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Tome premier. A - B.
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Livre fut trouvé dans l’Ile de Maguelonne, auprès de Montpellier, par Albanus Torinus, qui lepublia à Baie, douze ans après (A). II avoit été déjà trouvé ailleurs,près de cent ans auparavant, fousle Pape Nicolas V, par Enoch d’Afcoli [h). II y avoit au Titre M. Cacilius Apicius. Voffîus esti-me que l’Auteur s’apelle M. Caelius, ou M. Caecilius, & qu’il intitula ion Ouvrage, Apicius , àcause qu’il traitoit de la cuisine (i). On trouve dans les Remarques de Casaubon sur Athenée quelquechoie touchant notre Apicius (^). J’ai découvert quelques fautes à son sujet dans différens Auteurs (C).

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Cap. VI, frLibr. IV ,Cap. XIX*

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(L) Son Livre fut trouvé far Albanus Torinus, qui lepublia à Bále, douze ans après.] II le fit imprimer in 4> TaniJ4i. II y joignit le Traité de Paul ABgineta de Eacultati-but Alimentorum, qu’il avoit traduit, 8c les dix Livres dePlatine de tuendâ Valetudine, de Naturâ Kerum , cr PopinaScientiâ. 11 dit dans fa Préface, qu’étant allé à l’Ue de Ma-guelonne, il y avoit douze áns, avec Guillaume Pellis-fier ( 7 ), il avoit vu un Manuscrit, où il reconut par la tra-ce des caractères le Titre : de Caeeii Apitii de reculinaria l i b r r x. II eut un ttès-gtaud plaisir de fadécouverte. II fit copier exactement cet Ouvrage : il sentitd’abord que c’étoit k production d’un ancien Auteur;mais comme le Manuscrit étoit dans un grand désordre,il crut qu’avant que de le mettre fous la presse il le faloitcollationner avec l'éxemplaire de Venise , qu’il attendittrès-long-tems. On le lui envoia enfin , & il le trouvaplus corrompu que celui de Maguelonne. II eût renoncépour jamais à F impression de ce Livre, si quelques étu-dians ne Périssent contraint par leurs plaintes 8c par leursimportunite7. à le publier. II s’en fit la même année uneseconde Edition in 8, à Lion, chez Sebastien Gryphius.On le publia à Zurich, l’an 1541, in 4, avec les Notes Scles Corrections de Gabriel Humelbergius. Je ne croi pasque Gefner, ni Limier, méritent aucune censure, pouravoir dit que cet Ouvrage fut imprimé à Venise , avantqu’Albanus Torinus l’eút mis au jour. On prétend qu’ilsn’ont pas bien entendu les expressions de ce Torinus. InBibl. Simlero-Gefneriana dicuntur Apicii libri primum exeufiVenctiìs , quod acceptum eft ex maie intelleùíis Torini verbis indedicatione (8). Voici quelles font ces expressions: Pre-menàumplane cenfebatn donec melioris alicujus exemplarìs fieretcopia , quod acceperam ejfe annis ab hinc plus minus quinqua-ginta Venetiis exprejfum (9). Quoique cela n’aprenne pasavec la derniere clarté qu’il s’agit dune impression, on estnéanmoins excusable de l’entendre ainsi, 8c il se trouve eneffet qu’un Bibliographe assure qu’Apitius fut imprimé àVenise, l’an 1503, in 4, apud Johan. de Cereto de Tridi-no v 10). Les héritiers d’André Wechel avoient eu quel-que pensée de rimprimer cet Ouvrage. Pignorius leur fitoffrir par Vclíerus un bon Manuscrit, (n). Cela n’eut pointde suite. II y avoit dans la Bibliothèque des Ducs d’Urbinun Apicius, dont les caractères font semblables à ceux desPandectes Florentines. II est aujourd’hui dans la Biblio-thèque du Vatican. Gudius le conféra avec l’Edition deLion ( 12. ). Au reste, Albanus Torinus a été repris fortaigrement d’avoir trouvé l’air Sc le goût de l’antiquité danscet Auteur. Olfaciebam statim autorem ejfe vetustijfimum , ct*obfopoeum, qui de re popinali, lingua coquinaria egregie pra-ter cateros fcripfijjet , er qui objonia delicatius quam pro ea eta-te , qun glandibus vejeerentur homines, confecijfet 1^13). La-tinus Latinius assûre qu’il faut être bien grossier , pour enfaire ce jugement, 8c que ce prétendu Apicius n’elt qu’unsot, 8c un barbare, dont quelques-unes des maniérés d’a-prêter ne sont propres qu’à écorcher la bouche , 8c qu’àsoulever l’estomac. In Latini Latinii Bibl. prof ana, ubi quet-dam illius viri dodli in Apiciutn obfervationes leguntur , adverba editoris , ubi in pr&fat. ait se statim olfeciiïe autoremesse vetustissimum, h&c nota occurrit: „ Quam vereor ne„ tuas nares obeíìores fuerint: Quid enim vetustatis redo-», lere possunt verba femibarbara, 8c ab eo florenti fcculo», prorsus aliéna? Ego vero, ut quod senti0 paucis expe-„ diam. commentum puto esse hominis otioíissimi, qui», cum illudere posteris ejusdem naris facile sibi esse perfua-» sisset, mentito nomine Apicium credidit venditare posse.„ Sed passim occurrunt, qui bus psene manifesto prodit„ scipsum autor ineptus, barbares, 8c nullius in ea arte in-» genii, aut gustus, qui ea interdum conjungat ad faporis»» gratiam, quas usu docente omnes scimus fummam pala-», to molestiam nauseamque stomacho creare folere (14).,,Ce jugement de Latinius n’est pas mauvais : Isaac Grangteuseût mieux fait de s’y conformer, que de prétendre, queles dix Livres de Re coquinaria , qui courent sous le nomd'Apicius, ont été écrits par notre second Apicius (15). J’a-v oue que le Scholiaste de Juvénal observe que cet Apiciusfit un Traité de Cuisine (16): j'avoue aussi qu Isidore deSeville attribue un semblable Ouvrage à ce même Apicius:Coquina apparatum Apicius quidam primas composait qui in eoubjumptis bonis morte voluntaria periit (17). Mais ce nesont pas deux Ecrivains, dont le témoignage puisie balan-lc poids du silence de tant d’Auteurs plus dignes de foi,

