ÀUSONE. AUTO N. AUTRICHE.
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h’oublierai pas de remarquer la bévue de Tritheme : il a prétendu qu’Ausone fut Evêque deBourdeaux (tì).
qu’ils parlent de celle que Duché ri procura , & à la louan-ge de laquelle Nicolas Bourbon fit quatre Vers que l’onvoit au revers du Titre dc l'Edition de Lion , chez Sebas-tien Gryphius, en 1549. Je ne dis rien de l’Edition dePlantin , en 1568 , avec les Notes de Théodore Pulman.Celle de Joseph Scaliger , à Lion , chez Antoine 'Gry-phius , en 1575 , accompagnée d’un fort docte Commen-taire fous le Titre d ' Aujonianarum Leclionum , effaça lesprécédentes. Personne n’ignore qu’Elie Vin et est un desCommentateurs qui ont le plus travaillé fur les Ouvragesde notre Poète. II régentoit les belles Lettres à Bourdeaux,8c fe volant exhorté par plusieurs personnes de cette Ville,à procurer une Edition de leur illustre compatriote , il tâ-cha de les satisfaire ; mais il ne trouva aucun Manuscritd’Ausone dans les Bibliothèques de Bourdeaux , & toutce qu’il put faire fut de conférer ensemble les Editions. 11rétablit 8c il corrigea divers Passages, 8c en attendant queles Commentaires où il devoir rendre raison de sa Criti-que fussent prêts, il fit imprimer les Oeuvres d’Ausone tel-les qu’il les avoit corrigées. Jaques Goupil sôn ami eut> soin de cette Edition , qui est celle de Paris, en 1551. Vi-net , quelques années après , recouvra un Manuscrit, quiavoit été trouvé proche de Lion , 8c qui lui donna beau-coup de lumières, 8c comme cela diminuoit ses excusesauprès de ceux qui le pressoient de faire imprimer ses No-tes , il fit imprimer à Poitiers le Poème de claris Urbibus ,accompagné de son Commentaire , fan 1565. II envoiaun Exemplaire complet des Oeuvres d’Ausone à AntoineGryphius, qui le lui avoit demandé , 8c qui promettoit del’imprimer promptement; mais cette Edition ne parois-sien pas, il fut exhorté de fe servir de l’Imprimerie qui avoitété dressée à Bourdeaux fur ces entrefaites. II donna doncun autre Exemplaire à Simon Millanges, cjui commençade l’imprimer à Bourdeaux, au mois deFevrier 157;, 8cqui l’acheva au commencement de l’été de la même an-Uée. On reçut en ce tems-là l’Edition de Gryphius ; 8c ,pasce que le papier manqua à Millanges, on ne put mettre( 7S . _ fous la presse le Commentaire de Vinet. On ne fimprima
h pU'* que quatre ans après l’Edition que Millanges avoir faite des
íElijy.' Oeuvres d’Ausone (78). C’est pourquoi, fi l’on veut par-
l * 1er exactement, il ne faut point dire que la meilleure Edi-
tion d’Ausone est celle qui fut publiée à Bourdeaux , Fan1575, avec les Commentaires d'Elie Vinet. Pra r cliqua ve-f 7 . ro laudanda luculenta Ausonït Editio , mm Commentariis viri
r" à'V Elu Vineti vulgata, BurdigaU A. 1575; (7 post ejus obi .tum A. 1590 , 4 (79) ; car , encore un coup , ces Com-mentaires ne parurent qu’en 1580. Mr. Moréri a été exact% >77. ’ fur ce point : 11 s’est seulement trompé à dire que Vinet(toi - àir de Xaìntes; le mot Santa ne fignifioit ici que Sainton-
H< u, U 8 eois -, La Bibliothèque de Mr. l’Archevêqué de Reims faitmention (80) d’un Ausone imprimé chez Millanges, àoourdeaux , 1 an 1575 , avec les Commentaires d’Elie Vi-net. Je m imagine que cette faute est venue de ce qu’on
