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Tome sixième. T - Z.
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habitans étoient beaucoup plus civilisés que les Insu-laires. Ils n’alloient pas nuds, & ils étoient accoutu-més à rendre à leurs rois une enriere obéissance. Leurprincipale bourgade , qui s’appelloit Zempoala ,comme la province, étoit bâtie entre deux rivières,8c les édifices en étoient assez splendides, pour desgens sauvages. Leurs voisins, particulièrement ceuxqui habitoient les montagnes, s’appelloient ancien-nement Totonaques , 8c différoient en langage & enmœurs des*autres nations de ce continent. * DeLaet, Descr. des Indes occ.l. ç, c. 16.

ZEMTENSIS, siège épiscopal d'Afrique, dansla province Proconsulaire, selon la lettre, que lesperes de cette province écrivirent dans le concile deLatran, fous le pape Martin. Majorinus est qualifiéEpiscopus Plebis Zemtenjîs , par la conférence deCartilage, N°.i33.

ZEMYTLIUS. Voyez Xymethus.

ZEMZEM. La fontaine ou le puits de Zemzem,félon les Muíulmans, est celle que Dieu fítparoîtreen faveur d’Agar & de son fils Ismaël, dans le dé-sert, après qu’Abraham l’eut obligée'de se retireravec son fils. Elle est dans l’enceinte du temple de laMecque. Les Mahométans en boivent par dévotion,& lui attribuent une grande vertu.

ZENCHIA , siège épiscopal, fous le patriar-chat de Constantinople, selon Ortelius, qui citeBalsamon.

ZENDEROUD ou Senderu, fleuve de Perse.II prend sa source dans les montagnes de Jayabat, àtrois journées de la ville d’Ispahan, du côté du Nord.Le Zenderoud est par lui-même un petit fleuve ;mais Abas le Grand y a fait entrer un autre fleuve ,beaucoup plus gros , en persan t, avec une dépenseincroyable , des montagnes, qui font à trente lieuesd’Ispahan, & qu’on prétend être les monts Acrocé-rauniens ; de maniéré que le Zenderoud est aussiros à Ispahan, durant le Printems, que la Seine àaris , durant l’Hiver. Mais ce n’est qu’au Printemsque cela arrive, parce qu’alors ce fleuve grossit, parles neiges qui fondent ; au lieu que dans les autressaisons , on le saigne detoutes parts, pour lui fairearroser, par des rigoles, les jardins & les terres. IIy a, à Ispahan, trois beaux ponts íùr ce fleuve, l’un,qui répond au milieu de la ville, & les deux autresaux deux bouts, à droite & à gauche. Le Zenderoudse jette sous terre, entre la ville d’Ispahan, & cellede Kirman , où il reparoît, 8c d'où il va se rendredans la Met des Indes. L’eau en est soft légere & fortdouce , par-tout : cependant on ne se donne pas lapeine à Ispahan d’en aller prendre, quoique tout lemonde, généralement parlant, ne boive que de Peaupure ; parce que chacun boit de l’eau de son puits,qui est également douce & légere ; & certainementon n’ensauroit boire nulle part de plus'excellente.Le fleuve, qu’on a fait entrer dans celui de Zende-roud , s’appelle Mahmoue Ker , ce qui signifie,Mahmoud le sourd. On a aussi voulu faire entrer ,dans le Zenderoud, un des deux fleuves, Abcor-r.engou Abkuren ; mais on l’a plusieurs fois tenté inu-tilement. Si la chose s’étoit pu faire, la campagned’Ispahan en auroit reçu un grand bénéfice, & seroitdevenue Un des plus fertiles 8c des plus délicieuxpays de la terre. * Chardin , Voyage, t. B, ed. 1723,Paris, p. Ç.

ZENDGIR-SERAI, château & maison de plai-sance , dans la Transoxiane , â deux lieues de Cars-chi, vers le Couchant. Petit de la Croix en fait men-tion, au second livre de son histoire de Timur-Bec,c. IÇ > & au livre 3 , c. 60 j il dit que les troupes dece monarque réduisirent en cendres la ville de Serai,capitale de Capchac, en représailles de ce que leshabitans de Capchac avoient eul’insolence de ruinerZendgir-Serai, qui étoit le palais de Cazan SultanCan, pendant qu’il étoit fans gouverneur, 8c que laTransoxiane n’avoit point son prince; parce que Ti-mur étoit alors occupe a la conquête des royaumes deFars 8c H’írac.

ZENDRO , ville de la Haute-Hongrie, au com-té de Torna, avec un château, élevé fur une hau-teur. Cette ville fut pillée & brûlée, en 1684, par

ZEN.

les Turcs 8c par les mécontens, qui mirent garnisondans le château. * Hijl. H Descr. du Royaume de Hon-grie , 1688, p. 267.

