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Tome second. C - I.
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CAIN.

Qj vains

ìiebrAÌ , lit'tiíi

Geuebxai-,

dum.

(S) VideSaldetiuni,Ot. Theol.t*l‘ 34 S.

(7) Ibidem.(?) Ibidem.

fs) Comel.à Lapide,in Gcneí.Cap. jy.

(10) SaldetuOt. Theol.xa?. 34 S*

(11) MpndSalianum,Tom. I.fag. 192.

(12) Froco-pius,in Ge-nes. Cap. IV,Voies, aujjiS. Jeròme,EpistolâCXXV. adDamas.

(13) MpudSaldenum,Ot. Theol.t*g- 345 .

(14) .JpudSalianum,

Tom. I.

t“S- '«r-

(is) Hoiat.Satir. IV.Libril.f.î 4.

(16Ì Cap.XXXI, Vers.10 .Vide Dru-fium, Quasi.Ebraic.XXXVIII.Libri II.Voies, laKemarep ne(B) der^irtiíleE G I A L ï'e.

(17) Voies.Eagins inGeneíiCapite IV.

(u) Epîtreaux Hebr,XI, 4.

/

une marque, qui dévoie empêcher que ceux qui lc trouveroient ne le tuassent (B). Caïn se re-tira au Pais de Nod vers l’Orient d’Eden, & bâtit une Ville à laquelle il fit porter le nom de sonFils Henoc. Voilà tout ce que l’on peut dire de certain fur son chapitre, n’y aiant que cela pourlui dans le Livre de la Genese (a). Les autres choses qui s’en disent en abondance ne sont que desconjectures, ou des rêveries de Pesprit humain, ou des traditions très - incertaines. Nous avonstouché ailleurs (b) bien des choses de cette nature qui le regardent} mais nous n’aurions jamaisfait, fi nous voulions raporter le reste. Que n’a-t-on point dit fur les raisons pour lesquelles onprétend que son oblation fut rejettée de Dieu (C)? Qui croiroit que Josephe ait été capable d’endonner cette raison, c’est que Caïn n’offrit point, comme son Frere, des choses qui viennent na-turellement, c’est-à-dire des animaux, mais des choses que le travail & l’avarice de l’homme fontnaître par violence, c’est-à-dire des grains & des fruits (r)? Un Juif, qui raisonne de la sorte,ne paroit - il pas avoir oublié les élémens de fa Religion ? Les offrandes des prémiers épis ne furent-elles pas ordonnées par la Loi de Moïse? Si les raisons que Philon allègue ( d) étoient un lait avé-ré , elles seroient meilleures que la raison de Josephe. Ce dernier Auteur dit une chose assez vrai-semblable} c’est que Caïn ne s’amenda point dans son éxil, Sc qu’au contraire il y devint plus mé-chant (e) : il íàtisfaisoit ses pallions aux dépens d’autrui, Sc s’enrichissoit de la dépouille de sonprochain avec mille violences. Josephe lui attribue l’invention des mesures, des poids, & des bor-nes. Tout cela fut fort de saison parmi des gens que l’éxemple de Caïn accoutumoit à toutes sor-tes d’injustice (D), On ne sauroit dire précisément combien il avoit de Frères & de Sœurs, quand

il

ses apréhenfîons fur les hommes qu’il conoi (Toit. Adamn’étoit pas homme à faire mourir Fun de ses fils, pour ven-ger la mort d’un autre de ses etifans; & il n’étoit pas àprésumer que les autres enfans d’Adam voulussent tuer unFrere, pour venger la mort d’un autre Frere. II n’y a pointde famille raisonnable où cela se fasse; & voilà aparem-ment la raison pourquoi Dieu voulut conoitre immédiate-ment de cette cause, Lc se contenter de banir le criminel.II s’accommodoit ainsi à notre nature : en pareils cas, lesfamilles ne veulent être ni juges ni parties, & se contententde ne voir pas le meurtrier. Les seuls enfans d’Abel, s’ilen avoit, pouvoient inspirer quelque crainte : mais, en-core un coup, ce n’étoit point fa parenté que Caïn crai-gnoit : il craignoit le premier venu dans un Païs étranger ;on Fy verroit destitué de tout apui, fans parens, fans amis,fans conoissance des chemins, & des lieux: il s’imaginoitqu’un tel état inspirerait à un chacun, la hardiesse de T’atta-quer, & F espérance de le tuer impunément. II ne voioitpas les mêmes sujets de crainte dans le Païs qu’il conois-soit, & au milieu de sa patenté. C’est là le nœud de l’af-faire.

