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Tome second. C - I.
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CASTALION.

gf

de l’Apologie qu’il publia. Je ne prétens pas qu’on les regarde comme le portrait fideíle de ícsennemis: il me suffira qu’on les prenne pour une image générale de la corruption de la nature , &pour un sujet à réflexions. Une infinité d’autres gens «'accordent à le louer de fa bonne vie (fl).Ce qu’il répondit, quand on l’accusa de larcin, nous fera voir qu’il étoit pauvre (J). Il

n’y

(71) Idem,ibidem.

(72) Cum tedemi mc<e a-tuerim .

( 73 ) Cas-telHo, De-sens. pa?

26 . *

( 74 ) Idem,tild. pag, 27.

(70 Idem,ibtd % pag. z6.

( 75 ) Idem,ibidem, pag,

38 » 39 .

( 77 ) Nerjueverl plus illivobis , quàmvos illis noce-tis . Nam &k vobis illivicifjìm mul-ta falfa au~dîunt , quadeitìde dissé-minant » CjtíOfà ut utriyuteateros deci-ptendo , scan-dait! Eccle-fiam repleatu.

Castdlio,Defens. pag.39.

( 78 ) Cest-a-dire à Bále.

( 79 ) CaS-tellio, De-fens. pag.

4 °.

(80) Voicides parolesdont Bau-douin , Res-POns m,folio 168

verso, a /»-poséque Cas-talion fe fer•Volt en par•íànt de Sez.e,De singulari^quitate tuaquam admi-rabatur ne-fcio quidnarrabat,eum te dice-ret miris ar-tibus efficereut illi quemimpotentis-fime lacesse-bas, non li-eeiet autlespondereaut rclpon-íìonem ede-te, propte-reaque tua:démentisgratias age-ret, quaenm hoclabore libe-tabas.

(81) Castel-bo. Defens.

41.

qu’il observe (71) que Calvin avoir mis une Préface àla tête d’un Ecrit de cette nature , composé par l’un de cesdeux Auteurs.

Sur ce que Calvin lui reproche de savoir nourri dans famaison (72,) , voici sa Réponse. II reconnoit qu’il logeachez lui à Strasbourg, mais qu’au bout de la semaine 0 ensortit pour faire place à Madamoyselle du Verger, qui voulutavoir des chambres dans la maison de Calvin tant pour el-le que pour son fils, & pour le valet de son fils (73 ). Vousme priâtes civilement de céder ma chambre à ce valet : jele fis, & je vous parai ma nourriture. Quelque teins après,je fus prié par vos gens de venir servir votre valet moncompatriote qui étoit malade. J’y allai , je falsifiai jus-ques à fa mort, c’est-à-dire, pendant sept jours , 8c je vé-cus de votre pain ; mais depuis ce tems-là , je n’ai pointlogé chez vous (74). II raconte quelques services qu’ilrendit à la famille de Calvin , pendant le volage de celui-ci à la Dicte de Ratisbonne , 8c il conclut qu’on ne lui sau-roit reprocher, ni aucune ingratitude , ni aucune tra-hison.