a apliqué à toutes lés Pièces reliées ensemble la date 1575,qui né convient qu’aux Oeuvres d’Ausone qui sont à la tê-te du Volume. Monts. Borrichius a eu tort de débiter , I,que l’Edition de Vinet est des meilleures ; II, que Vinet acommenté le Poème d’Ausone de Urbibus (81). N”est-cepas dire qu’il n’a point fait de Commentaires fur les autresPoésies d’Ausone ? La meilleure Edition de ce Poète estcelle d’Amsterdam , en 1671 ; mais j ai déjà averti (8z),que le Titre promet faussement que l’on y a inséré toutesentieres les Notes de Mariangelus Accurfe. Je donneraiun Suplément à tout ceci dans f Article d’(Hugolin) M*a-tellius , à la fin de la Remarque (A). _ N’aiant pasle Livre du Pere Lacarry (83), Je fuis obligé de me con-tenter de ce que j’en trouve dans le Journal des Savans.,, La double Préfecture d’Ausone , qui a donné tant de„. peine à Scaliger, y est traitée fort nettement. On voit,„ que l’an 378 Ausone fut Préfet du Prétoire des Gaules„ 8c d’Italie , avec son Fils Hefpérius ; mais il ne fut Pré-„ set d’Italie, que jusques environ le mois de Juillet, qu’un„ certain Antoine fut créé Préfet du Prétoire d’Italie, com-„ me il est marqué dans le Code. Ainsi la Préfecture„ d’Ausone 8c d’Hespérius dans l’Italie fut interrompue„ par Antoine; mais il la reprit avec son Fils, en 379,,» 8c continua celle des Gaules avec lui fans nulle interrup-„ lion , pendant les années 378 , 8c 379 (84) CetteHypothèse , 8c cette Chronologie ne font pas conformesau sentiment du Sieur Rubenius que j’ai raporté. Si j’avoisle Livre du Pere Lacarry , je faurois peut-être lequel desdeux a dévelopé plus exactement cette matière.
(H) Tritheme a prétendu qu Ausone fut Evêque de Bour-deaux .] Tritheme assure que cet Evêque étoit fort sa-vant dans les saintes Lettres , 8c aussi recommandablepar fa piété que par son érudition ; 8c qu’il florissoit sousMaxime, l’an 310 , 8c qu’il fit de très-belles choses avecSaint Martin , Saint Ambroise , 8c Saint Jerôme , dansle Synode que ce Prince fit tenir à Treves. Voilà unmonceau de fables. Vinet observe qu’il y a des gens quiveulent qu’Ausone ait été canonisé : il dit aussi que les ha-bitans d*Angoulême honorent comme l’un de leurs princi-paux Saints un Ausone qui a été , disent-ils, leur premierEvêque , 8c il ne trouve point impossible que le Poète Au-sone , aiant été élu Evêque par ceux d’Angoulême , aitaccepté cette Prélatine (85b Une Chronique Manuscrited’Angoulême porte qu’Ausone, disciple de Saint Martial,8c Evêque d’Angoulême , souffrit le martyre quand lesVandales ravagèrent les Gaules (86). Monst. de Hauteserreréfute cela, par la raison qu’un disciple de Saint Martialn’a pu être encore en vie au commencement du IV siéclelors de l’irruption des Vandales (87). Quoi qu’il cn soit,voilà notre Ausone bien différemment situé. Les uns di-sent qu’il n’a pas été Chrétien ; 8c les autres qu’il est dansle Catalogue des Saints canonisez.
r ifto ^du j AUTO.N (Jean d’) Gentil-homme Saintongeois (a) y Abbé d’Angle (b) , de l’Ordreâe St. Augustin , vivoit fous le régné de Louis XII. II fut retenu à la fuite de la Cour , avec
"Amb T O 5 «ìvvjil 1UUJ ic. n,giiL UC XjUUIS ^Vil. il JUI icicrtu u, w juste ac tu i^uur , aveC
rv. f 1 c> charge d'ejcrire st Histoire particulière de ce Prince (c). Il récrivit en effet ; & elle fut publiée à
Paris , l’an t61 f , in 4 , par Théodore Godefroi. Elle ne s'étend que depuis l’an isoó, jusqu’à
t \' 1 LbUo s ' ^ an 1 fo8 (d). On y trouve jusques à des Fers que /'Auteur avoit dédiés à son Roy (e).
I'jl 0 ' e j Cs Historiens de France, pag. 6 s.
» "iblioth. Franc. pag. z 29.
(c) Baudier, Histoire du Cardinal «TAmboisc , pag. 44. (d) Ou Chefne , Biblioth. , p a g m 6 s.
(St) JftifoniïEditio iè-lectrior estJof,&íaligtri\Ôc Elia Vì-ntti. Bor-rich. de Poe-tis Latislis,M?- 73 .
(82} Ci-dtt -Jks, Citation(b) de l'^Ar-title de (Ma*riange)Accua.SE.
