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tonfond ces mots : Zeugitane & Proconsulaìre,comme des noms synonymes : Exercìtuì [ Geiscri-cus ] Z eugi.tana.mvd Proconsularem funiculo heredi-tatis dìvisit.
Si nous nous en rapportons à Marius Niger, ditOrtelius, c’est de la contrée Zeugitane, qu’estsortiecette espèce d'hommes, que nous voyons errans enEurope , à la maniéré des anciens Nomades, 8c quifont appelles Zingani ou Zmgari, dans l’Italie ;Ziegeìner, dans la Haute-xAllemagne ; Egyptenaren,Ou Hcylieden, c’est-à-dire, Egyptiens ou Payens ,dans la Basse-Allemagne , & que nous appelionsEgyptiens, parce qu’ilsí'e disent chassés de la petiteEgypte. Mais où est cette petite Egypte, poursuitOrtelius ? Aucun auteur n’a divisé l’Egypte en gran-de & petite. Le pape, Pie II, dit que ces gens-làfont venus d’une contrée, nommée Zogoria, 8c si-tuée près du Caucase. Aventinus les fait venir desconfins de la Turquie Sc de la Hongrie. Philippe deBergame veut qu’ils soient originaires de la C h ai-dée. Rhociiginus veut que ce soient les Maurujìì ,qui furent chassés d’Afrique, par les Sarrasins. Bel-lon les croit sortis de la Bulgarie Sc de la Xé alachie ,où étoient autrefois les Syginnì , nom, qui approcheassez de celui de Ziegeìner. Thevet dit qu’il y en aen Egypte, où les Arabes Sc les Maures les appel-lent Rafoifieramy , c’est-à-dire , voleurs. Jean Léonen trouve en quelques endroits de l’Afrique, commeaux confins des royaumes d’Agades 8c de Nubie. « II„ n’y a lieu en tout le monde , dit Bellon , 1 . z, desn singularités observées, c. 41, qui soit exempt de ces,, gens, que nous nommons de faux noms Egyp-,, tiens ou Baumiens : car mêmement étant entre la» Materée Sc le Caire , nous en trouvions de gran-,) des compagnies, Sc aussi le long du Nil, en plu-». sieurs villages d’Egypte , campés dessous despal-,, miers , qui étoient ausfi-bien étrangers en ce pays--- là, comme ils font aux nôtres. Et pour ce que leurorigine est de Wallachie ou Bulgarie , ils savent
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„ parler plusieurs langues, 8c font chrétiens. Les,, Italiens les nomment Singuani. Ils ont privilège,, des Turcs, qu’il est loisible aux femmes Singua-
nés de se prostituer publiquement à tous, tant aux„ Chrétiens, comme aux Turcs mêmes, 8c ont une„ maison dedans Pera, fauxbourgde Constantino-» pie , avec plusieurs chambres, où chacun peut en-,, trer librement, fans que la justice Turquoise leur„ puisse rien dire. Et pour le moins , il y a une„ douzaine de femmes, qui se tiennent ordinaire-n ment leans » -
L’histoire nous apprend que ces gens-là commen-cèrent à íe faire voir en Europe , vers Pan 1417.Ils vivent dans une grande misère. On les volt par-tóut avec un habit étranger. Ils se disent chrétiens,quoiqu'ils n’en pratiquent guéresles œuvres ; car ilsfont grands voleurs , 8c font profession de deviner ,par l’inspection des mains ; ce qui contribue beau-coup à les faire subsister, une infinité de femmes 8cd’enfans ayant la démangeaison de se faire dire laBonne avanture. Ils choisissent parmi-eux un chef,à qui ils obéissent. Ils ont une langue particulière ,dont ils usent entr’eux, 8c que personne autre n'en-tend. Aventinus cependant assure avoir remarqueque c’étoit la langue des anciens Venedes.
1. ZEUGMA, ville de la Dace , scion Ptolo-mée, /. 3, c. 8. Rithaimerus Sc Althamerus veulentque ce soit présentement Clausemburg. Lazius la pla-ce à Zazsebes , autrement Mulenbac/i. Si cette villeZeugma est, comme il y a quelque apparence, lelieu, nommé Pons Augusti, dans la table de Peu-tinger, il faut chercher cette ville au bord duRha-bon , aujourd’hui la riviere de Maros, ou au bordde la Sargetia, à quinze milles de Sarmategte , ouplutôt Sarmategetuse, capitale de la Dace.
