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& Horace fe servirent de son nom, pour désigner un Critique très-rigide (E). On Pemploie en-core aujourd’hui au même usage. Quelques-uns lui attribuent une pensée que d’autres donnent,ou à Theocrite, ou à Isocrate (F). II eut beaucoup de contestations dans Pergame, avec leGrammairien Crates ( G ) > & il mourut dans l’Ile de Cypre, à Page de soixante-douze ans. Ilétoit devenu hydropiquc, & il ne trouva point de meilleur remede contre ce mal, que de 1e suremourir de faim. II lbrtit de son Ecole jusqu’à quarante Grammairiens '{H}. 11 laissa deux fils,
qui n’eurent pour tout mérite qu’une grande simplicité. Celui qui porta le nom de son pere futvendu i mais les Athéniens le rachetèrent (f). J’aurai quelque chose à dire contre Moréri (/).
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quodam ácumine castigabat veterum scripta , atque ideocolligendis Homen veriibus prrepositus fuit. In quibus vi-des miros Anachronismes. Primus , qui Aristarchum sub Pi-fifirato collocat. Secundus, qui Cimthum Chium ajferit pri-innm Homeri Po'estm difpersam recitajfe, Cum uterqut paft Pi-ststrati tempera floruertt. Cin&thus enim fi Pindarï Scholiastacredimus in Nemeon, od. !.. sub Olympiade sexagefima nona.apud Syracùsas Homeri carmìna ipxfrad-oo-t (45).
(£) Cicéron cr Horace se servirent de son nom, pour dési-gner un Critique très-rigide.’] Consultez la Harangue con-tre Pison, vous y trouverez ceS paroles : Vcrum tamen ,quoniam te non Aristarchum ,sed Phalarim Grammaticum ka-íemus, qui non notam apponas ad malum versum,sed Poè-tam armis perfequare,frire cupio quid tandem ifio in versa re-prehendas, Cédant arma toget (45*). Le même Orateur décla-re qu’il redoutoit les coups d’ongle de son ami Atticus. Nostrum opus iibi probari Isttor •' ex quo «v$jj ipsa posuijii qua mthiftorentiora sunt visa tuo judicìo. Csrulas enim tuas mïnia-tulas illas exttmescebam (46). C’eft ainsi qu’on s’exprime-roit aujourd'hui, pour signifier les censures qu’uh lecteurvoudroit marquer à la marge de quelque Livre, & les c&-rulas miniatulas du passage que je raporte. Atticus étoitdonc un de ces amis fidèles, qui examinent sévèrement lescompositions de letirs amis. Pour marquer cela, Cicéronlapelle son Aristarque. &tnid multa? totum hune locum,quem ego varie meis orationibus, quarutn tu Arifiarchus es , so-leo pingere, de flamma, de ferro, ( nosti illas Átixóêx 5) valdégraviter pertexmt (47 }. LesVers d’Horace que je vais ci-ter donnent une idée qui est une forte preuve de mon texte.
Vir bonus CT prudens versus reprehendet inertes 3Culpabit duros: ìncomptts allinet atrumTransverso calamo ftgnum : ambitiosa recidetOrnamenta: par 'ùm claris lucem dare coget ;
Arguet ambiguë diélum : mutanda notabit .-Fiet Arifiarchus : nec dicet, Cur ego amicumOffendam in nugit (48)?
( F ) Quelques-uns lut attribuent ùne pensée, que d autres don-nent, ou à Theocrite , ou à Isocrate.] ,, On raporte ce bon» mot d’Aristarque: Je ne puis pas écrire ce que je voudrois,» O 1 je ne veux pas écrire ce que je pourrois (49). ” Voilàce que dit Mr. Dacìer fur ces paroles d’Horace : Si quan-tU7n cupercm, pojfem quoque (50). Jusqu’ici, aucun des Au-teurs que j'ai consultez ne m’a conduit à la source: mes re-cherches ont été encore plus inutiles qu’à l’égard de la pro-phétie d’Aristarque. C’est ce qui me fait souhaiter passion-nément que Mr. Dacier, & plusieurs autres qui lui ressem-blent en cela, veuillent avoir la bonté de fe défaire de lacoutume de ne point citer. Craignent-ils que le grand &le beau monde, pour qui ils travaillent, ne jugent que lescitations sentent trop l’Auteur, le Pais Latin, l'Universi-té? Mais j’ai de la peine à croire qu’un Comte de Gui-che (51), par éxemple, eût été fâché de savoir où l'ontrouve qu’Aristarque a dit ce bon mot, & qu’on l’á traitéde Prophète. Toute Dame, qui aime lerudition, seroitencore plus aise de savoir si Plutarque, ou Aristote, repor-tent un fait, que de savoir en général qu’on l a raporte.Cela soit dit en passant. Revenons à notre texte. Nouslisons dans les Recueils de Stobée, que Theocrite, inter-rogé pourquoi il n’écrivoit pas, répondit, Pàrce que je nepourrois lé faire comme je voudrois, òr que jè ne veux pas lefaire tomme je pourrois. Plu ji d c rwysçáçiei, »?i
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u-xt ( 52. ). Isocrate, étant à la table de Nìcocreon Roi deCypre, fut prié de discourir : il n’en voulut rien faire, &allégua cette excuse, Ce que je fui n est pas de saison , e/ cequi seroit de saison , je ne le sai pàs. Oïç fíìi tyu , dx ôs ov xxtf lòç. 6Í5 pè ò 101 xxipòç, dx. tya Ptucg (53). F)e qui-tus ego vim habeo dicendi rébus, eas occafio non admittìt .- dequibus autem dicere jam effet tempeftivum, de iis nihtl valeoeloqui. Cela me fait souvenir de cette pensée de Seneque,» Je n’aì jamais voulu plaire au peuple ; car il n’aprouve» point ce que je sai, Sc je ne sai point ce qu’il approuve. "Numquam volui populo placere, nam qua ego scia non probat pò-pultis; qu& probat populus ego nefrio (54).