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qui ont eu des occasions inévitables de citer ce Livre

fi Apicius. En tout cas, la bonne Critique demande quenous jugions que si ce Livre a existé, ce n’estjpoint celui

K a Pui st u ’Albanus Torinus a mis en lumière.

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( C ) J’ai découvert quelques fautes à son sujet dans différonsAuteurs .] Je commence par Mr. M o r e'r I. II no devoir pasfine, ni q Ue l’Apicius dont parle Seneque a écrit un Ou-vrage des Délicatesses da manger , ni qu’il fe pendit de desef-poir , voiant qu il avoit dissipé tout ce qu il avoit. Mr.Morél'icite Sen e q ue li. de consol. Cela est trop vague , puis quenous avons trois Traités de ce Philosophe intitulez, de Con-

solât ione. II faloit citer celui qu’il adresse à fa mere. Ony volt qu’Apicius s’empoifonna, pour avoir trouvé par lecalcul de ses biens, qu’il ne lui resteroit que la somme de250 mille livres, toutes ses dettes paiées (18). JEre alienooppressas , rationes suas tune prìmum coattus inspexit. Super-futurum fibi fistertium centies computavit , e/ velut in ultimâfamé vidlurus fiseftertio centies vixiffet, veneno vitam finivit.toquant a luxaria erat , cui sestertium centies egestasfuit (19) !Martial a fait là-dessus cette Epigramme:

Dederat , Apici , bis tricenties yentri ,

Sed adhuc supererat centies tibi laxum.

Hoc tu gravatus, ne famem if fitim ferres,

Summa venenum potione duxifli.

Nil est, Apici, tibi galopas faftum (20).

N’avoir pas suivi l’Auteur qu’on cite» quant au genre demort, est une petite faute; mais on a ôté à cette histoiretout son merveilleux, lors qu’on a snprimé la somme quirestoit à ce prodigue. La citation d’Arhenée//. n ne vautrien du tout. Enfin Mr. Moréri devoir savoir qu’il y aeu trois Apicius, 8c ne se borner pas à un. CharlesEtienne prétend que l’Apicius, dont parle Seneque (21),se pendit, 8c qu’ii avoit publié un Livre de Guis. Irritamen-tis, qui est encore aujourd’hui entre les mains de tout lemonde. 11 n’y a point de bon Critique, qui croie quel’Ouvrage , que nous avons de Re Culinariâ, soit de l’Api-cius dont Seneque fait mention (22); quoi qu’il en soit,voilà fur quel original Mr. Moréri a fait une partie de sesfautes. C est de là qu’il a tiré qu’Apicius sc pendit, qu’A-picius écrivit un Livre des Délicatesses du manger. II faloitaussi en prendre qu’Apicius avoit encore 250 mille francs;car c’est un fait que Charles Etienne n’a point omis.L l o v d a suivi en tout Charles Etienne, excepté qu’il n’apoint dit que l’Ouvrage deGuls Irritamentis soit aujourd’huientre les mains de tout le monde. 11 a considérablementaugmenté l’Article , en copiant ce que Lipfe a remarquéfur les trois Apicius ; mais il n’a point su que le passage deSuidas, touchant les huîtres envoiées à Trajan au païsdes Parthes , se trouve dans Athenée. La mémoire desplus grans hommes leur fait faux bond mille 8c mille fois.Voilà Lipfe, qui cite deux fois Athenée, au sujet des Api-cius, 8c qui ne se souvient pas d’un troisième endroit d’A-thenée, aussi notable pour le moins que les deux autres(23). S’il l’eût consulté, il n’eût point eu de soupçonque le mot Trajan , fût corrompu dans Suidas. Hof-man n’a fait que copier Lloyd, hormis qu’il a cité plusde passages. Ses citations ne sont pas toujours bien justes;car par exemple, il cite Seneque de Confclatione ad Albin.8c de Consol. ad Elbiam, comme fi c etoient deux Ouvrages.Casaubon (24) attribue à Athenée d’avoir dit que plu-sieurs gâteaux portoient le nom du prémier Apicius; maisil est certain qu’Athenée dit cela du second Apicius, de ce-lui qui vivoit fous l’empire de Tibere : R'yénso

