un travail immense. * Scheljlrate ,p. 158 .

Onuphre nous apprend que fous Auguste les pro-vinces de l’empire romain furent partagées en vingt-sixdiocèses, dont ce prince, du consentement du sénat,en réserva quatorze, où il se chargea d’envoyer descommandans fous le nom de recteurs ou de procu-reurs , 6c il laissa les autres à la disposition du sénat.Sous les successeurs d’Auguste le nombre des provincesaccrut, & on les divisa en différentes maniérés, commeon en divise encore quelques-unes de notre tems. On lesdistingua en grande 6c petite, en premier e , seconde , &troisième. Quelques-unes, á cause des eaux médecinales,fuient nommées Salutaires ; d’autres furent partagéesen Orientale 6c Occidentale , en Majeure 6c Mineure ,6c quelques-unes prirent le nom de leur capitale. LesGrecs ont distingué quelques provinces, composées demontagnes 6c de plaines, en Tracheia , en latin Aspera ,c’est-à-dire, rude 5c raboteuse, & en Cœle, qui veutdire creuse ou pleine. On a divisé encore les provincesen Citérieure & Ultérieure, quelquefois à cause de la si-tuation de quelque montagne qui se trouve entre-deux.Le cours d un fleuve a quelquefois aussi le même effet.On trouve encore chez les anciens une division de pro-vince en Intérieure 6c Extérieure , par rapport à la. si-tuation d’une montagne , comme par rapport au coursd’un fleuve on divise une province en Province en-deçà6c Province au-delà. La domination met quelquefoisaussi de la distinction dans une même province , commeon a dit le Brabant-Espagnol & le Brabant-Hollandais.* Schelftrate , p. 2 2 3 .

Aujourd’hui la plus commune division d’une provinceest en Haute 6c BaJJe. Le cours des rivières donnequelquefois ce nom ; mais il faut prendre garde que quoi-que ces deux mots soient toujours relatifs, il y a ce-pendant des pays qui font appelles Pays-Bas, fans quel’on en trouve qui aient le nom de Haut à leur égard.En Auvergne il y a seulement le mot de Haute-Au -vergue , qui est la partie montagneuse; & l’aurre partien’est point ordinairement appellée Bajfe.

On a donné à des provinces du nouveau monde lesnoms de provinces de notre hémisphère , avecl’additiondu mot de nouvelle.

Ce mot de Province a encore été employé à diversautres usages. On dit aller en Province, pour dire alleren quelque endroit éloigné de Paris, & celui qui en est,est appelle à Paris Provincial.

Les ordres religieux ont commencé depuis environ letreizième siécle à se diviser en provinces, auxquelles ilsont donné, pour titre, ou le nom d’un saint qu’ils enélifoient pour patron, ou le nom de la province sécu-lière , en laquelle la plupart des couvens étoient situés ,ou le nom du principal couvent.

Le mot de Province est enfin devenu si commun, quel’on s’en sert indifféremment pour signifier toute sortede pays. Un seul en a retenu le nom avec un très-le-ger changement. On l’appelle aujourd’hui la Provence >mais encore en latin, fans changement, Provincia. Vo] ,z “Provence.

J’ai parlé, à l’article Diocìse, des Provincessiastiques. II ne me reste plus qu’à donner ici la no-tice des provinces la plus complette qui nous ait eteconservée. Le manuscrit de cette notice est garde dansla bibliothèque du Vatican, 6c il a plus de sept cenS anSd’ancienneté. II commence ainsi :