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ARISTON. ARISTOTE.
Spooctt’ e fpérances (c). Quelques-uns assurent qu’Ariston parvint à une extrême vieillesse (F) ; maisLib - J >f.6 7 . preuve qu'ils en aportent cil très-infirme. 11 lut Auteur de quelques Livres (G).
tre. ,, Les Médecins ,, , dit-il dans la fuite , ,, nous pro-„ mettent fa guérison. Dieu veuille ratifier leurs promes--, fes , & me délivrer enfin de cette inquiétude Et me-dici quidem sectmda nobis pollicentur : Superest , ut promijfisDeus adnuat , tandemque me bacsolicitudine exolvat. Quà li-ber atus , Laurentinum meum , hoc est libellas ZV pugillarcs, ftu-diostmque otium repetam. Nunc enim nihil legere , nìhilscri-bere, aut assidenti vacat, aut anxio libet. Habes, quid timeam,quid optem, quid etiam in posterum destinem (8). Je raportetout ce passage , tant pour l’honneur d’Ariston , que pourcelui de Pline le jeune ; car on y voit le caractère d’unbon cœur, & une preuve que la vertu a toujours trouvédes retraites dans les villes les plus corrompues par une lon-gue prospérité suivie des longues fureurs des guerres civi-les Le du gouvernement des tyrans. C’est ce qu’on pou-voir dire de Rome dans ce iîécle-là.
(F) Quelques-uns assurent qu Arìston parvint à une extrê-me vieilleffe ; mais la preuve qu ìls en donnent est tr'es-ìnfirme^]Cette preuve est tirée de ce qu’Ariston avoir affilié à desElaidoiers de Cassius, c’est-à-dire de Caïus Cassius Longi-ons , qui fut Consul sous l’Empirc de 'Libéré. Or on
compte 60 ans entre libéré & Trajan , & l’on fait qu’A-riston fut consulté par Trajan sur une affaire de Droit. Voi-là le raisonnement de Bertrand (9). On le réfute par laraison que Cassius a vécu jusques à l’Empire de Vespa-sien (10), & qu’entre le commencement de cet Empire,& celui de Trajan , il n’y a qu’environ 28 années (n).
(G) ll fut Auteur de quelques Livres .] Les Pandectcs enfont mention , & vous en verrez- les Titres dans les deuxAuteurs que je cite (ra). Voiez aussi Aulugelle , qui avoirlu dans un Ouvrage d’Ariston , que toutes forte? de volétoient permises dans l’ancienne Egypte. Id etiam meminìlegere me in libro Ariftonis fureconfulti haudquaquam indotiiviri , apud veteres JEgyptios , quod genus hominum constat z?in artibus reperiendis follettes exstitijse , z? in cognitione rerumindagandasagaces , furta omnia fuisse licita c? tmpunita (13).Bertrand conjecture que c’étoit un Traité du Larcin , puisqu’Aulugelle le cite au singulier , lui qui savoir qu’Aristonétoit Auteur de beaucoup de Livres (14).
Juriscoiisultorum , pag. 123. (12) Bertrand , & Guillaume Grotius.
Gellius , Libr. XI, Cap. XVIII, pag. z02. (14) Bertrand, de \
sultorum , pag. 299.
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ARISTOTE, nommé ordinairement le Prince des Philosophes, ou le Philosophe, parexcellence , a été le fondateur d’une Secte qui a surpassé , & qui enfin a englouti toutes les au-tres («). Ce n’est pas qu’elle n’ait eu fes revers & fes infortunes, & qu’en ce siécle XVII sortout on ne l’ait' violemment secouée {b) ; mais les Théologiens Catholiques d’un côté, & lesThéologiens Protestans de l'autre, ont couru comme au feu à son secours, & lc sont tellementfortifiés du bras séculier contre les nouveaux Philosophes, qu’il n’y a point d’aparence qu’elle per-de de long-tems fa domination. Mr. Moreri trouva tant de beaux matériaux dans un Ouvragedu Pere Rapin (c) , qu’il donna un fort long Article d'Aristote, & fort capable de me dispenser demettre la main à cette matière. Aussi n’ai-je pas dessein de m’y étendre autant qu’elle le pour-roit souffrir , & je me contenterai même de ne produire dans les Remarques qu’une partie des er-reurs que j’ai recueillies concernant ce Philosophe. Je pense en avoir trouvé quelques-unes dansla narration du Pere Rapin ( A _). Ce n’est pas un fait certain qu’Aristote ait exercé la Pharma-
(A) Je pense avoir trouvé quelques erreurs touchant Aris-tote dans la narration du Pere Rapin.'] Cette Remarque feraun peu longue ; ainsi fuserai de division.