TitoffiN XfónNS à'ióp Tie AViV-ío; , ■srXmnára.'ìoc, tsvtp

ù orSíUKíítla, yénj íroAAà AVdsííí òioieá^cicii ( zsj.Tiberiisiculo vixit Apicius, vir ditijpmus , Inxufolutus, à. quo com-plura placentarum généra Apicia nommant. Dalechamp alaissé dans la Traduction d'Athenée une faute, dont il étoitfacile de s’apercevoir- Elle est au IV livre, page 168.Athenée aiant raporté ce que Posidonius avoit dit touchantle prémier Apicius, homme diffamé pour fa gourmandise,ajoute, Ttipi Pi A'srixm têt xctï àvrS hrì ùe-aría Pix/ 2 oé,rU év70Ï5 TTjteoiç iiçéx.atit'f, ce qui signifie, que dès le commen-cement , il avoit parlé d’Apicius, qui étoit fameux lui aussipar fa gourmandise. Ainsi la Version Latine est fausse,Antea nos quoque istius Apicii ob immodkum luxum famofì me-minimus .- elle est, dis-je, doublement fausse ; car elle nerépond point à la force des mots Grecs, 8c elle impute àAthenée un mensonge. II n’est point vrai qu’Athenée eútdéjà parlé de F Apicius dont Posidonius avoit fait mention.Dalechamp marque qu’Athenée, au III livre, a parlé dumême Apicius dont il s’agit au commencement de la page7 (26): je croi que cela est faux. Je ne dis rien fur cequ’il cite Coelius l. j. cap. 30 (27 ). II veut parler de C05-lius Rhodiginus, dont le cinquième livre n’a quequatorze chapitres : c’est le chapitre XI du IX livre, qu’ilfaloit citer (28). Cet Auteur dit là plusieurs choses d’Api-cius : mais s’il falsifie par tout ailleurs ce qu’il cite , com-me il falsifie en cet endroit un passage d - Athenée, malheurà ceux qui le donnent pour leur caution. Athenée; selonlui, raconte qu’Apicius, cherchant une espece d’écrevicesà Alexandrie, avec une extrême diligence, aprit qu’on enprenoit de fort grandes fur les Côtes de Libye : tout aussi-tôt, il fit voile de ce côté-là ; 8c aiant trouvé qu’on luien avoit fait acroire, il maudit le païs, &c s’en éloigna,bien résolu de n’y retourner de sa vie. Ce n’est nullementce qu’Athenée raporte : il dit qu’Apicius mangeoit à Min-turne, dans la Campasse, une espece de sauterelles d’eau,qui surpassaient en grosseur les écrevices d’Alexandrie ; 8cqu’aiant apris qu’on en trouvoit en Afrique , qui étoientd’une grandeur démesurée, il s’y transporta sans délai, 8cKit 3 avec

f 18) J t me[ers de [éva-luation de

Lipfe furUs Annalesde T acire,Livr. IV,Chap. I.

(19) Seneca,de Consol.ad Hel-tiíim,Cap. X.

( 20) Mar-tial Epigr.XXU,Libri III.

(aï) Char-les Etiennele cite in Li-bro de Con-folationead Albinam,Casaubon,far Athe-néc ,pag. 23 ;cite de mime.

(iz) Votez.la yemarqiu(B), vertU fin.

(ri) Cestcelui du Livt.G 7-

(24) InAthen.f“g. 23.

(is) Athen,’pag. 7 .

(16) Dald-camp. Not,in Athen.pag. 7 06.

( 27) Idem ,ìbid.

(28) Je ntprétens pasmer que laI Edition deRhodiginusne fût autre-ment diviséeen Livres &en Chapitres,que celle danttout le monde

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