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Tome premier. A - B.
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XLIV
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XLIV

V I E D E Mr, BAYLE.

si) Ltltns&c, ubi

iiutt. p.ZÍJ,2Í4.

fl) Ibid.p. xts,lï 6 .

(ì) Voyezson Elogedans lesMémoiresfour l’His-toire det Sci-ences dr desbeaux ^Arts tDecembre1704 , Art.IV. p 440& íuiv. Ed.de Holl.

il répondit aussi à ce que St. Augustin avoit dit fur cette matière dans quelques autres 1687,Lettres.

Dès qu’il eut vû la Réponse de Mr. Jurieu, il écrivit une Lettre à son Libraire, datéede Londres leyi de Mai 1687. ,, Si vous avez, lui dit-il, encore du teins pour cela, (6c

,, il n’importe que vous ayez déja vendu quelques exemplaires) je vous prie, Monsieur,

„ de publier ce qui fuit à la tête de la 3. Partie”, il dit ensuite qu’il vient de lire leTraité des droits des deux Souverains &c. contre un Livre intitulé Commentaire Philosophique6cc, 6c qu’il l’a trouvé une fausse 6c très-foible attaque de ce Commentaire. ,, L’Au-„ teur, ajoute-1-il, avoué dès l’entrée que malgré lui 6c la nature, son chagrin 6c la vo-„ lonté d’un de ses amis le vont ériger en Auteur. C’est avoir peu.de jugement que d'a-„ voiler une telle chose. Le chagrin ne doit pas entrer dans la composition d'un Ou-

,, vrage. Son Ouvrage est vicieux dans les endroits qui devroient être le plus

„ essentiellement solides , puisqu’il ne roule que fur une fausse position de l’état de la„ question 6c qu’il s’y bat contre un fantôme , je veux dire ‘contre une opinion qu’il„ m’impute faussement. II fe tué de prouver que l’on pèche 6c que l’on offense Dieu„ très-souvent en agissant selon les lumières de la conscience. Qui lui nie cela? Ne Tai-„ je pas dit très-clairement eivplus d’un lieu? II m’accufe aussi d’introduire l’indifferen-,, ce des Religions, 6c au-contraire il n’y eût jamais de doctrine plus opposée à cela que„ celle qui établit qu’il faut toujours se conduire selon sa conscience. Pareilles illusions,, règnent dans l’endroit où il parle de la puissance legislatrice du Souverain en matière,, de Religion. Pour les citations de l’Ecriture, elles font fort fréquentés dans son livre;

„ mais la pluspart mal entendues 6c à la S. Augustin. En un mot cet Auteur s’est ingéré,, dans les choses qu’il n’a point veuës, ôc a continuellement commis le Sophisme de ne,, point prouver ce qu’il faloit.

L’indisposition de Mr. Bayle continuant-toujours, il forma le dessein de changer d’air,

Sc d’aller prendre les eaux d’Aix la Chapelle. II partit de Rotterdam le 8. d’Août 6c allaà Cleves, où il arriva le 13. du même mois. Le lendemain il alla loger chez Mr. Fer-raud, Ministre du Chateau de Cleves, 6c y demeura jusqu’au ip. de Septembre qu’il pas-sa à Bois-le-Duc, 6c de là à Aix la Chapelle accompagné de Mr. Pielat Ministre de Rot-terdam, 6c de Mr. Far j on Ministre de Vaals. II revint à Rotterdam le 18. d'Octobre:mais il fut obligé de fe reposer encore quelques mois; comme il le marque à Mr. Con-stant, dans ur.e Lettre du 22. de Mars 1688. „ II y a plus de 13. mois, dit-il (1), que

„ je tombai malade. Depuis ce tems-là, je p’ai fait que miner 8c languir, 6c je com-„ mence seulement à ce retour de Printems à pouvoir reprendre un peu d’exercice lite-„ raire. A mon retour d’Aix-la-Chapelle, où j’avois été boire les eaux, je trouvai ici

„ Mr. vôtre fils.mais malheureusement pour moi, j’étois quasi hors d’état encore

,, de parler beaucoup, fans exciter ma petite fievre lente; ce qui a été ma continuelle„ persécution durant ma maladie : pour peu que je me mêlasse de conversation, j’empirois,, mon mal”. II s’explique -plus particulièrement dans fa Lettre à Mr. Lenfant du 20 deJuillet. „ Vous me faites bien de l’honneur, dit-il (2), de vous souvenir comme vous„ faites, d’un homme quasi mort au monde, 8c effacé de la mémoire des vivans.

J’ai fait un voyage à Cleves, un autre à Aix; 6c à mon retour ici, je me fuis plongé” tout l’Hiver dans un Quiétifme le plus grand du monde, ne lisant ni n’écrivant pas une” panse d’a. Enfin , quand j’ai crû m’être assez reposé, je n’ai repris le travail, que„ pour mes Leçons de Philosophie, d’abord publiques, & puis aussi particulières; ÔC à

„ l’égard du reste j’ai gardé 6c je garde encore une pleine 6c parfaite oisiveté.

„ Je ne me fuis pas encore remis à lire: je ne parcours pas même les Journaux; 6c de peur,, que je ne me fente tenté de rompre le doux charme de la paresse, je vai rarement chez„ les Libraires : ainsi je ne sai point ce qui se passe de nouveau chez eux. Le hazard fait„ quelquefois que j'entends dire qu’il court tel 8c tel Livre ”.

Tous les gens de Lettres avoient été affligez de 1 a maladie de Mr. Bayle : ils furentravis d’aprendre son rétablissement. Mr. dû Tot de Ferrare, Conseiller au Parlement deRouen, homme de beaucoup de mérité, 8c très versé dans le style lapidaire (3), en té-moigna fa joye par cette belle Inscription :

In

DoEHJJimi BœliìSanitatem refiitutam

S O T E R I A.

Qu lE TE IvIORI VETAT GLORIA,

AEgrotare PROHIBET.

Omnibus carus et utilisScRÏPTORES

Cri TIC A FACE ELUCIDA S T I,

CeN’SORIA NOTA EMENDASTI.

QUiESITOR urnam movensMagnum in no m en iturosiEternitati

ProNUBA MANU DIC ASTI.

Laboribus tuis alienos absumis.

Deliciis nostris nusqjjam absumendus.

In hoc venerandus

Qu OD NEMINEM C O N T E M P S I S TI :

In hoc verendus

Qu OD NEMINEM FORMIDASTi:

DlGNUS QUI VERITATIS ANNOS EXiEQUES.

Qui I-ARANTSM SUSTENTAS COGNATAM VBRITATI

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