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cette ville. II y en a de plus de douze pieds de longs.Dans les ruines de la ville., parmi les champs, semésd'orge , on trouve, dans une chapelle Gtecque, lereste ú’une inscription , fur un marbre cassé , où onlit encore : tà'->, , accusatif d • le mot de rsí»;;
s’y trouve deux fois. On alloit de cette ville à diar-rhée , par le plus beau chemin qu’il y eut peut-êtredans la Gréce , & qui subsiste encore l’espace de plusde trois milles, traversant les collines à mi-cóte,soutenu par une muraille couverte de grands quar-tiers de pierre plate grisâtre, qui se fend aussi faci-lement que l’ardoiie , & dont on couvre les maisons8c les chapelles dans la plupart dey isles. Ioulis, com-me dit Strabon , L io, fut la pairie de Simonide,poète lyrique, & de Bacylide, son cousin. Erasis-trate, fameux médecin, 8c Aristo.n, le Péripatéti-cien, naquirent aussi dans cette isle. Les marbresd’Oxford nous apprennent que Simonide, fils deLeoprepis, inventa une espèce de mémoire artifi-cielle, dont il montroit les principes ù Athènes , 8cqu’il descendoit d’un autre Simonide , grand poète,aussi fort estimé dans la même ville, &c dont il estparlé dans l’époque 50. Un de ces Simot'ides inven-ta ces vers lugubres, que l’on chantoit aux enterre-mens.
Après la défaite de Cassius & de Brutvs, Marc-Antoine donna, aux Athéniens, Cea, Eg.ine, Te-nos, & quelques autres isles voisines. 11 est hors dedoute que Cea fut soumise aux empereurs Romains ,& passa dans le domaine des Grecs. .Te ne fais enquelle année elle fut annexée au duché de Naxi ;mais Pierre Justiniani & Dominique Michel s’cn em-
parèrent, fous Henri II, empereur Latin de Cons-tantinople. Le pere Sauger , Histoire des Ducs deVArchipel , a remarqué que pendant les guerres desVénitiens 8c des Génois, Nicolas Carceiro, neuviè-me duc de l’Archipel, s etant déclaré pour les pre-miers, Zia, qui étoitde fa dépendance, fur assié-gée par Philippe Doria , gouverneur de Scio. Laó-arnifon, qui n’étoit que de cent hommes, le ren-dit à discrétion dans la citadelle du bourg. Dli Gan-ge, Histoire de Constantinople, l. 3, qui rapportecette expédition, à l’an 1 , a cru quel’isle de Zia
appartenoit aux Génois ; mais il vaut mieux s en te-nir au pere Sauger, qui a examiné , furies lieux, lesarchives de Naxie. Zia fut ensuite rendue aux ducs
de l’Archipel, qui la conservèrent jusqu’à la. déca-dence de leur état. Jacques Crispole, le dernier duc,la donna en dot à fa sœur Thadée, femme de Jean-François de Sommerive, huitième 8c dernier sei-gneur (PAndros , dépouillé par Barberousíe , fousSolyman II. * Du Ccuige , Hist. de Constantinople,L 2.
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Arme, la Madôna d’Episcopi , Daphni & Sainrc-Marine , ôù l’on fait voir, comme une merveille dupays, une ancienne tour carrée , bâtie de gros quar-.tiers de pierre ordinaire, coupés obliquement fur lescôtés, pour ne pas trop les racourcir, en les équar-rissant , & taillés à face de diamans. L’air les a fortendommagés ; mais , à parler franchement , cettepiéce n’est pas fort digne d’admiration. Au-desfousde Sainte-Marine, en allant à la Mer, coule un pe-tit ruisseau j cepourroitbien être ì'Ehxus, qui pas-íoit àCareslus.
Les bourgeois de Zia s’attroupent ordinairement,pour filer de la foie , 8c s’asfeyent fur les bords deleurs terrasses , afin de laisser tomber le fuseau jus-qu’au bas de la rue, qu ils retirent ensuite , roulantle fil. De Tournefort 8c sa compagnie trouvèrentl’évêque Grec en cette posture, qui demanda quelsgens ils croient, 8c leur fit dire que leurs occupationsétoient bien frivoles, s’ils ne çherchoient que desplantes 8c de vieux marbres ; mais il eut, pour répon-se, que l’on seroit plus édifié de lui voir, à la main,les .œuvres de saint Chryfostôme ou de saint Basile,que le fuseau.
