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XXII.
11. La Fille de S. GALL.
j. L K Souverain ; c’est la ville de S. Gall, où il saut remarquer :
1, La ville même.
C’est une ville de médiocre grandeur, mais belle, dans une agréable vallée du Haut-Thourgaw,à deux lieues du Lac de Constance, qui doit ton accroissement à l’Abbaye du même nom.
C’éroit autrefois un bourg, qui fut fermé de murailles en 054, & achevé en 980, 8c qui devintville Impériale , fous l’Empereur O thon I, dans le dixième siécle. .
Elle étoit comme bourg, fous la domination de l’Abbé ; mais dans la fuite , elle fut affranchie enpartie , par les Empereurs, 8c en partie par les Abbés mêmes ; qui vendoient de tems-en-temsdivers privilèges aux Bourgeois, tellement qu’aujourd’hui elle fait une petite République, libredepuis plusieurs siécles.
Dès 1378 , elle devint fort célébré, par le grand négoce, 8c la fabrique des Toiles. D’autres Fa-■ briques 8c Manufactures commencent ausii à y fleurir depuis quelques rems.
Le droit des Causes criminelles, qui appartenoit auparavant à un Prévôt de l’Empire, fut donnéà la ville, en 1401.
2. Le Civil : la Souveraineté réside dans
les trois Bourguemestres, qui président tour-a-t-our ;
le Petit-Co-feil, de vingt-quatre personnes, qui font les trois Bourgue-mestres, neuf Sénateurs 8edouze Tribuns;
le Grand-t.orfeil, de quatre-vingt-dix personnes, qui font tout le Petit-Confeil, 8c onze per-sonnes de chaque Tribus :
Caria ville est partagée en la Société des Nobles, qu’on appelle la.Compag .is de Notenstein , 8cen six Tribus des Artisans, dont celle des Tisserans est la principale.
Outre cela, il y a la Justice de la ville, la Chambre des cinq , & quôlques autres Chambres.L’Abbé n’y poste de plus rien.
A. Le Spirituel :
La Réformation s’y introduisit en 152*;.
Il y a dans la ville trois Temples & une Eglise Françoise ; dans les Fauxbourgs deux Temples,8c en tout cinq paroisses.
Item, un Consistoire de neuf personnes , dont trois sont Ecclésiastiques.
4. La Relation avec le Corps Helvétique.
Cette ville a fait plusieurs alliances, pour fe maintenir ; mais les plus utiles font ces deux :
1. Avec la ville de Nuremberg , pour franchise réciproque de péage , l’an 1387.
2. Avec les VI. Cantons, ZTrlch, Berne, Lucerne, Schwitz, Zoug 8c Claris, une allianceperpétuelle, en 1454, par où elle fut admise comme second Etat-Allié de la Suisse.
II. Les Sujets , où il faut observer :
1. S. Gall fut contrainte, par un Traité, en 1490, de ceder à l’Abbé le Château & Juridictionsd’OberdorssSc Andtweil, O ber 8c Nider-Steînacb.
. L’Hôpiral de la ville possede, en fiefs liges de l’Abbé, plusieurs Terres dansle Rheinthal,îe Thourgaw,
8c le Togger.bourg.
En outre , lui appartiennent les Seigneuries d’Almenfperg, Ruti 8c Nider-Aîcsi, dans le Thourgaw.
. Cette ville a, eu égard à fa grandeur , tant de fondations, pour soulager les pauvres & miiérablès
de toute condition, qu’on trouvera peu d’endroits, qui fassent tanr de charités à rroportion.
.. Le Territoire, autour de la ville, lui appartient ; on l’appelle ^sDtdtí'-liSCtíCtytv. Elle possede aussi, en Basse-.Turisoiction, dans le Thourgaw, le Bailliage de I ùrglen, Amtner-fchwil, Buchweilen 8c Hassenriithi, acheté en 1579 8c après, où elle envoye un Baillis de la Bour-geoisie, pour six ans.
XXIII.
11 7 . IV. & F. Les trois Ligues des GRISONS.
T , F. Souverain est tout le Peuple d’une grande partie de l’Ancienne-Rhétie , qui s’étendoit autrefois jusi-qu’au Lac de Constance , 8c au-dessous du Lac de Vallenstatt.
Les Rhétiens sont une Colonie des Toscans, qui vint habiter les Alpes Lepontiennes, vers les sour-ces du Rhin ; on les appelle Grisons du noin de leur premiere Ligue. Leur pays est long de trente-cinq lieues, fur trente de large; on y parle Allemand ; en quelques lieux, Italien; 8c dans laplus grande partie, la largue Romaine, de laquelle, au rapport de Mezerai, fur l’année 842vient la langue E’rançoise d’aujourd’hui. Voyez le Corps Diplomatique de Dumont, sous la mêmeannée.
Ils furent sous la domination des Empereurs Romains , depuis sous les Rois Francs, & fous l’Empire,d’où ils obtinrent de grands privilèges , à cause de leurs bons services. L’Evêque de Coite & quel-ques Seigneurs f à la plupart defquels la Maison d’Autriche a succédé) obtinrent des droits, plus oumoins, íùr presque toutes les Communes de ce pays. Mais ces Communes fe font toutes rachetées,même de la Maison d’Autriche, qui ne possede aujourd'hui que la Seigneurie de Razuns, relevantpourtant des trois Ligues, dont elle fait partie. Le Jus Patronatus de l’Evêché 8c du Chapitre,appartient à la Ligue-Caddée.
Moyennant lefdits Privilèges , obtenus des Empereurs, 8c les susdits Rachats, les Grisons fôrmerentune République-Eémocratique de trois Ligues, qui sont :
i°. La Ligue-Griíe ou Haute sit fa Confédération en 1424.
2 0 . La Ligue-Caddée, ou de la Maison de Dieu, prétend que fa Confédération est encoreplus ancienne.
3 0 . La Ligue des dix Juridictions, qui surfirent par Confédération perpétuelle, en 1436.