BERENICE.
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Tacit." lst ot. Libr.", Cap, j2,
& vit l’heure , que de Galant favorisé sans nulle exception , il deviendroit son mari (C) ; mais lesmurmures du Peuple Romain frustrèrent cette espérance : il ne lui resta que le titre de Maîtresseou de Concubine d’Empeveur. Le Théâtre François au XVII siécle a retenti des amours doTitus & de Berenice (D). Elle avoit une sœur trop belle pour qu’elles s’aimassent (£). L'Ecri-ture a fait mention de Berenice (F). On a fait de lourdes fautes concernant cette Princesse (G)
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sed gerendìs rébus nullum ex eo impedimentum ( 6 ). En deuxmots, cet Historien réfute la médisance : il convient quecette Reine avoit touché le cœur de Titus; mais il dé-clare que ce n’étoit qu’une amourette d’amusement, quine le détournoit point des affaires.
(C) Elle vit T heure que . . . Titus deviendroit son marisAgrippa & Berenice fa Sœur firent un voìage à Rome pen-dant le quatrième Consulat dëVespafien. On leur fit degrans honeurs ; elle logea au palais, ne fit qu’un lit avecTitus, 8c commença à disposer de toutes choses, commeune femme légitime ; mais Titus aiant apris que le peu-ple en étoit scandalisé la renvoia. C’est ce que Xiphilin ra-conte (7) : & il remarque que Berenice étoit alors dans fafleur, dans son grand éclat: Bepovíxii ìè « Ijvlht. Be-
ronice maxime fiorebat (8). Elle avoit néanmoins quarante-quatre bonnes années : car le quatrième Consulat de Ves-pasien tombe fur fan 71 de Jésus-Christ (9) ; & elle avoitseize ans , lors que son pere mourut (10), c’est-à-dire la3 année de l’Empereur Claude (u), qui étoit la 44 deJésus-Christ. Le calcul est aisé à faire. D’ailleurs, elleétoit entrée de fort bonne heure dans la carrière , 8c avoitjoûté courageusement 8c sans relâche. Elle avoit un mari,8c peut-être des enfans , la seizième année de sa vie ; elleavoit eu un second mari ; eile avoit eu des Galans ; Sc,néanmoins, la voilà dans son grand éclat à l’âge de quaran-te quatre ans. C’étoit de quoi être exposée à l’envie. Sue-tone observe que la séparation se fit à regret de part 8c d’au-
vous foïez. en goût de tendresse je dis de la plus fine ■ car ja-mais femme n a pouffé fi loin ïamour C? la, délicatesse qu a saitcelle-là. Mon Dieu ! la jolie maîtresse! L? que c est grand dom-mage qu un seul personnage ne puisse pas faire une bonne Piéce !La Tragédie de Racine feroit parfaite (18). Le Comte lui ré-pondit. „ Je viens de lire Berenice. Vous m’avíez préparé„ à tant de tendresse , que je n'en ai pas tant trouvé. Du„ tems que je me mêlois d’en avoir , il me souvient que„ j'cuise donné là-dessus le reste à Berenice. Cependant„ il me paroît que Titus ne l’aime pas tant qu’il dit, puis-„ qu’il ne fait aucuns efforts en fa faveur à l’égard du Sénat„ 8c du Peuple Romain. II se laisse aller d'abord aux re-„ montrances de Paulin , qui, le voïant ébranlé, lui ame-„ ne le Peuple 8c le Sénat pour l’engager ; au lieu que s’il„ eût parlé ferme à Paulin , il auroit trouvé tout le mon-„ de soûmis à ses volontez-Voilà comment j’en aurois usé,„ Madame ; 8c ainsi j’aurois accordé la gloire avec l’amour.„ Pour Berenice , fi j’avois été à fa place > j’aurois fait ce„ qu elle fit ; c’est-à-dire , que je ferais parti de Rome la,, rage dans le cœur contre Titus, mais fans qu’Antiochus,, en valût mieux (19)”. Voici ce qu’on lui répliqua.Vôtre coeur ri est pas auffí indifférent que je le croiois , puisqu ilvous souvient encore que vous auriez pû donner le reste à Bere-nice en fait de tendresse ; & il faut Tavoir poussée bien loin ,pour trouver qu on en auroit plus quelle. Je vous en loue iVrevere. Jl ne faut pas aimer à demi , quand on s en mêle (10).On aprendra dans ces trois Passages le jugement qui a été
tre. Nec minus libido (suspecta état in Tito ) propter exoleto - - fait de la Berenice de Mr. Racine , 8c combien les Damesrum çy fpadonum greges propterque infignem reginst Beronices sont portées naturellement à donner leur aprobation aux
(is) Lettré
cxxxilt
de la lllPartie desLettres duComte deBusti Kabu-tin> pag. 246£dir. de tìolUCette Lettieejt datée d t■Dijon, le ztde Juillet1671.