2. ZEUGMA , ville de Syrie , dans la Commagé-ne, au bord de P Euphrate , entre Samofate 8c Eu-ropus, avec un pont, qui avoir occasionné son nom ;Car Ze Zy/na , signifie un Pont. Strabon , /. 16 , p. 749 ,après avoir décrit la Commagéne, dit que c'est oùse trouvoit, de son tems, la Z ergma , ou le pontde l’Euphrate , c’est-à-dire, ce pont si célébré 8c si
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fréquenté des Romains , qui vouloient passcr dansles contrées orientales. Pline, l. Ç , c. 4; , qui mecZeugma à soixante Sc douze milles de Samofate, lecompte au nombre des villes que l’Euphrate arrofoit:Item Zeugma, EXXII, mìllibuspassuunt à Samo-j'atìs, tranjitu Euphratis mobile ,• ce qui fait voir qu’ily avoit une ville de même nom, située du côté de laSyrie. Le même auteur s’explique encore plus clai-rement : car il dit avoir appris que dans la ville deZeugma, fur l’Euphrate, on voyoit la chaîne de fer,dont Alexandre le grand s’étoit servi, pour joindre lepont, qu’il avoit jetté fur le fleuve. Pline n’est pas leseul, qui fasse Alexandre fondateur de ce pont. Dion-Cassius, /. 40, p. 128, dit que ce pont est appelleZeugma, depuis l’expédition d’Alexandre , qui tra-versa l’Euphrate dans cet endroit : CrasJb autem Eu-phratcm apud Zeugnia [ sic enim ab Alexandri expedi-tìone , quod ibi flumen transmìsit, adpellatur ] tran-sieunti .... On trouve , dans Etienne le Géographe,que Zeugma est une ville de Syrie, fur l’Euphrate ,dans le lieu où Alexandre fit passcr son armée, surun pont joint avec des chaînes ; z w-tpia. ttómç lupxç
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6 T parcAsj'a : & Lucainparoît avoir eu la même pensée,lorsqu’il a donné à Zeugma l’épithéte de Pellxum,l.S, v. 235.
Totmeritis obflrióla meis , nunc Parthìa rupth
Excédât claustris vetitam per stKcula ripam ,
Zeugmaque Pelle&um.
Malgré ces autorités, il n’est guéres possible de sepersuader qu’Alexandre le grand ait bâti ce pont, 8cque ce soit dans ce lieu, qu’il ait fait passcr P Eu-phrate à son armée. D’un côté, Arrien, /. 3 ,p. 168,écrit qu’Alexandre, étant arrivé à Thapsacus , ytrouva le pont de Darius rompu, le répara, 8c y fitpasser son armée ; d’autre part, cette route conve-noit beaucoup mieux à Alexandre , qui venoitd’Egypte , 8c alloit chercher Darius, qui sc trou-voit du côté de Babylone. II n’est pas possible de sefigurer qu’Alexandre , pour traverser l’Euphrate ,ait remonte jusques dans la Commagéne, dans letems qu il avoit à Thapsacus , 8c près de lui, unpont., abandonne par l’ennemi. On ne sauroit mêmeprouver, par le témoignage d’aucun ancien, qu’ Ale-xandre ait jamais été dans la Commagéne. D’ailleurs,Plutarque, Florus , Tacite 8c Ammien Marcellin ,ont parlé de la ville & du pont de Zeugma, fans tou-cher aucunement cette prétendue circonstance dupassage d’Alexandre. Du reste , on ne doit pas con-clure de-là , que la ville de Zeugma Sc son pontsoient des ouvrages peu anciens. 11 y a apparenceque la fondation de î’un 8c de P autre doit être pla-cée peu de tems après la mort d’Alexandre : car Pli-ne, l. <;, c. 24, remarque que Seleucus fonda Zeug-ma, célébré par son passage sur P Euphrate, 8c Apa-mée, qui étoit de l’autre côté du fleuve , 8c fut join-te à la premiers de ces villes , par le pont : Zeugma.EXXII. millibuspassiuum à Samosiatis -, tranfitu Eu-phratis mobile. Ex adverjb Apamiam Seleucus , idemutrìusque conditor Ponte junxerat. Polybe, /. 5, c. 43,8c Strabon, 1. 16, mettent, fur l’autre bord du fleu-ve, vis-à-vis de Zeugma, un lieu fortifié, nomméSeleucie, Se non Apamée ; mais peut-être ce li euporta-t-il le nom de Seleucus , son fondateur , &celui de sa femme; peut-être aussi la forteresse étoit-elle double ; ce qui put occasionner les deux noms.* Cellar. Géogr. ant. I.3, c. 12.
Baufanias, l.io, c. 29, fait la fondation du pontde Zeugma beaucoup plus ancienne qu’aucun autreauteur. Après avoir dit que Bacchus, qui faisoit voi-le avec de plus grandes forces que Thésée, lui enlevaAriadne , il ajoute : 8c fi je ne me trompe, c’est lemême Bacchus, qui, le premier, poussa ses conquê-tes jusques dans les Indes, & qui jetta le premier unpont fur l’Euphrate, à l’endroit où depuis on a bâtiune ville, qui, pour conserver la mémoire de cetévenement, a été nommée Zeugma.’ On y voit en-core un cable, fait de sarment 8c de rameau de lierre,
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