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Tome second. C - I.
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CARNEADE. CARRANZA.

(b) Cainea-des, apudTlutarch deDiserim. A-dulat. 8 c A-mici,j8, F.

(«7 Ci-defus,Citation (?5)de P,ArticleARCrsiLAS.

Voice, la

'Remarque(/) de t'.Ar-ticle Epicu-ï.e, <i la fin.

(ifs) Jour-nal des 8a-vans, I«92>fag. 109.

(us) Jour-nal des 8a-vans,i«si,t*g. riz-

(t 36) AiilusGellius,Libr. XVII,Cap. XXI , infine.

(137) Cice-ro, inBruto,Cap. XV.

(138) Ca-saubon. inAthen. Libr.V, Cap.XVIII, paç.3*5.

(139) Mr,Cousin,^Auteur duJournal des5 avan«.

(140) Te-

îentius > inPrologo An-drix init.

(141) Gnî-lielraus Sal-denus, deLibris , ftg.124.

(142) Veiez.ci-dtjftts, Ci-tation (2 s) yles paroles deCicéron,qui nous a-prenent ce '

P ait»

(a) De I˥vient qu'onfapelle wjji

leur Procès. J’en ferai un peu l’éxamen. Plutarque nous a conservé ce bon mot de Carneade( h ), le manege est la seule chose que les jeunes Princes aprenent exactement : leurs autres maî-tres les Latent, ceux qui lutent avec eux se laissent tomber; mais un cheval renverse par terrefans distinction de pauvre ou de riche, de Sujet ou de Souverain, tous les mal-adroits qui le mon-tent. Je noterai une faute de Mr. Saldenus (O), & celles de Mr. Moreri (P). J’ai parlé ail-leurs (O d’un Carneade, qui étoit l’un des amis d’Epicure , Lc qui ce me semble ne diferepas de cet Epicurien voluptueux qui est nommé Corniade dans les Editions de Plutarque (k).C’est faus aucun fondement que l’on voudroit luposer , que lors que Cicéron parle de cet amid’Epicure, il entend le Carneade qui a fondé la troisième Académie. Voiez la Remarque (JV),Note marginale (izz). J’éxaminerai en un autre endroit (/) le Passage de Diogene Laerce ,qui porte que l’un des Disciples d’Epicure changea de parti 5 c se joignit à Carneade> Lc je diraice que Monfr. de la Monnoie pense là-dessus.

raison avec celle de Cicéron ( î 3 4}. II pouvoit faire ce mesemble une meilleure réponse : il pouvoit nier qu’Aulugel-le dise ce que Mr. Foucher lui a imputé, que Carneades futemidié en Ambassade vers tannée 534 (135). Voici les paro-les d’Aulugelle : Ac deinde annis fere f ost quindecim bellumadversus Pœnos sumtum est : atque non nimium longe M. CatoOrator in civitate IX Plautus Poéta in feena storuerunt ; isdem-que temporibus Diogenes Stoïcus ex Carneades Academicus, exCrìtolaus Peripatetìcus ab Athenienfibus ad Senatum populi Ro-mani negotií publici gratta legati sunt : neque magno ìntervallopostea A, Ennius, (136). On trouveroit-là plutôt l’an

560, que l’an 5343 puis que le prémier Consulat de Catonconcourt avec l’an de Rome 558, 8c que Plaute ne mou-rut qu’en 596 (137). Qu’on ne prétende pas que j’aprouvela Chronologie d’Aulugelle : la maniéré vague dont il sesert avec son non nimium longe : isdem temporibus: neque mag-no intervallo postea , sufit à la faire mépriser. Ce sont destermes fans précision : on les allonge, ou on les resserre tan-tôt plus ou tantôt moins» comme Casaubon l’observe judi-cieusement (138).

Je sai que bien des Lecteurs s’écrieront que je m’arrêteplus qu’il ne faut à des minuties » & qu’on n’a que faire desavoir si Carneade est venu à Rome l’an 532., ou l’an 598 ;mais je me soucie peu du faux goût de tels Censeurs : &j’aurois mauvaise grâce de faire le délicat par raport à desRecherches qu’un illustre Conseiller au Parlement de Bour-gogne , & un illustre Chanoine de la Capitale de la mêmeProvince , n'on t pas jugées indignes de leur attention , 8cqu’ils ont communiquées au public fous les auspices d’uncélébré Président en la Cour des Monnoies à Paris (139). Siquelcun vouloir répondre pour moi à la Censure de ces es-prits dégoûtez , qui méprisent cette espece de Discussions,je le prierois de m’apliquer ces Vers de Terenceí

tacìunt n& intellegendo ut nihil ìntellegant ,

ctim hune accusant, Navium, Plautum, Ennìurft

Accusant, quos hic noster auffores habet

Quorum amulari exoptàt neglegentìam

Potius, quam istorum obscuram dìligentiam ( 140).

