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Tome premier. A - B.
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ATTILA.

A T T I L I U S.

f c) Maim-bourg, His-toire del’Arianisin.Volez, lamarque (£)•

(d) Volez,s lAru'cla

Marullede CaRbie.

{e) Dansl y ^Arïttlerf'H ONORIA.

fz) Corde-moi, Hist.de France,Tom. I , pag.ìtó, ex Joi-nande. Volez.Anjji Maimb.Histoire derArianifme,Tom. 1U 39.

(4) Jornan-des, de Ré-bus Goth.

Tom. LLly

$ag. 6.

(6) Volez, lesRemarques

(A) ér (B)ic l'ArticleAristan-DKE, &ViArtídeAgrippa »THemarq. (P)>num. I - àla fin .

( 7) Calli-machus Ex-periens, inAttila.

(8) Corde-moi, pag,120, exJornande.

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étoit l’une de ses ruses (C). Il étoit dissimulé , fin & subtil, íàge dans le conseil, & bardi dansl’exécution , cruel à ses ennemis, mais assez doux à ceux qui se mettoient en posture de iuplians.On dit même qu’il sc piquoit de garder inviolablement la foi à ceux qu’il avoit une fois reçus ense protection (c). 11 ne souffroit point les dateurs outrez (d). Le sentiment le plus ordinairefur le genre de fa mort est que la nuit de ses noces un saignement de nez l’étouffii (D). Nousdirons ailleurs (e) de quelle maniéré il fut recherché par la sœur de Valentinien III. Sa Viefut composée au XV siécle par un Italien réfugié en Pologne, nommé Callimachus Experiens.I)'autres l’ont écrite depuis (£).

On a débité qu’il eut l'ambition d’établir fa langué ^ & de Pélever fur les ruines de laRomaine (F).

mandez par Aëtius , & les Wisigoths dont Theodoric étoitRoi. Pour cet effet, il fit dire à l’Einpereur Valentinien,qu’il ne songeoit point à faire aucun acte d’hoslilitë fur lesSujets de l’Empire ; qu’il ne vouloir que châtier les Francs,& les Wisigoths, dont les premiers avoient eu l’audace deinettre le pié fur les terres de l’Empire > & les derniersétoient les esclaves de lui Valentinien. II fit dire en mê-me tems à Theodoric , qu’il avoit fait croire au Roi desVandales qu’il venoit dans les Gaules contre les Wisigoths:mais que ce n’étoit qu’un prétexte pour tromper l’Empe-reur; que son véritable defléin étoit de partager l’Empire en-tre les Huns & les Wifigoths, & qu’il se jetteroit sur l'Ita-lie, fi Theodoric vouloir attaquer les Gaules (3). Valen-tinien 8c Theodoric découvrirent aisément ce piège, ík re-poussèrent de concert ce Conquérant artificieux. Homosubtilis , antequam bella gereret, arts pugnabat , catera epifio-las blandimentis oppleverat , ftudens fidem adbibere mtnda-oio (4).

(C) La superstition étoit l’une de ses ruses.'] „ II avoit,, trouvé le moien de remplir les esprits de ses soldats d’u-,, ne créance superstitieuse , qu’il y avoit dans lui quelque,, chose de divin , à quoi son bonheur étoit attaché ; car„ soit qu’il le crut, ou plutôt qu’il feignît d’en être persua-„ dé , il leur fit accroire qu’il avoit trouvé le coutelas de

Mars qu’on adoroit parmi ces peuples , 8c que les desti-„ nées promettoient l’Empire de tout le Monde à celui qui,, auroit cette épée fatale ($) C’est un des plus puissansstratagèmes dont un Général d’Armée se puisse servir , quede manier & de remuer ses soldats par les ressorts dunemystérieuse superstition , qui lés remplisse de confiance, oude crainte, selon les besoins : de confiance, quand il faut sebarre ; de crainte , quand l’envie de se mutiner commenceà naître. 11 est bon qu’un soldat se persuade que son Gé-néral a un Esprit familier qui le tire de tout mauvais pas (6).Attila étoit lui-même superstitieux : Religionipersuafionibus-que de Dûs à suá gente susceptis , usque ad superstitionem ad-dióbís (7) : car un peu avant la bataille de Châlons, „ il„ consulta ses devins , qui lui dirent qu’à la vérité toutes„ leurs observations ne promettoient rien d’avantageux aux„ Huns ; mais qu’elles leur avoient fait conoitre que le,, chef des ennemis seroit tué dans la bataille. Ce fut assez,, pour décevoir Attila : il s’imagina que la mort d’Aétius„ étoit certaine , 8c que pourvu que cet homme ne lui fît,, plus d’obstacle la conquête de l’Empire lui seroit aisée.,, II n’appréhenda point de perdre ses soldats, 8c se persua-,, da qu’il lui en resteroit toujours assez , pourvu qu’il vê-„ eût après ce grand Capitaine (8) ”. II fut trompé ; carAëtius ne fut pas même blessé dans cette bataille.