I. Dire , qu’encore qu’Aristote eût quitté fes études parpur libertinage , z? eàt abusé quelque tems de l'indulgence deson tuteur , d réussit néanmoins dans la Poésie, témoin le Poè-me qti il composa sur la mort des guerriers qui jurent tuez ausiège de Troye (1), n’est pas raisonner juste ; car si Eusla-thius & Porphyre , qui font mention de ce Poème , ne di-sent pas expressément qu’Aristote le composa dans sa jeu-nesse (i), nous pouvons penser qu’il le fit après s’être re-mis à l’étude : & alors, on ne pourra plus débiter ce Poè-me comme une preuve des progrès qu’il fit en Poésie, non-obstant son libertinage.
II. Dire , qu ’ ayant dissipé par ses débauches une partie dubien que son pere lui avoit laisié, il se jetta dans les Troupes dela République (3I , est une expression impropre , & très-va-gue. S’il s’agissoit d’un homme né dans Athènes , ou àLacedemone , on entendroit bien cette expression ; maisil s’agit d’un homme qui étoit né dans la Macédoine. Asse-née ne conoissoit qu’un seul Auteur, qui eut dit qu’Aristo-te , aiant dépensé son patrimoine , s’enrôla , & puis se mità vendre des drogues, après avoir vu que la profession desarmes n’étoit point son fait (4). L’Auteur unique de cet-te Histoire étoit Epicure. II y a beaucoup d’aparence qu’E-licn la tenoit de lui (5). Ariílocle , qui l’a rejeltée , ne ci-te que le seul Epicure (6). Quoi qu’il en soit, aucun desAuteurs que le P. Rapin allègue ne spécifie dans quellesTroupes Aristote prit parti, & i's arrangent tous de cettemaniéré les faits. Prémierement, Aristote dépensa sonbien , puis il s’en alla à la Guerre, ensuite il leva boutique,& enfin il s’attacha aux Leçons de Platon. Le Pere Rapinveut qu’il ait été en même tems vendeur de drogues, &cdisciple de Platon. Les Auteurs qu’il cite (7) ne disentrien touchant l’union de ces deux choses ; mais je ne croipas que pour cela il le faille censurer ; car il est fort vrai-semblable , que parte qu Aristote avoit dissipé son bien , il sutcontraint, pour subsister pendant quelque tems , de faire un petittrafic de poudres de senteur, zx de remedes qu il débitoit à Athè-nes. C’est ainsi que parle le P. Rapin , par raport au temsoù Aristote étudioit en Philosophie. François Patricius vabeaucoup plus loin : il croit qu’Aristote fut auditeur de Pla-ton jusqu’à l’âge de quarante ans , & qu’il exerça la Phar-macie & la Médecine jusqu’à ce tems-là , afin d’avoir dequoi vivre. Satis constat inter omnes ad quadragesimum usqueatatis annum Platonis fuisse auditorcm : quo univers temporePharmacopolii arte, nec non etiam Medtcâ, vitium quaritajjesa-tis est z? historia z? rationi consonum (8). II ajoute qu’ancien-ttement les Médecins faisoient le métier d’Apotiquaire , &que trois raisons persuadent qu’Aristote étoit Médecin. IIétoit de famille à cela : il a composé un Ouvrage de la San-te z? des Maladies-, 8c il inspira plus que personne à Alexan-dre l’étude de la Médecine , en quoi ce Monarque aquitbeaucoup de lumières , tant pour la théorie , que pour lapratique (9). Enfin Patricius allègue le témoignage de Ti-mee. Cet Historien a fort mal parlé d’Aristote, & lui areproché nommément la fermeture d’une boutique de re-
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mec!es t rès-renommée. To voAvti)uv?ûv ìarçûov àx-oxexMi-xiru (10) , quipreciojam tabernam medicam clausit. Je ne Lais’il ne me fera point permis de m'imaginer que Tintée semoquoit en se servant de l’épithete sraXo.^u-.;rcv. Sans cela,je ne voi point qu'011 puisse accorder ce passage de Suidasavec celui qu’Euí'ebe raporte du même Timee. II nousdonne un fragment où un Péripatéticien repousse plusieursmédisances publiées contre Aristote , & en particulier cellede l’Historien Timée, qui avoit dit qu’Aristote fur fes vieuxjours ferma fa boutique de Médecin, qui étoit dans un grandmépris : if 7 rSq xv n? ÙTrob'e^atrc Ttfia,:u 7 h T c.vco put trisXtyoncc, év tasç io-rogiuic, , xb'ógx êuçuí aurov taTçttx xti) ?«§
Tv%úcrct( , è-si'e íjA ikÍuç , xXtlo-ui (n). Ce passage a étéfort mal traduit ; car la Traduction Latine fait dire à Ti-mée , qu’Aristote, dans fa vieillesse, étoit préposé à fermerla porte de la boutique d’un Médecin peu estimé. QuisTtmttum Tauromenitanum audiat dum fuis in Hiftoriis illum aitaffeilâ jam atate,negleélis obscuri cujusdam Medici ojficim clax-dendis foribus prefuisse. Ne voilà-t-il pas un emploi biendigne de la vieillesse d’Aristote ? Quel relief que d’êtreSuisse d’un Apotiquaire , ou d’un Médecin , qui iietoitpresque pas conu !
