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Tome premier. A - B.
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B A D I U S.

(D Du Vei-

diei V;tu-l'iivas,Bìblioth.Françoilè,

r a s- w-

(d) Bezc,Histoire desEglises,Ltvr. Ví >ff.g. 149.

( e) Anr.Èayiis, m Vi-tâ Th. Be-

45 -

(Sj Brixius,in Epistolaad Eralm.inter Episto-las EtasmiXXVll Li-tri XXII,

pdg. II 66 .

(9) Ibidem,

pog. 1168.

(10) Eras-mus, Epist.XXVUíLibr. XXII,b x í- l> 7 r.

(11) Eras-mus, Epist.LXXllLtbr. XX,pttg. 1030.

(12) Swert.in AthenisSelgicis,pag. 490.

(lî ) C'est laXXIII d »XXV Livre,pag. 1373.

(14) Vnez.

Ja Caille,Histoire deFlmprime-lie, p«g. 74-

(is).Chevill.de l’Oiiginederimprim.de l’aiis,p.y. 13*.

(t S) Swert,Athen. Bel-gic. pai 490,raporte cetteEpitaphe com-me faîte pdTun Ami deBadius.ll devoit direpar lc pe-tit-fils.Votez, laTìtmartjHisuivante*

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comparer en certaines choses à Budé ; & l’on ne Íàuíoit croire les vacarmes qui furent faits à Pa-ris contre cette comparaison (t). Ceux qui mettent la mort de Jodocus Badius à l’an 1 f 26 , setrompent (F). II étoit chargé d’une assez grosse famille ; & l’on a dit dans son Epitaphe , qu’a-paremment il auroit produit autant d’cnfans que de Livres , s’il se fût mis auffi-tôt à l’une de cesfonctions qu’à l’autre (G) -, mais qu’il y avoit long-tems qu’il étoit Auteur , lors qu’il s’engageaau mariage. Je ne voudrois pas répondre que cela fût exactement vrai {H). Conrad Ba-dius , ion fils , naquit à Paris, & fut s’établir à Geneve. II devint fort bon Protestant, & il letémoigne dans l’ Jlcoran da Cordeliers. 11 en a traduit le premier Livre, & compilé le second, & ila orné l’un & l’autre de Notes marginales qui emportent la piéce. 11 étoit Imprimeur & Auteur,& sc mêloit de faire des Vers François. II en fit contre Nostradamus (e). Trois de ses sœurs fu-rent mariées a de fameux Imprimeurs (I). J’ai ignoré pendant quelque tems ce què vouloir direun Moderne , qui sembloit accuser Henri Etienne d’avoir censuré Josse Badius (K). Je ne fui quedire d’un Conradus Badius, qui mourut de peste avec toute fa famille à Orléans, où il étoitMinistre l’an if 6 z {d), & qui avoit été ami de Théodore de Beze depuis fa jeunesse (e).

majorem fuisse suturâtn , fi sortuna benignior otìu'm ac tran-quilìtatem studiorum suppeditass’et. Brixius, après avoir don-né une idée tout-à-faa médiocre de Badius , l’accuse detravailler beaucoup plus à gagner du bien , qu a deveniréloquent. Scio Radium non ej/e prorfus íuub-m. Verum qua-hs qualis est talem je certe hominibus noftrìs haélenus probavìt,ut qttoties de dotlis jermo inter dottos incidit de Badio planelébeií xlyoç. lili, quod non inficiaris, qusftus tantum non elo-quentia feopus eft (8).

(£) Erasme le compara . k Budé ; ex l'on ne sau-

rait dire les vacarmes qui surent faits k Paris contre cette com-paraisons Brixius, qui étoit ami d'Eraíme > lui écrivit furce sujet la Lettre dont je viens de raporter quelques paro-les. II ne lui cache point que les Savans de Paris étoientindignez de voir qu on eût en quelque façon préféré Badiusà Budé : major indignatto nojlrorum omnium animas subit,

