Band 
Tome quatrième. M - P.
Seite
1110
JPEG-Download
 

garnisons jusqu’au nombre de douze mille hommes clansles places d’ípres, Fumes,- Messin, Dendermonde, Tour-nay & -Namur. * Janifon , Etat présent des Provinces-Unies , t. l. p- r> & hiiv.

Les Pi'ovinces-Linies, Sc les pays de leur domination >-sont situés entre le 21 Sc 1 e 2 j deg, de longir. Sc entre ley 1 deg. 20 m j n. Sc le j 3 deg. 30 miiì. de latit. septen-trionale. 'Ces pays font contigus les uns aux autres, Scbornés Lu midi par la Flandre , le Brabant, l’évêchéde Liège , la Gueldres Prussienne & Autrichienne; aulevant, par les duchés de Cleves Sc de Juìiers, levêchédé Munster, le comté de Bcntheim , êc par le paysd’Oost-Friiè ; la mer du Nord ou d’Allemagne les baignesu septentrion Sc au couchant. On donne à toutes cesprovinces environ quarante-huit lieues de longueur de-puis ! extrémité du Limbourg-Hollandois, jusqisà cellede la seigneurie dc Groningue. Leur largeur depuis l’ex-rrémité de la Hollande méridionale jusqu’à celle de l’O-Verisscl est d environ quarante lieues.

L’airde ces provinces en général est plus humide quesec ; par conséquent plus froid que chaud , Sc cependantassez sain. Lei hivers font un peu longs, mais supporta-bles; & les étés font rrès-agréables. II est vrai que quel-quefois l'on y voie les quatre faisons de saunée dans unmême jour.

Le terroir dans quelques provinces est assez fertile engrains ; mais dans les autres il abonde en pâturages quinourrissent une quantité prodigieuse de bêtes à corne. Ily a des vaches qui donnent iuqu’à trois grands sceaux delait par jour en été : aussi n’y a-t-il point de pays où l’onvoye une st grande abondance de beurre & de fromage.Quoiqu’il n’y croisse point de vin, & que le pays neproduise pas assez de bled pour la sobsilìance des habi-tans , cependant par le moyen de la mer & des rivicres,on y trouve line abondance extraordinaire de tout ce quiest utile ou agréable à la vie. Les peuples ont eu Fartde réparer la stérilité de leur pays, de le rendre un desplus abondons qu’il y ait au moiíde, & d’y apporter toutce qu’il y a dé plus rare Sc de meilleur dans les quatrepatries dc la terre. Ils tirent tous les ans du Holstein &du Jutlánd une grande quantité de bœufs qu’ils engrais-sent & vendent au mois d’Octobre & de Novembre. Ilsélèvent aussi une grande quantité de chevaux qui sontfort recherchés pour en faite des attelages decatosse , &pour la cavalerie. O11 volt dans ce pays beaucoup de ci-gognes qui se nichent fur les maisons , où on les laissetranquillement, parce qu’clles dévorent les grenouilles■dont les prairies regorgenr. Vers la fin d’Aoíìt, elles seretirent eiv Afrique, & reviennent vers le commence-ment de Mars. Les canaux & les marais.sont couvertsde canards sauvages qui viennent vers la fin de l’autom-ne de Norwege & des environs de la mer Baltique. Onvoit aussi dans ce tems une grande quantité d’oies sau-vages, de hérons Sc d’autres oiseaux étrangers. II y a fortpeu de loups ; mais on y voit des renards en quantité.

Deux principales rivières arrosent ce pays: le Rhin Scla Meuse. II y en a quelques autres moins considérables ,comme une brandie de l’Escaut, l’Erns, le vieux & lepetit Iffel. II y a en outre une infinité de canaux capa-bles de porter de grands bateaux, & que le terrein basSc mou a permis de taire fans beaucoup de peine. Ilsfont d’une grande commodité pour les voyageurs Scpour transporter les marchandises d’une ville à l’atitre.Les barques dont on fe sert sor ces canaux, font tiréespar des chevaux, partent Sc arrivent régulièrement àune certaine heure. En hiver toutes les prairies sontinondées, Sc au primeras on les desseche par le moyendes moulins à vent, qui jettent l’eau dans les canaux ,d’où elles fe déchargent dans les rivières par diversesécluses.

La mer & les rivières nourrissent à la vérité les Pro-vinces Unies ; mais elles les désolent par leurs inonda-tions. Pour s’cn garantir on a par tout opposé des di-gues à la fureur de l’Oeéan & à l’impétuostté des ri-vières. Ces digues ont coûté des sommes immenses , &l’on prétend que leur entretien monte tous les ans àd’aussi grandes sommes qu’il en faudroit pour maintenirse‘ 1 ' pied une armée de quarante mille hommes.

