CESAR,
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(e) Juiianus,in Casiui-bus, pag t t?J*170,
(/) Nec ntsiumport ex-trtmo ad di -rmcanàum(unftantìorfafttts est.
Arra supinsvicjjfet , hacminus expe“riendos cafusopinans : ni-kilque fctan-111m acquis-turwn vîtto-ria , quantumauferre cala-mitas ptfjjcf.
Sueton. inCasare, cap.LX. Voicz,les paroles deï lotus, dansU démarque(í\) , Cita-tien (s>6)«
luste, 6c d’un Passage dc Lucain. 11 ne faut pas croire qu’il ait été le prémier qui làuta de loilvaisseau fur le rivage Britannique. On lui a fait dire cela dans une Harangue (s) ; mais il a dittout le contraire dans ses Ecrits. Selon toutes les aparences, il auroit joui plus long-tems del’ufurpation de PEmpire, s’il avoit pu renoncer au nom & à l’extérieur de Souverain. Sesamis, qui auroient dû le soutenir à un endroit si glissant, le perdirent pour s’êcre un peu trophâtez à tâcher de lui procurer les ornemens de la Roiauté. Et lui Sc eux dévoient faire rcfléxionque les peuples libres s’accoutument aisément à la servitude, pourvu qu’on ne la nomme pas ainsi;Sc qu’aiant perdu la réalité de leurs privilèges fans s’émouvoir, ils s’effarouchent, Sc fe gendar-ment, pour s’oposer à un titre, Sc à un ornement de tête. Si quelque chose fit résoudre ses con-jurez à hâter l’éxécution, ce fut la crainte que Ceíàr ne prît hautement le nom de Roi, Cettecrainte n’etoit pas trop mal fondée (/). Remarquez qu’encore qu’il fût naturellement hardi ,Sc que la fortune lui eût été extrêmement favorable, il devint enfin fort circonspect:, comme s’ilavoit apréhendé qu’elle ne le prît pour un importun insatiable, qui méritoit d’être un peu mor-tifié (/). La derniere victoire qu’il gagna (g) fut celle qui lui coûta le plus (K). 11 vit l’heu-re qu’il la perdrait.■ & il prenoit déjà des mesures pour se ruer, afin de ne tomber pas au pouvoirdes ennemis. II la gagna pendant la fête des Bacchanales (h). Cette circonstance me fait sou-venir des quatre Vers que l’on verra dans la Remarque K.
Personne peut-être n’a mieux réussi que Salluste à rêpréscnter le caractère de César, qu’ila mis en parallèle avec celui de Caton d’Utique. II a dit entre autres choses, que Ceíàr cherchoitses grandes charges, ses entreprises d’éclat, 1e commandement des armées , afin de faire brillerson mérite ; mais que Caton s’arrêtoit à se signaler par la modestie, Sc par l’éminence de la ver-tu , aimant mieux être honnête homme que de le paraître ( L ), Sc parvenant à la gloire plus
fûre-
(s) t'‘fl alìé
de M'And a e?tEspagne ,contre Us Filéde Pompée,
{h) Plut. itiC^sare, r as,754, M.
(88) Dio ,Libr. XLII ,
23+.