( Ô ) se noterai une saute de Mr. Saldenus, ] Aiant faitmention de ['obscurité du Philosophe Heradite, il ’ observequ’Epicure & Carneade eurent ce même défaut. Germanthaie fuerunt Epicurus esc Carneades Cyrenaeus, nova Acadé-mie, principes , quorum hie adeo à Clytomacho obscurus diffusfuit, ut ntmquam percipere se potuijse ajjeverarit ,quanam scrip-torum ejus mens sensusque fuerìt (141). Laissons lui paslerson Epicure , Chef de la nouvelle Académie , comme jesuis Patriarche de Constantinople : disons seulement, qu’ilest très-faux que Clitomachus se soit plaint de l’obscuritédes Ecrits de Carneade. 11 ne disoit autre chose sinon qu’ilne put jamais découvrir quels étoient les sentìmens que Car-neade aprouvoit (141). Cela ne procédoit point de l’obs-curité des expressions, mais du Scepticisme de ce Philoso-phe. II ne trouvoit rien de certain , il foutenoit 8c il ré-futent successivement les mêmes doctrines : voilà pourquoion ne pouvoit pas discerner s’il en aprouvoit aucune. Jen’accuse pas le bon Saldenus de n’avoir point entendu lesparoles de Cicéron » qui nous aprenent ce qui concerneClitomachus : je ne doute point qu’il ne les eût entendues,

. s’il les eût prises à la source ; mais il les trouva dans unlieu d’éxil, où elles avoient perdu leur figure naturelle. Ex-cusons le donc de les avoir méconues. II les vit dans quel-que Livre moderne , où elles n’étoient parvenues qu’aprèsavoir couru toutes sortes de pais. Elles avoient été si maltraitées des voleurs, qu’il ne leur restoit plus rien de leurpatrimoine. Elles avoient passé par tant de mains, quequand même on ne leur auroit donné qu’un petit coup àchaque transport, cela eût été plus que sufisant à leur faireperdre la vie. Raisonnons ainsi à Tégard dune infinité dePaíîàges, que l’on copie dans le prémier Ecrivain moderneque l’on rencontre. Ce sont de pauvres 'fugitifs dévalisez,

estropiez , stigmatisez , 8cc; faut-il s’étonner qu’on se mé-prenne sur leur condition, & que l’on ne puisse pas décou-vrir les qualitez de leur naissance ?

(P) ■ . . ex les fautes de Moreri .] I. Rien n’est plusfaux que d’avancer que Carneade succéda à Chrystppe. Cettefaute a été ôtée dans la deuxieme Edition de Hollande.

II. II est vrai qu’il s’attacha à la Morale plus qu a la Phy-sique (143); mais si est faux qu’hormis la Morale il négli-geât toutes les autres choses. Eût-si pu soutenir l’époque aussifortement 8c aussi éloquemment qu’il la foutenoit, s’il eûtnégligé la Physique , la Dialectique , la Rhétorique, 8cc?

