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viennent les raisins, appelles de Corinthe , 8c qvuont pris leur nom de là fameuse ville de Corinthe ,qui les fournissoit autrefois ; car on ne les y cultiveplus. Depuis que les Chrétiens ont ete deposíedesde la Gréce, & que le Turc a bâti deux châteaux ,aux bouches du golfe de Lepante , il ne permetpas aux grands vaisíèaux d’entrer dans le golfe, depeur de quelque surprise ; & que, sous prétexte d’al rler chercher des raisins de Corinthe, on ne fasse quel-que insulte. On fait venir néanmoins de ces raisins,fur la côte du golfe même, & à Vostit/a, 8c on lespor tekPatras, où il en croît aussi. Ces trois lieuxen peuvent fournir la charge d’un vaisseau médiocre.Vis-à-vis de fatras, dans le pays des anciens Eto-liens , il y a un village , nommé Anatolico , bâti,comme Venise, dans un marais, & peuplé d’environdeux cens feux. Ses habitans y cultivent, dans laterre-ferme du voisinage, le raisin de Corinthe, qui yréussit merveilleusement. II est beau & bon, 8c deuxfois plus gros que celui de Zante : ils en peuventcharger, avec ceux du village de Messalongi, ungrand vaisseau. Ce raisin ne vient pas fur des buis-sons , comme des groseilles rouges & blanches ,quoiqu’on le croye ordinairement, mais íùr des vi-gnes , comme l’autre raisin, excepté que les feuillesfont un peu plus épaisses , 8c que la grappe est un peuplus petite. II n’a aucun pépin, & est, à Zante, noir.Il croît dans une très belle plaine, de douze millesde long , & de quatre ou cinq de large , à l’abri desmontagnes , qui bordent les rivages de l’isle. Cetteplaine est séparée en deux vignobles, où il y a quan-tité d’oliviers ; de cyprès 8c de maispns de plaisan-ce , qui, avec la forteresse & la croupe du mont diScoppo , présentent un aspect parfaitement beau. Onvendange ordinairement ces raisins , dans le moisd’Août, lorsqu’ils font mûrs. On en fait des cou-ches fur la terre , jusqu'à ce qu’ils soient secs ;. 8caprès qu’on les a rassemblés, on les nettoye, & onles apporte dans la ville , pour les mettre dans desmagasins , qu’ils appellent des Seraglio . Quand, onle met en barril, pour l’envoyer en quelque lieu ,des hommes se graissent les jambes, 8c le pressentavec les pieds nuds , afin qu'il se conserve mieux ,& qu’il ne tienne pas tant de place. Le millier pesant,revient, à ceux qui i’achetent , environ à vingt-quatre écus, quoique le premier achat ne soit que dedouze écus ; mais il y a de gros droits. On fait quel-quefois , par curiosité, du vin de ce raisin. II est ce-pendant trop violent ; 8c il pourroit passer pour debonne eau-de-vie. Les Anglois ont à Zante un comp-toir, conduit par un coníùl 8c cinq ou six marchands ,pour le commerce de ce raisin : les Idollandois y ontun consul 8c un ou deux marchands ; 8c les Françoisn’y ont qu’un commis. Les Anglois y font le principalcommerce.
Une autre curiosité de l’isle de Zante , c’est unefontaine de poix noire. Elle n’est qu’à trois ou quatrelieuec de la ville, 8c fort du pied d’une haute monta-gne , dans le fond du golfe, environ à cent pas dela Mer. Elle fort de la terre avec une belle eau claire,8c par morceaux ou pelotons gros comme le doigt,8c quelquefois gros comme une noix. Elle ne s’élevepas présentement au-dessus de l’eau ; mais il n’y a paslongtems qu’elle le faiíoit, à ce que dit Wheler,qui semble contredit par Spon, qui dit que la poixdemeure au fond, par fa pesanteur ; mais que quandon en tire , il en tombe toujours fur la terre , aveclaquelle on fait comme une croûte, dont le dessousse creuse par l’eau de la fontaine ; ce qui est causeque la terre des environs tremble fous les pieds,comme quand on marche fur une planche qui n’estpas forte. Quoiqu’il en soit, cette poix, par fa cou-leur , ressemble à l’autre poix ; mais elle a l’odeurplus forte , & Wheler conjecture qu’elle approchede l’huile d’ambre. Elle est d’abord molle ; mais elles endurcit au soleil. On en tire tous les ans aux envi-rons de cent barrils , 8c elle est très-bonne à cal-feutrer les vaisseaux , quand on la mêle avec du gou-dron.