soit , & en quelque façon detruisoit l’autre. ~ Kaéefti»
yòtç tô ris /3 esoÇótçte têx £ J c?.u_r. ~£ v , áç icoti toíç ef&Trofcptiotçitçâçttvov. -rfí éé Sìj tx iSía rrttçxfáj-et seat exslro trvv-
eo-xlottre , --«< rgóorcv nti xecì xuTsvgssts. Evertere quidemtrophmm barbari non tjl aufus, utpote belli Dcìs confecratum ,sedfui ipfius trophmm constituendo illud aliud- obscur avit,quo-damque modo dejecit (88). II pourroit effectivement avoireu peut d’ofenser les Dieux de la Guerre: il pourroit auffiserre moqué intérieurement de cet article de Religion :n’inststons donc pas fur cette preuve : permettons qu’oncroie que fans avoir respecté dans le fond de lame ou Mars,ou Bellone, ou Minerve, &c, il s’abstint en bon politiquede choquer la foi des peuples. Mais voici un fait qui ne per-met pas de douter qu’il ne fût superstitieux. 11 avoit un for-mulaire de prière, qu’il répétoit trois fois dès qu’il avoit pris
èût dit qu’elíe examina íi elle excepterait Ceíàr de la réglégénérale qu’elle a coutume de suivre , qui est d’abandon-ner ses amis lors qu'elle les a élevez, & de leur faire parerdans un jour tout le bien qu’elle lem- a fait pendant un bonnombre d’ansiées. Ecoutons Flortis. omnium postrema cor-taminum Munda. Hic nonpro cotera selicitate, fed anceps, efdiu triste prdium: ut plane videretur nefcìo quid delibetare for-tuna. Sane Cf ipfe ante aciem mœstior non ex more C&far , fi-~ve respeBu fragilitàtis bumand , five nvm'iam prosperorum fus-peBam habens continuationem : vel e'adem timons, poftquantidem este cœperat, quod Pbmpeius (96). II raconte ensuitecomment les troupes de César commencèrent à reculer.Novistiníe illud inufitatum C&faris oculis (nefds) pofi quatuor-decim annos , probata veteranorunt manus gradum rétro dédit.Quod etfi nondum fugerat , apparebat tamen , pudore magis ,
>Cap,
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Libr. XVIn,Cap. IE
se°) Excep-I ' x ~cn même‘. !S Plaisirs debonne che-re- Voiez,Suetone, ,,,‘]«t Vita,c ff- eueén it raporte
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fa place dans son caroffe: & il en usoit ainsi pour se procurer quam virtute, refiftere. Itaque ablegato equo, simili s furentì,
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un heureux volage; & il ne commença d’emploier Cette dé-votion, que depuis que son caroffe eût pensé verser. Citsa-rem Hìttatorem soft unum ancipìtem vehìculi casum , seruntsemper, ut primum consediffet, id quod plerosque nunc facerescimus, carmine ter repetito securitatem itinerum aucupari so-litum (89). J’infere de tout ceci, qu’il ne pouvoit êtreEpicurien tout au plus que de pratique (90).
(/) La crainte qu il ne prît hautement le nom de Roi ....nétoit pas trop mal fondée .] Les Favoris de César étoientà proportion plus avides & plus insatiables que lui-même:ils nc lui vouloient procurer le titre de Roi, que parcequ ils espéraient de jouir d une plus grande puissance souscette nouvelle forme de Gouvernement. La prémierechose qu’ils firent fut de mettre en œuvre lâ machine de laReligion : ils semèrent parmi le peuple , afin de pressentirles esprits, que les Vers de la Sibylle déclaraient formelle-ment que si les Romains envoioient contre les Parthes unearmée commandée par un Roi, ils les subjugueraient,mais qu’autrement sis les trouveraient toujours invinci-bles. Après cela , les Favoris essaiérent si le peuple étoitassez préparé ; car un jour que César rentrait dans la Vil-le, ils lui donnèrent le nom de Roi. Le peuple en mur-mura , & alors César prit habilement son parti, il rejettace titre (91): mais il se retira tout chagrin de voir que lepeuple ne savoir pas contredit lors qu’il rejetta la salutationde ses dateurs. Ceux-ci ne se rebutèrent point ; car pen-dant la fête des Lupercales, Marc Antoine qui étoit Con-sul s’aprocha de César, & lui voulut mettre le diadème.Un petit nombre de gens apostez aplaudirent ; mais lepeuple ne les imita point. César repoussa Marc Antoine:alors les apìaudissemens du Peuple firent retentir le lieu. Cet-te tentative de Marc Antoine fut réitérée un peu après, 8cprécisément avec la même fortune. Ce qu’on n’avoit pufaire sur soriginal, on le fit sur les copies : on mit des dia-dèmes à la tête des statues de César : deux Tribuns duPeuple firent ôter ces diadèmes , informèrent contre ceuxqui avoient les premiers donné à César le titre de Roi, &les menèrent en prison : le peuple les en bénit, & les sui-vit avec de grans apìaudissemens. César au contraire lesdéposa de leur charge (91)- Ainfi, tous ceux qui íentoientencore dans leurs veines une goûte de sang Romain (93),crurent qu’il n’y avoit pas de tems à perdre , & sollicitè-rent Brutus à fe souvenir qu’il portoit le nom de celui quichassa Tarquin. Votez dans Suetone à quoi César avoitréduit la liberté de la République ( 94 )- a ^ est certain, com-me on veut que César sait dit lui-même , que ce n’étoitplus qu’un mot. C’étoit un cadavre ou un squelcte. Necminorìs impôtentid -voces propalam edebat,ut T. Ampìus feribit,nihil este Rempublicam , appellatìonem modo fine corpore ac fpe-r " Sylhm nefcijfe literas, qui TtHlaturam depofuerit : debere
(96) slonìs,’
Libr. IV,Cap. II, miri^
78.
