A T T I C U S.
(<t) Votez. 11-dejsoitSjla Ci-tation ( 3 8J.
(L) Nota efi^Attico Neptisex ^Agrippaeut virginemjiliam colloca-tat. Hanc Ca-far vix anni-cttiam TibtrioClaudio Ne-toni Drujillanato privigno #stto defpond.it.CornéliusNepos, inVita Attici,Cap. XIX .
(c) Volez. UT^emarq.^C),À la fin.
(9) Corné-lius Nepos,in Vira Atti-ci , Cap. V >
(co) Idem ,Cap. XVII.
(n) Votez. lecommencementde la Citationprécédente.
(rr) Volez, iaIII Lettre deCicéron adQuintumfra-trem, Libr,II , & Fa-bricius dansla Vie deCicéron, kfan de 7 \ome697.
(13) IfonzJc-nte dtí V Livread Atticum.
(14) De laVII Lettredu JCVi U-vre ad Atti-cum.
(15) Corné-lius Nepos,in VitâAttici,
Cap. XIV.
(16) ValereMaximeLivr. VIT ,Chap. VIII ,num. 5 , ditque Cœciliusavoit promisfa succession à
Lucutlus , dr
tjuc faianttrompé , soncadavre futtraîné parles rues.
(17) Corné-lius Nepos,Cap ii e V ,
Z 76
Il ne fut jamais brouillé, ni avec íà mere, ni avec fa soeur (C). II en uíà toûjours généreu-sement avec íe amis, Sc leur ouvrit fa bourse dans leurs besoins. II pouvoit le faire ; car outreles grans biens qui lui échurent par succession (D) , il trouva des voies de faire valoir son argentqui lui aportérent beaucoup de profit. Les troubles, qui s'élevèrent à Rome entre le parti deCinna Sc celui de Sylla , le déterminèrent dans íà jeunesse à s’en aller à Athènes , où il léjournalong-tems. Il fe fit tellement aimer des Athéniens, que le jour qu’il fe retira de leur Ville fut enquelque maniéré un jour de deuil ( E). II aimoit extrêmement les belles Lettres , Sc il avoitdans son domeltique plusieurs Libraires (a) , Sc de fort bons Lecteurs. II faifoit toujours lire àfa table , lors même qu’il régaloit fes amis (F). II ne fe soucia point de s’élever au dessus del’état où il étoit né : c’étoit celui de Chevalier. II auroit pu parvenir aux grandes charges dela République : mais il aima mieux' y renoncer ( G ) ; parce que , dans la corruption qui régnoitalors, il n’auroit pu ni les obtenir , ni les exercer selon les Loix. II n’eut jamais de procès,Sc il ne fe porta jamais pour accusateur contre personne , Sc ne fut jamais le second d’un accu-sateur. L’Empereur Auguste fut son allié : voici comment. Atticus avoit marié íà fille avecAgrippa. 11 vint une fille de ce mariage laquelle Auguste fiança avec Tibere , presque aussi-tôt qu'elle fut au monde (b). Je ne croi pas que la femme d’Atticus ait été de grande naissan-ce (c). II doit être compté au nombre des bons Auteurs (H). II parvint à l’âge de soixante
mérite. Utebatur intime Hortensia qui ïts temporibus prin-cipatum eloquentu tenebat , ut intelligi non pojfet uter eum plusdìlìgeret Cicero an Hortenfius , zsr id quod erat dijstcillimum ,ejficiebat ut inter quos tantet taudis ejfet amulatio , nulla inter-cèdent obtreéìatio , ejfet que talium virórum copula (9).