L’Appendix de son Apologie est considérable. On y re-proche a Calvin & à Théodore de Beze de recueillir avectrop d’avidité les bruits qui courent de leurs ennemis , 8cde les insérer promptement dans le premier Livre qu'iis pu-blient. Vous me haïssez , leur dit-il ; c'est pour cela quevous croiez facilement tout le mal que 1 on dit de moi, 8cque vous ne croiez pas, ou que vous détournez en unmauvais sens , 1 e bien que vous en entendez dire. Accedit mvobis ad levitatem illam capitale odittm mei : quo fit , ut de mequicquid malt dicitur , id quia vultis ,facillmé credatis .- facileenim (inquit idem Cœfiar) credunt homines qua volunt. Rur-stimquc fi quid boni dicitur , id vel non credatis , vel maltgnainterpretatione depravetis (75). Vos émissaires vous raportent,ou vous écrivent, toutes les fables qui peuvent être de vôtregoût, vous prenez vos mesures fur leurs nouvelles, & vousvous exposez par là tôt ou tard à la confusion. Talia deme jaSlant levtffimì homines , & ea vobis veluti conduSli , velreferunt, vel feribunt , quia vos talia libenter audire fictunt.Atque ita ineunt à vobis certe non honesta mtreede gratiam.Vos hifee rumoribus , atque auditionibus permotì de re non levi,leve confilìum initis , auditiones illas etiam monimentis litera-rum maniatis : quorum vos fi non e vefligto , at certe aliquan-do pœnitere neceffe erit , cum incertis rumoribus fervïatis , zyplerique ad voluntatem vestram fitta refpondeant (76). Si vosémissaires vous trompent, vous les trompez aussi à vôtretour : ils aprennent de vous cent faux bruits qu’iis répan-dent à droite 8c à gauche (77). Vous avez taché de merendre odieux à toute la terre, 8c pour cet effet vous m’a-vez représenté comme un dangereux Cabaliste , qui avoitdes gens gagez 8c à la campagne 8c à 1-Ç ville , aux portesoc aux cabarets. Quelques François, venus ici (78) deStrasbourg avec cette idée formidable que vous donnez dema personne , furent bien surpris de me trouver dans lamisère, 8c dans le repos , 8c témoignèrent une extrêmeindignation contre les Auteurs de tant de fables. Patefcuntartes , conatusque veftri ,ficuti nuper patuere quibusdam juveni-bus Gallis, qui hue ab Argentìna profebíi fie habebant aures im-butas ifiis de me rumoribus , ut me putarent pafftm emìffarioshabere non solum in diversoriis ,verum etiam ruri , inportisurbis. Venique eam de me opinioncm imagintmque anima con-ceperant , ut me arbitrarentur magnum aliquem , c? opibus , at-que authoritate pollentem vïrum , quafique fatelhtum catervaftipatum cujus infidias effet effugere difficile. Vbi deinde nihil ta-

texitìs : veram ejus caufam (quippe vobis parum honefiam) dis*fimulatis, causamque veflram apud imperitos probab'ílem reddi-tis ea arte , qua docet de quavis re propofita probabìliter dispu*tare in utranque partem. Qua quulem arte fie inftrucll efiis ,

(atque utinam tam praclaris ingeniis , vobìsque div'mitus longealios ad ufus concejfis non abuteremìnì) ut vïx quìcquam veltam bene dici,aut fieri poffit , quin id interpretando desormare ,vel tam maie quin fucare poffitis ,prafertim judice mundo,apudquem valere maledidta quid mirum,cum nullum fit ipfi (uaviuspabulum (82.) ì La fuite de cet Appendix contient de bel-les admonitions ; 8c il faut demeurer d’accord que Cafta-hon , Hérétique tant qu’il vous plaira , donnoìt de plusbeaux éxemples de modération dans ses Ecrits, que les Or-thodoxes qui l’attaquoient.

Le Pere Garasse débite que Calvin tesmoigne de Caflalion jque quand il beuvoit,il avoit couflume de dire devant que pous-ser te vin, Tu quis es? puis l’ayant gouflé, s’il estait pafiableou bon médiocrement , il respondoit : Ego sum qui sum : maiss'il estoít excellent, il respondoit: Hic est filius Dei vivi (83).Je ne croi pas que Calvin ait dit cela.

(H) Une infinité de . . . gens s'accordent à le louer de fábonne vie. ] On voioit en lui une grande simplicité , 8c uneextrême aversion du faste (84). Théodore de Beze con-vient du fait, quoi qu’il y donne le plus mauvais tour'qu’illui soit possible (85); mais il faut prendre garde qu’il par-ennemi. On rimprima en Hollande , pendant les

