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Tome premier. A - B.
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ARIUS. ARMINIUS.

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qui étoit du sentiment de cet Hérétique , a écrit quelques Ouvrages pour montrer que les Peres desti'ois premiers siécles avoient eu la même opinion (A/J. II n’cut pas beaucoup de peine à com-(i) Gatd ; nc piler des passages ; car il les trouva tout assemblez dans les Dogmata Théologien du Pere Pétau.Mus. r ’ Deux Théologiens Anglois (d) , 6c un François (e) ont fait contre lui l’Apologie des anciens Peres.

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V la cadence en étoit fi effeminée , que les Payens mêmes le ■traittoient avec le dernier mépris , comme un homme ridicule :

V il n y a en cela nulle exaggéralion dans les paroles de SaintAthanase , puis que les Poètes les moins chastes , y qui écri-fent avec plus de licence , rougi fient de ïimpureté des chansonsde cet infâme Poète de l'antiquité. C' étoit a. l imitation de cetAuteur , qu Arius avoit donné à son Ouvrage le nom de Tha-lle , qui signifie proprement un festin y une affemblée de jeunesgens , ou une chanson faite pour être chantée dans ces sortes defestins (35). Mr. Hermant raporte ensuite un fort long pas-sage de Saint Athanase (361, où Arius est apellé un je ne ,fat quel Sotade , qui est ridicule aux Payens mêmes . ... 6 cun Hérétique qui n a eu de Vémulation 'que pour les discours ri-dicules de Sotade seul. On voit dans le même passage lecommencement de la Thalie , 8c un autre morceau quicontient l’Héréfíe d’Arius touchant Jésus-Christ. On nelauroit ne pas condamner l’orgueil ridicule & infuportablequi paroit dans cet exorde de la Thalie ; mais encore uncoup , blâmons Arius d’avoir été Hérétique , 8c non pas,cela iuposé , de ce qu’il a mis en Vers un Formulaire desa créance : car autrement nous donnerions lieu aux Hé-rétiques 8 c aux Infidèles de condamner les véritablesChrétiens , non seulement de ce qu’ils professent le vérita-ble Evangile ; mais aussi de ce qu’ils chantent, outre lesPseamnes de David , plusieurs Hymnes, & plusieurs Can-tiques, dont les Vers &c les Airs peuvent être très-semblablesaux Chansons les plus profanes, 8c les plus coquettes de l’O-pera. Généralement parlant, il vaut mieux que chacun dansfa Religion chante des Vers de piété , que des Vers lascifs8c satiriques : le Matelot 8c le Meunier Arien, dans le mal-heur d’ctre Arien , faisoient mieux de chanter leur Caté-chisme , que de chanter leurs amours. Ce seroit alléguerune mauvaise raison , que de dire que les Païens même semoquaient des Chansons des Ariens ; car je ne croi pasque les Gentils missent une grande différence entre lesAriens 8c les Orthodoxes : ils les haïssaient également ; lesAriens n’étoient pas plus favorables que les Orthodoxes auculte des idoles Païennes. Mais je ne sai si Mr. Hermanta raison de dire que les Payens . mêmes traittoient Arius avecle dernier mépris , comme un homme ridicule; car les parolesqu’il raporte peu après montrent manifestement que c’estde Sotade , 8c non point d’Arius, que St. Athanase a dit

qu’il étoit ridicule aux Païens mêmes. Je le dis , 8c je lerepete , on peut faire des Vers pieux fur les mêmes rimes8c de la même mesure , que les Chansons d’Opera ; on enpouvoit faire par conséquent sur la mesure des Vers Scta-diques. Ce n’est point dans cette conformité qu’est le mal :il est plutôt dans le prétexte que l’on fournit aux railleursde mépriser le Cantique. Je mets ici à part la matière duPoème: 8c, pour faire voir aux Protestans en particulier lejugement qu’ils doivent faire des invectives contre la Tha-lie d’Arius, il faut les avertir de ce que le Pere Maimbourgpublia contre les Pl'eaumes que Clement Marot a traduits.