Outre les raisins de Corinthe, q U j sontexcellensà manger étant frais, il y a Zant e d’autres raisins
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qui donnent de bon vin, quoique très-fort. On faitaussi du muscat en quantité , 8c qui est délicieux ;mais il ne peut supporter la.Mer. On fait de mêmebeaucoup d huile, 8c elle est excellente ; mais il estdéfendu aux etrangers d’en transporter, de mêmeque du vin. Tout ce que les habitans en peuventépargner, est envoyé à Venise. Les melons de Zantene cedent point à ceux d’Espagne. Il y en a de deuxsortes, de blancs 8c de jaunes. Les blancs, c’est-à-dire , ceux qui ont le dedans d’un blanc pâle, fontau-dehors de couleur verte, 8c on diroit qu’ils fontparfumés avec de l’ambre gris. Ils font courts 8cronds comme une boule. Les côtes ne font point ou-vragées, mais unies 8c polies. Les jaunes font com-me les blancs, pour la figure ; mais ils différent enbonté. On a aussi les plus belles pêches qu’on puissevoir : elles pefent ordinairement huit à dix onces ,8c quelques-unes vont jusqu’à quinze 8c à seize. Lachair en est ferme. 11 y a des citrons, des orangers,des figues, des limons , 8c sur-tout une sorte de li-mons très-gros, avec une écorce fine, remplis d’unjus aigre 8c excellent, fans pépins.
ZANT O, bourgade de la Basse-Hongrie , entreStrigonie 8c Albe-Royale , à cinq lieues de chacunede ces villes. On la prend pour l'ancienne Osones del’Itinéraire d’Antonin. * Baudrand, Dict.
ZANTOCH, ville de la Grande-Pologne, dansle palatinat de Posnonie, aux confins de la nouvelleMarche de Brandebourg, íùr la rive septentrionaledu Notecz, au-dessous de Nackel. Elle doit son ori-gine à un château, qui a été le sujet de plusieursguerres, dans le onzième siécle , entre les Poméra-niens 8c les Polonois. Dlugojs. 338. De l’Isle,A tlas.
ZANZIBAR , Isle de la Mer des Indes, íùr lacôte du Zanguebar, vis-à-vis de la terre de saint Ra-faël , entre 1 isle de Pemba 8c celle de Mousia,dont elle est séparée, par les Basses de saintRoch.Cette isle, qui a titre de royaume, peut être à huitlieues de la terre-ferme. Elle produit beaucoup den$ 8c de mil, 8c quantité de cannes de lucre. Ses fo-rêts ont des citronniers très-hauts , dont les Heursrépandent de loin une odeur très-agréable. Elleabonde en sources d’eau douce , 8c doit être fort ri-che, puisque Ravasco, Portugais , dans l’espacede deux mois, qu’il passa aux environs, prit vingtnavires de ces Insulaires, 8c qui étoient chargés debeaucoup de marchandises , 8c montés de plusieurspieces de canon. Leur roi , dès que les Portugaiscommencerent à paroître dans ces quartiers-là, pro-mit de payer tous les ans, à celui de Portugal, uncertain poids d’or. Sanut réduit ce tribut à cent mi-tigals d’or, 8c à trente moutons, qu’un capitainsPortugais y devoit aller prendre. La plupart des ha-bitans suivent la religion de Mahomet. * D’An-ville , Carte de l’Ethiopie orientale. Davity ,Afrique.
ZAO, ou PROMONTORIUM ZAO, promontoirede la Gaule Narbonnoise, selon Pline, /. 3, c. 4,dont voici le passage : Promontorìum Zao : Cìtha-rìsta Portus. C’est ainsi, dit le pere Hardouin, quelisent tous les manuscrits , au lieu que les exemplai-res imprimés portoient Promontorìum Cìtharìsta ,Portus , ou Promontorium Zaocìtharista , ou Zao-portus. Ce promontoire s’appelloit aussi Cìtharìsta ,comjpe le port : car on lit, dans Ptolomée, Iz, c. 6,0' Kifapífò; to dxpoy, C’est présentement le Cap Sicìe ,près de Toulon ; 8c le port Cìtharìsta est aujourd’huile Port de Saint George , ou le Port de Toulon.
ZAOIT ou Zauit ben Giarbu, ville d’Afri-que, dans la Barbarie, au royaume de Tunis, dansla province de Tripoli, assez près de la ville de eenom , 8c à quelque distance de la Mer. Zaoit-ben-Giarbu n’est point fermée de murailles. 11 y demeurequelques Morabites, qui vivent comme des reli-gieux. Autour de la ville, ceíontde grandes alléesde palmiers ; mais il n’y vient poînt de bled, 8c l'on»’y recueille qu’un peu d’orge, parce que ce fonttous sablons. Les seigneurs Mahométans ont cetteville en estime , à cause des Morabites , qui y fontleur retraite. *Marmel, Desc. d’Afr.t. 2, p. 571.