loit

disputes de 1 Arminianisme, Confilìum ad vaflatam Galliamanno 15Ô7 datum per Sebafììanum Cafìalìonem, ubi cause pres-sentis tum belli fimulque medicina ejus indignantur , ac przfer-tim diligenter examinatur ac perpendìtur , an confcìentiis vis fitadhìbenda. Théodore Bomius , qui procura cette nouvel-le Edition en fut critiqué par les Contte-Rcmonstrans. Ilsle blâmèrent d’avoir tiré du tombeau les os puans de Cas-talion (86). II répondit que cet homme étoit digne detoutes sortes de louanges, il allégua le bon témoignage quel’Univeriìté de Bâle lui rendit, il cita des Lettres de Me-lanchthon , 8cc (87) : Bomius (in Veredario suo edito an-no 1617 , pag. 10.) adverfario huic respondens ,mirifice Casta-lionem commendat; honorificum de eo citât teflimonium Univer-fitatis Bafileenfis in qua Théologie, (88) Profefforem egit. ExPhilippe quoque Mclanchthonis er C.hnfiophori Carleili ad ipfumdatis literis laudes ejus exaggerat. Confirmons cela par unPassage tiré de la Lettre d’un Ministr® Arminien : ” Les„ Théologiens de Balle donnent un grand tesmoignage„ d’excellente piété à S. Castellion , 8c mesmes Polanus„ grand prédestinasse confesse que Castellion a esté de famâle

,, vie ív d'une conversation exemplaire .Je ne trou-

„ ve point que leurs Adversaires (89) leur aient jamais„ donné bon tesmoignage comme Polanus a bien faict à„ Castellion, mesmes en l’endroict où il dispute contre lui„ touchant la prédestination (90) ". On peut faire , ceme semble , une Considération générale qui sera une fortepreuve de la bonne vie , 8c de la science de cct homme.

Ses ennemis le décrièrent Comme k peste de l’Orthodoxie j8c comme un perturbateur de l’Eglise Réformée, lis tâchè-rent d’engager Messieurs de Bàie à le chasser. Le Consis-toire de Bâle ne l'épargna point, il y fut cité touchantquelques Livres qui lui étoient imputez : l’un de ses Ou-vrages y fut condamné (91 ). Quelques Professeurs del'Académie écrivirent contre lui (92,).. On prétend qu’a-près avoir été confondu dans une Dispute publique fur laprédestination , les Curateurs de l’Académie lui ordonné- (v) F ”" r -„ _ „ rent de ne point passer les bornes de son emploi, 8c de ne

le deprehenderunt,contraque homunáonem viderunt ,pauperem, se mêler pas de Théologie. Omnes norunt, quum in dispu-vilem , abjettum , quietum , nihil molìentem , nullius nec fplen- tatìone publica de predeftinatione tibi os occlufum effet , adeb utdoris, net authorìtatìs , mirati funt non absque flomacho , illa quod hijeeres non haberes ,nìfi illud unum tui fimilibtis folenne,mendacia, mecumque tandem congreffi, tam ab illis abhorrue- te fcilicet esta myfteria non capcre, tibi ( inquam) tum, csr aliasrunt, mihique adheferunt , quam ante cogmtam veritatem àe aliquoties, ab Académie prefeflis ediôlum fuiffe at in tue pro-fite abhorrentes illis adheferant (79). Vous excitez les Ma- fe/fionis finibus manens , à Theologicis rébus abstineres (93).gistrats contre moi, 8c ne pouvant les porter à satisfaire Tout cela témoigne qu’on n’avoit pas d’indiúgence. Il estvotre pamon , vous emploiez toutes sortes d’artifices pour donc très-aparent, que s’il ne fi.it point chassé , il en eut l’o-mc perdre de réputation , 8c pouf empêcher qu’on ne lise bligation au mérite de son savoir, 8c à l’édification qu’il don-mes Ecrits. Vous publiez des Ouvrages contre moi , 8c noit à toute la ville par fa piété, 8c par fa vertu. Castalio-vous tachez d obtenir qu’il ne me soit pas permis de vous ni fecerunt injuriam cum do£lus effet ,fafium objecerunt, disoitrépondre (80). Vous défendez à vos gens de me parler, Scaliger (94). . ,

8c si quelques-uns s y bazardent, ils vous deviennent fus- Notons en passant la faute qui s est glissee dans le Titrepects, 8c vous devenez leurs ennemis. Cela fait que plu- de l’Ouvrage que Bomius fit rimprimen On y a mis mal- ....... „ r .,,,

sieurs, qui voudroient me venir voir, ne l’osent faire. Quo- à-propos Tan 1 <67. Je pense qu il autoit folu y mettre l’an , , .