ae.
qui fecum ac pro legibus habere
hommes con/ideratius ]am
qu* dicat (95). „ ■ y, coûta le
(K) Sa derniere viHotre . J Ht i n j te • on
plus. ] La Fortune se montra irrésolue lut faTOME II
primamin aciem promrrit. íbi prenfare fugientes, confirmare;per totum denique agmen oculis, manibus , clamore, volitare.Hicitur in illa perturbatione er de extremis agitaste fecum,ar if à manïfesto vultu fuïffè, quâfi occupare manú mortemvellet (97).
Les quarte Vers que je dois cites ici font de Mr. Pelíisson :je les tire de son Dialogue avec Pegase;
Mais ce fameux César , qui presque fans combatrè
Venoit, voioit, vainquait, ne le fuivois-tu pas ?
Jamais il ri eût quitté la belle Cleopatre,
Pour aller prendre Dole un jour de Mardi gras.
Pourquoi ne sauroit-il pas quittée à pareil jour pour prendréune Ville, puis qu’à pareil jour il donna une bataille qui futcent fois plus périlleuse, que ne f eût été le siégé d’aucuneVille?
(L) Salluste ...a mis en parallèle le caraBere de César aveccelui de Caton . . . qui aimoit mieux être honnête homme quede le paroitre.~\ Je vais copier les paroles de cet Historien.His (Cassari & Caton \) genus, atas, eloquentiaprope <equá-liafuere: magnitude animi par , item gloria, fed alia aliï. C<e-far benestûis ,ac munìficentia magnus habebatur fmtegritate vi-sa Cato. Ille manfuetudine ,0? mifericordia clarus faBus : huicfeveritas dignitatem addiderat. Cafar , dando , fublevando,ignofeendo - Cato, nihil largiendo, gloriam adeptus est. In al-téra miferis perfugiutn; in altéra malis pernicies. Illitts facili-tas , hujus constantia laudabatur. Poflremo C-efar in animumïnduxerat, laborare, vigilare;negotiis amicorum intentas, suanegligere ; nihil denegare, quod dono dignum effet ; fi bi mag-num imperium, exercitum, bellum novum exoptabat, ubi vir-tus enitefeere pojjet. At Catoni fludium modestie., decoris, fedmaxumi feveritatis erat. Non divitiis cum divite, neque fac-tione cum faBiofo ; fed. cum strenuo virtute , cum modesto pudo-re, cum innocente abstinentia c cri abat • este, quam vìâeri, bo-nus malebat; ita, quo minus gloriam pet ébat, eo magis adfe-quebatur (98). Tout homme, qui dans la distribution deces éloges aimerait mieux la part de César que la part deCaton , ferait paraître son mauvais goût. II n’y a pointde bon juge, qui, tout bien compté, ne préférât à cent au-tres belles qualitez celle qu’avost Caton d être plus sensibleà la possession de la vertu , qu à la réputation d’être ver-tueux (99). Ce fut auffi le partage d Aristide, ce fut l’é-
loge qu’un excellent Poète donna au Devin Amphiaraus.J’ai raisonné sur cela dans un autre endroit de ce Dictio-
naìre (100) , & j’y A examiné une Maxime attribuée à
Socrate , qui ne s’accorde pas mal avec ces paroles d’uríPoète Latin :
Tu réBc vivis, fi Curas este quod audis (101).
Postel a fait fur ce Vers-Ià une considération très-solide, dansune Epître Dédicatoire (ioz), qui est d’ailleurs toute héris-sée de galimatias,
Q 2.
(97) ìbiât 7 f>
ntm . Si»
(98) Salïus-tius, de Bel-lo Catiìin^
C. LIV.
(99) Consul-tez.. Lucain»Phars. Libr+
Vers.
380 & secj mJ*ai lu dansle MercureVolant, im-primé en.
1705,^.9;»
qu?on a dit deCaton , Nun-quam rectefecit, ut fa-cere videre-tur, fed quia >aliter facercnon pote-rat.
(100) Dan ela %emarque(H) de F ^Ar-ticle Am-PHIARAUS.
(ioT)Horar*Epist. XVILibri 7 , Vers*17 .
(ioz) Cellede se! His-toires O-licntalcs,imprimées AParis Fan1575 j & dé-diées au Dued'^ilençonFrere d'Hen-