PUY
qu’une femme ; Sc lorsquïls en ont eu deux ou trois en-fans, ils gardent le célibat quoiqu’ils demeurent ensem-ble. Quand l’un des deux meurt, l’autre ne se peut rema-rier. Us mangent & boivent dans des crânes ou têtes demorts, & se conduisent par augures,ayant des maîtres &des devins expérimentés dans cet art. Lorsqu’un de leursparens ou de leurs amis est mort, ils vont demanderaces devins ce qu’ils doivent faire de son corps. Us en dis-posent ensuite suivant le conseil qui leur a été donné : sile devin trouve à propos qu ils le mangent, ils s’en re-paissent, quoique d’ailíeurs ils ne vivent pas de chair hu-maine. Ussontcourageux & fort portés à la guerre, qu'ilsfont d ordinaire à pied. lisse fervent dans les combats del’arc ou de l’épée. Vers fan 1590 , que Peruschi écri-voit, ce peuple étoit libre & 11’obéissoit à aucun roi ; maisle Mogol, s’étant emparé de leur pays depuis ce rems, amis un gouverneur à Candabara, qui tenoit quarantemille chevaux dans' cette province , prêts à marcher s’ily avoir quelque révolté. Les Puttans sont charitables, 8 cfort enclins à secourir ceux qui sont dans la nécessité. Us11’ont point d'idoles, & ne permettent pas volontiers queles Mahométans ou les Maures demeurent dans leurspays ; parce qu’ils adorent le grand Dieu du ciel & mé-prisent Mahomet. Leurs prêtres portent la halte ou lecilice, avec de grandes chaînes très-pesantes, dont ils seserrent le ventre ; & quand ils veulent prier ils se met-' tenta genoux, & se veautrenr dans la cendre. La rivierede Salbana, éloignée de quinze lieues de la ville de Lan-gora, sert de bornes à leur pays. C’est où l’on paye le péa-ge pour les chameaux. * Corn. Dict. Davity, Etats dugrand Mogol.
Ce récit de Corneille 8 c de Davity pouvoir être exactautrefois. Aujourd’hui, du moins à en juger par les cartesde de l’Iste , les choses paraissent un peu changées.On ne connoît plus les Purtans. Leurs pays est cequ’on appelle Patane , ou le royaume de Patan. Voyez.PATAN.
PUTTE, beau village des Pays-Pas, dans le Bra-bant Espagnol. 11 est situé à deux lieues de Mali-nes. Sa jurisdiction est d’une grande étendue. * Dítf.G éogr. des Pays-Bas.
1. PUTTEN , village des Pays-Bas , dans le Weluvve,à deux lieues de Hardcrw/ck. * Diti. Géographique desPays-Bas.
1, PUTTEN , isle des Pays-Bas , dans la partieméridionnale de la Hollande , entre les isies deI/cycrland & de Voorn. * Dictionnaire Géog. des Pays-Bas.
PUTUMAYO ;,<J»Iza , riviere de l’Amerique méri-dionale , dans la pf< 5 vince de Popayan. Elle a fa sourcedans les montagnes de la Cordeliere , assez près dela ville de Pasto. Sa navigation est considérable , àcause du grand nombre de nations qu’elle arrose , &des diverses rivières qui mêlent leurs eaux avec lessiennes. Elle passe fous la ligne beaucoup au-dessusde la moitié de son cours, 8 c rend fertiles quantitéde grandes campagnes , dans un espace de plus detrois cens cinquante lieues. Son embouchure dansla grande riviere des Amazones , est à quatre censcinquante trois lieues des sources de ce fleuve, aucôté du nord, à deux deg. 30 nain. de latitude mé-ridionale. * Corn. Dict. Le Comte de Pagan , Relat. dufleuve des Amazones.
1. PUY , ou Puits , mot françois, qui signifie untrou profond creusé de main d’hommes , & ordi-nairement revêtu de pierre, pour avoir de l’eau. Cemot vient du latin Puteus , & il répond au Pozzodes Italiens, & au Pozo des Espagnols.
On appelle Pu y-Commun celui -qui est dansnne rue, ou dans une place, pour la commodité dupublic.
Le Puy - Perdu est un puits qui ne retient passon eau , tant il a le fond d’un fable mouvant. 11n’a pas ordinairement deux pieds d’eau pendantPété.
On rapporte qu’il y a une province de la Chi-ne , où il se trouve des puits de feu , comme nousen avons d’eau. Ou met des vaisseaux fur leur ou-verture , pour y faire cuire tout ce qu’on veut.