(Z) Dieu lui donna une marque,qui devait empêcher que ceuxqui le trouveraient ne le tuassent. ] On n’est point d’accordlà-dessus. II y en a qui prétendent que Dieu imprima unelettre fur le front de Caïn, & que ce stigmate fut le sauf-conduit au moien duquel ce vagabond pouvoir aller partoute la Terre, fans craindre detre tué. Cette lettre futprise ou du nom d’Abel (j) , ou du nom ineffable deDieu (6), de ce nom Tetragrammaton qui avoit tant d’ef-ficace. Mais d’autres disent qu’elle fut prise du mot fi-nit ence, afin que chacun pût voir que Caïn s etoit repenti.D’autres veulent que cette marque ait consisté dans les troislettres qui composoient le nom du jour du sabat, ou dansle signe de la Croix (7); D’autres disent que le chien quigardoit le troupeau d'Abel fut donné à Caïn , pour uncompagnon perpétuel de volage (8) , soit afin qu'on re-cousit à ce signe qu’il ne saloir pas attaquer Caïn, soit afinqu’à la suite d’un tel guide Caïn ne s’engageât jamais dansun chemin dangereux (9). D’autres disent que la lepreou la ladrerie lui couvrit tout le front & tout le visage (10).D’autres veulent que cette marque ne fut autre chosequ’un regard farouche 3 Sc des yeux de couleur de sang,qui faisoient d’horribles roulades ( 11 ). D’autres disentqu’il devint sujet à un tel tremblement de corps, qu’il avoitde la peine à porter son manger 8c son boire à sa bou-che ( ir.). La Version des LXX. favorise ce sentiment;car ils ont traduit, non pas tu seras vagabond ex fugitif,mais tu feras plaintif CX tremblant, «*»» x.u) rgíym. II yen a qui disent, qu’en quelque lieu qu’il s’arrêtât, il se fai-sait un tremblement de Terre tout autour de lui (13). Quede visions ? Enfin, il y en a qui disent qu’il lui vint unecorne sur le front (14), non pas de la nature de ces cor-nes métaphoriques , que les siécles suivans ont attribuéesaux maris deshonnorez par Finfidclité de leurs femmes,mais une corne proprement dite, qui servoit de signal auxautres hommes, afin qu’ils n’aprochaffent pas de lui: Fœ-num habet in cornu, longe fuge (15). Les cornes méta-phoriques n’eussent pu qu’aggraVer fa peine : on les souhai-toit anciennement aux malfaiteurs , comme il paroit parun Passage de Job (16) ; mais la marque de Caïn lui étoitdonnée comme un benefice : elle lui devoir servir de sauve-garde.

(C) Que n a-t-on point dit fur les raisons pour lesquelles onprétend que son oblation fut rejetsee de Dieu?'] C’est deviner,c’est tirer des coups en F air, que de s’amuser à la recher-che des défauts extérieurs qui pouvoient être dans les of-frandes de Caïn. Peut-être n’y manquoit-il rien de cecôté-là (17) : peut-être n’ottblia-t-il que les bonnes dispo-sitions du cœur, à quoi Dieu regarde principalement.Nous volons que St. Paul n’attribue qu’à la foi d’Abel lasupériorité au’il eut sur son Frere (18). Quoi qu’il en soit,on a compté trois grands défauts dans l’offrande de Caïn.I. qu’il fut fort lent à la faire ; II. qu’il n’offrit point desprémiers fruits ; III. qu’il ne choisit pas des meilleurs.

C’est Philon qui a fait cette Critique. Les anciens Pctes yont eu beaucoup d’égard; car, pour ne rien dire de SaintAmbroise , qui sur ce sujet a été un grand Sectateur dePhilon, je remarque que St. Cyrille (19) accuse Caïn d’a-voir réservé pour sa bouche & pour ses plaisirs tous les plusbeaux fruits que la Terre lui portoit, 8c de n’avoir destinéà Dieu que les plus méchans, comme les épis les plus min-ces, Lc les pommes les plus véreuses (20) ; car on estdescendu jusqu à ce petit détail. Combien de fois dans lesLivres & dans les Prédications n’a-t-on pas comparé à Caïnceux qui n’envoient dans les Convens que les Filles les plusmalfaites, Lc les plus stupides, Lc qui gardent pour le mon-de celles qui ont de F esprit Lc de la beauté ì Cependant,qu’y a-t-il de moins certain que ce qu’avance St. Cyrille ?N’est-il pas évident que Philon se trompe à F égard du pre-mier déíaut , puis que l’Ecriture marque qu’Abel n’oftritdes prémiers nez de fa bergerie, que lors que Caïn présen-ta des fruits de la Terre? Je dirai en passant que ce VersLatin rétrogradé,

Sacrum pingue dabo , nec maertim facrificabo ,

est de Politien. On volt ces paroles dans un tableau quireprésente le sacrifice que ces deux Freres offrirent à Dieu;on les voit, dis-je, dans ce tableau au premier doitre déNotre' Dame la Nouvelle à Florence. Les deux Freresfont situez à F égard de l’Inscription comme ils doivent l’ê-tre, afin que chacun y trouve son sens (21).