11 n’en dit gueres moins de mal , que de la Thalie d’Arius.Ce qu’il dit de la Thalie se trouve dans son Arianisme (37) :8c voici ce qu’il dit des Pseaumes, dans son Histoire duCalvinisme (38). Ce font là les Pseaumes qu on chantoit alors,ausquels Beze ajouta depuis le reste du Psautier , y qui furentmis en mufique eu un certain air de chanson mol y efféminé ,qui n a rien du tout de dévot y de majestueux, comme le chantde t Eglise Catholique. On ne peut tout-à-fait nier ce que ra-conte Varillas, §ue les airs furent choisis, parmi les plus belleschansons du tems (39). Voiez la divine Mélodie de Jéremiede Pours (40). Ce n’est pas fans raison que j’ai allégué enexemple les Chansons de l’Opera : j'ai voulu faire conoitrequ’il faut éviter plus soigneusement limitation des Airs duPont-Neuf dans les Cantiques spirituels ; autrement on ex-pose trop la Religion au mépris 8c à la risée, comme il paroitpar le Livre dont l’Auteur de l’Evêque de Cour s’est tantmoqué (41). C’est un Recueil de Chansons spirituelles, com-posées par un Jésuite > 8c par le P. Martial de Prive, Capu-cin , sur les Airs les plus burlesques qui eussent été chantezdans les rues, fur ì’Air de Baye d'en Baye, fur celui de Vousy perdez vos pas Nicolas , yc. Je doute que la Thalie d’A-rius aprochát de l’impertinence de ce Recueil, impriméavec l’aprobation de deux Docteurs en Théologie.

(M) Un Auteur moderne ... a écrit quelques Ouvragespour montrer que les Peres des trois prémìers siécles étoient del'opinion d"Arius.] 11 s’apelloit Sandius. Ce qu’il a écrit furcette matière est Nucleus Historia Ecclestafiiu , en r668 . m8 ; le même Livre fort augmenté, en 1676 , jn 4 ; Appen-dix addendorum , confirmandorum , y emendandorum ad Nu-cleum Historia Ecclesiasticœ, cumllefponfionilus ad Gardincrumen 1678 , in 4. " '

Cri Mr. leMoync,Prufejsctír àLcìde %

( 37 ) Tom. 1 }pd£e 81 Edi-tion dc Hol-

(38) Pag. 99.

( 39 ) Varil-las , Hist. del’Herelìe,Livr. XXI,pag. 49 ,4Pan 1559.

(40) Livr. II,P*g- 577 .

(41) Voiez.j on III En-tretien, pag,86 ér juiv.Edii ion deHollande, en1674,in 12.

ARMINIUS (Jaques) Professeur en Théologie à Leide, naquit à Oude-watcr (a),en Hollande , Pan if6o {A). II étoit encore enfant, lors que son pere mourut , & il fut rede-vable de fa prémiere instruction à un bon Prêtre, qui avoit goûté lesfentimens des Réformez,& S u i, pour n’être pas obligé à dire la .Messe, changeoit souvent de demeure. 11 étudioit àUtrecht, sors que la mort lui enleva ce patron. Cette perte l’auroit fort embarrassé , s’il n’avoit eule bonheur d’être secouru par Rodolphe Snellius son compatriote , qui le mena avec lui à Mar-pourg , p an ifjf. II y fut à peine arrivé , qu’il aprit que fa patrie avoit été saccagée par les Es-pagnols. Cette nouvelle le plongea dans une affliction affreuse , & il ne put s’empêcher de retour-ner en Hollande , pour voir lui-même l’état où les choses étoient réduites ; mais aiant trouvé quese mere , ía sœur , ses frères , fa parenté, & presque tous les habitans d’Oude-water avoient étéégorgez , il retourna à Marpourg , 6c fit à pied tout ce voiage. II ne tarda guere à revenir enHollande , aiant su la fondation de l’Académie de Leide , 6c il étudia dans cette nouvelle Acadé-mie , avec tant duplication 6c tant de succès , qu’il s’aquit une estime très-particuliere. II fut en-voie à Geneve Pan if8z, aux dépens des Magistrats d’Amstcrdam, afin d’y perfectionner ses étu-des -, 8c il s’attacha principalement aux Leçons de Théodore de Beze , qui expliquoit en ce tems-là l’Epitre aux Romains. II eut le malheur de déplaire à quelques suppôts de P Académie , parcequ’il soutenoit en public avec beaucoup de chaleur la Philosophie de Ramus, & qu’il Penfeignoiten particulier : il salut donc qu’il sc retirât, & il s’en alla à Bâle, où il fut reçu avec aplaudisse-ment. II y fit des Leçons publiques (B ), 6c il y parvint à une telle considération , que la Faculté

de

(.r) Ce moten Flamandvent direvieille eau,& de là vientque le nomde patrie qu 6l'on donne àtArminius,dans le Titrede fies Livres>»st Vetera*quinas.

