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Tome premier. A - B.
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BAUDOUIN. B A U T R U. 48;

hue Théodore de Beze raconte qu’il mourut, ou à k poursuite d’un procès -> ou de chagrin de cequ’un autre lui avoit été préféré pour suivre en Pologne le Due d’Anjou (x). 11 y auroit bien des

réflexions à fairè fur la bizarrerie de fa fortune (ZV).

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publia à Louvain , en 1541 , Leges de Re Ruflicâ , item No-vella Conftitatto frima de Haredtbus ztrLege Falcidia Juftinia-ni , qu’il avoit traduites du Grec , 8c accompagnées deScholies (85). Cela fut imprimé Tannée suivante (86) ; àBaie , par Oporin , avec un gros Livre d’Antoine Garron.II publia à Paris, en 1545 , Prolegomena de Jure Cipili ; Sc,en 1546, Commentarii in libros IV Institut. Juris Civilis Jus-tìmani Imperatoris. Son Commentaire fur les Loix des XIITables fut imprimé plusieurs fois. La troisième Edition estde Baie, en 1557 , in 8 , chez Oporin, qui imprima enmême tems son Juris Civilis Catechejis , 8c ion Commenta-rius ad Edifia veterum Principum Romanorum de Chriflianis,Ouvrage qui prêche la tolérance , 8c qui, à cause de cela,fut blâmé par Claude de Sainctes (87). Je laisse plusieursautres Livres de jurisprudence publiés par cet Auteur ;mais voici une chose qui ne doit pas être omise j tk queje trouve dans Mr. Ménage. ,, A la priere du Prince de,, Condé , il fit un Traité des Moyens de survenir à une bon-,, fte Réformation , touchant la Religion, Ce Traité , aiant„ esté publié par un Carme défroqué , qui y ajouta beau-„ coup du sien , Balduin se plaignit de ce procédé au Piin-„ ce de Condé. Le Prince chassa le Moine de sa Cour,„ 8c permit à Balduin de se défendre. Balduin, ensuite„ de cette permission , fit en Latin , 8c après en François,,, son Avis fur la Réformation de l'Eglise .- 8c ìl fit en Fran-í, çois fa Réponse à un Prédicant calomniateur (88)”. Onvolt dans la III Réponse de Baudouin , que par Tordre dela Reine Mere il fut voir en prison Mr. le Prince de Con-dé , 8c qu’il conféra avec lui sur Taccord des Religions, 8csiu’on lui commanda de faire un Ecrit touchant cette Con-férence qui avoit été renouvellée depuis que ce Prince eutété remis en liberté. La composition de cet Ecrit l’empê-cha d’aller trouver le Duc de Guise, 8c de lui porter uneLettre (89). Je ne dois pas non plus oublier que son Cons-tantinus , five de Legibus Conftantim Imperatoris , imprimé àBàle, Tan t , a été mis dans XIndex Librorum expiirgan-dorum , 8c qu’il passe pour TAuteur d’un Livre qui fut im-primé à Strasbourg , fub Chrijlianorum Jurisconfultorum no-mme contra Duarenum , Tan 1556; mais qu’il le désa-voua (90). On lui donne dans l’Epitome de Gesner unOuvrage qui est d’un autre Baudouin. Non bujus , fed Pé-tri Balduin! funt (91) .- ce sont des Notes fur les Offices deCicéron. Ce fut lui qui mit en François une Histoire dePologne faite en Latin par Jean Herburt de Fulstin Castel-lan de Sanoc. Cette Traduction Françoise fut impriméeà Paris, en 1573 , in 4 , fans le nom du Traducteur (9a).ll fe mafquoit quelquefois fous le nom de Pierre de la Roche ,Petrus Rochius (93) , c? fe nommait Atrebatius, par allu-sion au J c. Trebatius, z? à fa patrie (94).

