Band 
Tome sixième. T - Z.
Seite
360
JPEG-Download
 

360 ZEL

ZEL

*

Avoir établi un chapitre de chanoines réguliers. Hu-gues en fut le premier évêque ; & fous Hugues II,Miesicon, prince des Wandales, saccagea cette ville,en <582 ; ce qui obligea Hildebert de transférer leliège épiscopal à Naumbourg, où cette translationfut confirmée , par le pape Jean XIX, & parî’empereur Conrad 11 , en 1027. * D 7 Audiffret,Géogr. t. z.

ZEKELHEID, forteresse de la Haute-Hongrie,au comté de Kalo : elle est située sur une petite isle,formée par la rivière de Berethon, à trois lieuesau-dessous de S. Job, vers le Nord occidental.

ZEKELITA , ville de la Haute-Hongrie , aucomté de Kalo , fur la riviere de Grasna, à cinqlieues de la ville de Grasna , entre le grand & lepetit Waradin, 8c à pareille distance de S. Job, versle Nord occidental.

1. ZEL A. V oyez ZeleïA.

2. ZELA, ville de T'hrace. Pline, /. 4, c. 11,dit qu’on la nomma ensuite Colonia t'iaviopolis.

1. ZELANDE. Voyez Selânde.

2. ZELANDE ou Zéëlànde, province des Pays-Bas, 8c l’une des sept, qui composent la républiquedes Provìnces-Unies : cette province consiste enplusieurs isles, que forme l'Océan, avec des bras del’Escaut & de la Meuse ; ces différens bras de Merséparent cette province , du côté du Nord, des islesde Hollande : l’Escaut, du côté de l’Orient, la sé-pare du Brabant • & le Hont la sépare de la Flandre.Vers l’Occident , elle est bornée par l’Océan.* Longiuriie , Descr. de la France, part. 2, p. 22.

Le mot de Zelande ou Zéelande , signifie terrede Mer, 8c ce nom convient fort à la situation dupays, qui a toujours été bas & sujet aux inondations.Une grande partie étoit couverte autrefois par le flotà haute Mer ; 8c le peuple, qui-habitoit cette terre,& qui étoit fort misérable, ne s’empêchoit d’étresubmergé, qu’en faistnt des digues , pour défendreleurs maisons. Voyez Pline, /. 16, c. 1.

On ne voit pas que ce nom Zéelande ait été enusage avant le douzième siécle, où vivoit l’historienHelmoldius , qui parle , au quatre-vin^t-uniemechapitre de fa chronique, des peuples Zeelandois 8tHollandois, Zeelandi & Hollandi : ainsi, les Zéelan-dois ont été appelles ou Flamands ou Frisons, selpnque leurs isles ont été occupées par les comtes deFlandre , ou par ceux de Frise : il n’y a même,dans cette province, aucune ville qui soit ancienne ;& ce n’est qu’après plusieurs siécles, qu’on a desséchéla terre de ces isles , par divers canaux, 8c qu’on l’arendue propre à être cultivée comme elle l’est au-jourd’hui.

Les canaux, qu’on y a faits, ont donné aussi en-trée à l’Océan , qui a entièrement submergé une par-tie du pays, & y a formé des bras de Mer, qui peu-vent recevoir les plus grands vaisseaux. On ignore lenom des peuples , qui habitoient ces isles fous lesRomains. On voit seulement que fous la premiererace des rois de France, les habitans de ces isles,qui étoient, payens , dépendoient des Frisons, &qu’ils ne furent convertis que dans le huitième sié-cle : on fait aussi qu’ils furent mis fous le royaume deLothaire, qui est celui d’Austrasie ; & ensuite, lors-que, dans le dixième siécle, les comtes furent deve-nus propriétaires, les Zeelandois faisoient partie dela Flandre, nommée Impériale, parce qu’elle rele-voit de l’empire : aussi les empereurs pretendoient-ils être en droit de donner ces isles, 8c les donnerent,tantôt au comte de Hollande , tantôt à celui deFlandre. Robert, dit le Frison, qui jouit durantquelque tems du comté de Hollande ou de la FriseCitérieure, se rendit maître de ces isles, qu’il laissaaux comtes de Flandre ses héritiers , nonobstant lesprétentions contraires des Hollandois, qui firent di-verses tentatives fur la Zelande. Florent, comte deHollande, avec plusieurs seigneurs de ses alliés, at-taqua Philippe d’Alsace , comte de Flandre, en1 i6ç ; mais Florent, ayant été défait & pris prison-nier , fut contraint de faire un traité à l’avantagedes Flamands: car outre que l’isl^de Walkeren, 8c

