B E L L E Y. B E L O Y. • m
tk far tout daiis celui de Saint Sulpice. Je remarquerai par occasion 1a fraude pieuse qui a étépubliée touchant la Fondation de ce Monatterc (C).
b) Anti-Bafilic^ 35 S.
( To ' Bailler,'Art. CVI,Anti.
si') Vu! k.J fl Tome
*» Mercureft: 'nçoìs,
Hî- IZZ.
» par trente Evesques, quand ils eussent mesmc esté 40 our, 50 , il ne pouvoir avoir lieu en l’Eglise universelle , de„ laquelle les Moines faiíòient la plus illustre part , la plus,, parfaite & accomplie , parce quelle estoit en l’estat de,, perfection. II y eut une Moniale , de beau , je ne sçay„ fi de bon esprit, qui lifilée ( pour ne dire soufflée ) par,, ces excellons pédagogues , ou pour mieux dire Peres ,,, reípondit un jour à une des remonstrances de M. D. B.„ Monseigneur il semble que vous ayez résolu de nous gril-,, 1 er toutes vives fans que nous Payons mérité. A laquelle„ il repartit promptement, mais froidement ; Ma Sœur,„ vous monítrez bien à ce discours que vous estes fort vi-,, ve , & peu morte à vous mesme , c’est-à-dire bien peu,, mortifiée : car comme le poisson , qui est encor vif,,, faute de dessus la grille , & se roule parmi les charbons,,, ce que ne fait pas celui qui est mort. Audi les Moniales», qui ne font pas bien mortes au.monde , & de qui les>, passions sont vives, &c quelquefois vivifiantes , aiment,, mieux comme des Salemandres & Piralides , vivre par-,, mi les braziers des conversations selon la pensée de sainct„ Bernard qui compare le Moine fréquentant le siécle lans», s’y perdre , ail miracle des trois Enfans de la fournaise,„ que demeurer encloses dans une grille crucifiées avec„ Jésus - Christ leur Epoux. Tant y a que M. C. m T Abbé,, qui succéda au Capitaine , depuis Général de TOrdre ,,, ni tous les Supérieurs de TOrdre , n’ont jamais peu ni,, renfermer ni reformer ces bonnes Dames de qui la bien-,, séance & la pudeur m’empeschent d’en dire davantage,, laissant le surplus à Flmagination du Lecteur, qui fur ce,, que j’en ay dit peut former ses conjectures de ce qui se», cache sous le rideau du silence (9) ”.
L’Ouvrage dont je tire ces morceaux n’a pas été oubliépar M. Bailles dans fa curieuse Liste des Anti, non plusque L'Anti - Hermite , & L’Anti- Moine dumême M. Camus. 11 dit de ces deux derniers qu ils fe fonttrouvez, tellement attachez à la fortune des autres Ouvra-ges de cet Auteur , que l’on ne fait presque plus s’ils ont ja-mais été au inonde. S’ils continuent avec la même précipita-tion , qu ils ont fait jusqu ici pour courir k leur anéantissement,fiyez assurez que la mémoire en fera bientôt effacée , zr qu'ilf cr a difficile d’en sauver même les noms dans les Cataloguesde Libraire (ro). Cela ne convient pas moins qu’aux au-Ves à celui qui a pour Titre L’Anti Basilic pour Refporfe àl'Anti-Camtts par Olenix du Bourg-ïAbbé. J’ai donc lieude croire qu’on aimera mieux que j’aie donné de longsExtraits de cet Ouvrage , que fi je m’étois servi d’un ren-voi qui eût été inutile à la plupart des Lecteurs.
II y a dans le récit de Mr. Camus quelques négligencesqu il est bon de remarquer. I. II ne nomme point 1 AbbéHuguenot, ni la Citadelle dont cet Abbé étoit Gouverneur.Je siiplde à cc défaut, & je dis qu’il parle de Pierre d’Esco-deça , Seigneur de Boesse , Baron de Pardaillan , Maistrede Camp du Régiment de Champagne , 8e Gouverneur dela Citadede c.e Bourg cn Bresse. II. II étoit de Guienne ,» no .D Languedoc. III. Le désordre qu’il commit
duia fi Ion veut huit ou neuf ans , mais non pas à la vuede Mr. de Bellei qui ne fut sacré Evêque qu’en 1609. Orla Citadelle de Bresse fut razée Tan mille six cens onze" (u).IV. Le Roi n’avoit pas donc ouvert encore le pas de fa ma-jorité ; V. Et Ton ne peut pas dire que le Gouverneur aitcommis toutes ces rages fous la minorité de Louis treize.