On appelle Puy Couverture d’une mine , & Puy
PUY 1 1 2 y
de Carrière , une ouverture ronde & creusée à plomb .pat laquelle on tire les pierres d’une carrière avecune roue. Elle doit avoir douze à quinze piedsde diamètre, & l’on y descend p a r un escalier.
Le nom de Puy fe donne à certaines grandesprofondeurs » qui fe trouvent à la mer dans un fonduni.
U est souvent parlé de Puy dans I’écriture sain-te, & sous ce nom , dit dom Calmet, Diit, on en .tend quelquefois des fontaines dont la source sortoitde terre , & bouillonnoit comme du fond d’un puits.Tel est ce puits dont parle l’époufe du Cantique desCantiques, c. 4 15. Puteus aquarum vìventium ,qu& fluunt impetu de Libano. On montre à une lieuede Tyr un puits d’eau vive , que l’on prétend êtrecelui dont parle ici l’épouse. Le Puy de Jacob , prèsde Sichem, est aussi quelquefois appellé la Fontainede Jacob. * Joan. 4, 6.
11 y avoit autrefois dans la plaine de Sodome, c’est-à-dire, dans la plaine qu’occupe à présent le lac de So-dome , quantité de Puits de Bitume , d’où l’on tiroit lebitume qui se trouve à présent dans les eaux même dulac Asphaltite. * Genef. 14, 10.
Moïse parle aussi du Puy du Vivant 8c du Voyant ,qui est entre Cadès & Barad, & que l ange montra àAgar dans le désert, pour désaltérer son fils Ismaël, quiétoit en danger de mourir de soif. Dans ce pays où J’eauest très rate, on cache les puits en couvrant leur boucheavec du fable, a fin que les étrangers ne les voient point,8c n’en tirent point d’eau. Quelquefois il lé donne degrosses batailles entre les pasteurs & les gens de la cam-pagne pour un puits. Voyez dans la Genèse les disputesqu’il y eut entre les gens d’Abimelech, roi de Gerare, 8cceux dlsaac, pour des puits. * Genef. 16,13. Genef 2.6,
’ 5 > io > 2I j 32. Origen.l. 3. contraCelfum. Eufeb, advocem tppiup.
On montre aux voyageurs des puits d’une structureadmirable à Ascalon, & que l’on prétend avoir été bâtispar Abraham & Isaac. Et le puy de Jacob pr ès de laville de Sichem, où Notre-Seigneur eut un entretien ave»la Samaritaine. On bâtit dans 1 a fuite une église sur cet-te fontaine, & S. Jerôme en parle dans fa lettre in-titulée lepitaphe de sainte Paule. Antonin, martyr,lavit encore au sixième siécle ; Adamnanus,au septième,8c S. Villibalde, au huitième siécle. * Antonin. Martyr.Itiner. Vide Reland. I. 3. Patœfi. p. y89. 1007. 8c1008.
Les Hébreux appellent un puits Beer, d’où vient qu«•ce nom se trouve assez souvent dans la composition desnoms propres : par exemple dans Beer-Sabe, dans Bee-roth-Bene-Jacan , Beeroth , Beer a , & autres.
2. PUY, ville de France, dans le Languedoc, 8c lacapitale du Vclay. Elle est située près de la Borne & ci laLoire, fur la montagne d’Anis, d’où elle a pris les n msd ’Anicium 8c de Podium ; car le mot Puig ou / echsignifie, en langue aquitanique, une montagne. V yezRuessium. Le Puy est aujourd’hui une ville considérable,& aussi peuplée qu’aucune autre du Languedoc, exceptéToulouse. L’église cathédrale est renommée par la dé-votion à la Vierge. Elle conserve quantité de reliques8c d’ornemens magnifiques. U a dans la ville plusieursmaisons religieuses de l’un 8c de faune sexe. On trouvehors de la porte de S. Géron U prairie du Breuil ,qui est la plus belle promenade de la ville * Lon-guertte, Description de la France , part. 1. p. 277.Piganiol , Description de U France , rom. 4. pag,
407.
L’évêché du Puy , si l’on en veut croire la tradi-tion , reconnoît saint George pour son premier évê-que. On dit qu’il fut envoyé par saint Pierre, avec saintFront, premier évêque de Périgueux. On prétend queRaoul , roi de France, donna à l’évêque du Puy laseigneurie de cette ville en 923. D’autres disent quecette donation fut faire par Louis le Gros en 1134. LeVelay ayant été atribué à la premiere Aquitaine, lesévêques onr toujours reconnu l’archevcque de Bourgespour leur métropolitain, jusqu’au milieu du onzièmesiécle , que le pape Léon IX , voulant favoriser Etiennede Mercœur, évêque d’Anis, & neveu de saint Odilon,abbé de Qlugny,exempta l’évêque du Puy de la soumission