B n’y a point de pays de pareille étendue à celui-ci, où1 on voye u n q g ianc | nGm fr re belles villes, de bourgs

Sc des villages , ni une II grande quantité d’habitans. Laliberté y fait fleurir les sciences Sc les arts : on y entre-tient plusieurs universités, &. un nombre infini d’écolesdans les villes, & jusque dans les moindres villages oùles habitans font instruite leurs enfans.

La langué du pays est la flamande ; mais on la pro-nonce différemment dans chaque province, Sc mêmedans chaque ville. La langue françoisc y est aussi fort enusage par le grand nombre des François p rote ft ans quis’y sont réfugiés depuis la révocation de ledit de Nantes,en 1685. Et, comme presque toutes les négociationsentre la république & les autres puissances de l’Europe,se font aujourd’hui en François, il n’y a point de mem-bre de la régence, qui ne se pique de savoir cette langue,& de la faire apprendre à ses enfans : les négocians Sc lesautres bourgeois ont la même ambition.

L’union conclue à Utrecht en 1579 , laiffoit à chaqueprovince la liberté de religion : mais en 1383 , il futrésolu , du consentement unanime des Provinces , quela feule religion Réformée y soroit exercée publiquement.Sc qu’elle seroit la dominante dans toute lá république.Depuis ce tems, il n’y a que ceux qui en font professionouverte , qui soient admis au gouvernement & auxemplois, excepté les militaires. Cependant on a laissé auxcatholiques une enstere liberté de conscience, exceptedans le pays de Drenthe , où il n’est permis à aucun prê-tre de rester plus d’une nuit dans un même endroit. Lescatholiques ont dans toutes les villes & à la campagneun nombre infini de chapelles, où ils font le servicedivin, au son des orgues, des voix Sc des instrumens.Mais ces chapelles ne sont que des chambres renferméesdans des maisons particulières où les prêtres ontleur lo-gement ; ils y entrent & en sortent en foule, aussi pu-bliquement & aussi librement que les proteflans sortentde leurs églises. II est vrai encore que cette liberté n’estproprement qu’une tolérance, limitée par divefs pla-cards qui les retiennent dans les bornes d’une entieresoumission aux ordres del’érat, tant pour le spirituelque pour le temporel. Du reste ils jouissent des mêmesdroits Sc des mêmes prérogatives que les prorestans parrapport à la justice , au commerce & aux impôts. Quoi-que privés des emplois publics , il leur est permis d’exer-cer toutes sortes de professions. On trouve parmi eux ungrand nombre d’avoeats Sc de médecins qui sont indif-féremment employés par les prorestans Sc les catholi-ques. Ils peuvent parvenir à tous les emplois militaires,excepté celui de velt-maréchal. II faut qu’ils soient con-tens de la douceur du gouvernement à leur égard , puis-qu’on compte qu’ils font le tiers des habitans du pays.

II y a un grand nombre d’autres religions ou sectesqui font tolérées dans i’étendue des terres de la répu-blique. De ce nombre sont les Arminiens ou Rernon-rrans, les Luthériens > les Anabaptistes, les Quakers ouTrembleurs , les Labadisles. II y a aussi des collègesparticuliers on convenricules de certaines personnes,qui fans s’actacher à aucune communion chrétienne fecontentent de lire & de méditer récriture sainte. Dansces collèges , on raisonne par forme d entretien surce qu’on a lu Sc médité. Outre ces sectes , il y ç na une autre qu’on nomme Prophètes Collégiens , 011Rbinsòourgeois. Ils tiennent quelque chose des Ar-miniens , des Anabaptistes Sc des Quakers. On prétendqu’il y a parmi eux des Sociniens & des Déistes ,qui sc font bannis de tontes les autres communautéschrétiennes, Sc qui font en assez grand nombre dans lesProvinces-Unies ? mais ils n’osent fe déclarer ouver-tement. Les Grecs Sc autres Chrétiens Orientaux ontle libre exercice de leur religion à Amsterdam. Enfinles Juifs exercent publiquement la leur , & ont dessynagogues dans toutes les villes où ils se sont habi-tués.

Pour revenir à la religion dominante , l’ordre ec-clésiastique est partagé en différentes classes, quifo” cles docteurs ou professeurs en théologie , les mini-stres ou pasteurs des églises , les anciens Sc les dia-cres. Les professeurs , dont quelques-uns sont en me-me tems ministres, enseignent la théologie, la morale,

& l’histoire ecclésiastique. La charge de ministre 011pasteur est une des plus pénibles & des moins lucratives.

Ils sont chargés de prêcher deux ou trois fois P aI c *r