(C) Là fraude pieuse qui a été publiée touchant la Fonda-tion de ce Monastère, j ,, La vieille Chionique de Savoie
„ MS.porte qu’Amé II du nom , & prémier Com-
„ te de Savoy e Seigneur de Bugey fit veu de fonder une», Abbaye dans ses Estais pour avoir lignée ; & qu’en fuite,,, il eust un fils appellé Humbert, lequel estant tombé ma-„ lade , & craignant de le perdre faute d’avoir accomply„ son veu , il fit bail > t & fonda T Abbaye de S. Sulpice eri,, Bugey à la persuasion de la Comtesse de Savoye sa fem-„ me : V oici les mots de la Chronique :
„ De nuit au lit par plusieurs fois fofpiroit la Comtesse ;,, dont l’y demanda le Comte quelle avoit. Monsieur, dit elle,„ paour que rie nous mefaduíenne de Humbert nostre stlst„ Pourquoy (dit-il). Pour cause, dit la Dame, que vous avez,, voué à noflre Seigneur de sonder un Ordre de í’habit ait„ S. Prodomme , Sire Bernard Abbé de Clereuaux, fe Dieu,, nous preftoit lignée ; zs? vous n en avez encorcs riens fait ,„ ains le mettez en non chaloir. Lors refpcr.d le Comte ; ne,, vous doubtez , car je le accompliray au plaisir Dieu briefue-„ ment. Si eust le Comte conseil à plusieurs cn quel lieu il,, fonderoìt l’Abbaye Belle , puis informé du lieuse transporta,, fur une Montagne sttuée en Bugeys , ou il fonda une Ab-,, baye Belle isr folemnelle fous le nom du Confiseur Monsieur„ S. Sulpice, laquelle il furnìt , ZJT doéia conuenablement ;„ z? y mit Abbé , CT 1 Religieux prodommes à Icrïter Dieu de„ la lignée qu’il Lty avoit preftée. Paradin en son Histoire„ de Savoye (j) a suivy de point en point la Chronique,, Ms. de Savoye , 8e adj ouste qu’après que T Abbaye lut,, achevée , & le veu accomply, le jeune Prince de 8a-„ voye revint en convalescence ; cottant le te m s de cette,, fondation avant í’an 1118 (n) ”. Guichenon léfutecela très-íoliclement : il dit qu’il a trouvé dans les Ar-chives de saint Sulpice , qu en l’an 1130. ,, Quinze liell-„ gieux de ï Ordre de Ciseaux , z? un nommé Bernard qui„ estoit leur Supérieur , àllerent aux Montagnes 'de Bugey par„ lai permission d'Hugues Abbé de Pontigny à dessein d’y„ faire penitence , cr d’y mener une vie austere , z? qu’Amé„ 1 Comte de Savoye estant fur le point de faire le voyage„ de la Terre Saìnele , pour les y retenir , leur donna des
,, Lettres & des Privilèges. Quant â
,, la cause de la fondation , il est certain que les Historiens,, de Savoye ont erré d'avoir publié que ce fust âpres la„ naissance du jeune Comte Humbert fils dudìt Amé . . . ;,, car les concessions du Comte Amé portent en termes exprès le,, contraire, la premiere desquelles , qui est dattée à Tenne, en,, prefence de Ponce F.vesque de Belley , z? d’Humbert ììves-,, que de Geneve, dit ainsi : Igitur quicumque ista legerit, 8c,, audierit, hoc donum me fecisse cognofcat, tempore quo,, in Montants Battes hospitando retinui, scilicet antequàm,, de uxore mea hahuissem ìnfantem ; zsr la seconde : No-,, verit omnis tàm extraneus quàm propinquus hanc meam„ donationem fecisse antequàm de uxore mea , Matildi,, nomine , libéras aliquos procréassent (13).
Je ne faurois me persuader que ni le hazard ni l’igno-rance aient produit le mensonge que Guichenon a réfuté.C’est plutôt l’effet de Tartifice des Ecclésiastiques. Ils fontvenir l’eau à leur moulin autant qu’ils peuvent, 8c pouranimer les Grans à faire des Fondations ou des Donationspieuses, ils supofent des exemples de fécondité , ou deguérison , ou de quelque autre avantage temporel, qu’ilsattribuent à la piété libérale.
