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Tome sixième. T - Z.
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r6 VAL-

comme le dit l’auteur de la relation de la.Suisse ; maisco-íouverains avec l’évêque de Sion, qui préside danstous leurs conseils. Car la souverainetérésideentrelesmains de ce prélat ; & des sept communautés qui com-posent le haut Vallais ; & tous ensemble le nommentîe gouverneur du bas Vallais.

Le Haut VALLAîSestpartagéenseptcommunau-té^départemens.ou juridictions,que l’on nomme Di-te aine en françois, & Zebnien en allemand, savoir

Communautés duhaut Vallais :

Goms ou Gambs,Brieg ou Bryg,

Visp ou Vischbacb,Baron ou Raren,Leuck,

Sidérs ,

Sion.

Le bas Vallais est: divisé en fix gouvernemensVu bannières, qui font :

Î Gundes ou Gonthey,

Arden ,

Saillon ou Sallion,Entremont,

.Martigny,

Saint Mauris.

íous les empereurs d’Allemagne, les hauts & les basVallaìsans vécurent dans une égale liberté. Dans laÉlite les premiers furent soumis à l’évêque de Sion ,& les autres aux princes de Savoie, depuis.les pre-miers comtes de Maurienne, Sc la fin de l’onzieme sié-cle. Ces comtes étoient ou seigneurs, ou avoués &défenseurs de ce pays, qui faisoient en quelque sortepartie du Chablais. Dans le quinzième fiecle ces peu-ples, comme je l’ai déja insinué, se firent une cruelleguerre : & après bien des chocs, des combats 8c desdésolations de part Sc d’autres , les hauts Vallaìsanssubjuguèrent leurs ennemis , firent une province deleur pays , & y envoyerent des baillifs ou gouver-neurs , pour administrer la justice.

Le langage des hauts & bas Vallaìsans n’est pas îemême : les premiers parlent allemand, Scies bas par-lent romand.

En général les Vallaìsans ont été de tout tempsaussi .courageux que les Suisses leurs alliés, ils font en-durcis au froid , au chaud 8c au travail , graves,courageux Sc hardis. Ils ont pratiqué depuis long-temps une façon íïnguliere de réprimer les grands ,dont la puissance leur a été suspecte. C’est ce qu’ilsappellent la MaJJ'e , en allemand Mat^en , 8c qui aquelque chose de ce qu’on nommoit Ostracisme parmiles Athéniens, On prend un tronc d’arbre ou de vi-gne, avec ses racines entortillées, fur lequel on mettine laide figure de tête d’homme,semblable à une têtede méduse. Quand le peuple en veut à quelqu’un, tousles conjurés plantent chacun un clou a cette masse ,.8clorsque par le nombre des clous , ils jugent qu’ilsíont en assez grande quantité, ils vont mettre cetteMaqen ou masse à la porte de cet homme. Cela veutdire que le peuple demande qu’il soit banni & chassédu lieu, Sc que ses biens soient confisqués. Souventcette méthode barbare de faire la justice, a causé degrands troubles parmi eux.

La plus ancienne alliance, que les Vallaisans ayentfaite avec quelques cantons de la Suisse, est cellequ’ils contractèrent pour dix ans avec les Bernois :

1 an 1250, qu’ils renouvellerent en 1448, Sc qu’ils dé-clarèrent stable & éternelle en 1475, ils avoientfaitune pareille alliance en 1473, avec les cantons de Lu-cerne, d Ury & d’Underwald; Sc en 1529 , ils furentadmis par tous l\es cantons dans l’alliance HelvétiqueII fut cependant ajouté dans l acté une clause , quiportoit que cette alliance íeroit renouvellée tous lesvingt-cinq ans. Enfin, en 1533 } l’évêque Sc la répu-rublique de Vallais renouvellerent leur alliance avecles trois cantons catholiques, Lucerne, Ury 8c Un-derwald, 8c ceux de Schwitz, de Zong, deFribourg6 c de Soleure y entrerent j enfin tous les çantons,peu à prè.s eu firent autant.

VAL.