(O) ll eut beaucoup de contestations dans Pergame, avec léGrammairien Cratés ($$).] Les paroles de Suidas font ex-presses là-dessus : K^xtuIi yçxfAtAx'Jtxûi TUçyatAniw 5 tAe 7 s-<*d ‘î!«.<AAjjî-«To £ ’v lUeycifAot (56). Cum Cratete GrammaticóPergameno, Pergami frpiffime contendït. Cafaubon, en ver-tu de ce passage, soutient qtíe V Antagoniste d’Aristarque nefut pas Crates Mallotes, mais un autre Crates natif de Per-ganae Comme ce Crates Mallotes étoit contempo-
rain d'Aristarque, fort conu du Roi de Pergame , on ju-gerait aisément que ce fut lui qui disputa en plusieurs ren-contres avec Aristarque. C’est pourquoi, il est bon deprendre garde que Suidas donne Jc surnom Pergamenien àTOM. 1, ^
l’Adversaire d’Atistarque. Peut-être se_ trompe-t-il ; carceux qui citent Crates de Pergame nous lè font bien moinsconoitre comme un Grammairien, que comme un Histo-rien (58) ; & il est fur que la Grammaire étoit l'étude prin-cipale de Crates Mallotes. Lisez ce passage : Primus quan-tum opinamur ftudium Grammatica in Vrbem intulit CratesMallotes Aristarchi aqualis , qui mifsus ad finatum àb Attalorege inter jectmdum ac tertium hélium Punicum ,f 'ub ipfamFn-nii mortem, quum in regione Palatìï prolapsus in cloac/t fora-men crus fregijset , per omne legationis sttmd valetudinis tem-pusplurimas àxçêxe-eis subinde secit ajfiduìque dìjseruit, acnostris exemplofuit ad imitandum (59). C’est de Crates Mal-lotes que l’on entend ordinairement cet endroit de Varron :Crates nobilis Grammaùcus, qui fretus Chryfippo homme acu-tisttmo, qui reliquat sex libros ot test rw xiofAxÁÍxç : heis lìbreiscontra analogiam atque Aristarchum est nìxus (60). Si Var-ron a parlé là de Crates Mallotes, il est vraisemblable queSuidas á pris l’un pour l’autre ; je veux dire , que CratesMallotes, & non pas Crates de Pergame, a été l’émule denotre Aristarque. Je ne sai si jusqu’ici les Commentateursde Suetone se sont jamais avisez de le critiquer sur un pointde Chronologie dont je m’en vais dire un mot. II débiteque Crates Mallotes vint à Rome.au nom du Roi Atta-lus, environ le tems qu’Ennius mourut. La mort de cePoète tombe fur Fan de Rome 585. Or, en ce teins - là,celui qui régnoit à Pergame se nommoit Eumenes. 11 com-mença de régner l’an 556 de Rome, Lc il mourut Fan 396,laissant la tutele de son fils & la régence à son frété Anale.Si donc Crates Mallotes fut député aux Romains par cetAttale, l’exactitude chronologique ne soufre point que l’onassure qu’il fit ce volage environ le tems qu’Ennius mou-rut. Mais néanmoins Suetone nous fournit dequoi con-firmer l’opinion de ceux qui font fleurir Aristarque fousPtoloméê Philometór dans la 156 Olympiade (61). Eusebe5 c Suidas font de ce nombre.