quod hac in opinione, jujla de causa quum fint , txistiment il-îum abs te non tantum Badio collatum , Jed ex poftpofitum ...Ea una commisfura adeo nostris omnibus tnvidiofa eft, ut mul-torum tibi benevolorum animas k tut studio abalienarit , ob idquod exìftimant Budasum cum Badio commijfum perinde este acfi quìs Achillenr cum Therlìte committeret (9). Erasme sejustifia, & fit voir qu’il avoit très-clairement établi la sucpériorité de Budé. Il s’étonnoit que l’on n’cût pas aperçucela en France , ou que si on l’avoit aperçu , on eût tantcrié , & tant composé de Vers satiriques. Demiror ifthicejfe doclos , qui hsc non videant, ex fi vident, magis etiam de-miror este qui vociferentur, qui maledicis Verficulis rem dignamexiftiment (10). Cette affaire fut tant prônée , qu’elle vintjusques atu oreilles de François I. Si verus eft rumor , fiefremunt amici Budœi , quasi in c'meres patris ac matris illiusimminxerim. Clamant;ò Coelum! b terra! Buda; u m cum Ba-dio ! Clamant me invìderegloris Buctei , meque multis Epi-

grarnmatiis dilacerant . Causa delata est ex ad Régis cog-

nitionem. Volent1 cognoscere dijsìdii causam , dtbtum eft Bu-dasum me taxasse in loco quodam, eo me ojsensum qusfisse vin-ditlam , eumque cum Badio contulijse (11). Si Erasme avoiteu dessein de faire honneur à Badius par cette comparai-son , il fut bien trompé ; car quels coups de poignard n’en-foriçoit-on pas dans le cœur de ce pauvre homme , toutesles fois qu’on se plaignoit de l’injustice que Budé avoit souf-ferte ? 11 auroit mieux valu pour Badius, qu’Erasme ne sefût point souvenu de lui. On racommoda l’endroit dansla seconde Edition.

(F) Ceux qui mettent sa mort k l'an 1516 , se trompent .]Swert s’étoit contenté de dire qu’il trou vol t que Badiusétoit parvenu jusques à l’année 1526 jiz). Cela signifientbien qu’on ne savoir pas s’il avoit vécu au delà de cette an-née ; mais on ne prétendent point assurer qu’il n’eût pointvécu au delà. Konig, au lieu de se servir de cette réserve,affirme que Badius est mort l’an 1526. D’autres Pont ditaprès lui. Mais qu’on voie un peu la Lettre de Brixius,que j’ai citée : elle fut écrite l’an 1528 , & Badius y paroitcomme un homme plein de vie. Valere André ne dit rientouchant la mort de cet homm,e : Mr. Moréri l’a placée en-viron l’an 1529 , ou 1530. II s’abuse : car on saitqu’Erasme , dans une Lettre du mois de Septembre553 ° -13) » sc réjoiìit de ce que la nouvelle qui avoit cou-ru de la mort de Badius n’étoit pas vraie ; & nous avonsune Edition des Epitres de Longolius, faite par Badius,l’an 1533. Gesner, dans fa Bibliothèque imprimée l’an1545 , observe qu’il y avoit environ dix ans que Badiusétoit mort. II ne l’étoit pas, lors qu’on imprima à Paris leLivre d’Alphonse de Castro contre les Hérésies ; car il futl’un de ceux qui Imprimèrent Fan 1534 (Ls). La pré-miere page du Pierre Lombard in F.pistolas Pauli contientceci, fro haredibus jjodoci Badii, 1535 , menjc Decembri (15).11 n’étoit donc plus en vie au mois de Décembre 1535.

(G) ll auroit produit autant d’enfans que de Livres , s’il sesût mts aujsì-tot a lune de cesfonSlions qu k ï autre. ] Cettepensée fut le sujet d'une Epitaphe qu’on lui composa. Lavoici.

Hic , liberorum plurimorum qui parens ,Parens librorum plurimorum qui fuit ,Situs Jodocus Badius eft Ascensius.Plures fuerunt liberis tamen libri,

6}uod jam senefeens cœpit illos gignere,JEtate florens cœpit hos quod edere (16),•

Cette Epitaphe n’est point celle que l’on voit fur le tom-beau de Jodocus Badius , au Charnier de l’Eglise Collégialede St. Benoit à Paris (47). C’est là qu’il fut enterré (18).Si les Vers qu’on vient de lire font un exposé fidele, ilavoit suivi la Maxime de la plupart des Savans , il s’étoitmarié tard. Voiez le Livre intitulé Valefiana (19).