II n’y a peut-être point dans la Suisse de contréefi bien entourée de montagnes que le Vallais , ni quisoit fibien fortifiée par la nature contre les aprochesdel’ennemi. Mais quoique ce pays soit unevallée envi-»ronnée de toutes parts de hautes montagnes , cou-vertes de néges, même dans le plus forr del’été;c’est,cependant fans contredit,le quartier le plus chaud Scieplus fertile de la Suisse. Comme il s’étend en long del’orient à l’occident,il a tout le jour la chaleur du so-leil. Aussi rapporte-t-il toutes sortes de bons vins, 8cparticulièrement un vin muscat qui est exquis. Le vi-gnoble s’étend depuis le département de Brieg jus-qu’à saint Mauris. La plupart des vignes font fur desrochers, où elles n’ont qu’un peu de terre, qui dansplusieurs endroits y a été portée ; 8c c’est ce qui faitla bonté du vin. On en voiture fur des bêtes de char-ge dans le canton d’Ury, Sc dans les vallées du can-ton de Berne , qui font le long des frontières. Le basVallais a plus de vignes que le haut ; Sc le haut enrécompense a plus de fruits d’été que le bas. Tout lepays en général rapporte suffisamment du froment,du seigle 8c de l’orge, pour la nourriture des habi-tans. Le terroir est si fertile, que même dans les en-droits du pays les plus élevés , comme dans le quar-tier de Goms, les champs rapportent ordinairementtoutes les années ; de forte qu’après la moisson on peutlabourer Scsemer de nouveau. Dans plusieurs endroitson arrose les terres , Sc on fait aller l’eau dans leschamps Sc dans les vignes : on la sait adroitementconduire fur les montagnes 8c fur les rochers , par lemoyen des canaux que l’on conduit quelquefois jus-qu’à la distance de deux milles. Les premiers champsíont mûrs au mois de Mai dans les endroits les plu*fertiles : ainsi dans le Vallais la moisson dure depuisle printems jusqu’en automne , commençant dans le»lieux bas au mois de Mai, Sc finissant au mois d’Oc-tobre dans les montagnes. En plusieurs endroits le»eaux font mauvaises Sc causent le goitre ; de sortequ’on y voit des villages entiers ou les hommes 8cles femmes ont fous le menton une espèce de sac dechair qui les défigure beaucoup, Scieur change mêmele ton de la voix. Cependant cela n’est pas universel :il y a des villages oùl’on ne voit absolument aucungoitre, 8c d’autres où l’on n’en voie que peu. Le paysest planté par-tout d’arbres fruitiers, 8c rapporte tou-tes sortes de fruits communsaupays du nord, commepommes, poires, noix, prunes, cerises, châtaignes ,Sc autres. II y a quelques endroits aux environs deSion, où l’on recueille des amandes, des figues, de»grenades , Sc d’autres fruits étrangers. On trouveaussi dans ces lieux-là beaucoup de safran..

Comme l’air est bon 8c pur dans le Vallais, 8c queles habitans vivent frugalement, s’accommodant àla fatigue , 8c s’endurcissant an travail, il est assezordinaire d’y voir des gens qui parviennent à unâge fort avancé. II y a pourtant des écrivains qui ta-xeat les Vallaìsans de paresse , parce qu’il va tous lesans des étrangers dans leur pays, pour y semer lesgrains, 8c pour y cultiver les vignes.

Suivant le rapport d’un voyageur moderne , onvoit dans le Vallais, sur-tout dans la capitale, uneeíjiece d’hommes assez singulière qu’on appelle desCrétins : ils font sourds, muets, imbéciles , Sc pres-que insensibles aux coups. Ils ont des goitres qui leurpendent jusqu’à la ceinture : on n’apperçoit en euxaucune trace de raisonnement-8c ils ont en revancheune activité surprenante pour tout ce quiregarde lesbesoins corporels. Les familles qui ont des Crétins,les regardent comme leurs anges tutélaires. Mercu-re de Janvier 17^3 , />. 91.

VALLASSE, VALASSE, ValâCE (la) Falescia.Abbaye d’hommes, en France , de i’ordre de Ci-seaux, filiation de Mortemer, fous le titre de Notre-Dame du Vœu,dans la Normandie, aupays de C aux,dans le diocèse de Rouen, à trois quarts de lieues au-dessus de Lillebonne, Sc autant au-dessous de Boslbec,fur la même petite rivière, au pied des bois qui cou-vrent la côte. La mailon abbatiale , le cloître , 1 ®chapitre, le réfectoire 8 c les autresbâtimens de cetteabbaye font assez grands 8c fort bien entretenus. L’en-çeinte du jardin cil vaste 4 Sctcs tourelles quiflanqu? nC