III. Peut-on apeller un profond ajfoupistement la forte médi-tation qui fait qu’on oublie de manger à table ? peut-onmieux veiller qu’en cet état-là ? IV. Valere Maxime nedit pas qu ’il se purgea le cerveau d’hellébore (14A - - • pourdisputer contre Zenon : il faloit dire contre Chrystppe. V. IIne s’empoifonna point aiant stu qu Antipater s'étoit fait don-ner du poison, On voit tout le contraire dans Diogene Laër-ce. Cet Historien raconte (145) que Carneade avoir beau-coup d’aversion pour la mort ; 8c qu’il répétoit souvent, lanature qui a rassemblé difstpera aufi. Cela vouloit dire qu’ilfaloit la laisser faire , & ne la prévenir point en se tuant.Lors qu’on lui eut dit que son Adversaire Antipater (146),Philosophe de la Secte des Stoïques, s’étoit empoisonné, illui prit une faillie de courage contre la mort» donnez-moidonc aussi , s’écria-t-il. Et quoi, lui demânda-t-on ? Duvin doux , répondit-il. D’ou paroit que s’il lui prit quel-que envie d’imiter son Antagoniste, elle ne lui dura guere.-Diogene Laërce le raille de cette pusillanimité , 8c lui re-proche d’avoir mieux aimé soufrir les langueurs d’unephthisie, que de se donner la mort (147). Le Pere Labbeauroit dû savoir ces particularisez » 8c ne point dire qu’il sefit mourir de poison (148). VI. S’il est dificile de fixer Van-née de sa mort, ce n’est point parla raison qu’en donne Mo-reri; ce n’est point, dis-je, parce que Diogene Laërce luiattribue quatre-vingt-cinq ans de vie, & Cicéron quatre-vingtdix. Cette diférence ne contribue quoi que ce soit aux di-ficultez de fixer l’an mortuaire de Carneade ; car on nesait point Tannée de sa naissance, 8c si elle étoit conue, onn’auroit qu’à reculer ou qu’à avancer de cinq dégrez l’ande fa mort, selon qu’on préférerait où que l’on postpose-roit l’autorité de Cicéron à celle de Diogene Laërce: ainsi,la dificulté ne ferait point grande. Elle Test pourtant; maisc’est pour d’autres raisons que vous verrez discutées dansles deux Auteurs que le Pere Labbe nous va nommer: ,, II„ y a bien de la difíkuìté de déterminer Tannée de la mort„ de ce Phsiofophe, comme a fort bien remarqué le mes-„ me P. Petau en fes Exercitations meflées fur les Oeuvres», de Julien T Apostat. Le Sieur Jonsius en son Traitté de„ l’Histoire Philosophique (149), respond judicieusement„ aux oppositions que le susdit Pere avoir fait avec grande„ érudition contre le sentiment commun fondé sur le tes-„ moignage d’Ápollodore rapporté par Diogenes, Laër-», tien (150). ” Mr. Moreri, voulant profiter des prémiereslignes de ce Passage, s’en est servi avec si peu d’attention,qu’ilest tombé dans une bévue. VII. Il n’est pas vrai qu ’Apol-lodore raporté par le même Diogene . . . veuille .... qu il yeut une éclipsé de lune au tems de la mort de Carneade. Dio-gene le débite fur un on dit , mais fans citer Apollodore.Notez qu’il ajoûte qu’il sembloit que le plus beau de tousles astres après le soleil voulut compatir au malheur de Car-neade ( 151 ). Notez déplus que d’autres disent que ïe so-leil s’obscurcit au même tems (151). VIII. Les Athéniensaiant pillé la ville d’Orope, on n’a pas dû dire qu’//r furentcause de ce pillage. Cette expression ne vaut rien en cet en-droit. IX. II est faux que Carneade ne voulut point suivrela probabilité ; car si avouoit qu’on s’y doit régler dans íapratique ( iy )• X. II ne faloit point citer TEcrit de Plutar-que contre Colores, puis qu’on n’y trouve aucune mentionde Carneade; XI. Mais il eût falu citer k Pere Rapin (154)dont Moreri avoir copié mot-à-mot près d’une page.

(/) Dans UTtgmartju*(D) de I'kAy-ticle d’E p x-C U R E à U

M.

(143) Diog.

Laert. Libn/K, in Car-neade , ITWf.nttín. 6 zì

(144) Cet ar-rangement deMots est pì~toiable,

(145) Diog»Laert. Libr.IV 9 m*m . 641.

(146) Voté zla T^marefttë( F ) Citation(6Z)-

(147) Díog.Laert. Libr.lV>num. 6§.

(14s)Lab-be, Chro-nolog.Franc. Tems.Ihpog. 395ad ann.ma 625.

(149) A Upag. 189 &

JHÌV.

(150) Lab-be Chrono-log. Franc.Tom. II,pa£ m396.

(151) 2^-

TrsL&èistìt , aff

âv iìtrot t/ç«thnlo/uívis

JdtfXMç-fc T»?

ttS*£û>K, Vtcompati sibtvideri pojfitpuîcherrì -mum post fo~lem stdus.Diog. Laert.Libr. IV 7num . 64.

(152) Sui-das , in K.ç-náins.

(iSì) Veiez,ci-dejfus %e-marque (5),Citation (S).

f i 54 )Rapin,Comparai-son cie Pla-ton Sc d’A-ristote, IVPart . Chap.

1 369 .

1 OáNXA(LAR'rttEEEivn) nâtif de Miranda («), dans la Navarre, a été un des Narssid-implus illustres Dominicains du XVI siecle. >11 se signala dans le Concile de Trente, l’an 1546 (yf), âe bllraiì-

&

y)A fifign^ dans te Concile dc Trente, l'an 1546.1Moreri se trompe de dix ans, lors qu’il assûre que Carranzaprononça devant le Concile le I Dimanche du Carême de Vani;;6 cette Oraison que nous avons encore de lui. Oraison est

qui marque fort nettement 1 année 1546, s’est servi du mot £ Ade Concio ( 1 )• U n’y avoir point de Concile Tan 1,-56. B ibi.

Tom» I , pa