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Tome sixième. T - Z.
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Les deux comtés d ’Est-Meath, & de Wefl-MeatfrJti’etoient autrefois réputés que pour un ; 8c ce ne sucque vers le milieu du seizième íiccle, sous le régnéde Henri VIII j qu’ils lurent divisés en deux. On.trouve , dans les montagnes de ces deux comtés , 8cdans quelques autres, plus avant au Nord, diversendroits, où la terre est inégale, comme st elle avoirété labourée autrefois. Les naturels du pays disent queleurs ancêtres étoient fort occupés au labourage , 8cque leur pays étant entrecoupé de grands bois, ilscultivoient tout ce qui en étoit dépouillé , jusqu’auxsommets des coteaux 8c des montagnes. La pìûpartde ces bois ont été extirpés, avec le tems , 8c le ter-roir a été' converti en champs Sc en pâturages. Mais,s’il en faut croire la tradition du pays, quelques-unsde ces bois ont été abîmés dans la terre, par quelquetremblement extraordinaire j 8c les grands lacs ,qu’on volt, dans divers comtés du voisinage, se sontformés à la place. On ne fait si ce rapport est bien fon-dé: on peut pourtant le conjecturer ainsi ; parce quede tems-en-tems on en tire des arbres , qui ont étéiongtems enterrés , 8c dont quelques-uns font d’unelongueur 8c d’une grosseur extraordinaire. * Etatprésent de la Gr. Br. t. 3, p. 45. Délices de la Gr. Br.t. 8, p. 1548.

VVEST-MINSTER, ville d’Angleterre , dans lecomté de Middlesex , au bord de la Tamise, 8c àl’Occident de Londres , avec laquelle elle ne faitplus qu’une même ville. Mais quoique Weífc-Minstersoit jointe à Londres, par une fuite de maisons 8cd’hôtels, 8c qu’on la comprenne ordinairement fousle nom de Londres , cependant elle fait un corps deville , qui a ses privilèges 8c ses droits séparés, aussi-bien que ía juridiction. Dans le commencement dudix-feptiéme siécle, il y avoit encore un mille de dis-tance entre l’une 8c l’autre de ces villes, 8c cet espaceétoit rempli par des champs 8c des prairies. Mais leshabitans de Londres s’étant multipliés , cet espace aété rempli, peu-à-peu, par de belles 8c de magnifi-ques rues, qu’on y a bâties ; de forte que les deuiívilles font aujourd’hui bout-à-bout l’une de 1 autre 58c ía.ns la différence de juridiction, elles seroientconfondues en une. Anciennement elle s’appelloitThorney, du Dieu Thor, qu’on y adoroit, avant laconversion des .Saxons. Elle prit ensuite le nom deW eft-Minster , à cause d’un monastère bâti dans cetendroit, à l’Ouest de Londres. Les deux principaleschoses, qu’on y remarque, font l'église 8c l’abbaye,8c les restes d’un vieux palais royal. * Délices de laGr. Br.p. 938, &Jiuv.

L’église fut fondée , dans le septième íìéclè, parSebert, roi des Saxons Orientaux, à l’endroit oùétoit auparavant le temple d’Apollon, 8c elle futroute rebâtie à neuf, dans l’onziéme siécle, par saintEdouard le Confesseur, qui la mit sous l’invocationde saint Pierre. 11 v fit bâtir un monastère , ou uneabbaye , où furent mis des religieux, de Tordre desaint Benoît. Dans le treizième siécle, le toi, Hen-ri III, bâtit T église plus belle qu’elle n’étoit aupara-vant. II fit couvrir le toit de plomb. Henri VII, dansle quinzième siécle, ou vers le commencement duseizième, choifît cette église, pour être sa sépulture,8c celle des rois, ses successeurs. Il y fit construire,dans le chœur, à TOrienr , une superbe chapelle, oùïl n’épargna rien de tout ce que T art 8c la nature pou-voient contribuer, pour en faire une pièce achevée.Elle lui coûta quatorze mille livres sterling, ce qui,dans son tems , étoit une très-grosse somme. On y■voit son tombeau , qui est de bronze massif. L’égliíëest un grand édifice, un peu étroit, de goût gothique,fort élevé, construit en croix., long de cinq censpieds, 8c large d’environ cent. On voit, dans diver-ses chappelles, les tombeaux de quinze ou seize rois& reines d Angleterre, 8c de plusieurs personnes il-lustres , soit par leur mérite, soit par leur naissance.En face du chœur, est, entr’autres, le tombeau deSebert ?roi des Saxons Orientaux 8c Méridionnaux,premier fondateur de l’église, & qui mourut ensiisi.Les religieux lui firent une très-longue 8c très-hono-rable épitaphe, en vers, selon le gourde ce siécle-là.En voici le commencement :

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K

habilitas, b revisas , mundanœ. prosperitatis ,Calicapratniia, gloria, gaudia danda Beatis ,Scbcrtum çertnm jure dederej'atis.