ZENETES, peuples d’Afrique, qui formentl’une des cinq tributs des Be'rébéres. Ils conserventleurs anciennes habitations, dans les campagnes deTrémecen, qui est la derniere province 8c la plusoccidentale du royaume de Fez. Les Bénimerinisayant chaslé de ces plaines certains Arabes, qui lesavoient possédées, pendant tout le régné des Al-mohades, ils y mirent les Zenetes 8c les Haoares ,leurs vasíàux , pour les récompenses des servicesqu’il s en avoient reçus à leur établissement. Ces peu-ples les ont toujours habitées depuis, fous le nom deChaviens , errans avec des tentes, comme les Ara-bes , 8c parlant un Arabe corrompu, quoique ce soitune nation Africaine. Ils étoient autrefois très-puis-sans , 8c mettoient fur pied cinquante mille chevaux,8c trois fois autant d’infanterie ; de forte qu’il s’enfallut peu qu’ils ne dépossédassent les Oatazes, qusilsosèrent attaquer. On dit qu’en une bataille , à journommé, 8c dont la mémoire est fort célébré dansFez, ils eurent Faudace de promettre au roi, qui ré-gnois en ce tems-là , & avec lequel ils étoient enguerre , de ne combattre que fur des chevaux, quine passeroient point l’âge de trois ans. Le roi deFez, leur ayant promis la même chose, fit couperle crin 8c la queue des siens, afin qu’ils ne parussentque des poulains, & ils les désit par ce moyen, àcause qu’ils ne purent être maîtres des leurs. Lesguerres continuelles , qu’ils ont eues depuis , avecles rois de Fez 8c de Maroc, 8c avec les Portugais ,les ont si fort affoiblis, qu’ils ne sauroient faire pré-sentement plus de huit mille chevaux, & cinquantemille hommes de pied. Leur cavalerie est fort bon-ne ; mais l’infanterie est peu de chose. Cependantcomme leur orgueil les empêche de se soumettre vo-lontiers au joug, ils se révoltent à la moindre occa-sion , & passent d’un royaume à Vautre, avec leurstentes 8c leurs troupeaux. Leurs femmes font blan-ches, & fe piquent d’être belles 8c bien parées. Ellesportent force joyaux d’or, d’argent, de perles 8cde cornalines aux bras, à la gorge 8c aux oreilles.Le pays est fort bon , pour le bled 8c les pâturages;8e l’on y recueilleroit quantité de froment 8c d’orge ,si on cultivoit toutes les terres ; mais ces peuples nelabourent que ce qui est autour de leurs habitations.II y a, parmi les champs, une herbe, qui engraisseles chevaux 8c le bétail, en moins de douze ouquinze jours ; mais quand elle jette un petit épi bar-bu , on les empêche d’en manger, parce que cet épiles étrangle 8c les fait mourir. Quoiqu’il ne resteplus que les murailles des anciennes villes, fans au-cun bâtiment, ils ne laissent pas d’y aller camperpendant l’Hiver. * Marmot, Description d’Afrique,I.4, c. 1.

ZENG. Ce mot signifie, en Arabe, le pays, quenous appelions aujourd’hui, Zanguebar. Voyez cemot.

ZENGERO, selon Davity , 8c ZlNGUERO, se-lon Dapper , royaume d’Afrique, dans la Haute-Ethiopie ou Abyssinie. Ce royaume est dàns les ter-res , 8c confine avec celui deRoxa ou Roxe. Quel-ques-uns croyent que c'est le pays des premiers Cin-gres ou Egyptiens , que l'on volt en Europe, 8c quife disent de laPetite-Egypte, qui seroit ainsi la Nu-bie. * Etats du Grand Negus.

ZENGITZA , promontoire d’Afrique, dansl’Ethiopie : Ptolomée , /. 4, c.7, le marque íùr legolfe de Barbarie, entre Opone Emporium, &c Pha-langes Mons. Le manuscrit de la bibliothèque Pala-tine , porte Zìngìs extrema , au lieu de ’2-ú~rní,<í £ Xf >r.Quelques exemplaires Grecs liíent même Z kyyma .,pour ZnV/(!; a , 8c au livre premier, c. 17 , du mê-me auteur , ce promontoire est appelle z>w'5 »Zengis.

ZEN J ON, ville de Perse. Les géographes dupays, selon Tavernier , Foyâges de Perse , 1-3 > lamarquent à 73 d. 36’. de longitude, sous les 36 d. 5’.de latitude. Ce n’est qu’une petite ville; mais elle estcélébré par son ancienneté , 8c pour avoir été autre-