{A j II naquit .... Van 1560.] Bertius s’amufe à don-ner à cette année natale d’Arminius deux caractères, furlesquels il veut fans doute que l’on fasse des réflexions : ilremarque , dis-je , que ce fut en cette année-là que Philip-pe Melanchthon mourut, 8e que le Colloque de Poissi futtenu , où les Députez des Protestans plaidèrent la cause de(i)krrì' ^ eux mille cent quatre-vingt-dix Eglises , qui demandoientj Ora tìon’ humblement au Roi la liberté de conscience (1). Passonsj('neb t i * Hl ce calcul, qui' n’est pas peut-être fort exact , mais di-s°ns lui qu’il s’abufe quant à l’année : le Colloque de Poilîi‘®u. fut commencé au mois de Septembre 1561. Commencezl’année , ou à Pâques , ou le 1 de Janvier, vous ne discul-perez jamais Bertius.

(■B) Il fit des Leçons publiques à Bâle. ] Le ProfesseurJaques Grynseus y assista quelquefois , 8c lui donna bienhes louanges. II ne faifoit point difficulté , en soutenantUne Thèse , de lui donner la commission de répondre auxArgumens qui paroiffoient forts : mon Hollandais répon-

de pour moi, disoit-il. Soient Bafilea feriis vindemialibus doc-tiores stttdiosi publicè interdum in Academiâ exercitii gratta ali-ijutd extra ordinem docere. Eum laborem Arminius nofler haudtnvttus fufeepit, laudatus ob id à Reverendo vïro B. JacoboGrynto , q u ç e f iam Leêíiones ipfius prafentiâ fuà aliquoties co-honestavit : id em quoque in Bisputationibus publicis , si quidgravius proponeretur , aut digms vindice nodus occurnret , non

efl veritus , honoris cauffà , Arminhtm nofirum média, in stu-dioforum turbâ fedentem citare , y ( ut Grynû candoremagnofeas ) dicere, ,, Refpondeat pro me Hollandus meus (z) ", s2)BertiusNotez qu’il lui conut un penchant à rafiner, 8c qu’il lui in Oiatiouedonna de bons avis là-deíîus. Ce n’est point Bertius qui Funeb . r ime Taprend ; c’est Philippe Païens. II raporte que Théo- J* co !’ 1 ..dore de Beze avertit un de ses amis de refréner la subtilité iIllmu ‘de son génie, comme d’une chose dont Satan s’étoit servi enplusieurs rencontres pour tromper de grands personnages.

„ Ne vous engagez point „ , continuoit Beze , „ dans de„ vaines subtilisez; 8c s’il vous vient certaines pensées nou-,, vestes, ne les aprouvez point, fans les avoir aprofondies,

„ quelque plaisir quelles vous fassent d’abord. Calvin me„ donna ce conseil : je l’ai suivi, 8c m’en suis très-bien,, trouvé ”. Sicut magnopere te hortor, ut Bei dona in te ccl-lata omni studio excolas : ita cum te «s^ivíse non vulgari àona-tum effe videam , qua ftpe ad maximos decipiendos viras nonirrita conatu Satanas.est abufus, velim te dìligenter cavere, utnullis inanibus argutiis te ipsum irretias : c? quoties nova qui-dam úbi in mentem venìent , dìligenter illu > quantumlibet ininitia tibi illa arriferunt, excutere , priusquam approbes. Inomnibus denique istis prompto y alacri ingenio tibi conceffo mo-dereris. Ego quidem certe per Bei grattam non prorfus hebesde hoc ipfi à magno illo vira beats memoria Johanne Cal-vin o admonitus ità facere statim ab initio studui, cum ad

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