(D) La nuit de ses noces , un saignement de nez. /’ étouffa.]On conte qu’après que les prières du Pape Leonl’eurentengagé à épargner le relie de l'Italie, il s’en retourna dansla Pannonie , chargé de butin ; & qu’encore qu’il eût ungrand nombre de concubines, il ne laissa pas d’en prendreune toute nouvelle , qui étoit fille du Roi des Bactriens.Elle étoit parfaitement belle , 8c il en devint si amoureux,qu’il lui voulut faire l’honneur de l’épouser dans les for-mes > pour lui donner le premier rang parmi ses femmes,lì célébra ses noces avec beaucoup de solennité ; mais ilbut tant , 8c puis il s’échauffa avec tant d’excès dans les ca-resses de fa nouvelle épouse, que s’étant enfin endormi, illui prit un saignement de nez qui l’étouffa. lldico puella etfuit pra cateris gratiffima , Badlrianorum Régis filia, mira pul-chritudìne es? incomparabili venustate , cujus amore fuccensuseam primar'u uxoris loco habere conjlituit. Comparatis pro Ré-gis dignitate nuptiis per omnem intemperantia licentiam in con-

jugali convivio pbi i'ndulfit, Baccho ac Ventre corpus ita eà noc-te confecit, ut inter dormiendûm supino cor pore , prostuvio san-guinis é naribus continuo sujfocatus interierìt (9). II n’y au-roit rien. que de vraisemblable dans ce conte , si l’on n’a-joutoitpas qu’Attila étoit alors à Page de 114 ans. On ade la peine à croire qu’à cet âge un homme soit en état defaire de grans excès avec le sexe. Un Historien Frison n’apas laissé d’alléguer ce fait comme une preuve favorableaux Historiens de fa Nation , qui donnent une très-longuevie à leurs anciens Rois. II ne remprunte point de Bonfi-nius, mais de Michel Rithius. His adde teftimonìum Micha'è-Us Rithïi , qui Libro de Regibus Hungarìa primo scribit , At-thilam Italica prxda opimisque spoliis onustum in Pannoniam serécépissé , uxoremque suptrduxiffe Régis BaHriamrum nomìneMilzoth, etfi plures alias haberet in matrïmonio , cumque cumnuptiales epulas apparatistìme celebrajfet, liberius solito crapula-tum in cubiculumse récépissé, erumpenteque é naribus sanguine inOs dormientìs extinSlum este , anno atat'ts sua 114 , regni fui44. Si tantam atatem in hoc libidinoso tauro Scythico credi-mus,cur non & eamdem Fristis accidere potuijje censeamus (10} ?Au reste , il y en a qui ont dit qu’Attila ne mourut pointde cette façon ; mais que fa nouvelle épouse , qui ne l'aimoitpas , le voyant ivre ev astfoupi comme un autre Holopherne , letua d'un coup de couteau (n).