Pour ce qui regarde les pilleries qui hti furent repro-chées , vous n avez qu’à lire ce qui fuit. Pudendum est , z?nimium illioerale illud plagìam, quodipfe inficiari non potest de

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tortjuo furreptts, Omitto qua non mod'o Terretus er Othoma-nus , quorum firtajsts familiarisase tum abutebatur ex vetereilla formula rà tâi <pÍÁm »-»« , fed etìam maximì ipfius ini-mici Baro , er Duarenus , optimo jure ex istìus centonibus repe-tunt. Omitto etiam turpifstmorum erratorum Centurias , quasContius ZV ìpfe Juris ìnterfres in istius Constantino , quanvisexiguo libella , annotavit (95). Ce Contius , dont Beze par-le , étoit Professeur en Droit à Bourges, 8c s’apelloit An-toine le Conte. On fait auffi mention d’Hotmán dans cePaflage. Ce fut l’un des Adversaires de Baudouin , 8c ille traita avec le dernier mépris (96) : il l’apella même Her-maphrodite , 8c il semble qu’il prenne ce mot au propre ,quoi qu’ailleurs il le prenne au figuré (97). Vxor ( inquis )il s’adresse à Papyre Masson , mihi nulla est , nec unquamfuit. Nec mirum , Mastone : (iquidem Balduini praceptoris tutfimilis es , qusm omnes dicebant este Hermaphroditum (98). IIie fait un plaisir de dire que Cujas méprisoit Baudouin :Ctim omnes sciant quod pradittus Cujacius non fecerit unquamnumerum de Balduino plus quàm de fuis veteribus ocreìs (99).Mr. Ménaue remaraue nvpr éfnnnpmpnt' . rnip Priiac n’c

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r. Ménage remarque avec étonnement, que Cujás n’aJamais parlé de Baudouin (100). Nous avons vu qu’il luiécrivit des Lettres fort obligeantes (101).

{N) Il y aurait bien des réflexions d faire fur la bizarreriede fa fortunes II avoit de l’esprit, du savoir , de T élo-quence , de Tadresse : il étoit bien fait de sa personne : ilentendoit le manege de la Cour. Quelques-unes des quali-id tCZ ^ ue ' e Èns de spécifier se trouvoient en lui dans un

étlagp R 1 ^ - b a Z- 184. (98) Idem, ibid. fag. 28t. (99) Idem, ibid. pag. 269.

s ' ^emarq. s ut ia Vie d’Ayrault pag. 158. (joij ci diffus, Citation (84).