(19) Buíïï,LettreCXLVm dela JIl Partie^pag. 268.
(20) Là-mé-me, LettreCLll, pag,279, 28©.
v 1 ) Sueton,
Tito,
H. ru.
f. 1 3 ) Xîphi-* lI >. in Tito,■***6 init,
íjé) Aurel.
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amorem eut etiam nuptias poÚicitus ferebatur . Berontcem
flatim ab urbe dimìfit invitas invitam (ra). Titus se fit unegrande violence , en renvoiant Berenice, pour calmer lesplaintes des médisans, Berenice fut fort fâchée qu’on larenvoiât : elle eût mieux aimé fans doute une continuationde médisance ; 8c , s’il est vrai que Titus lui eût promismariage, comme le bruit en courait, il faut croire qu’ellepesta contre la mauvaise foi des hommes. II est probable,que pour adoucir l’amertume de ce renvoi, Titus lui ditque c’étoit un sacrifice qu’il saloir faire aux murmures detoute la Ville ; mais qu’après avoir cédé à ce torrent, quine feroit que passer , on se reverroit. Ce qu’il y a de cer-tain, c’est que Berenice se conduisit tout comme si on l’eûtcongédiée de cette façon. Elle revint trouver Titus quel-que tems après , 8c n’y gagna rien : il ne voulut plus ouïrparler «selle. Je croi que Xiphilin est le seul qui ait obser-vé ces deux renvois de Berenice , l’un sous l’Empire deYefpasien . /autre sous celui de Titus. O' h Si T«V« { ûSh
ure iposixov hre èpaìtxìv itataçxfouç ísrptt^ev, iiXXÙ Xfv.çfi xtti-trsp etriÇvXevésás, xeel xcúrel xeei B epmutis‘t t'ú-
ft-w aòS •/« -â--:;, iyeselo. Titus ex quo t empare principatumfolus obtinuit, net udes fectt net amoribus infervivit , sed comisquamvis infidìis peteretur, «ar continent , Beronice lìcètin urbemreversa , fuit (13'. H est assez aparent que Xiphilin ne setrompe pas, encore qu’Aurelius Victor Se les autres' neparlent que d’un seul renvoi. Ut subi» pondus regìum Bereni-cen nuptias suas fperantem regredt domum . . . prscepit (14).Ces paroles d'Aurelius Victor, comparées avec ce qu’iiavoit dit peu auparavant, le convainquent d’une extrêmenégligence. II dit ici que Berenice esperoit d’épouser Titus :8c il yenoit de dire, qu’elle étoit fa femme. Cœcinam Con-sularem adhibitum cœna vix dum triclinio egreffum ob suspicio-nem Jluprau Rerenices uxoris suai jugulari juffìt. Recueil-lons de là , que Berenice prêtoit l’oreille à d’autres fleuret-tes q u’à celles de s Empereur. Cela est assez ordinaire auxMaîtresses des grans Princes. Je ne puis passer fous silenceUne erreur de Noldius. II dit, dans la page 428, que Dionou Xiphilin se sont trompez , quand ils ont mis le divorcede Berenice sous Vespasien , puis qu’Aurelius Victor assûre
cœurs qui poussent loin la tendresse. Je ne trouve point quela Critique du Comte de Rabutin soit juste ; cas il eût vou-lu que le Poète eût falsifié un événement qui devoir êtreconservé sur le Théâtre. Le renvoi de Berenice est si conupar l’Histoire, que ceux qui ne l’eussent pas trouvé dansla Tragédie eussent crié justement contre l’Auteur. Mr.Racine pressentit cela fans doute ; 8t ce fut aparemment laraison pourquoi il représenta la tendresse de s Amant infé-rieure à la tendresse de s Amante. Cette œconomie pou-voir déplaire au beau sexe ; mais enfin on trouva que cetinconvénient n’égaloit point l’autre.
(E) Elle avoit une sœur trop belle pour quelles s'aimassent ,]Josephe remarque que Druíìlle, sœur de Berenice, écoutales propositions de Félix Gouverneur de Judée, pour semettre à couvert de la jalousie de sa sœur , qui ne pouvoitsouffrir qu’elle Druíìlle eût une fi grande beauté. Druíìllefut recherchée en mariage par Félix, pendant qu’elle étoitmariée avec Azizus Roi des Emescniens. Elle consentit àcette recherche , & devint 1 épousé de Félix , & il sem-ble même qu’elle abjura 1 e Judaïsme (11). J’examineraicela dans la Remarque (uî) de son Article. La haine fra-ternelle est grande : on peut citer des Maximes là-dessus ;mais si je ne me trompe , la haine des sœurs va plus loinque celle-là. Nous pourrons dire un mot fur ce chapitreen quelque autre endroit (zz).