BEL O Y (Pierre de (a) ) Avocat Général au Parlement de Toulouse , n’avoit pointencore cette charge , lors qu’il écrivit pour les droits du Roi de Navarre contre la Ligue. S’ileût été Protestant, il n’auroit rien fait en cela qui n’eût été fort naturel, & d’une vertu très-ordi-naire j mais comme il étoit Catholique (If , & à Paris, lors qu’il publia un Ouvrage contre laI.igue, on le doit regarder avec quelque forte d’admiration. Cet Ouvrage est intitulé Apologie C a*tholique contre les Libelles , Déclarations , Advis Consultations , faites , eferites , tsi publiées par tesLigués perturbateurs du repos du Royaume de France , qui fe font estevez depuis le décez de feu Monsei-gneur fr ere unique du Roi , par E.D.L.I.C. 11 parut en Tannée ifSf. II a été traduit en Latins);îes Ecrivains de la Ligue le traitèrent de Libelle diffamatoire (Z?) ; & T Auteur fe vit exposé à
une
(Aj Son Apologie Catholique a été traduite en LatinsJ’en ai vu deux Traductions en cette Langue. L’une , sil’on s'en reporte au Titre , fut imprimée à Paris, chez Ja-ques Petit Chou , en 1586. On ne voit à l’autre , ni lelieu de TImpression , ni le nom de Tlmprimeur ; mais ony trouve le Titre plus long qu’à l’Original, 8c un Avertis-sement du Traducteur.
(B) Les Ligueurs traitèrent son Apologie de Libelle dìffa-• matoire.] Volez le Livre intitulé Réponse des vrais Catholi-ques François a l’Advertijsement des Catholiques Anglais, pourl exclusion du Roi de Navarre de la Couronne de France. L’E-dition dont je me fers est de Tan 1589. Vous y voiez aurevers du Titre un Catalogue des Libels diffamatoires aus-quels on prétend répondre : Y Apologie Catholique par Bellayest le troisième de ces Libelles. J’ai vu une Réponse par-ticulière aux principaux chefs de cet Ouvrage de Beloy,laquelle passe pour être de Bellartnin. L’Auteur prend lelitre Francifcus Romulus. II n’attaque son Adversaire ,ï 11 » j-r Généalogie de la Maison de Bourbon , ni sur laXO As qU '° n ohectoit à Henri IV , à cause du mariage
de fa mere avec lé Duc de Cleves, ni fur la Dispute de lapréférence de l’oncle au neveu : i! réduit tout à la religion,8c au fondement de la Bulle, qui ne déclarait le Roi de Na-varre déchu de la fucceffion , 8c incapable de régner , qu’àcause de son Hérésie. Lapremiere chose que FrancifcusRomulus entreprend de faire voir est que T Auteur de TA-pologie n’est point Catholique, comme il s’en vante , maisun franc Hérétique , ou peut-être même un Athée. Nosigitur , ut ejus vestigiis ìnfistamus , demonftrabimus primutriAuílorem Apologie saisi sibi Catholici nomen asiumere , cumaut hureticus, aut fartasse etiam atheussit (1). Voilà ce quec’est que Tentêtement pour certains dogmes particuliers ,qui au fond ne sont pas de Tessence d’une Religion. Ceuxqui se coiffent de ces dogmes particuliers, soutiennent ef-frontément , que quiconque les combat est un faux f, ere,un prévaricateur, un espion , un traître , 8c , pour toutdire en un mot , un Athée. II fe trouve de ces sortesd’entêtez dans toutes les Communions, fans excepter lesRéformez sortis de Francí. Bellarmin leur doit servir demiroir pour conoitre leur illusion ; car celui qu’il accusoit
Ttt d’Hé-
ft) LivreChap. 41.
(Ï 2 ) Guiche-non, Histoi-re de B cessé5 : de Bugey 4Conîihuationde la II Paì‘~tie.pag, iùt,
(13 ) Là Tneàme> pag. iói^
(a) Cefi atnjiqiTil sc n m*me , ér m npas PierreBelloi.
(b) Vtiìcx. U
Chronolo-gie Nove-naire deCayet,
Tom. 7, fo-lio 17 vtrf&4
fï) Francis-ais Romu-lu$,Re!pon£ad prsecipiwcapita Apo-logie qusefalsò Ca-tholica in-fcribitiir $m- 5 -