Hic liex C/insticola ver eux fuit hac regione ,

Qui mine ccdicola gaudet mercede Cor orne:

M.cx humilis, docilis ..

Dans la chappelle royale, se trouve, sur la droite, lasépulture du roi Richard II, mort en 1399 , 8c celled’Edouard III, mort en 1377. Au fond de la chap-pelle, on voit le tombeau de Henri V, mort en 1422,8c celui de saint Edouard le Confesseur, mort enio6ç. Sur la gauche, elt inhumé le brave Edouard I,mort en 1308, 8c Henri III, mort en 1273. Ces tom-beaux sont tous accompagnés d’épitaphes, dont voiciquelques fragmens. Celle de Henri III, se ressentdu bien qu’il avoit fait aux religieux. La voici:

Tertìus lienricus jacethìc pìetatis amicus,hcclejiam.flra.vh ipjdm quam pofl renovavit ,Reddet ei munus qui régnâttrinus & unus.

Celle d’Edouard I, est superbe.

Edwardus primus Scotoruni malleus hic efl.

Celle de Henri V, est dans le même goût :

Gallorum maflix jacethic Henricus in Urna.

Dans celle de Richard II, on s’est attaché à la rime,plus qu’à la raison.

Corpore procerus , anima prudens ut Homerus.

On voit encore, dans la même chappelle , le trône,le sceptre 8c la couronne des anciens rois d’Ecosse,avec la Pierre fatale , qui étoit leur Palladium. Leroi, Edouard I, ayant triomphé des Ecossois , leutenleva tous ces précieux bijoux , 8c les mit dansf église de West-Minster, pour monument de fa vic-toire. La tradition du pays veut que \z.fatale Pierre,soit celle où Jacob reposa autrefois fa tête , lorsqu’ilalla en Mésopotamie ; 8c qu’ayant été transportée estIrlande, fans qu’on sache par qui, ni comment, nîquand , un oracle prononça que l’empire des Scotsou_ Ecossois, seroit attaché perpétuellement à cettePierre ,• ce qui fit que ces peuples, lorsqu’ils passerentd’Irlande en Ecosse , eurent le soin de la porteravec eux. Voici T oracle en question:

Ni fallat Fatum , Scoti quoeumque locatumInveniuntLapidem, regnare tenentur ibidem.

On ajoute que cet oracle a été accompli, lorsquela maison des Stuards , venue d’Ecosse, fut miseíùr le trône d’Angleterre , dans la personne de Jac-ques I.

De la chappelle royale , on passe tout droit danscelle de Henri \ II, où se voit le magnifique tom-beau de ce prince , en bronze massif, 8c où il est in-humé avec Elisabeth, son épouse. Le roi, EdouardVI, a son tombeau tout près de celui de son ayeul-La reine , Marie Stuard , mere de Jacques I, Sc Nprincesse, Margueritte deffichmond, mere de Hen-ri VII, íbnt au-dehors de la chappelle , à la droite ;8c fur la gauche , on voit la sépulture de l’illustrereine Elisabeth, 8c de deux filles de Jacques I, mor-tes dans l’enfance. Le tombeau de la reine Elisabeth,porte une glorieuse épitaphe.

Dans les deux bras de la croix de T église , il y a di-verses chappelles, ausfi remplies de*tombeaux. Da>} sle bras, qui est du côté du Midi, on trouve lesturcs de deux favans hommes , Isaac Casaubon, otGuillaume Camden. Harald le Bâtard, fils du roi a-nut, Danois, est ausfi enseveli dans quelqu^. 00111 ecetre église ; mais on ne fait point positivementTendroit , parce que son tombeau n’a aucune ins-cription. s r r •

L'église de W est-Minster est le lieu ou se fait or-dinairement