(F) L' Ecriture a fait mention de Berenice.] L’on trouvedans le chapitre XXV des Actes , qu'Agrippa 8t Berenicearrivèrent à Cesarée , pour saluer Feslus : 8c qu’aiant ouïparler de St. Paul, qui étoit alors en prison , ilsle vo.ulu-rent ouïr : que pour cet effet , ils se rendirent au lieu desaudience avec une grande pompe (zz) , 8c entendirentSt. Paul.
(G) On a sait de lourdes sautes concernant cette Princesse.]Sabellic a cru qu’elle fut femme d’Aristobule , 8c ensuited’Antipater (24). C’est confondre ensemble deux Bereni-ces, l’aieule ,8c la petite-fille. La prémiere sot mariée enprémieres noces à Aristobule > 8c en secondes à un oncled’Antipater, 8c non pas à Antipater même. Voici doncune nouvelle méprise de Sabellic. Mais pour la Berenice
que Titus ne la. renvoia qu’après avoir pris possession de la dont il parle , ( c est la Maîtiesse de Titus ’ v (J'Jf u n ‘Couronne : ut subi» pondus regìum (iy). Voilà ce que dit 1 un m 1 autre de ces deux ma ìs. J p ter un
Noldius dans la page 408 ; mais dans la page 409 , il as-
súre que Berenice revint à Rome , pour faire un nouveleffort sur le cœur de Titus, 8c que son dessein ne réussitpas. II cite pour cela les paroles de Xiphilin. Quoi ! aprèsavoir dit qu’un homme se trompe , faut-il affirmer ce qu’ilavance , faut-il le prouver par ion témoignage ?
(D) LeThéatreFrançois au XVIIfiécle a retenti des amoursde Titus v de Berenice.] On joua en même tems deuxPiécesintitulées Berenice. L’une étoit de Mr. Corneille, 8c l’autrede Mr. Racine. Chacune avoit ses partisans : s Abbé de Vil-lars publia une Critique de toutes les deux. Je ne íauroispoint qu’il est l’Auteur de cette Critique , si je n’avoìs lu
ces paroles'dans les Sentimens de Cleanthe (16) : En eus-siez-vous douté, fi k Critique des deux Berenices vous fût venudans la pensée ?... F ar raison aurtons-nous échapé auCenseur de deux excellent Poètes , dont l un n a pas daigné luirépondre , c? l'autre n a dit qu en deux mots pourquoi il ne luiréponde» pas (17) ?
Voici des Extraits qui me paraissent fort dignes de laplace que je leur donne. J- fuis trìs-fachée, c’est une Da-me qui écrit cela au Comte de Rabutin , de ne pouvoir vousenvoier aujourd’hui la Berenice de Racine ; je ïattens de Paris.Je fuis affûrée qu elle vous plaira ; mail il faut pour cela que
Passage de Juvénal, qui fans doute doit être entendu de 1derniere Berenice , de celle qui fut aimée de Titus & 3
fut soupçonnée d’inceste avec Agrippa son frere. '
qui
Grandia tolluntur crystaUina , maxima rursus\ r 7 • Afiinâe aaatnas notijjtmus , C? Berenices
a“tr» 4 .r : bJ **
7 arbarus incesti . dédit hune Agrippa sotton ,
Observant ubi sesta mero pede sabbata Reges ,
E t vêtus indulget senibus chmentta pomssiff).
t c.unliaste de Juvénal entend ici par Berenice une sœurV e bornée Roi d’Egypte , Sc par Agrippa un fik de Ju-v 6 P fiKSSte , ce fils de Julie & d’Agrippa , que Ti-ì e ’ f mouri?auffi-tôt qu’Auguste fut deœdé (26). C’estune négligence prodigieuse de ce Schohaste , pour ne nendire de pis '• car , avec un peu d attention , on voit mani-v ftement que Juvénal parle d’un Agrippa qm demeuraitf - ceouinepeut convenir aucunement au fils de
lui? 5 Outre que . selon la Remarque de Noldius (27),personne n’a jamais dit qu’Agnppa & son impudique: sœur£ aient été accusez d’mcefte. II n est pas fi aise de re-lancer le Scholiaste fur l'autre point, parce quelarepeu-ìancw Xxx 3 tioa
(xi J Joseph)AntiquitLiLr.XXlXtCnpite V 9pag, 693.
(22) Dans laT{tmarq. (B),de P ^Articlede Drusii,-LE.
(23) Me'jÀTroÀXnçÇccvreto-teiçlcmi ímtltâofhntattonep
ÍCU ambitionne. Actor.Apostol.
Cap. XXKVers. 2Z.
(24) Sabel-licus, in ra-laphraíì adTitum Sue**tonii, apudNoldiumde Vitá &Gestis Re-10 dum,pag. 414.
(25) Juveih’Satir. VI 9Vers IJ4.
(26) ll avoitété rt légué paruAugnjte dansC lie ìflanasia*T acit. Ann*Libr. /,
Cap. Lll,
dr non pas cflSicile, commedit le Scho-liafte,
(27) De V\+tâ Sc GestisH erodum »pag. 41a,