(C) ll ne fut jamais brouillé , ni avec fa mere , ni avec fasœur j] A i’âge de soixante-sept ans > il perdit fa mere, quien avoit quatre vingt-dix; & il avoit alors encore une sœurpresque auffi âgée <jue lui. Ce fut le jour des funéraillesde fa mere > qu’il déclara qu’il n’avoit jamais eu besoin defe réconcilier avec elle, & qu’il n’y avoit jamais eu de rup-ture entre fa sœur & lui. Hoc ipsum ver'e gloriantem audie-rim in funere matris sua quam extulit annorum 90 cum ejfetfeptem V 60 fe nunquam cum matre in gratiam rcdiijfe , n:m-uam cum jorore suisse in fimultate quam prope aquàlem ha-ebat ; quod eft fignum aut nullam unqùam inter eos querimo-niam intercejfìjfe , aut hune eâ fuisse in suos indulgcntià , utquos amare deberet irasci ús nefas duceret (10). Je ne touchepoint cette circonstance du tems, afin de groffir mon Li-vre , & de remplir plutôt une feuille de papier : chacunvolt qu’elle est de l’essence de cette Remarque ; car sil’humeur commode d’Atticus fe montre ici fous l’idée d'ti-ne grande singularité, c’est principalement à cause du nom-bre d’années qu’il passa avec fa mere, & avec fa sœur, sansaucune brouillerie. C’est dommage que l’Histoire n’ait pasajouté comment il se gouverna avec sa femme. II ne sevanta de rien là-dessus (ri); & cela pourroit faire soup-çonner , que son adresse, ou que fa patience, ne purentpas fe signaler à cet égard autant qu’envers fa mere & faibeur, qui peut-être de leur côté contribuèrent notablementà la concorde , & ne l’obligérent pas à faire de grandesavances. Le fait, en ce cas-là , perdrait beaucoup de fasingularité , par raport à Atticus ; mais à tout prendre, iln’en perdrait rien, & l’augmenteroit plutôt. Voler dans laRemarque suivante , qu’Atticus fut toujours bien avec unoncle , dont 1’humeur étoit si bourrue , qu’aucun parentn’avoit pu la fuporter. Revenons à la femme d’Atticus.II est étrange que Cornélius Nepos n’en dise ni bien ni mal,& qu’il faille recourir à d’atitres Auteurs pour aprendre qu’el-le S’apelioit P1 1 1 a , & qu’Atticus l’époufa l’an de Rome697 (iz). II n étoit plus jeune , il avoit cinquante troisans. II ne s’étoit pas hâté de s’enrôler dans cette milice.On peut recueillir dune Lettre de Cicéron (13) , que Pillaaimoit son mari ; car pour cet autre passage (14), où quel-ques-uns ont trouvé quelle fongeoit à faire divorce , ilest visible qu’il doit être autrement lu , & qu’il signifiequ’elle étoit menacée de paralysie. Monsr. Sarrazin assuredans fa Traduction de la Vie de Pomponius Atticus, quela ville d’Athenes érigea auffi des statues à Pilia femmed’Atticus : mais il est visible qu’il s’est servi d’une mauvai-se Edition ; car il ne faut point lire Pilia dans CornéliusNepos. Le mariage d’Atticus suivit de trop loin son retourd’Athenes, pour que les Athéniens aient songé à ériger desstatues à sit femme. Cornélius Nepos auroit-il été assezétourdi, pour nous parler des statues de Pilia » fans dire cequ’elle étoit ? La famille Pilia ne fait aucune figure dansl’ancienne Histoire Romaine.
(D) De grans biens lui échurent par succession.'] QuintusCcecilius étoit son oncle maternel. C’étoit un homme in-fuportabso ; mais Atticus ménagea si bien cet esprit farou-che , qu’il fe maintint dans fes bonnes grâces , fans aucuneinterruption , jusques à la fin. II trouva fort bien soncompte à cette souplesse ; car Cœcilius le fit son princi-pal héritier , & lui laissa près d’un million. Le patrimoined’Atticus avoit été d’environ deux cens mille francs, infistertìo vicies quod à pâtre acceperat (15s. Au reste , parceque Cœcilius adopta son neveu par son testament, il salutqu’Atticus fe nommât depuis ce tems-là Cacilius Pompo-nius Atticus. Volons ce que dit Cornélius Nepos de l’hu-meur chagrine de cet oncle. Habebat avunculum fL Cnci-lium , equitem Romanum , familiarem L. Lucullì (lé) , divi-te m , dìfficillimâ naturâ , cujus fie asperìtatem veritus eft , utquem nemo ferre poffet hujus fine ojfenfione ad fummam fenec-tutem retinuerit benevolentiam : quo faSio tulit pietatis fruc-tum, CAcilius enim morìens teftamento adoptavit eum h&redem-que fecit ex dodrante. Ex quâ hmditate accepit circiter cen-ties L L S (17).
(Ë) ll fe fit tellement aimer des Athéniens , que le jour deson départ de leur Ville fut ... un jour de deuil, j II avoittransporté chez eux la meilleure partie de fes effets, & soiten prêtant, soit en donnant, il rendit de grans services àla ville d’Athenes (18). On n’en fut pas méconnoiíîant :on lui rendit toutes sortes d’honneurs publics. II refusa ce-lui de la bourgeoisie , & lerection d’une statue ; mais aprèsqu’il fut parti , on lui en érigea plusieurs. On fut très-fáchéde l'on départ. Sjuo facîum efi ut huic omnes honores quospojfent publicé haberent , cìvemque facere Jluderent , quo bene-ficio ille uti noluit : quod nonnulli interpretantur , amitti civi-tatem Romanam , alia adfcita. SJuamdiu ajfuit ne qua fibi
statua poneretur restitit , abstens prohibere non potuit .