les autres, qui font au Midi de l’Escaut, possédéesalors par les Flamands, leur dévoient demeurer, onétoit convenu que les isles, qui font au-delà du fleu-ve , dévoient demeurer en commun aux deux com-tes , fans qu’on y pût bâtir aucune forteresse. Cetraité fut fait à Bruges , en 1167 , & confirmé en1200, par Louis, comte de Los, qui n’étoit comtede Hollande & de Zélande , qu’à cause d’Ade safemme, fille du comte Thiery VII, quoique la prin-cesse sa femme, qui ne lui avoit point laissé d’enfans,fût morte en 1204. Florent IV, comte de Hollande,ayant contrevenu au traité de l’an 1167, fut pour-suivi par le comte de Flandre , qui fit enlever plu-sieurs otages, pour sûreté de ses droits. Ce différendfut terminé par un accord fait en 1227 ; 8c le comtede Hollande rendit au comte de Flandre, l’homma-ge de la terre de Zélande, pour la tenir de lui.

La dissension survenue entre les enfans, que Mar-guerite, comtesse de Flandre, avoit eus de ses deuxmaris , Bouchard d’Avesnes 8c Guillaume de Bour-bon-Bampierre , donna lieu à un autre accord, faitentre ces princes, par l’entremiíe de Louis IX , roide France, êcd’Eudes, évêque de Frescati, noncedu pape, en 1246. Par cet accord, le comté de Hai-naut fut adjugé à l’ainé des enfans de Bouchardd’Avesnes, 8c le comté de Flandre, à l’ainé des en-fans de Guillaume de Bourbon, à la charge, pourl’un & l’autre , de donner un partage à leurs cadets.Jean & Baudouin d’Avesnes, enfans du premier lit,prétendoient que les terres de Walcheren , de Zuid-Beveland, & Nort-Beveland, deBorsséle, & tou-tes les isles de Zélande, 8c autres terres n’avoientpoint été comprises dans l’accord ; 8c qu’on devoirleur faire raison des prétentions qu’ils formoient à cesujet : mais par des lettres, données au mois de Jan-vier 1248 , ils reconnurent que les isles de Zélande,8c les autres terres en question, étoient de la dépen-dance du comté de Flandre, & renoncèrent à leursprétentions à cet égard.

Guillaume II, comte de Hollande, ayant été éluroi des Romains, négligea de rendre à la comtessede Flandre, la justice qu’il lui devoir, pour les ter-res de Zélande; mais Florent, frere de Guillaume,promit à la comtesse de reconnoìtre tous ses droits,& lui en donna ses lettres , en 1248. Cependant ifs’élevoit toujours quelques contestations entre Mar-guerite, comtesse de Flandre, & les comtes de Hol-lande. Louis XI trouva à la fin moyen de les appai-ser , par le mariage, qui sut arrêté entre Florent V,fils de Guillaume II , & Béatrix, fille de Guy,comte de Flandre, & petite fille de la comtesseMarguerite ; 8c on céda, à Béatrix, les droits queson ayeule avoit sur la Zélande. Ces troubles recom-mencèrent cependant bientôt. Florent V traita sidurement ses sujets, qu’ils s’adresscrent à son beau-stère Guy, comte de Flandre, 8c lui offrirent de luirendre hommage. Enfin , en 1300, la famille descomtes de Hollande étant venue à s’éteindre, lescomtés de Hollande 8c de Zélande passerent auxcomtes de Hainaut, qui en resterent paisibles pos-sesseurs , après un accord fait avec les comtes deFlandre. Enfin, Philippe le Bon , duc de Bourgo-gne , succéda à Jaqueline de Bavière , comtesse deHainaut, Hollande 8c Zélande, 8c dame de Frise,morte sans enfans, en 1433 ; 8c les droits de la mou-vance furent réunis de telle maniéré, avec ceux desouveraineté , que les deux provinces de Hollande8c Zélande ne firent plus qu’un seul corps , composéde différentes parties rassemblées fous une mêmedomination. Les comtes de Hollande prenoient seulsle titre de comtes de Zélande ; 8c ils laissèrent lepays à leurs successeurs , dont les princes de la mai-son d’Autriche héritèrent. Cela dura jusqu’aux guer-res des Pays-Bas, fous Philippe II, tems auquel lesZélandois secouèrent le joug des Espagnols, 8cseconfédérerent avec la république des Provinces-Unies des Pays-Bas, qui furent reconnues libres 8csouveraines, en 1648, par le. premier article du traitéde Munster.

La province deZéJande consiste en quinze ou seize

isles,