(83 } IntituléHistoriaGalliarmnsub Pracsec-tis PxxtoriòGalliarmn.
(84) Journ.des Savansdu ìz iAqû t1675, pag.225, Edit.it Hoíifladr,
(Ss) EliasVinetus, inVitâ Auso-nii.
(% 6 ) Alte-íérra.RerumAquitamca-lUm, Liír. ViCap. VIII ,pag. 339.
(87) Midiiibidem.
AUTRICHE (Don Juan d’) fils naturel de l’Empereur Charles-Quint, naquit à Ra-tisbonne le 24 de Février 1 f4j. Une Demoiselle de Ratisbonne , qui s’apelloit Barbe Blom-B e R G (a) , voulut bien passer pour fa mere (J) , afin d'épargner à ceux qui a voient donné la vie (a) vaiez.faà cet enfant la honte qui leur étoit inévitable , si le public avoit su le nom de la véritable mere. ' Artidt -
L’enfant
(jí) BARBE B Z O MB ERG voulut bien poster pour fa(0 Stfjj Famien Strada raconte que le Cardinal de la Cueva
à avoit révélé ce sécret (1). Ce Cardinal l’avoit apris de1 Infante Claire Eugénie , à qui Philippe II , qui n’avoith « >' llen de caché Pour elle , en avoit fait confidence. Philip-
P e II témoigna toujours devant le monde que Barbe Blom-(t ) oerg étoit la mere de Don Juan. Eodemque loco habitant a
■’ Philippe Regescena pariter inserviente (z). Le sacrifice , quecette Dame voulut bien faire de sa propre réputation à cel-le d’une grande Princesse , n’est pas à beaucoup près si con-sidérable que l’on s’imagine : on fe fait une honte de passerPour la Maîtresse d’un particulier ; mais combien y a-t-ilde Dames , qui se glorifient d’être les Maîtresses des Roisoe des Empereurs ì J’ai dit que ce sacrifice se faifoit en fa-veur d 'une grande Princesse : c’est Strada qui me l’aprend.joannem Austrïacum , non ex Barbara Blomberga utì creditume ‘d eam diem , sed ex longe illuftriori ac plan-e principeseminA procreatum : cujus ut famte parceretur pr&téntam fuistefiant » Carolo Cafare. Le même Historien remarque quef. on Juan, trompé deux fois à fa mere , n’y fut jamais dé-, d H L crut d’abord fils de Madeleine Ulloa , 8c puisla t -J 5 ôlomberg. Quelque heureux, quelque vigi-lant qu u fû t , ì découvrir les plus sécrétés intrigues dei ennemi, st ne put j anms déveloper ce mystère domesti-
que. Habet profelîo unie minus fibi de sua sagacitate placeathumanum ingenium quando tantus princeps, atque intima qua-que vel in hofte rimari folitus , Aomï su/t , suorumque ignarusàdeo vixerit obieritque , ut bis in maire deceptus , semper alie-nam coluerit , nunquam suam (3). Je m’étonne que le P. ibidem,m.
Strada ne dise rien d’une troisième personne, qui a passé pag. 627 ’.pour la mere de Don Juan. L’Auteur d’une docte Disser-tation , qui fut imprimée l’an 1688 (4) parle avec de grans tu oisserta-éloges de Catherine de Cardonne, née à Naples, l’an 1519. tionsuri’He 4Elle passa en Espagne , avec la Princesse de Salerne fa cou- mine de viasine , l’an 1559; 8c s’aquit de telle forte par fa vertu Sc par & s “ r la fi'fa piété l’estime de Philippe II, qu’il commanda à Ruy jçS PamGomez , Prince d’Evoly , Gouverneur de Don Carlos 8c aeM - Bfinol Vde Don Juan , d’avoir foin de cette Dame. Ruy Gomezla prit chez lui, 8c la trouvant d’une sagesse admirable , stla pria de se charger de la conduite de sa maison , 8c départager avec lui Féducation des deux Princes. Elle s’a-quitta de cette charge avec tout le foin imaginable. DonJuan l’honora toujours comme sa mere. L’Auteur de laDissertation fait une Remarque fur ce mot. il ne saut paspajfer outre , dit-il (j) , fans justifier cette Sainte d’une horri- (s)Pag. mble calomnie , par laquelle quelques-uns abusant de ce mot , ont ' *
voulu faire croire quelle étoit la véritable mere de Jean d’Au-triche. Strada de Rosberg semble avoir donné lieu à cettesup-
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