(E) Divers Auteurs ont écrit fa Vie.] Nicolas Olahus ,Archevêque de Strigonie , a fait une Vie d’Attila, beau-coup plus ample que celle que Callimachus Experiens avoitfaite. II la composa pendant qu’il étoit Conseiller de Ma-rie d’Autriche , Reine de Hongrie , Gouvernante du Païs-Bas. Vous y votez la Harangue que fit Attila à son Armée,peu avant la bataille de Châlons. Toutes lottes de lieuxcommuns entrent dans cette Harangue , comme on le peutvoir par les Notes marginales. Sambucus a inséré cet Ou-vrage d’Olahus, 8c celui de Callimachus Experiens, dansson Edition de Bonfinius. Le Sieur Otrokocfi (12), quia publié un Livre fur l’origine des Hongrois , a parlé fortamplement d’Attila , & il s’est principalement servi de laRelation de Priscus, qui avoit accompagné les Ambassa-deurs que Theodose envola à ce Roi des Huns l'an 448.11 tire de cette Relation plusieurs Remarques , pour fairevoir qu’Attila étoit un fort honnête homme : il n’oubliepoint les reproches que ce Prince fit faire à l’EmpereurTheodose , sur ce que l’Eunuque Chrysaphius avoit vouluengager Edecon , Député d’Attila à la Cour de Theodose,a tuer son maître. Ce Député fit semblant de s'y engager,& se fit promettre une grosse somme d’argent, 8c puis ildécouvrit le tout à Attila. L’argent fut porté , la tramefut avérée : le Roi des Huns s’en plaignit à Theodose engrand homme , 8c d’un air qui rend probable ce qu’on ditde sa débonnaireté pour ceux qui se soumettoient, 8c de lafidélité de sa parole. Supplicibus prope ad mollitiem facilis,es? qui in fidem semel receptos , in perniciem usque suam tue-retur (13).

(f) On a débité qu il eut l’ambition d'établir sa langue , C?de l'élever sur les ruines de la Romaine. ] J’ài lu ce fait dansun Ouvrage d’Alcyonius. On y fait dire ces paroles à Jeande Medicis , qui a été le Pape Léon X. In Bibliothecâ nos-trà astervatur Liber incertì Autoris grxce scriptus de reb. ct Go-tis in Italiâ gestis , in eo memìni me legere Attilam regem, postpartam viiïoriam tam ftudiosum fuistj’e Gotica lingua propagan-de , ut editto sanxerit ne quis linguâ Latinâ loqueretur , Ma-gifirosque injuper é suá provinciâ activiste , qui Italos Goticamlinguam edocerent (14). Vous verrez dans l’Article de l’Em-pereur C t a v d e (15) quelques recueils concernant le zèlede plusieurs Princes pour la langue de leur pais.

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(a) Volez, laRemarque (/)de VxArtideAccius,aîí commtn-temenî»

( b) Volez, lamême\c7nar-

(í) Sueton.-

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LXXXIV,

ATTILIUS, Poète Latin , a vécu selon toutes les aparences au commencement duVII siécle de Rome. Volcatius Sedigitus lui a donné le cinquième rang parmi les dix Poè-tes Comiques. C’étoit pourtant un mauvais Auteur : son style étoit dur comme le fer (a) ,non seulement selon le goût de Cicéron , mais aussi selon le goût de Licinius, qui n'avoitpas à beaucoup près Poreille aussi délicate que Cicéron. La Traduction de Y Electre de So-phocle par Attilius ne valoit rien : Cependant Cicéron la jugeoit digne d’être lue (b). Sue-tone remarque qu’on en tira quelques endroits , pour les chanter pendant la pompe fúnebrede Jules César, a cause qu’ils pouvoient être apliqués aux assassins de cet Empereur (c). C’esten vain que Casaubon & Torrentius ont changé .ce passage de Suetone [A). Ils n’ont fait

{A) Casaubon & Torrentius , > . . ri ont rien éclairci tou-chant Attilius , en changeant un passage de Suetone. ] Casau-bon aiant trouvé dans tous les Exemplaires de Suetone,ex Eleèlra Attïlìi alia ad stmilemsententiam , ne laissa pas decroire qu il faloit ôter cet Attilii, & mettre à la place At-tii. Sic emendavìmus , dit-il , corruptam omnium Librorumleélionem Attilii. Torrentius ne se contenta pas de chasser

Attilius en faveur d’Attius : il chassa aussi l’Electre, 8c pré-tendit que Suetone n’avoit parlé que d’une Piéce d’Attiusintitulée , comme celle de Pacuvius laquelle il venoit deciter , Armorum judicium. La raison de Torrentius est queles Manuscrits varient furieusement sur le nom du Poète:mais qu’ils ont plus souvent Accius ou Attius. Voilàcomment les Critiques font d’accord fur les leçons des Ma-nuscrits,