Les capots de poil de chèvre , que l’on travailledans cette isle , font fort commodes : l’eau ne lesperce pas facilement. Cette étoffe n’est d’abordqu’une espèce de toile fort lâche ; mais elle s’épaissit8c devient fort serrée, en sortant de chez les ou-vriers, qui la foulent avec les pieds, fur le fable dela Mer encore mouillé ; après qu’elle est bien amol-lie 8c souple, on l’etend au soleil, avec des contre-poids de pierre, de peur qu’elle ne se ride troppromptement: ces fils se rapprochent peu-à-peu , 8cse ferrent les uns contre les autres, de maniéré quetoute l’étoffe fe rétrécit également.
Pline 8c Solin, son compilateur, assurent que lesétoffes de foie furent inventées dans cette isle j maisil est aisé de montrer que ce fut dans celle de Cos, lapatrie du fameux Hippocrate. Le même Pline, /. 16 ,c. 27, a remarqué que l’on cultivoit, dans Zia , lesfiguiers avec beaucoup de foin j ce que l’on fait en-core aujourd’hui.
Le pain d'orge & les figues sèches font la principalenourriture des payía ns gj. des mo j nes de l’Archipel ;mais il s en faut bien que fes figues soient aussi bon-nes que celles que l’on sèche en Provence, en Italie8c en Espagne. La chaleur du four leur fait perdretoute leur délicatesse 8c leur hon goût.
Avant notre départ de Zia, ajoute de Toprne-fort, nous montâmes fur la tour du monastère deS. Pantaléon, où nous fîmes la station géographiquesuivante :
L'isle de Zia est assez bien cultivée à présent, 8tfes champs font fertiles. On y nourrit de bons trou-peaux ; mais on y recueille peu de froment, beau-coup d’orge , assez de vin, plus de foie qu’à Ther-mie, 8c beaucoup de Helani ; c’est ainsi qu’on ap-pelle le fruit d’une des plus belles espèces de chêne,qui soit au monde ; les Grecs nomment cet arbre ,Veladina , II y a aussi, dans cette isle , aussi-hienque dans celle de Thermie , le long des chemins ,une belle espèce de bouillon blanc, à feuilles ondées,cotonneuses 8c blanches , bien différent de celui quivient en Provence 8c en Languedoc. On trouve en-core dans cette isle, du plomb, semblable à celuide Siphanto, 8c principalement au-delà du monastèrede Sainte-Marine. Onvoit, dans ce quartier-là, dèla craye, assez semblable à celle de Briançon. D'ail-leurs , Zia manque d’huile 8c de bois. Le gibier yabonde, surtout, les perdrix 8c les pigeons ; maissouvent les habitans n’ont ni poudre ni plomb, pourles tuer.
II n’y a que cinq ou six familles du Rit Latin, dansZia. Leur église est pauvre , 8c desservie par un vi-caire, à qui l’évêque de Tine ne donne que quinzeécus par an, encore faut-il qu’il les aille chercher àTine: car on ne connoît pas les lettres de changedans ce pays. L’évêque Grec est assez riche, 8c toutel’isle est pleine de papas 8c de chapelles. On comptecinq monastères de ce Rit : S. Pantaléon, Sainte
Macronìsi 8c le Cap-Colonne restent à l’Ouest-Nord-Ouest.
Guidaronifi 8c Porto - Leone d’Athènes , àV Ouest.
Saint George d’Albora 8c Hydra, à l’Ouest-Sud-Ouest.
Engia ou Egina, entre l’Ouest 8c l’Ouest-Sud-Ouest.
Thermie , entre îe Sud 8c le Sud- 5 ud-Est.
Serpho 8c Siphanto, au Sud.
Milo, entre le Sud 8c le Sud-Sud-Ouest.
Syra, àl'Est-Sud-Est.
Andros, ailNord-Est.
Caristo, au Nord-Nord-Est.
Joura, àl’Est. . . _
Tine /entre l’Est 8c l’Est-Sud-EíLLe Cap Skilli, à f Ouest.
Négrepont, au Nord-
Le Port Raphti, au Nord-OueíL
On compte de Zia au Port-Coîonfie, dix-huitmilles j au cap d’Oro, quarante milles ; 8c du capd’Oro, au Cap-Colonne, soixante milles.
Le Port de Zia a son entrée entrel’Ouest-Nord-Ouest, 8cle Nord-Ouest. H est bon pour les plus gr OSvaisseaux 8c pour les plus grandes flottes. Le "b onmouillage est à droite, 8c la fontaine, pour faire ai-guade , n’en est pas loin. A gauche, est la rade, ap-
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