(H) ll y avoit long-tems qu il étoit Auteur, lors qu il se ma-ria . . . se ne voudrois pas répondre que celafút exablementvrai.] Le Sieur de la Caille m'inspire ce doute : il m’a-prend que Badius, à son retour d’Italie, enseigna plusieursGentilshommes à Lion , ex composa ex imprima quantité debons Livres, chez. Jean Trechsel, Imprimeur de Lyon,duquel il épousa la fille nommée Thelif Trech-

s e l.Í20). Ce fut à lui , poursuit cet Auteur , que

le savant Robert Gaguin, vingtième Général de l’Ordre desTri-nitaires , qui conoisfoit son mérite ex fa capacité pour la cor-nélien des impressions , écrivit pour imprimer ses Ouvrages,ainfi qu'on le voit par la Lettre que ce Général lui adrejje , quiest k la tête de ses Epitres in quarto l'an 1498. Ce qui obligeaBadius k venir k Paris, vers l'an 1499 ou 1500, apr'ts la mortde son beau pere , tant pour y enseigner la Langue Greque, quepour y rétablir l’art de /’Imprimerie , qui commençait a décli-ner. II résulte de ce passage , que Badius étoit marié en1500. Or il n’avoit encore que trente-huit ans : on nepeut donc pas dire qu’il ait différé son mariage jusques à lavieillesse ; jam senescens cœpit illos gignere : & cependant,c’est Henri Etienne, son petit-fils , qui l’affúre ; car c’estHenri Etienne , qui est l’Auteur de cette Epitaphe Latine,& d’une Epitaphe Greque , qui roule fur la même pensée.Jodoco Badio elegantisfimis hisce Epttaphiis parentavit ex ftlianepos Henricus Stephanus , qua propter elegantiam non potuinon adscribere {21;. Ces Epitaphes se trouvent dans le Li-vre de Henri Etienne de Artìs Typographies. Querimonia.Mr. Almeloveen les raporte toutes deux , avec une autreLatine du même Auteur , dans fa curieuse Dissertation deVitis Stephanorum.

(I) Trois filles de f. Badius surent mariées à de fameuximprimeurs.] Catherine Badius, fille de Jodocus, fut ma-riée à Michel Vaícosan (22). Perrette Badius, autre fillede Jodocus, fut femme de Robert Etienne (23). JeanneBadius, fa sœur , épousa Jean de Roigny (24), qui prit lamarque de son beau pere, ex arbora á ses Editions /ePrelum As-cenfianum pendant plus de 25 ans (25). Perrette savoir laLangue Latine, soit que son pere la lui eût enseignée, com-me le croit Mr. Almeloveen <x6), soit qu’elle l’eût apriseà force d’entendre parler Latin chez son mari. Ces deuxopinions ont chacune leur probabilité : ceux qui se range-ront à la seconde se pourront fonder sur ce qu’une sœurde Henri Etienne , fille de Perrette Badius , aprit le Latinfans le secours de la Grammaire , & par la feule voie del'usage. C’est que la maison de Robert Etienne étoit rem-plie de gens qui parloient toujours Latin, ce qui fit que lesservantes mêmes aquirent l’intelligence de cette Langue.Voiez l’Epitre dédicatoire de FAuIugelle de Henri Etien-ne : vous y trouverez ceci ; l’Auteur s’adresse à tonfils : Avis tus eorum qus Latine dicebantur, ( nifi rarius ali-quod vocabulum intermisceretur,) haud difficilior erat intellec-tus , qukm fi diéla sermone Gallico fuissent. Gsuid de,super-flue sorore meá, amitâ autem tuâ , nomine Kathariná dicam ?llla quoque eorum qus Latine dicuntur interpretem non defide-rat : multa vero ex ipfit eodem loqui sermone potest ; ex quidemita ( licet nonnunquam impingat ) ut ab omnibus intelligatur.Vnde illi hsc Latins Lingus cognitio ? Artem certe Grammati-cam haud magistram habuit, nec alius illi hac in re qukm ujusprsivit. II explique ce qu’il entend par cet usage : c’est queles Imprimeurs & les Correcteurs de Robert Etienne neparloient que Latin.

(JC) f’ai ignoré pendant quelque tems ce que vouloit dire unModerne , qui sembloit accuser Henri Etienne d’avoir censuréJosse Badius.] J’étois dans cette ignorance , pour n’avoirpas entendu une période Françoise du Sieur la Caille ; maisenfin , je l’ai comprise , ce me semble. Cette période con-tient ces termes : „ Voici son Epitaphe raportée par Henri,, Etienne dans Je Livre qu’il a composé de Artis Typcgra-„ phics Stuerimonia , imprimé par le même Etienne en„ 1569 , où il y a plusieurs plaintes adressées audit Ba-,, dius , tant en Grec qu’en Latin (27) ”. j’avois d’a-bord cru qu’on vouloit dire que Henri Etienne faisoit centreproches à Badius, tant en Langue Greque, qu’en Langue

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