Voslìus n’a point suivi Suetone ; car au lieu de direqu’Aristarque Lc Crates Mallotes ont été contemporains,11 a dit cela de Crates Mallotes, Lc d’Apollodore discipled’Aristarque (61). Je ne prétens point que ce soit une faus-seté: car on peut bien être contemporain, 8c du maître,Lc du disciple; mais je remarque par occasion qu’il s'estabusé dans une autre chose : il a cru qu’une Piece de Théâ-tre , qui fut traduite par Ennius, & qui étoit apellée 1 ’A-chille d Aristarque, ne portoit ce nom qu’à cause que cegrand Critique l’avoit corrigée. Ab hoc o" vêtus quidamComœdia , quam Ennius pofiea transtulit , dicebatur AchillesAristarchi. Meminit ejùs Plaltlus (63). At fie non alia dìcausta vocabatur, quam quod ab ’ eo estet emendata. C’est uneerreur. Cette Piece étoit une Tragédie d’Aristarque de Te-gée, contemporain d’Euripide. Voiez Scaliger (64).
(H) Il sortit de son Ecole jusqu d quarante Grammai-riens. ] On peut le compter pour un chef de secte, témoinces paroles de Varron: Rclmquitur de castbùs, in quo Aris-tarchei suos intendunt nervos (65). Hoc in oratione diligen-tiùs quam alìì ab Ariftarcko Grammaticì (66). Voiez auffiles railleries d’Hérodiens (67). II paroit par Suidas, quel’Ecôle d’Aristarque subsista pendant quelques siécles dansAlexandrie (68).
(/) J'aurai quelque chose d dire contre Moréri.\ I. II s’estlaissé abuser par Voisins, quand il a dit qu’Atillarque étoitde Samos (69). II. II n’y a rien de plus inutile que d’ob-server qu’Aristarque fut contemporain de Crates <70). C’estexpliquer une chose obscure par une chose plus obscure,objeurum per obfiurius. II y a eu plusieurs Crates : Dioge-ne Laërce en compte dix, les uns Philosophes, les autresPoètes, ou Grammairiens, ou Orateurs, ou Géomètres,Lee (71). Ils n’ont point vécu en même tems: ils itéraientpas du même pais ; qu’y a-t-il donc de plus inutile, que demarquer qu’Aristarque florissoit au teins de Crates ? Le pluscélèbre de tous ces Crates est 1 e Philosophe Cynique. Ainsi,le sens le plus naturel des paroles de Mr. Moréri est qu’A-ristarque a été contemporain de ce Cynique : or cela esttrès-faux; il y a de grans intervalles entre l’unjie l’autre(71). Cette censure ne regarde point Suetone , qui a ditque Crates Mallotes étoit contemporain d’Aristarque; caril n’y avoir guere de gens de lettres au fíecle de Sucto-ne qui ignorassent en quel tems avoir vécu Aristarque.III. Je ne croi point que personne dise que ce Grammai-rien composa heuf livres de correélions de ïIliade L? de l’Odisfée. C’est de Crates Mallotes, que Suidas assure cela (73),comme Voisins l’observe (74Ì. Moréri n’a point enten-du les paroles de Voffius. I V. II est faux que PtoloméêLathurus fût fils de Ptoloméê Philometor. V. Je croiqu’au fond il est vrai que notre Aristarque étoit en viela 138 Olympiade ; mais puis qu’Eusebe 8c Suidas lefont fleurir cn la 156, c’étoit celle-ci qu il saloir marquer.Voisins impute à Erssebe faussement de l avoir placé à la158 ( 75 ).
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( e) Tiré ÀiSuidas inA'picxs-Z°í.
(î SÌ VoiœsVoffius,de Histor.Gra:cis,
M- 347.
(s?) Sueton.de illuslrib.G ranimât.
Cap. U .
(60) Varro,deLinguîLatinâ,
Libr. VIIIttiìtío. Voiez,eiujjfr Livr .
Vu, pas. 97.Voiez. dansVoslìus, deHist. Graic.M- 347,flusicursîoritez quimarquent qaeCrates MalU-tes étoitGrammairiens
(61) Elle ré-pond à la findu VI Jiedede Tpme.
(fil) Voffius,de AiteGrammati-câ, Lilr. 1,Cap. VI,fag. - 4 -
(fis) Ilaur.'in ïtologoFœnuJi,
Vers. ï.
(64) Scaií-geii Ani-madv. inEuiebium,num. 1563»pag. 103.
(«s) Varro,de LinguâLatinâ,
Libr. VII,
fag. s fi.
(fi 6) Idem ,iíid.Liùr.IJQMi- « 34 -(67) ^ipi'.û fAtheimun,Libr. V,
(fi»)Suidas,m A’j lAfxá-
(fis) Voffius»de Foëci&Gricis,
«7.
(70) II y aCretes dansT Edition deIfiSS.
(71) Diog-,Laërt. in Vï-tís PhilosLibr. IV,
(71) Dioge-ne Laërce,Livr. V,num. 87 , ditque Crates le. Cynique fio-rijseit environta 113 Olym-piade.
( 73 ) Suidas,in Kax 7 ijç.
( 74) Voffius,de íoëtìsGra-c.
P“S- 67.
(75) Idem,de Histor.Gracis,
Cap. XVIITiP«l. IIP,