dégré éminent. II fut emploié diverses fois par de gransPrinces à des affaires impartantes : cela le mettoit en passed’un glorieux avancement ; 8c néanmoins il ne s’avançajamais beaucoup 8c je pense qu’il ne mourut guere riche.Combien y a-t-il de gens intérieurs en toutes choses à cethabile Jurisconsulte , qui montent bien haut, qui parvien-nent à de grandes charges, qui s’y maintiennent, qùi s’yaquiérent un beau nom , beaucoup de richesiès , beaucoupd’autorité ? Ils ne brillent par aucun endroit : ils n’excellenten rien : point de qualitez éminentes : on cherche vaine-ment en eux ce qui excite Tadmiration : 8c on le trou-ve bientôt en d’autres personnes, qu’on voir néanmoinsdemeurer toujours dans un état médiocre, quelque souventquelles aient eu fous la main une occasion favorable. Laplupart de ceux qui font attention à ce train des choseshumaines y trouvent de quoi murmurer, de quoi se fâ-cher , 8c ils déchargent leur dépit sur ce qu’ils apellent in-justice ou aveuglement de la fortune. Ils vont rarement aufait : ils ne s’avisent guere d’une autre cause qui produit ce-la bien plus souVent qu’ils ne pensent. Ils devroient sa-voir , qu’afin que des qualitez éminentes portent un hom-me à T élévation qu’elles semblent lui promettre , elles doi-vent être secondées par certaines autres qualitez, ou n’êtrepas traversées par certains défauts : car n’étant pas secon-dées , ou étant traversées, elles font une cause insufflante;8c ainsi , selon les loix de la Méchanique , il faut qu’ellesmanquent leur effet. Or voilà ce qui arrive à plusieursde ceux dont les talens ont de l’éclat : il leur manque cer-taines choses, avec quoi ces grans talens feroient des mer-veilles , 8c fans quoi ils ne peuvent, ni les avancer, ni lessoutenir. Les qualitez de ces gens-là ne font pas bien as-sorties ; il n’y a point entre elles le concert 8c la proportionqui devroit y être : au lieu donc de s’entr’aider les unes lesautres, elles s’entrenuisent. II ne faut dOnC pas s’étonnersi Ton ne s’éleve pas, 8c même si Ton échoue avec un teléquipage. Pour ce qui est de certaines gens, qui par-viennent à une grande fortune, 8c qui s’y soutiennent,sans qu’on puisse remarquer en eux rien qui ne soit médio-cre , il ne s’en faut pas étonner. II y a un tel concert, ouune telle proportion entre leurs bonnes 8c leurs mauvaisesqualitez , qu’elles se servent d’apui réciproquement ; Sc ,par là , elles forment un principe complet, 8c sufisant à laproduction de mille avantures profitables. 11 en est de cecicomme des machines; car quelque grossièrement qu’ellessoient faites, elles feront mieux leur jeu, fi leurs partiesfont placées 8c proportionnées comme il faut, que la plusadmirable machine në feroìt le sien , fi Ion en ôtoit quel-ques pièces, ou fi Ton y en plaçoit quelques-unes qui necorrespondissent pas avec les autres. „ Ce n’est pas le tour*, que de joindre avec la Science du monde celle des Li-„ vres, beaucoup d’esprit, beaucoup d’éloquence, M-,, sieurs autres dons éclatans, si d’ailleurs vous êtes brus-„ que , capricieux , indiscret, paresseux, timide, intéres-„ sé , sujet à de basses jalousies, présomptueux , incapable„ de suivre une affaire qui traîne en longueur, inconstant ;,, plus propre à commencer cent nouveaux projets qu’à ré-„ fister au dégoût de manier quelque tems la même affaire:„ si , dis-je , vous êtes frapé à tels 8c semblables coins, 8c,, que vos grandes qualitez ne vous fassent point faire for-,, tune , ne vous en prenez pas à Tin justice du fort, à l’ini-„ quité du siécle , à la malignité de vôtre prochain ; pre-,i net vous-eh à vous-même : attribuez - en la caulè aux„ disproportions des qualitez que vous avez eues en parta-„ ge Je compte François Baudouin parmi ceux queTon peut apostropher de la forte. Notez qu’entre les per-sonnes de cette trempe quelques-uns se font justice : ils co-noissent le mélange qui rend inutiles leuts beaux talens; 8cs’ils murmurent, ce n’est pas contre leur prochain , Vestcontre leur propre tempérament, c’est contre la nature quia mis des contrepoids à tout ce quelle leur avoit donné deplus propre pour une grande élévation. Au reste , je neprétens point enfermer dans cette Hypothèse mille 8c mil-le cas particuliers, où les causes de la mauvaise 8c de labonne fortune sont tout-àTait externes : c’est-à-dire , qu eceux qui, avec des qualitez fort capables de les élever,font demeurez dans T obscurité , n’ont eu aucune occasionfavorable ; 8c que ceux qui, fans nul mérite , font mon-tez bien haut, se sont trouvez dans un tourbillon de cir-constances si actif, qu ils n ont eu aucun besoin de le secon-der , 8c que leur incapacité ne lui servoit point d’obstacle.Mais souvenez-vous que Baudouin n’a point manquéd’occasions í il a été mis souvent sur les voies.

BAUTRU DES MATRAS (Maurice) premier Lieutenant de la Prévôté d’Angerscn titre d’office. Ses fils & ses petit-fils ont rendu son nom ttès-célèbre , comme on le va voir.

Croix BAUTRU DES MATRAS (Jean) fils du précédent j a été Avocat au Parlement deHîos"*; Bavis, & p un fies meilleurs ; car Antoine Loiíèl, dans son Dialogue des Avocats, a parlé de luiC , n cecte 1_ naniere : B duira voioit cfune plus grande aile qu'eux tous. Je ne dirai point qu’il fuft plusl 11 ' ai{ cun d*eux ; mais il avoit la langue mieux pendue ) & , s'il le faut dire , plus Angevine (a).ts8 °- 3 f u ILLAum e, & Rene Bautru des Matras, étoient ses freres. Guillaume , Con-tuilier au grand Conseil, & grand Raporteur de France {b) , a été pere du fameux Monsr. Bau-^ Ppp L tru

(.v) Bèzá, tuVitâ Caiv.ad ann. 1561;pag. Un

Effet desProportions,& des Dis-proportionsentre lesQualitezd’un mêmehomme.

(b) ExMd.nagii NoriaGallicis inVitam Pétrijïtodii,í“í- 17t.

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