Tranquillatis autem rébus Romanis remigravit Romam .
Gjuem dtetn fie univerfa civitas Athenienfium profecuta est , utlacrymìs dejìderú futuri dolorem indicaret (19). II parloit sibien la langue Craque > qu’on l’eût pris pour tin Athé-nien (zo). Quelques-uns croient que le surnom & Atticuslui vint de là. Volaterran l’affùre comme une chose ditepar Cornélius Nepos (21) ; mais il fe trompe. Mr. l’Ab-bé de Saint Real débite qu’Atticus fe nommoit ainsi , parcequ il étoit fort savant en Grec , z? qu il demeuroit la plupartdu tems à Athènes (zz\ On lui a représenté (23), qu’il au-roit falu dire fimplement à cause du long séjour qu il fit pen-dant sa. qeunejje à Athènes ; puis qu il est certain qu il demeurala plûpárt de fa vie en Italie ou en Epire , ou il avoit beaucoupde bien , comme il paroit par fa Vie écrite par Cornélius Nepos,ZV par divers endroits des Lettres de Cicéron.
(F) ll faifoit toujours lire à fa table, lors même qu il réga -loit fes amis.] S’il eût tenu table ouverte indifférem-ment pour tous ceux qui fe seroient présentez , il se fûtrendu incommode à bien des gens par cette coutume defaire lire; mais il n’invitoit que des personnes de son hu-meur. Nemo in convivio ejus aliud acroama audivit quàtnanagnosten .... Neque unquam fine aliquâ leêlione apud eumcœnatum est , ut non minus animo quam ventre convivét de-leêlarentur , rtamque ecs vocabat quorum mores àjuis non ab-horreront (24).
(G) ll auroit pu parvenir aux grandes charges de la Répu-blique ; mait il aima mieux y renoncer.] C’est aparemmentla plus forte preuve qu’il ait donnée de fa vertu. On nepouvoit alors s’élever aux charges , que par de mauvaisesvoies ; & l’on ne pouvoit les exercer, selon les réglés de lajustice , 8í pour le bien de la patrie, fans s’expofer à la vio-lence d’une infinité de médians. II aima mieux fe tenirdans une condition privée , que d’aller aux dignitez aux dé-pens de fa conscience. Que cela est beau ! Que cela estrare ! Si tout le monde ressembloit à Atticus , on auroitlieu d’apréhender l’état d’Anarchie ; mais on peut dormiren repos de ce côté-là : il y aura toujours plus de malhon-nêtes gens prêts à occuper les charges par toutes fortes devoies illégitimes, qu’il n’y aura de charges à conférer. J’aiouï dire qu’un homme , qui n’avoit fait que voiager toutefa vie, répondit à ceux qui lui reprochoient son humeurambulatoire , qu’11 auroit bien voulu fe fixer dans quelqueVille ; mais qu’il n’en avoit trouvé aucune où la puissan-ce & le crédit fussent entre les mains des honnêtes gens.On dit'un jour à un autre Voiageur, qui assura qu’ilcesserait de courir de lieu en lieu , dès qu’il trouverait uneVille gouvernée par les personnes qui avoient le plus de mé-rite , Vous mourrez donc en voiageant. Ho-nores non petiit cum ei paterent propter vel gratiam vel dignita-tem : quod neque peti more majorum , neque capi pojfent confit-vatis legibus in tam ejfufis ambitus largitionibus , neque geri ' erepublíca fine periculo corruptis civitatis moribus (25). Confé-rez avec ceci ce que l’on a dit ci-dessus dans l’Article d’A-zEXANDER ab Alexandro, Remarque (C).
(H) ll doit être compté au nombre des bons Auteurs.]composa des Annales , où il observa une Chronologie très-exacte , & débrouilla le plus nettement du monde les Gé-néalogies des Magistrats Romains. Cet Ouvrage compte'noit sept siécles ; & par là on peut aisément conjecturesqu’il regardoit principalement l’Histoire de Rome : je disprincipalement ; car il ne faut point douter que l’Auteur n efît conoitre dans une fuite chronologique l’Histoire abrégéede plusieurs autres Etats. Cicéron lie permet point d endouter : Cognofcat etiam , dit-il (26), rermn gejlarum & w ?'
,, Cot^
liusíff*
Cafitt U‘
(,->) Id0 ’
ft
I li 0 !
’.ff-
Vola'
(20
Cep-(11 )
sft£r
lO
b )l0th ,âl«>
m ve f v ,
Dp-p*i - 7 *'
(a 4 L p0 s,
Cep-