niam illi (Magj&Ktns) vestre cup,ditatis, V el non obfequuntur, ls 6z. Car cet'Ecrivain étant mort lan 1563 n’a pu don- ieta.n «/'vel nondum obfequuntur,vos (quod proxìmum est ) me toto orbe, ner ce Conseil à la France désolee , qu à l’occasion de h Z,. 46.quibuscunque moàis fieri poteft , certatim ìnfamatis :mea fcrìpta prémiere guerre civile de Religion. La Croix du Maine{ut papam poffìs agnofeere) ne legantur p ro vìrïlì prohibetis : ip- remarque qu’on le fait Auteur d’un Livre intitulé Le Con-fit contrit feribitis, mihi ne refponderepermìttatur , quoad ejus feil à la Rrance défilée (y;h La prémiere Edition n’est pasfieri potest , cavetur. Vestris ne me convemant vetatis, fi qui de l’an 1578 , comme l’assùre l’Auteur que je cite (96) :convenerìnt plermnque fufpeílos habetis,cr abhorretis. 6juo me- elle précéda k paix de lannee 1563. Baudouin , dans fati( fit , ut multi me > qmmvis cupientes , tonvemre non audeant , Réponse à Théodore de Beze (97) a parlé de ce Conseil,

id quod nonnulli, z? mihi, z? aliis confeffi /a«f (81). Vous comme d’un Livre imprimé environ le tems qu’Antoine

Roi de Navarre mourut.

(f) Ce qu il réponditquand on l'accusa de larcin, nous fe-ra voir qu il étoit pauvre. J Calvin lui reprocha d’avoir dé-robé du bois. Quero ex te dum proximis annis tibi harpagoin manu erat ad rapienda ligna, quibus domum tuam cales acé-rés, an-non te propria voluntas ad furandum ìmpulerit > tibi fi

(8r) Idem $ibid.pag. 4 i*

(83) Doc-trine Cu-rieuse, page.

2or.

( 84 ) HomoJt/nplex & akQmni ftbfianítenus,

Sammarth*Elogior.tibr. Il,pagi12 6 .

(85) Emtqi*ad*m rra*çruyepçoo'v-vus fpecteineptijjìmeambitiofus.xAc plane e£eorum généréquos GracìiJ'icyvcéiUíVaeappella?it.

Beza in VitaCalvini,^an». 1544,pag. m. 372*

(86) §uodfœtentia Cas -talianis osa, èfepnlchro pro-*dbixerit. Sa-lomonTUeodotus ,in Pacisica-torio dis-secti Belgií^pag. 103.

(87) Hem,

ibidem , pag+

ioj , 104.

(88) II sa-lait dire Lin-gual Grxc£«

(89) sest-d-dire deCalvin

de Beze.

(90) Lettrede Charlesde Nielles.

C ejl UDCXXXlVparmi lesEpist. Ec-oles. ScTheolog.Editionis 'lAmftel.

1684, pag* '

951.

(92) Votez,Theod. deBeze ad De-feus. Sc Re-preh. Cas-tíll. init. pagfi43. Tons. IOpmtm.

(9 3j Beza,ad Defens.& Rcpreh.Castell. mit.ptg. 431Tom. I Optr ,

couvrez votre haine sous le beau prétexte cte 1 amour de lavérité, 8c vous abusez de votre éloquence 8c de votre espritpour rendre probables au peuple vos accusations; ce qui n’estpas difficile , n’y aiant rien de si bon qu’on ne puisse . em-poisonner , ni rien de si laid que l’on ne puisse couvrir defard. Interea nomïne studìi tuendz veritatis oàium vestrum pra-

L 3

ad

(95) LaCroix duMaine, Bí-blioth.Franc. pag.4 S 5 .

(96) Salon!.'Theodorus »in racifica- _

roriodiflectí

Belgii, pag.roî.

(9") Toli.

6 S verso.