(D) L’éxemple de Caïn accoutumoit à toutes sortes d’injus-tice.] _ Josephe soutient que Caïn étoit un voluptueux &un brigand, Lc que ses dcfcendans ne faisoient qu’aller depis en pis. Ajoutez aux choses qu’il en a dites la Descrip-tion que Methodius a laissée des mœurs de cette race degens (12), Lc vous trouverez qn’oiq a beaucoup de raisonde comparer la Ville d'Enochia , bâtie par Caïn, à cellequ’un Roi de Macédoine fit bâtir pour y placer toutes sor-tes de garnemens. Ce fut ce qui la fit nommer PoneropolisLïmpudicité fit un progrès si horrible parmi les desceiidansde Cain, que non contens de piller les uns fur les autresles droits matrimoniaux, Lc de jouir de leurs maîtresses enpublic, Lc fous les yeux de quiconque en vouloir être letémoin, ils franchirent toutes les bornes de la nature, &s’abandonnerent tant hommes que femmes au péché denon-conformité. Furere mortales ac ruere lymphatis fimiles inquidquid diâlu scriptuque fxdum est , ac non sussteientibus adprobra noôíium tenebris aut cubkulorum folìtudìnibus , connec-tere turpitudini dierum spatìa , populiesue pr&seruiam ex oculosinfanda confuetudine faedare ....... Sed illius temporis

longius adhuc multo funt abrepta dedecora , quàm qua finïbusl'tmitibusque natura continerentur. Superaret fidem, nifì Me-thodius affirmaret , auSlor fane gravis ac fanflus , coepìffe iamtum quod poftea divinus Paulus deploravit in idololatris > ut inmasculos masculi turpitudinem exercèrent, & in fœminasfœminae , Lesbiis flammis exardefierent ( 2.3 )- Toutes ceschoses se firent avant que le monde eût duré plus de sixcens ans. L’Auteur que je viens de citer raporte (24) lespropres paroles de Methodius, selon qu’il les a trouvéesdans les Notes de son confrère Raderas fur la Chroniqued’Alexandrie. Je remarquerai ici une chose qui n’est quetrop ordinaire : dès qu’un homme s’est rendu infâme patses mauvaises actions, on condamne jusqu’aux bonnes cho-ses qu’il fait. Caïn en est un éxemple. . Rien n’étoit plusnécessaire dans une Ville auffi déréglée que la sienne queFusage des poids & des. mesures ; cependant Josephe n’est-il pas assez inconsidéré pour lui faire un crime d’avoir in-troduit cet usage ? H a confondu des choses qu’il étoit fa •este de discerner. II a cru, que parce que les poids Lc lesmesures ne sentent point la simplicité, ni la bonne foi, ce-lui qui les avoit inventées avoit corrompu l’ancienne candeur des hommes , Lc leur avoit apris des finesses, Lc de'nouvelles maniérés de tromper. Mais qui ne voit qu’aiícontraire la corruption avoit précédé Fusage de peser & de'mesurer, & qu’il le salut introduire comme le remede de’la tromperie.' 1 Caïn fit en cela comme ces Tyrans, qui aiánfdonné lieu à mille désordres , fie laissent pas de faire déA 3 boa*

(«) MuCbiàpì.re IV»

(b) Dansles cAnicleb(T A bel,d'A D A m j& d y Eve*

(c) JolepVii,Amiquìt.Libr. /,

Cap . I I.

(d) Voìríìla 'Rftmar-

?«- (O-O Joseph*

Antlquit.

Libr. IyCap . 1U

(19) v4f>udSalianum»

M* I86 -

(20) Biíïc-lius, illustra

I. pa%.

(ri) áîakîl-lon , Mulas.Irai. Tom. /qpag. I6r.

(22) Le Lì*vrey qui courtfous son Norri.touchant cesmatières y ejjïfupofi.

(íi) Eìíîc-lius, R.uïiï*îllustr. Deç„I,pa& 258 .

( 24 ) Ider/tfibìd/pag.i'jf^