III. Clement Alexandrin assure, c’est le P. Rapin qui par-le (11) , qu Ariflote eut des conférences à Athènes avec un fuis,pour s'instruirt dans la Religion des Egyptiens. Eufebe l'a ditaussi bien que lui : l'un c? ïautre l'ont cru sur le témoignaged'un Péripatéticien nommé clearque. II y a bien à rabattedans ces paroles ; car , I, tout ce que Clément Alexandrin•assure se réduit à ceci : c’est que lc Péripatéthien Clearquedit qu’il conoit un Juif, qui a eu des conveisations avecAristote. Kxéxç%oç ò ntgisrxTiiTtxsí eìdtvcei pvc-i river. I’i>-b'xicv , óç c-vvtytvsM (13). Clearchus Peripateti-
cus dteit se nosse quemdam fudaum qui cum Aristotele versatusest. Quant au lieu & à la matière de ces conversations,demandez-en des nouvelles à qui vous voudrez plutôt qu’aClement Alexandrin. II. II n’est pas vrai qu’Eusebe affir-me là-dessus quelque chose : il nc fait que raporferles pa-roles de Clement d’Alexandrie. III. Clearque, a tique! ilfaut remonter comme à la prémiere lource , ne dit pointqu’Aristote ait eu des conversations à Assenés avec un Juif:il dit, au contraire , que ce fut dans l’Asie (14) ; & il nedit point si elles roulèrent fur la Religion des Egyptiens, oufur quelque autre matière particulière : il se tient dans unegrande généralité. Je pense bien que si nous avions sonLivre , nous y trouverions du détail ; mais nous n’enavons qu’un passage , qui fut cité par Joí'cphe dans le I Li-vre contre A pion, afin de montrer que la Nation Judaïquen’avoit pas été inconue aux Grecs. Si le P. Rapin avoitconsulté les Originaux , eût-il dit qu il est assez vraisembla-ble qu’Aristote , pour supléer au voyage d’Egypte qu on, croyoisalors nécessaire pour devenir savant, se contenta de s éclairciren particulier des mystères zsr de la Religion des Egyptiens , afinde ménager le tems qu on s’expose à perdre dans les voiages ?Aristote ne voiageoit-il pas actuellement dans 1 Asie ,lors qu’il eut ces conversations, s’il en faut croire Clear-que ? Nous verrons dans la Remarque (B) s il mérite
(t>) V!itBertrand, inVitis Juris-peritorum,Libr. II,t'i- t»S, 2 . 97 c
( 10) Pom-ponius t’as-Jxre. VideGuillelm.Grotium inVitis Juris-coníiiltor*Libr. II,
Cap. m,fog. 123.
(11) Guiìiel-Grotii vitx(13) Aldusitis Juriscoa-
(b) Voiez leLivre de Mr ,de Launoi,de variâAristorclisFortunâ.
(tj La Com-paraison der talon 8cd'Aristote.
(ro) Tï-m s us, apud
Suïdam V»
A
(n)Aristo-cles, ajmd
Eusebium,Prxparat.Evangcl.Libr. XV,Cap. II,t*i- 79t,
(12) Compar. de Pla-ton Sc d’A •r,store,
3 ° 4 .
( 13) C!cm,Alexandr.Stromat.Libr. I,pap. 304.
(14) Toreb'iurçijìiv-tí yy ìjfiav
TTSÇt 7 îJV
AVíaív.
Nobis tum inerdsici son àdtgtntibitSnC'est Aristo-te tjni parledans ce Livrede Cieiuqucde Sonino,apud Joseph,Libi l contraApion. c Tapud Euseb,prarparat..Evangcl.Libr . IX,Cap, V ,
410.